❌

Vue lecture

🔗 Hantavirus, apocalypse et conquête spatiale

🔗 Hantavirus, apocalypse et conquête spatiale
Cette semaine, on vous explique pourquoi l’épidémie de hantavirus n’a rien d’une surprise, comment une entreprise veut louer des vaches pour relancer l’agriculture française, et on vous glisse un prompt IA pour vendre votre modèle capable de détruire le monde au plus offrant. À dans 5 minutes 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous explique pourquoi l’épidémie de hantavirus n’a rien d’une surprise, comment une entreprise veut louer des vaches pour relancer l’agriculture française, et on vous glisse un prompt IA pour vendre votre modèle capable de détruire le monde au plus offrant. À dans 5 minutes 👀

#BULLETIN DE SANTÉ

L'Amazonie au bord du gouffre

Deux tiers de la forêt amazonienne pourraient bien se transformer en savane si le réchauffement climatique atteint 1,5 °C et que la déforestation franchit 22 à 28% du territoire : on est déjà à 18% (Reporterre).
La raison ? La forêt génère 50% de ses propres pluies grâce à l'évapotranspiration de ses arbres. En les coupant, on assèche l'air et on brise le cycle. Bref, avec un point de non-retour attendu pour 2030, on est tranquillement en train de scier la branche sur laquelle on est assis.

Le gigantisme dans le poulailler

La France va bientôt décrocher la palme de la plus grande exploitation de poules d'Europe, avec 1,2 millions de volatiles réunis dans une même exploitation de l'Oise (Le Canard Enchaîné). En avril, la préfecture a autorisé l'extension de la "Ferme du Pré", qui hébergeait jusqu'alors 900 000 poules pondeuses. 320 000 cocottes supplémentaires seront élevées au sol, dans des bâtiments fermés sur trois étages, sans accès à l'extérieur. En clair, la "Ferme du Pré" ressemble d'avantage à un immeuble de bureaux pour volailles qu'à une carte postale de campagne. Pas sûr qu’on soit ravis d’être les premiers sur ce coup là.

Records de chaleur en série

2026 pourrait bien entrer dans l'histoire climatique comme l'une des années les plus extrêmes jamais observées, s'alarment des scientifiques (Le Monde). Les 5 premiers mois ont déjà vu s'accumuler records de chaleur océanique, canicules précoces, incendies géants et pluies diluviennes. Le Groenland a connu son mois de janvier le plus chaud jamais enregistré. Le fameux El Niño - l'« enfant terrible du Pacifique » - reviendra très certainement cet été, favorisant les phénomènes extrêmes. Bref, on enchaîne les catastrophes avec le cardio d'Usain Bolt pendant que les gouvernements relèguent la lutte contre le réchauffement climatique aux oubliettes - un peu comme si on organisait un barbecue pendant l'incendie.

EN CLAIR, ON FLINGUE DES ÉCOSYSTÈMES ET ON OUBLIE LES RETOURS DE BÂTON.

Déforestation en Amazonie, fermes géantes de volailles et records climatiques en série. Trois signaux déconnectés - jusqu'à ce qu'on réalise qu'ils racontent la même chose : quand on malmène le monde sauvage pour nos propres besoins, il va forcément nous le rendre.
Le dernier rappel en date ? L'épidémie d'hantavirus détectée sur le bateau de croisière MV Hondius fin avril, et qui a déjà fait quatre morts - en faisant revivre à un paquet de monde les flash-backs de la pandémie de Covid. Pendant qu'on s'inquiète de nos stock de masques et de gel hydroalcooliques, on en oublie l'éléphant dans la pièce : la dégradation des écosystèmes et le changement climatique ne sont pas des figurants dans l'émergence de ce type de zoonose.

ET EN PLUS ILS ONT… chritianisé la 5G

TechTrash, toujours à l’affut des nouveautés tech les plus absurdes, nous apprend l'arrivée aux États-Unis de "Radiant Mobile", nouveau venu dans le monde des télécoms et qui se revendique comme… le premier opérateur téléphonique chrétien au monde.
Son forfait bloque automatiquement les contenus pornographiques, "sataniques" et LGBT - sans possibilité de désactivation, même pour les adultes. Façon Big Brother, le filtrage se fait directement au niveau du réseau, si bien que le site Internet de l'université de Yale, par exemple, reste accessible… mais pas sa section LGBTQ+. Bref, on a réussi à transformer un réseau mobile en confessionnal numérique, où même des pages universitaires finissent censurées - in the name of God. 

#BUZZWORD : “JOBAPOCALYPSE”

ÇA VEUT DIRE QUOI ?

C'est ce terme, repéré dans L'Humanité, qui circule depuis plusieurs mois pour parler de la vague de suppression d'emplois annoncée par l'arrivée de l'intelligence artificielle dans les entreprises. Pas une récession classique, un remplacement méthodique de tous les jobs dont peuvent s'acquitter des programmes qui ne mangent pas, ne dorment pas et ne vont pas se syndiquer. En clair : c'est un grand nettoyage de printemps, où les postes automatisables finissent à la poubelle.

COMMENT LE PLACER LORS D'UN AFTERWORK :

"Avec la jobapocalypse qui s'annonce dans mon secteur, je pense que je vais me reconvertir dans l'élevage de chèvres au Pérou. Là-bas au moins, personne ne trouvera un agent IA pour faire mon taff à ma place !"

#L’ANGLE MORT

LE BRUIT

L'IA est présente dans la quasi-totalité de la société : elle pourra bientôt effectuer des tâches ménagères à notre place, pondre les bilans comptables d'une entreprise, réaliser des blockbusters et même participer à des opérations militaires.

LE SIGNAL

Anthropic, l'entreprise qui commercialise Claude, a annoncé que son dernier modèle, Mythos, était trop dangereux pour être publié auprès du grand public. La raison ? Le bébé d'Anthropic serait tellement performant et ingénieux… qu'il aurait trouvé des milliers de failles de sécurité dans les principaux systèmes d'exploitation et de navigateurs. Pour évaluer le risque, seule une quarantaine d'entreprises américaines - triée sur le volet par Anthropic - a eu accès au modèle. Tandis que le reste du monde se demande si l'IA ne serait pas en train de remplacer l'ogive nucléaire au rang des armes de dissuasion massive.

ANGLES MORTS

On oublie une chose dans tout ça : l'accès aux modèles IA - qu'il s'agisse de Mistral, ChatGPT ou Claude - est vendu par des entreprises qui, naturellement, ont besoin de faire du chiffre. Et pour faire du chiffre, il faut des clients. Et pour aller chercher des clients, il faut… du marketing.

Le 7 avril 2026, Anthropic annonce que ses revenus vont pour la première fois dépasser ceux d'OpenAI, la maison-mère de ChatGPT. L'entreprise projette un chiffre d'affaires de 30 milliards de dollars, contre "seulement" 24 milliards pour OpenAI, rapporte la RTS. Le même jour, Anthropic dévoile Mythos. Une semaine plus tard, le 14 avril, son rival renchérit avec son propre modèle concurrent, GPT-5.4-Cyber, révèle AXIOS. Un timing qui ne doit évidemment rien au hasard.

Sam Altman, le boss d'OpenAI, accuse d'ailleurs Anthropic de faire du "fear-based marketing" - comprenez, "le marketing de la peur". C'est clairement un excellent marketing de dire : "On a construit une bombe, on va la lâcher sur vos têtes. On vous vend un abri anti-atomique pour 100 millions de dollars", déclarait-il à TechCrunch fin avril.

©Taylor Hill / FilmMagic

Comme le souligne Thomas Veldkamp dans la newsletter Footnotes, Anthropic a elle-même reconnu que plusieurs "découvertes" attribuées à Mythos venaient en fait… de stratégies conçues par des chercheurs bien humains. Le modèle n'avait rien inventé - il avait juste bien exécuté la tâche qu'on lui avait donnée.

Loin de Skynet (l'intelligence artificielle qui anéantit l'humanité dans Terminator, vous l'avez ?), Mythos est en fait un aperçu de ce qui arrive - et surtout un coup marketing brillant. Anthropic a réussi quelque chose de rare : transformer le refus de lancer un produit… en argument commercial. Et à ce jeu-là, la peur - même si elle est loin d'être justifiée - est un excellent produit d'appel.

L'analyse complète est à retrouver sur Footnotes.

#PROPALES DE FUTUR (inspirées de faits réels) :

POINT DE DEPART : La conquête commerciale de l'espace s'accélère. SpaceX, Blue Origin et une poignée de start-ups chinoises et européennes multiplient les lancements. Les coûts d'accès à l'orbite - basse comme haute - chutent, les constellations de satellites se densifient et les premières stations spatiales privées se préparent. Mais qu'est-ce que ça change, concrètement, pour quelqu'un qui vit les pieds sur Terre ?

CHIANT MAIS PROBABLE L'espace devient une infrastructure comme une autre. Fini l'effet "waouh" des missions Apollo à la téloche - on suit les lancements de fusée comme on suivrait l'ouverture d'une nouvelle ligne de TGV Bordeaux / Clermont-Ferrand. Les satellites couvrent chaque centimètre carré de la planète, l'Internet par satellite devient la norme dans les zones rurales après avoir désamorcé l'isolement de la Creuse. Les gouvernements sous-traitent leurs missions scientifiques aux entreprises privées pour économiser sur leur budget. Quelques milliardaires font un tour en orbite - animé par le chanteur "Mr Worldwide" Pitbull. Ça coûte le prix d'un yacht, et ça impressionne tout autant - donc moins qu'avant. L'espace devient le nouveau Monaco : glam, cher, réservé à ceux qui peuvent se le permettre.

BLACK MIRROR  Une constellation de satellites chinois détecte et surveille en temps réel chaque mouvement à la surface de la Terre, au centimètre carré près. Les gouvernements achètent les données. Les boîtes privées aussi : Verisure lance une nouvelle formule de protection de domicile qui n'a rien à envier à la NSA tandis que votre prime d'assurance augmente, vu la vitesse à laquelle vous rouliez sur l'A6 le week-end dernier. Votre banque refuse votre prêt immobilier parce qu'une IA a analysé vos déplacements et en a conclu que vous n'aviez jamais mis un pied à Plounéour-Ménez (oui, c'est en Bretagne). Bref, l'orbite basse n'est plus un lieu d'exploration - c'est un panoptique flottant à 400 km d'altitude. Et vous ne pouvez même pas lui échapper en éteignant votre téléphone !

IDIOCRACY Elon Musk (encore lui) annonce qu'il va diffuser le prochain Super Bowl depuis l'espace. Ça ne change pas grand-chose pour les téléspectateurs, mais il économise sur les spots de pub à la gloire de Tesla. Une influenceuse lance le premier mariage en apesanteur, sponsorisés par Coca-Cola et diffusé en direct sur TikTok. Jeff Bezos ouvre un hôtel-casino en orbite, avec vue sur la Terre et cocktails à 30 000 dollars - la liste d'attente s'étire sur trois ans. Une start-up propose d'envoyer vos cendres dans l'espace pour 5 000 euros - le cimetière orbital devient tendance chez les bobos. L'espace ne sert plus à rien de scientifique, mais il génère des milliards en divertissement. On a ce qu'on mérite, que voulez-vous.

GRAND RECLASSEMENT La Chine construit une station spatiale permanente capable d'accueillir 50 personnes. Forcément, les États-Unis et l'Europe répliquent en lançant leurs propres projets. L'orbite basse devient un nouveau terrain de rivalité géopolitique - et cette fois-ci, aucun détroit pour compliquer les choses. Les premières ressources extraites d'astéroïdes arrivent sur Terre - pas grand-chose, juste assez pour prouver que c'est faisable. Les traités internationaux sur l'espace deviennent obsolète. Qui possède un astéroïde ? Qui a le droit d'exploiter la Lune ? Donald Trump a-t-il le droit de renommer la Mer de la Tranquillité en "Sea of America" ? Personne ne le sait. Ça n'empêche pas les Nations Unies d'organiser des sommets qui ne mènent nulle part - tandis que les entreprises privées avancent sans demander l'autorisation à personne. Ça y est : l'espace devient le Far West du XXIè siècle. Yee-ha.

LE MONDE D'APRÈS  Les débris spatiaux s'accumulent tellement qu'ils rendent certaines orbites tout bonnement inutilisables. Un satellite non-identifié, ayant dévié de sa trajectoire, percute une station privée, tuant six personnes. Tandis que les prix de l'assurance spatiale explosent, les lancements ralentissent. L'espace, c'est saturé, dangereux et ça coûte cher. Sur Terre, les gens regardent les milliards dépensés pour mettre tout et n'importe quoi sur orbite en se demandant pourquoi on n'a pas plutôt investi dans les hôpitaux, les écoles et les énergies vertes. L'espace redevient ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : un horizon lointain, fascinant, à prendre avec des pincettes. Là, on a vraiment les pieds sur Terre.

#LE JEU DU PROMPT

Cette semaine, collez ça dans Claude ou ChatGPT :

"Tu es responsable marketing chez une entreprise d'IA. Tu dois rédiger une annonce apocalyptique pour vendre ton dernier modèle IA en expliquant qu'il est trop dangereux pour être publié mais que ton entreprise va quand même le vendre à quelques clients triés sur le volet pour des millions de dollars. Utilise le registre de la menace existentielle et de l'urgence absolue.
Puis dans un second temps, joue le rôle d'un analyste tech qui démonte méthodiquement chaque argument marketing en citant des sources (études, déclarations dans la presse, avis de concurrents, déclarations de chercheurs) pour prouver que tout cela relève davantage de la stratégie commerciale que du prochain Skynet."

À hypervite dans HyperTextes !

Vous avez aimé cette newsletter ?
Partagez cette newsletter et bénéficiez du programme de parrainage :
Envoyez cette newsletter autour de vous et devenez nos ambassadeurs. Recevez vos invitations exclusives aux événements organisés par Kessel. Venez à la rencontre de vos auteurs préférés !
On vous a transféré 🔗 HyperTextes ? Abonnez-vous !
Vous êtes annonceur et vous voulez être visible dans 🔗 HyperTextes et des centaines de newsletters ? Contactez-nous.
Vous recevez ce mail car vous êtes abonné.e à 🔗 HyperTextes sur Kessel.

Kill the Newsletter! feed settings

💰 Dollar, chocolat glacé et thérapies de conversion

💰 Dollar, chocolat glacé et thérapies de conversion
Aujourd'hui, on vous raconte pourquoi le yuan menace la suprêmatie américaine, que l’Europe avance dans le bon sens pour laisser les gens être qui ils sont, et les investissements toujours plus fous des marques au festival de Cannes. 👀 A dans 5 minutes. ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Aujourd'hui, on vous raconte pourquoi le yuan menace la suprêmatie américaine, que l’Europe avance dans le bon sens pour laisser les gens être qui ils sont, et les investissements toujours plus fous des marques au festival de Cannes. 👀 A dans 5 minutes.

Hypertextes aussi est toujours plus fou. Kessel vous propose désormais une édition “flash”, envoyée le mercredi, toujours à base de contenus intelligents, fiables et que vous n’aurez pas lus ailleurs.

INTERNATIONAL

Le yuan au sommet : l'Amérique commence à suer.

Cette semaine, le yuan a touché son plus haut niveau face au dollar depuis plus de trois ans, juste avant le sommet Trump-Xi Jinping prévu les 14 et 15 mai. Coïncidence ?
Pas vraiment. Depuis les accords de Bretton Woods en 1944, le dollar s'est imposé comme la devise de réserve mondiale, conférant aux États-Unis un pouvoir considérable sur l'économie planétaire. Mais sa part dans les réserves de change mondiales est passée de 72% en 2001 à 57,8% fin 2024. Pendant ce temps, le dollar a perdu environ 10% de sa valeur pondérée depuis début 2025, avec une dette américaine dépassant 39 000 milliards de dollars. Trump n'a pas créé le problème, il l'a accéléré.

Pourquoi ce changement est historique ?

  • Le yuan ne représente que 1,93% des réserves officielles mondiales (FMI), mais il est déjà la 2e monnaie du financement du commerce mondial depuis 2022. L'écart reste énorme, le mouvement lui, est réel.

  • Xi Jinping a officialisé début 2026 sa volonté de faire du yuan une monnaie de réserve internationale. Problème : les contrôles de capitaux et la convertibilité limitée du yuan freinent tout. Devenir calife à la place du calife ne s'improvise pas.

  • Le signal déclencheur : le gel des réserves russes en 2022 a prouvé que des actifs en dollars pouvaient être bloqués par décision politique américaine. Ce jour-là, plusieurs banques centrales ont commencé à chercher une sortie.

TECH

On a compris, l’IA est partout, mais a-t-on les moyens d’y résister ?

Selon le rapport Jasper "State of AI in Marketing 2026", 91% des marketeurs utilisent l'IA au quotidien, contre 63% l'an dernier. L'IA s'est immiscée partout.
Mais néanmoins pas sans une forme de résistance. Selon une enquête Writer et Workplace Intelligence menée auprès de 2 400 travailleurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe, 29% des salariés sabotent volontairement la stratégie IA de leur entreprise. Chez les Gen Z, on grimpe à 44%. Oui, c’est un mécanisme de self-preservation, et peut-être que ce sont eux qui sont du bon côté de l'histoire.

Est-ce que ça vaut le coup de résister ? 

Refuser l'IA aujourd'hui, c'est comme refuser une calculatrice en 1985 : contreproductif. Sauf que résister, c’est vouloir que les humains soient encore nécessaires.
Par ailleurs, il n’est peut-être pas encore trop tard : 42% des entreprises qui n'ont pas investi dans l'IA estiment la technologie trop immature pour justifier le saut (NBER, 2025). Enfin, en cas de bug généralisé, les humains restent en capacité totale de travailler. Surtout depuis que 67% des directions admettent avoir subi une fuite de données liée à un usage non encadré de l'IA.

POLITIQUE

Le gouvernement s’inquiète (enfin) pour l’avenir des jeunes ?

Le taux de chômage des jeunes a atteint 21,5% en France, et 12,9% des jeunes sont désormais NEET (Not in Education, Employment or Training), ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation, en rien donc. Le 7 mai, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a présenté "Emploi futur", un plan interministériel de 15 mesures. L'objectif : porter le taux d'emploi des 15-24 ans à 40% d'ici 2030, contre 34,3% fin 2025. Sans budget supplémentaire, sans réforme législative. Bonne chance.

A-t-on des raisons d’y croire quand même ?

  • Mesure phare du plan : un "InserScore du marché du travail", sur le modèle du Nutri-score, pour que les jeunes sachent à quoi s'attendre en termes d'insertion et de salaire selon leur formation. Sympa. Sauf que ça ne crée pas un seul poste.

  • Le plan arrive en même temps qu'une coupe de 7,6% sur le budget des missions locales et un rabot sur les aides à l'apprentissage. L'Unef crie au "plan au rabais", le Medef s'étonne qu'on saborde l'apprentissage tout en voulant booster l'emploi des jeunes.

  • Contexte qui ne trompe pas : ces annonces tombent moins d'un mois après la mort d'un lycéen dans le Gard lors d'un stage BTP. Le timing n'est pas anodin.

POLITIQUE INTERNATIONNALE

Bonne nouvelle, l’Europe avance sur l’interdiction des thérapies de conversion

Dans la morosité ambiante, savoir que 405 députés européens sur 720 ont voté pour l'interdiction des thérapies de conversion met un peu de baume au cœur (on notera que Jordan Bardella s'est royalement abstenu, au nom de la "souveraineté des États", l'argument fétiche du RN). Pour rappel, les thérapies de conversion sont des "stages" qui visent à "réparer" de gré ou de force les personnes LGBTQIA+. Elles sont interdites en France depuis 2022, mais c’est loin d’être le cas partout en Europe. C'est donc un premier pas législatif majeur, reste à ce que les États jouent le jeu.

Pourquoi c’est important ?

  • Parce que ça montre que l’homophobie n’a pas sa place dans l’Union, malgré la résistance des pays les plus conservateurs.

  • La résolution a été mise en place suite à une initiative citoyenne. Moralité : chaque citoyen européen, à titre individuel, peut avoir un impact sur ce qui est voté au Parlement et on a tendance à l’oublier. 

  • Réponse définitive le 17 mai pour concrétiser cette interdiction à l’échelle européenne.

BUSINESS

Magnum va organiser un défilé de mode à Cannes avec l’aide du styliste de Zendaya

Chaque année, en parallèle du festival de Cannes se dispute une guerre de l’ombre. Les marques usent et abusent de subterfuges pour avoir l’évènement le plus grandiose et, par extension, le plus de presse possible. Cette année, c’est Magnum qui risque de gagner la bataille. Oui, Magnum qui fait des glaces.
Pourquoi ? Parce qu’à grands coups de millions, ils sont en train d’organiser un évènement XXL pour promouvoir leurs deux nouvelles saveurs, pistache et pêche. Est-ce qu’organiser un défilé de mode et monter une beach VIP est un poil too much pour parler de glace ? Peut-être. Mais tout est possible dans le monde merveilleux du marketing.

Qu’est-ce qu’on doit comprendre de toute cette stratégie ?

  • Magnum ne vend pas simplement une glace, mais plutôt un art de vivre. Ce n’est pas un simple esquimau, mais un produit 100% glamour que vous mangez quand vous mangez un Magnum. 

  • Le festival de Cannes reste l’un des plus gros terrains de brand activation pour les marques : pour se démarquer, il faut jouer gros. 

  • Law Roach + TikTok + pistache : c'est absurde sur le papier et c'est exactement pour ça que ça va marcher. L'étrangeté assumée est devenue une stratégie de communication à part entière.

À hypervite dans Hypertextes !

Vous avez aimé cette newsletter ?
Partagez cette newsletter et bénéficiez du programme de parrainage :
Envoyez cette newsletter autour de vous et devenez nos ambassadeurs. Recevez vos invitations exclusives aux événements organisés par Kessel. Venez à la rencontre de vos auteurs préférés !
On vous a transféré 🔗 HyperTextes ? Abonnez-vous !
Vous êtes annonceur et vous voulez être visible dans 🔗 HyperTextes et des centaines de newsletters ? Contactez-nous.
Vous recevez ce mail car vous êtes abonné.e à 🔗 HyperTextes sur Kessel.

Kill the Newsletter! feed settings

🔗 Sophie la girafe, Alloncle et la carto des restos

🔗 Sophie la girafe, Alloncle et la carto des restos
Cette semaine, on vous explique que Sophie la girafe n'est pas le symbole français qu'on croyait, que le rapport Alloncle est passé à côté de l'essentiel, et on vous dévoile les restos parisiens fréquentés par les stars. À dans 5 min ! 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous explique que Sophie la girafe n'est pas le symbole français qu'on croyait, que le rapport Alloncle est passé à côté de l'essentiel, et on vous dévoile les restos parisiens fréquentés par les stars. À dans 5 min ! 👀

#BULLETIN DE SANTÉ: on ne peut plus faire confiance à personne

长颈鹿苏菲 (ça veut dire Sophie la Girafe en mandarin)

Sophie, la girafe préférée des nouveaux nés et de leurs parents accrochés à leurs souvenirs d’enfance, cache en réalité un lourd secret depuis 2013 : elle n’est plus fabriquée en France, mais en Chine. L’usine savoyarde n’était qu’une leurre en caoutchouc. “Tout était faux” résume un ancien cadre de l’entreprise.
Depuis la délocalisation, le CA de Vulli, qui se targue d’en écouler autant qu’il y a de naissances chaque année en France, dépasserait les 30 millions d’euros. Avec tout cet argent, Sophie vole-t-elle au moins en business avant d’arriver dans la bouche de nos bébés ?

Peut-on manger encore manger sainement sans paniquer ?

En mars 2026, l’Anses a publié un rapport choc : près d’un Français sur deux dépasse les seuils de cadmium dans l’organisme. Quezako ? Un métal lourd et cancérogène qui pullule dans les flocons d’avoine et les pommes de terre. On savait que la raclette était mauvaise pour la santé, mais pas à ce point. On peut légitimement se demander pourquoi les Français sont bourrés de cette substance et la réponse est assez simple : la France applique un plafond de 90 mg de cadmium par kilo d’engrais phosphaté, le plus laxiste de toute l’Europe occidentale. Pour une fois qu’on est les meilleurs quelque part, il fallait que ça nous tue à petit feu.

Gianni Infantino, champion du monde du mensonge

Ça jazze à la Fifa. Gianni Infantino avait vendu l'événement comme historique aux américains. L’équivalent de “104 Super Bowls” avait-il annoncé. Mais six semaines avant le coup d’envoi, 80% des hôteliers américains tirent la langue : le public et les réservations ne sont pas au rendez-vous et ce n’est pas lié au hasard. La FIFA avait réservé des milliers de chambres pour ses propres besoins, mais les a finalement annulées. Résultat, les hôtels seront vides et peut-être les stades aussi — en même temps, à 2500$ la place, ça se comprend.

ET EN PLUS LE GRATIN DESERTE LES QUARTIERS CHICS

Les stars vont toujours au resto, mais plus où on l'imagine. À Paris, la géographie des restos fréquentés par les stars internationales n’a plus grand-chose à voir avec l’époque où elles se retrouvaient dans les sempiternelles mêmes adresses, tantôt chic, tantôt tape-à-l’œil. Le nouveau cool parisien ne se joue plus sous les flashs, mais à l’abri des regards.

Dans le dernier numéro de Entrée Plat Dessert, Robin Panfili, foodporter et épicurien, nous raconte les adresses préférées des A-listers et a même cartographié ce nouveau Paris culinaire des stars :

Charles, welcome to the Creator Economy

Le rapport Alloncle compte 551 pages, pour autant vous n’y trouverez rien sur la Creator Economy. À aucun moment les créateurs de contenu et leurs audiences n'ont été pris en compte, alors que ce sont eux aujourd'hui qui produisent les contenus les plus consommés. En considérant les réseaux sociaux comme un Far West en manque de shérif, le rapport ignore complètement les 18-35 ans. Dommage, peut-on sauver l'audiovisuel public en faisant l'impasse sur ceux qui représentent son avenir ?

La “creator economy”, c'est l'ensemble de l'écosystème économique construit autour des créateurs de contenus indépendants : Youtubeurs, podcasteurs, instagrameurs... Tous ces acteurs du digital monétisent leur audience sans passer ni par une prod ni par une chaîne télé et personne dans la commission ne semble avoir compris réellement le poids que cette économie peut avoir sur l'audiovisuel.

“Dans dix ans - conclut Benoit Zante pour Socialrama - “le débat ne portera peut-être plus sur la ligne éditoriale de France Inter, mais sur la place que la France aura su (ou pas) faire à ses propres créateurs dans l’espace médiatique.”

#L’ANGLE MORT

Pas tous les hommes, mais 62 millions de visites en un mois, ça en fait un paquet.
62 millions de visites, c’est le score d'un site dédié à aider les hommes qui veulent violer des femmes. Un groupe Telegram. Des posologies échangées comme des recettes de cuisine.

Grégory Pouy n’avait pas prévu d’écrire sur ce sujet, mais il a préféré s’y confronter plutôt que d’évacuer le point par un “not all men”. Une newsletter intelligente et documentée qu’Hypertextes vous invite à lire.

Des mecs mariés qui ne sont pas définitivement pas “juste des malades dans leur coin”, aux incels (involuntary celibate) remplis de hargne, Grégory Pouy décortique les étapes qu’on a manquées : “le monde a changé. La masculinité, non”.

#PROPALES DE FUTUR : on a réglé la question ci-dessus

DEPRIMANT MAIS PROBABLE Les plateformes tardent à réagir, mais après des mois de matraquage médiatique, l'Europe finit par mettre en place un mega filtre. Andrew Tate ouvre une chaîne Telegram payante et fait des millions de dollars sur la misère des hommes. Le problème se déplace, il ne disparaît pas. On a colmaté une brèche, pas réglé le fond.

BLACK MIRROR  Les plateformes mettent en place des IA de modération qui détectent des contenus jugés “toxiques et masculins”. Problème, les robots censurent aussi les contenus qui parlent de masculinité saine et les podcasts féministes qui analysent les comportements incels. Cette solution n’est que de la poudre aux yeux : les masculinistes migrent sur des serveurs offshore et tout le monde pense que le problème est réglé alors qu’en fait, pas du tout.

CELUI AUQUEL ON VOUDRAIT CROIRE L'éducation nationale intègre enfin un cours sur les émotions au collège, quelque chose commence à changer discrètement. Les premières générations d'hommes qui savent nommer ce qu'ils ressentent arrivent sur le marché du travail et les amitiés masculines profondes se normalisent. Niobe Way avait raison depuis le début. TikTok devient enfin ce qu'il aurait toujours dû être : un endroit où on danse, on cuisine et on fait des blagues nulles. Ouf.

À hypervite dans HyperTextes

Vous avez aimé cette newsletter ?
Partagez cette newsletter et bénéficiez du programme de parrainage :
Envoyez cette newsletter autour de vous et devenez nos ambassadeurs. Recevez vos invitations exclusives aux événements organisés par Kessel. Venez à la rencontre de vos auteurs préférés !
On vous a transféré 🔗 HyperTextes ? Abonnez-vous !
Vous êtes annonceur et vous voulez être visible dans 🔗 HyperTextes et des centaines de newsletters ? Contactez-nous.
Vous recevez ce mail car vous êtes abonné.e à 🔗 HyperTextes sur Kessel.

Kill the Newsletter! feed settings

Roselyne Bachelot, Gaza, un café et l’addition

Roselyne Bachelot, Gaza, un café et l’addition
Cette semaine, on vous raconte comment Gaza s’enlise encore et toujours, que l’Europe se prépare à s'agrandir, que l’IA ne gagnera jamais d’Oscars et pourquoi George Clonney ne suffit plus. 👀 A dans 5 minutes. ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous raconte comment Gaza s’enlise encore et toujours, que l’Europe se prépare à s'agrandir, que l’IA ne gagnera jamais d’Oscars et pourquoi George Clonney ne suffit plus. 👀 A dans 5 minutes.

Hypertextes aussi s’agrandit. Kessel vous propose désormais une édition “flash”, envoyée le mercredi, toujours à base de contenus intelligents, fiables et que vous n’aurez pas lus ailleurs.

INTERNATIONAL

Gaza n'a pas disparu, même si tout le monde fait semblant

Depuis le début du conflit en Iran, c’est silence radio sur Gaza. Pourtant, la trêve ne tient qu’à un fil et le désarmement du Hamas bloque toutes les négos. Pendant ce temps, alors que tout le monde regarde ailleurs, les américains se désengagent discrètement des abords de Gaza. Washington nie en bloc évidemment, mais si ça se confirme, ça risque de tout changer.

Pourquoi c’est important ?

  • Le retrait discret des Américains pourrait être le vrai game changer : sans Washington dans l'équation, Israël reprend les mains libres. Et ça, ça ne présage rien de bon.

  • Le Hamas est en train de choisir son nouveau leader. Le résultat aura un impact direct sur l'avenir de la bande de Gaza et sur toute la suite des négociations.

  • Gaza reste un pivot de la géopolitique mondiale, ne pas s'y intéresser en ce moment, c'est rater la moitié de l'histoire.

L'Europe va bientôt devoir acheter une table de réunion plus grande

Il faudra bientôt ajouter un couvert de plus à la grande table de l’union (c’est historique, ce n’est pas arrivé depuis 2013). L'UE a officiellement lancé le compte à rebours pour accueillir un nouveau membre : le Monténégro candidate depuis 2008, négocie depuis 2012, et peut espérer une adhésion d'ici 2028. Tout vient à point à qui sait attendre. 

Pourquoi ça nous concerne ?

  • L'adhésion d'un nouveau membre à l'UE a un impact économique direct sur tous les pays membres (positif comme négatif), donc quand on parle de l’Europe, on parle aussi de votre portefeuille.

  • Dans un monde qui part dans tous les sens, sécuriser les Balkans c'est fermer une porte d'entrée à l'influence russe.

  • Ça fait du bien de savoir que l'Europe fait encore rêver, même un peu.

TECH

Votre stagiaire a-t-il moins d'avenir que ChatGPT ?

La menace de l'IA sur le milieu professionnel se concrétise. Les premiers effets se font sentir et ce sont les jeunes qui trinquent le plus.
Un changement en lame de fond, discrète :
moins d’opportunités d’entrée, une progression salariale plus faible et une polarisation accrue des emplois, plus que des suppressions massives. La géopolitique et le durcissement des politiques migratoires aux US, au Royaume Uni et en Allemagne bouleversent également le marché du travail :

  • À court terme, ce sont près de 52 millions d’emplois aux Etats-Unis et 21,8 millions en Europe qui risquent de connaître une profonde transformation,  

  • En cas de fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, l’Europe serait plus affectée que les États-Unis : environ 225 000 emplois perdus dans la zone euro contre 126 000 aux États-Unis.

Joyeuse fête du travail.

POLITIQUE

La grande conversation pour savoir si la politique c’était mieux avant

Roselyne Bachelot est l’invitée de La Grande Conversation, et livre un témoignage rare : celui d'une femme qui a traversé 40 ans de vie politique et exercé presque tous les mandats.

Du Conseil général du Maine-et-Loire à l’Assemblée nationale. De son engagement pour le PACS, à ses mandats au Ministère de la Santé ou de la Culture, elle revient sur un des principes qu'elle s'est fixés tout au long de son parcours : la liberté en politique. Face aux partis ou aux pressions, la liberté est une condition essentielle de son engagement. Le gaullisme et ce qu'il en reste aujourd'hui, Mitterrand et la langue française, la droite qui se droitise, l'Assemblée sans majorité... Finalement, la politique, est-ce que c'était mieux avant ?

Que s’est-il passé pour qu’on en arrive à laisser place à des jeunes premiers qui confondent l'Iran et l'Irak ? On n'est pas les seuls à se poser cette question, non par nostalgie mais pour la défense de la démocratie.

CULTURE

LA news qui prouve que l'IA peut tout faire sauf monter sur scène remercier sa mère

Même si elle risque de piquer votre travail, notez quand même que l'IA n'est pas toujours gagnante. Par exemple, elle ne peut pas gagner d'Oscar, alors que vous, oui. Le 1er mai, l'Académie a publié de nouvelles règles : les acteurs et les scénarios générés par IA ne seront pas éligibles aux récompenses. "Seuls les rôles crédités au générique officiel et démontrablement interprétés par des êtres humains avec leur consentement sont éligibles." L'IA reste autorisée comme outil, mais ça s'arrête là.

BUSINESS

George Clooney est-il trop vieux pour vendre du café ?

Nespresso vient d'annoncer l'arrivée de Dua Lipa dans son pool d'égéries. Plus smart, plus cunt, plus sexy, elle a été choisie pour présenter le café comme une aventure du quotidien plutôt qu'un simple boost d'énergie. 60% de la GenZ consomme régulièrement cold brew et iced latte, soit 20% de plus que les millennials. En choisissant Dua Lipa, Nespresso veut séduire un public qui n'a jamais acheté une capsule de sa vie. Et ça va sûrement marcher.

Pourquoi ça nous intéresse ? 

  • Nespresso ne cible pas la GenZ parce qu'elle aime le café. Elle prépare l’avenir, vous êtes concerné si vous avez enfin un salaire et la capacité de souscrire des abonnements.

  • Dua Lipa c'est 94 millions d'abonnés Instagram. Clooney c'est la télé du dimanche soir. Le glissement dit tout sur où se joue désormais l'attention.

  • Clooney reste égérie, même Nespresso connait les valeurs des classiques. Mais un peu de nouveauté de temps en temps, ça ne fait jamais de mal au business.

🔗 L'analyse complète est sur Fortune / Hypebeast

À hypervite dans Hypertextes !

Vous avez aimé cette newsletter ?
Partagez cette newsletter et bénéficiez du programme de parrainage :
Envoyez cette newsletter autour de vous et devenez nos ambassadeurs. Recevez vos invitations exclusives aux événements organisés par Kessel. Venez à la rencontre de vos auteurs préférés !
On vous a transféré 🔗 HyperTextes ? Abonnez-vous !
Vous êtes annonceur et vous voulez être visible dans 🔗 HyperTextes et des centaines de newsletters ? Contactez-nous.
Vous recevez ce mail car vous êtes abonné.e à 🔗 HyperTextes sur Kessel.

Kill the Newsletter! feed settings

🔗 Livret A, couture et détroit d'Ormuz

🔗 Livret A, couture et détroit d'Ormuz
Cette semaine : pourquoi les artisans, créateurs et consultants ont plus à apprendre d'Hermès que de ChatGPT, comment une app de rencontres a mis 2,5M de personnes en file d'attente, et un prompt IA pour détecter tout licenciement déguisé en révolution tech. À dans 5 min ! 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine : pourquoi les artisans, créateurs et consultants ont plus à apprendre d'Hermès que de ChatGPT, comment une app de rencontres a mis 2,5M de personnes en file d'attente, et un prompt IA pour détecter tout licenciement déguisé en révolution tech. À dans 5 min ! 👀

#BULLETIN DE SANTÉ

Jobs en moins.

Les entreprises françaises mettent le hola sur les embauches. 2,3 millions de projets de recrutement sont prévus en 2026 - un chiffre en recul de 6,5% par rapport à l'année dernière (France Travail). Certes, le ralentissement est deux fois moins marqué qu'en 2025. Mais la baisse touche tous les secteurs, sans exception, de l'industrie à la construction. Le marché qui était censé se redresser après le Covid tourne en fait au ralenti. Même un CV parfait ne suffit plus…

Caddies plus chers.

Le prix des produits alimentaires en rayon va augmenter de 4 à 5 % dans les prochains mois (France Info / UFC Que Choisir). Le choc pétrolier provoqué par la fermeture du détroit d'Ormuz se répercute sur les emballages, le transport et les matières premières. En clair, les prix avaient tout juste commencé à se stabiliser - et l'addition arrive au moment où l'on pensait avoir récupéré sa monnaie.

Argent chez soi.

Les Français ont retiré 3,1 milliards d'euros de leur Livret A au premier trimestre 2026, la plus grosse décollecte depuis 2009 (Caisse des dépôts / Bourse Direct). Avec ce troisième mois consécutif de décollecte, la situation commence à rappeler la crise financière de 2008. Même le Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes, recule pour la première fois depuis mai 2025 - 120 millions d'euros ont été retirés en mars 2026.
Bref, on ne retire pas notre argent parce que les taux baissent - mais parce qu'on en a besoin.

EN CLAIR, LES FRANÇAIS ONT PEUR ET L’ÉCONOMIE N’AIME PAS ÇA.

Moins d'embauches, des prix qui repartent à la hausse et trois milliards sortis du Livret A. Trois signaux déconnectés - jusqu'à ce qu'on réalise qu'ils racontent la même chose : quand les gens ont peur, ils se recroquevillent. Ils n'achètent plus, n'investissent plus, n'embauchent plus.
Et quand tout le monde se recroqueville en même temps, la peur devient autoréalisatrice. 

ET EN PLUS ILS ONT GENTRIFIÉ TINDER

Connaissez-vous Raya ?
Aux États-Unis, le magazine WIRED revient sur l'existence de l'application de rencontres ultra-sélect, dont la liste d'attente compte… 2,5 millions de personnes, et certaines font la queue depuis sept ans. La raison ? Le "Tinder des célébrités" n'est accessible que sur invitation, et chaque profil doit être validé par la plateforme - ça peut prendre une semaine comme des années.
Bref, on a réussi à mettre une file d'attente et un prix d'entrée sur quelque chose que nos grands-parents faisaient gratuitement dans une salle des fêtes.

#BUZZWORD : “AI WASHING”

ÇA VEUT DIRE QUOI ?

C'est quand une entreprise utilise l'IA comme prétexte pour justifier une décision qui aurait été prise de toute façon. L'intelligence artificielle devient un alibi, un écran de fumée 2.0. On ne supprime pas des postes parce que les affaires vont mal - on "optimise la structure grâce aux nouvelles capacités de l'IA générative".
En clair : l'IA ne transforme rien, mais sert de joli papier cadeau à un licenciement discutable.

COMMENT LE PLACER LORS D'UN AFTERWORK :

"Mon chef vient d'annoncer une réorg' en nous expliquant que c'était grâce à l'IA. Mais le logiciel qu'ils ont installé, c'est un chatbot qui répond aux mails. C'est vraiment de l'AI washing de compet - et le chatbot, lui, il garde son poste !"

#L’ANGLE MORT

LE BRUIT

L'IA - ne pas l'utiliser en 2026, c'est presque devenu has been. Tout le monde prompte, scale, automatise - des créateurs de contenus aux consultants, en passant par les restaurateurs. La logique tech s'applique désormais à tout.

LE SIGNAL

À force de vouloir tout produire plus vite, on commence à confondre vitesse de production et valeur. L'outil est devenu le sujet. Et ce qu'on faisait avant l'arrivée de l'IA - avec du temps, du soin, une signature - se retrouve presque à se justifier d'exister.

ANGLES MORTS

Le dilemme : est-ce que la valeur de notre travail vient du fait d’aller plus vite grâce à Claude ou ChatGPT, ou plutôt du savoir-faire et de l’approche personnelle qu’on y met ? C'est la question posée par Matthieu Stefani dans Génération Do It Yourself cette semaine, à travers l'exemple d'Hermès et de la "ligne de couture".

Chez le géant du luxe, les artisans sont formés pendant dix-huit mois… avant même de toucher un sac. L'entreprise utilise évidemment des machines de pointe, mais ce sont eux qui décident quand et comment. Le geste reste humain, situé, non reproductible. "Chaque sac Hermès porte le poinçon de celui ou celle qui l'a fait", explique Matt Stefani, "et l'artisan conserve ses outils toute sa carrière."

C'est précisément ce caractère unique qui fait qu'un Birkin vaut ce qu'il vaut (cher) et que la liste d'attente ne désemplit pas. La maison aurait pu externaliser pour optimiser. Elle a choisi de ne pas le faire. Et c'est devenu son argument commercial le plus puissant.

Alors, la question centrale c’est : que peut-on confier à l'IA sans que ça se voie, et que doit-on encore faire sur mesure ? Autrement dit : où se trouve notre ligne de couture ?

L'analyse complète est à retrouver sur Génération Do It Yourself de Matthieu Stefani - et pour retrouver l'histoire d'Hermès racontée en podcast, c'est chez Fleurons.

#PROPALES DE FUTUR (inspirées de faits réels): le détroit d’Ormuz

CHIANT MAIS PROBABLE Un cessez-le-feu de façade est signé début mai sous la pression des monarchies du Golfe. Le détroit d'Ormuz rouvre partiellement. Donald Trump publie dans la foulée un post sur Truth Social en s'attribuant tout le mérite. Les prix du baril de pétrole et du kérosène reviennent à des niveaux acceptables - comprendre : vos billets d'avion pour cet été ne sont pas annulés, mais coûteront quand même 40% plus cher. Un "comité de vigilance énergétique" est créé à Bruxelles, se réunit quatre fois, publie un rapport en trois langues que personne ne lit, et disparaît dans l'indifférence générale. En France, c'est la faute à Macron.

BLACK MIRROR  Les négociations ayant définitivement échoué, les États-Unis passent à une cyberattaque en règle sur les systèmes de contrôle des infrastructures énergétiques iraniennes. L'Iran connaît un black-out de 72 heures. Personne ne sait vraiment ce qu'il se passe à Téhéran pendant quatre jours parce que les journalistes n'ont plus de réseau. L'information devient une denrée aussi rare que l'essence. Les chaînes d'info en continu diffusent en boucle un expert qui répète qu' "on n'a pas assez d'éléments" - ce qui est vrai, mais ça n'a jamais empêché un expert de continuer à parler en plateau.

IDIOCRACY Elon Musk propose de régler le conflit avec un sondage sur X. Une influenceuse de Dubaï fait 140 millions de vues avec une vidéo intitulée "Ma semaine sous blocus (routine + GRWM)". Trump la cite en conférence de presse en expliquant qu'il y a de "very good people, very resilient, very American people" qui font bouger les choses. Netflix lance une série documentaire, narrée par Morgan Freeman, avant même la fin du conflit. Le détroit finit par rouvrir, parce que plus personne n'a le temps de faire la guerre entre deux reels Instagram.

GRAND RECLASSEMENT L'Europe, lassée d'attendre une position américaine cohérente en voyant ses réserves d'énergie fondre à vue d'œil, envoie une coalition navale franco-britannique dans le détroit. Premier déploiement militaire européen autonome à cette échelle. Macron tient une conférence de presse en anglais et réhausse pour l'occasion ses lunettes à la Top Gun, (re)devenant un symbole mondial. Les marchés adorent, sa cote de popularité aussi. L'OTAN commence à ressembler à une colocation dont certains locataires ont décidé de racheter l'immeuble et les autres feignent de ne pas avoir entendu frapper.

LE MONDE D'APRÈS  Le blocus américain tient trois mois. Pas une goutte de pétrole ne sort du détroit - sauf vers la Chine, qui joue la carte de la neutralité façon contre-Uno malgré les sanctions économiques américaines. Les Européens redécouvrent le train avec une hostilité polie. Faute de clients véhiculés, les centres commerciaux de périphérie ferment les uns après les autres. Le télétravail redevient une solution écologique plutôt qu'un privilège de cadre. Le nombre de vélotaffeurs explose, et pas qu'à Paris. Les gens achètent local, reparlent à leurs voisins. Ça ressemble davantage à un dimanche sans voiture permanent qu'à Mad Max ce qui, selon les générations, est soit une catastrophe, soit exactement ce qu'on attendait, sans oser le dire.

#LE JEU DU PROMPT

Cette semaine, collez ça dans Claude ou ChatGPT :

"Tu es un DRH d'une entreprise de 200 personnes dans le secteur des services. Tu dois justifier la suppression de 15 postes de cadres intermédiaires à un comité social et économique. Tu as décidé ces suppressions principalement pour des raisons budgétaires, mais tu veux présenter ça comme une transformation liée à l'IA. Rédige le discours. Puis, dans un deuxième temps, joue le rôle d'un délégué syndical qui a lu l'étude HBR sur l'AI washing et démonte ton argumentaire point par point."

À hypervite dans HyperTextes !

Vous avez aimé cette newsletter ?
Partagez cette newsletter et bénéficiez du programme de parrainage :
Envoyez cette newsletter autour de vous et devenez nos ambassadeurs. Recevez vos invitations exclusives aux événements organisés par Kessel. Venez à la rencontre de vos auteurs préférés !
On vous a transféré 🔗 HyperTextes ? Abonnez-vous !
Vous êtes annonceur et vous voulez être visible dans 🔗 HyperTextes et des centaines de newsletters ? Contactez-nous.
Vous recevez ce mail car vous êtes abonné.e à 🔗 HyperTextes sur Kessel.

Kill the Newsletter! feed settings

Confort, Simplification et Amour Violent

Confort, Simplification et Amour Violent
Cette semaine, on vous explique comment nous simplifier la vie ne nous rend pas plus heureux mais aussi qu'on va payer plus cher nos courses, et que l'utilisation de charbon recule pour la première fois. En plus, vous saurez si c'est bien de permettre à vos enfants de s'aider de ChatGPT. À dans cinq minutes ! 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous explique comment nous simplifier la vie ne nous rend pas plus heureux mais aussi qu'on va payer plus cher nos courses, et que l'utilisation de charbon recule pour la première fois. En plus, vous saurez si c'est bien de permettre à vos enfants de s'aider de ChatGPT. À dans cinq minutes ! 👀

Le confort nous aura-t-il à l’usure ?

Il y a des erreurs de civilisation qui commencent doucement, par un bouton “commander en un clic”. On gagne trois minutes, on évite une interaction humaine, on reçoit un plat tiède devant une série moyenne et l’on appelle ça le progrès.

C’est ce qu’a fait la Silicon Valley, qui n’a pas seulement vendu des outils mais une métaphysique basse consommation : moins d’effort, moins de friction, moins de choix à faire soi-même. Google Maps choisit la route, Amazon le produit, Netflix la soirée, Tinder le désir et ChatGPT la formulation. Tout devient plus simple mais plus simple ne veut pas dire plus vivant : dans une maison de retraite aussi, tout est optimisé : repas à heures fixes, déplacements réduits, décisions limitées. Pas vraiment le symbole de l’avenir de l’humanité.

Le contresens est là. La tech a décidé que la difficulté était un bug, alors qu’elle est souvent ce qui donne un peu de densité à l’existence. Se perdre dans une ville, rater une recette, lire un texte qui résiste, débattre avec quelqu’un d’insupportable, apprendre lentement quelque chose avec la grâce d’un lombric fatigué : tout cela prend du temps, agace, humilie parfois. Mais c’est précisément là que se fabriquent la compétence, le goût, le jugement, la mémoire. Le résultat sans le chemin, c’est joli sur une démo produit. Dans une vie, ça ressemble assez vite à un cercueil avec Wi-Fi.

Et le problème dépasse largement le développement personnel pour cadres qui veulent “reprendre le contrôle”. La démocratie aussi est une friction et elle oblige à supporter l’autre, à écouter des phrases stupides sans immédiatement muter le canal, à habiter un espace commun avec des gens qu’aucun algorithme n’aurait recommandé. Hannah Arendt appelait cela “le monde commun” ; aujourd’hui, on appellerait plutôt ça une mauvaise expérience utilisateur. Le PMU, la place du marché, le petit commerce, la réunion publique : autant d’endroits mal fichus, bruyants, parfois pénibles où le réel a encore la politesse de ne pas être personnalisé.

La question n’est donc pas de jeter les outils, ce qui serait aussi crédible qu’un ministre promettant la simplification administrative, mais de savoir ce qu’on refuse encore de déléguer, comme lire, écrire soi-même, marcher sans GPS ou parler à quelqu’un qui pense autrement, apprendre une langue sans viser immédiatement la productivité et garder quelques zones de résistance, non par nostalgie, mais par hygiène existentielle.

Le futur raté par la Silicon Valley, c’est peut-être celui-là : non pas nous épargner l’effort, mais nous laisser choisir les résistances qui valent la peine. Un avenir sans friction serait merveilleux sur une plaquette investisseur. Dans la vraie vie, ça ressemble surtout à une pente savonnée vers l’insignifiance.

3 infos à mettre dans votre déclaration d’impôts à savoir cette semaine

1. La France simplifie l’économie avec 87 articles et un comité

Pour simplifier, la France prend son temps. Le projet de loi de “simplification” économique a donc mis deux ans à être adopté. Présenté par Bruno Le Maire en avril 2024 à une époque où l’on croyait encore que les ministres duraient, le texte partait avec 26 mesures et arrive avec 87 articles. La simplification, chez nous, est une plante invasive. Sur le fond, le paquet est vaste : plateforme unique pour les achats publics, seuils relevés, transmission d’entreprise assouplie, médiation avec l’administration, clôture gratuite des comptes pro, meilleurs délais d’indemnisation en assurance, résiliation facilitée pour les PME. Bref, quelques vrais cailloux retirés de la chaussure des entreprises.
Et comme souvent, la simplification finit par simplifier surtout ce qui dérangeait : les ZFE sautent, le ZAN s’assouplit, les grands projets respirent “mieux”, l’environnement apprend à être “pragmatique” et pour faire bonne mesure, on supprime quelques commissions consultatives jugées inutiles… avant de créer un Conseil de la simplification auprès du Premier ministre.
En clair, pour alléger le millefeuille, on commence par ajouter une petite couche de crème. Vous aimez ? C’est français.

2. Votre caddie va s’enflammer à cause des bombes en Iran

L’inflation pensait peut-être avoir pris quelques RTT, mais la voilà déjà rappelée en rayon. Selon l’UFC-Que Choisir, la guerre au Moyen-Orient pourrait faire grimper les prix des supermarchés de 4 à 5 % dans les prochains mois. Pas un remake complet du choc post-Ukraine, où certains produits avaient pris 20 à 25 % dans les dents, mais assez pour rappeler que le pouvoir d’achat français tient souvent à trois yaourts, un plein et une facture de chauffage.
Le mécanisme est d’une poésie très simple : énergie plus chère, engrais plus chers, transport plus cher, emballages plus chers, donc caddie plus cher. Les premiers servis devraient être les produits frais, les laitages, les yaourts et tout ce qui tourne vite et ne peut pas attendre tranquillement dans un entrepôt en méditant sur la géopolitique. Lactalis a déjà prévenu qu’il faudrait répercuter une partie du choc. Ensuite viendront l’hygiène, la beauté, les emballages et tout ce qui dépend encore du pétrole, c’est-à-dire à peu près notre vie moderne.
Bref, la guerre est loin, mais elle sait très bien trouver le chemin du ticket de caisse.

3. Le charbon détrôné par les énergies renouvelables

Pour la première fois depuis plus d’un siècle, les renouvelables ont produit plus d’électricité que le charbon dans le monde : 34 % contre 33 %. Une bascule historique, portée surtout par le solaire, dont la production a bondi de 30 % en un an et a été multipliée par dix en dix ans. Même la Chine et l’Inde ont réduit leur production électrique fossile, ce qui, dans le genre “petit miracle industriel”, mérite au moins un haussement de sourcil admiratif.
Mais avant de sabrer le champagne bio, l’électricité ne représente qu’environ 21 % de l’énergie consommée dans le monde. Le reste (transports, industrie, chauffage) continue largement de tourner aux fossiles, comme si le XXᵉ siècle refusait de quitter la pièce. Résultat : malgré ce record, les émissions liées à l’énergie ont encore augmenté de 0,4 % en 2025. Donc oui, les renouvelables gagnent enfin une manche. Mais le match, lui, se joue toujours dans un stade rempli de pétrole, de gaz et de charbon.

Ces musiques que vous connaissez, sans savoir pourquoi.

En partenariat avec La Seine Musicale

Vous avez regardé Barry Lyndon sans savoir que la mélodie qui tournait en boucle dans votre tête depuis était signée Haendel. Vous avez pleuré sur Out of Africa en ignorant que c'était Mozart qui vous retournait les tripes. Rassurez-vous : ce n'est pas de l'ignorance, c'est de la sensibilité. Et ça tombe bien, Laurence Equilbey, Insula orchestra et les meilleurs spécialistes du répertoire baroque ont décidé de la célébrer.

Musiques de cinéma, sous le label Erato / Warner Classics, réunit les plus grands airs baroques et classiques qui ont marqué l'histoire du cinéma, joués sur instruments d’époque afin d’en retrouver les sonorités d’origine. Avec déjà un million et demi de streams et un succès international aux quatre coins du monde, cet album se présente comme une véritable bande originale : une interprétation authentique de ces œuvres, comme si la BO avait été enregistrée à l’époque même des compositeurs.

Et si vous préférez les concerts en vrai, Insula orchestra est en résidence à La Seine Musicale toute l'année.

Disponible sur toutes les plateformes. Sortie physique le 24 avril.

Gamberge : faut-il confier le cerveau de nos enfants à ChatGPT ?

La question n’est pas si vite répondue comme dirait l’autre.
L’IA à l’école, c’est la nouvelle boîte de Pandore avec contrôle parental intégré et des serveurs qui chauffent quelque part dans l’Oregon. Rien de nouveau, au fond : les parents faisaient déjà les exposés, les élèves copiaient déjà, l’école feignait déjà de croire que tout avait été produit dans une pure solitude républicaine. Sauf que maintenant, la triche a une syntaxe impeccable et répond en douze secondes. Le progrès, parfois, c’est juste l’hypocrisie avec une meilleure UX.

Le sujet n’est donc pas de savoir si les enfants utiliseront l’IA parce que oui, ils l’utiliseront comme ils utilisent les écrans, les traducteurs, les calculatrices et tout ce qui promet de leur épargner une minute d’effort. La vraie question, beaucoup plus désagréable, est celle-ci : qu’est-ce qu’on accepte de leur laisser déléguer avant même qu’ils aient appris à le construire eux-mêmes ?

Soyons honnêtes : il existe une IA qui peut aider, transformer un cours en quiz, reformuler une notion, fabriquer des flashcards, redonner confiance à un enfant qui pense être nul alors qu’il n’a simplement jamais reçu le mode d’emploi de son propre cerveau. Celle-là peut être utile, presque noble si le mot n’était pas devenu suspect.

Et puis il y a l’autre : l’IA-nounou, l’IA-domestique, l’IA qui résume le livre non lu, écrit le poème non pensé, corrige le texte avant que l’enfant ait eu le temps de se cogner à sa propre phrase. Celle-là ne prépare pas au futur. Elle fabrique des adultes assistés, capables de produire des choses propres sans jamais savoir exactement d’où elles viennent. Une génération de cerveaux sous cellophane, très présentables, vaguement morts.

La ligne est mince, mais elle existe : l’IA doit augmenter l’effort et non l’escamoter. Elle doit servir de mur contre lequel la pensée rebondit et pas de tapis roulant vers la bonne réponse. Dans le cas contraire, on n’aura pas inventé l’école du futur mais juste remplacé le travail intellectuel par un service après-vente de la paresse, avec feedback personnalisé et police sans-serif. À voir.

La reco de la semaine : apprendre à hériter sans tout garder

Enterrer son père pendant que tout le monde félicite pour le succès de son premier roman : difficile de faire plus français dans le malaise social. C’est pourtant le point de départ du nouveau récit d’Olivier Bourdeaut : un fils face à un père immense, violent, insaisissable dont il a reçu autant de coups que d’ombre portée.

De Nantes à l’Espagne, de la pension aux plateaux télé, Olivier raconte moins une “success story” qu’un lent désenvoûtement familial. Comment on devient écrivain quand on a été mauvais élève ? Comment on devient père quand on a connu la brutalité ? Comment on réécrit une histoire sans faire croire qu’elle n’a pas eu lieu ? Le tout avec cette chose rare : de l’humour là où beaucoup auraient sorti les violons et demandé une subvention pour la résilience.

C’est un livre sur les pères, donc sur les dégâts qu’ils laissent, mais aussi sur ce qu’on choisit de ne pas transmettre. Et ça, par les temps qui courent, ressemble presque à une forme de progrès.

À hypervite dans HyperTextes.

Vous avez aimé cette newsletter ?
Partagez cette newsletter et bénéficiez du programme de parrainage :
Envoyez cette newsletter autour de vous et devenez nos ambassadeurs. Recevez vos invitations exclusives aux événements organisés par Kessel. Venez à la rencontre de vos auteurs préférés !
On vous a transféré 🔗 HyperTextes ? Abonnez-vous !
Vous êtes annonceur et vous voulez être visible dans 🔗 HyperTextes et des centaines de newsletters ? Contactez-nous.
Vous recevez ce mail car vous êtes abonné.e à 🔗 HyperTextes sur Kessel.

Kill the Newsletter! feed settings

🔗 Zuckerberg, Corée du Nord et Moyen-Âge

🔗 Zuckerberg, Corée du Nord et Moyen-Âge
Cette semaine, on vous explique comment une loi qui s'attaque à l'antisémitisme peut se retourner contre elle, que la Chine fait son petit bonhomme de chemin dans la glace, et le monde merveilleux des digital twins. Mais aussi qu'être une femme au Moyen-Âge n'était pas un projet facile. À dans cinq minutes ! 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous explique comment une loi qui s'attaque à l'antisémitisme peut se retourner contre elle, que la Chine fait son petit bonhomme de chemin dans la glace, et le monde merveilleux des digital twins. Mais aussi qu'être une femme au Moyen-Âge n'était pas un projet facile. À dans cinq minutes ! 👀

La loi qui voulait combattre l'antisémitisme a fait le jeu des antisémites

Il y a des défaites politiques ordinaires où l'on perd proprement sur un vote et avec des chiffres. Et puis il y a les défaites à la Yadan où l'on perd en offrant à ses adversaires les munitions, le fusil et le communiqué de presse.

Caroline Yadan voulait mieux protéger les Français juifs face à la montée d'un antisémitisme qui se camouffle derrière l'antisionisme.

Résultat : une pétition à 700 000 signatures et La France Insoumise en position de défenseuse de la liberté d'expression et le texte renvoyé aux calendes grecques par les macronistes eux-mêmes.

Chapeau.

Le problème n'est pas l'intention légitime avec les chiffres là pour le rappeler : 1 676 actes antisémites recensés en France en 2023, 3 000 aux États-Unis, 4 000 au Royaume-Uni. Le problème, c'est la rédaction. En voulant pénaliser l'appel à la destruction d'Israël, le texte ouvre des abîmes juridiques dans lesquels s'est engouffré tout ce que la gauche radicale compte de juristes créatifs. Que se passe-t-il avec les juifs orthodoxes qui condamnent le principe même d'un État israélien ? Avec les partisans d'un État laïque réunissant juifs et Arabes ? Avec ceux qui refusent la revendication palestinienne, Caroline Yadan elle-même encourrait-elle des poursuites ? La boîte de Pandore juridique, une fois ouverte, ne se referme pas avec de bonnes intentions.

Ce qui est savoureux (et très amer), c'est la mécanique politique qui s'est enclenchée. LFI, d'où émanent de fréquents propos antijuifs, a réussi à se poser en gardienne des libertés publiques. Des gens de bonne foi, sincèrement inquiets pour la liberté d'expression, ont signé la même pétition que des gens qui traitent les Français juifs de “sionistes génocidaires” dans les manifestations.

Tout le monde dans le même panier, au nom d'une loi mal ficelée.

Morale : en politique, avoir raison sur le fond ne dispense pas d'être rigoureux sur la forme. Caroline Yadan vient de l'apprendre et ceux qu'elle voulait protéger aussi.

Pendant ce temps, l'antisémitisme progresse, la loi censée le combattre a reculé et LFI a gagné un cycle de communication.

C'est ce qu'on appelle, avec une certaine mélancolie, un tir dans le pied, doublement dommageable quand la cible était juste.

3 infos qu’on reproche au Pape à savoir cette semaine

1. La Chine s'offre l'Arctique dans le plus grand des calmes

Pendant que Trump réclame le Groenland sur Truth Social et que l'OTAN se dispute sur qui paie quoi, la Chine fait dans l’efficace : s’installer, discrètement, méthodiquement avec le sourire de quelqu'un qui a compris que les meilleures affaires se font quand tout le monde regarde ailleurs. Fin 2025, un porte-conteneurs chinois reliait Ningbo à Felixstowe en vingt jours via la route du nord, dix jours de moins que par Suez donc. Du coup, les transits dans le détroit de Béring ont bondi de 175 % depuis 2010 et la Chine vient de lancer un brise-glace nucléaire capable de traverser deux mètres et demi de glace, premier exemplaire d'une flotte polaire en construction. Le tout est adossé à une doctrine officielle, la "Route de la Soie polaire" ainsi qu’à des investissements dans le gaz russe, des stations de recherche scientifique et des infrastructures arctiques que personne n'a vraiment remarquées. La stratégie est d'une simplicité désarmante : arriver en civil, rester en investisseur, attendre que les autres se chamaillent. L'Arctique fond. La Chine avance mais rassurons-nous, l'Occident organise des sommets.

2. La Corée du Nord fabriquerait des armes atomiques à la chaîne

Il y a des news qui donnent le smile. L'Agence internationale de l'énergie atomique a signalé cette semaine des progrès "très importants" dans la production d'armes nucléaires nord-coréennes, images satellites à l'appui, montrant de nouvelles installations et une activité en nette intensification. Le président sud-coréen, lui, est plus direct : Pyongyang produirait assez de matière nucléaire pour assembler jusqu'à vingt armes atomiques par an. Vingt. Par an. Pour contextualiser : la France en possède 290 en tout, accumulées depuis des décennies. Kim Jong-un, lui, fait ça en quinze ans. Pendant ce temps, Donald Trump rappelle régulièrement son envie de revoir son vieux copain Kim autour d'une table, les deux hommes s'étaient déjà rencontrés trois fois entre 2018 et 2019, sans le moindre résultat. La Corée du Nord, de son côté, semble avoir tiré les leçons de ces négociations : elle construit, pendant que les autres parlent. C'est, au fond, une stratégie assez raisonnable.

3. Mark Zuckerberg travaille sur un clone pour le remplacer dans les réunions du mardi matin

Google aussi bosse le sujet, avec le projet « Portraits », ressorti de l’armoire à cachotteries cette semaine. Et les solutions, comme HeyGen ou Synthesia, qui promettent la création d’avatars IA clonant vos voix, images et attitudes, nous inondent de publicités. La promesse sous-jacente : remplacer ces créateurs trop timides pour se montrer face caméra ou tout simplement épuisés. Comme le soulignait le Reuters Institute, le burn-out, poussé par la tyrannie des algorithmes et la pression des statistiques, est aujourd’hui l’un des plus grands défis des créateurs de contenu. Dans ce contexte, le clonage apparaît comme un avantage insoupçonné pour maintenir la cadence : fin 2025, la star de TikTok Khaby Lame a d’ailleurs cédé son image pour près d’un milliard de dollars, afin de créer un « jumeau numérique » capable de produire des vidéos 24 h/24 et 7 j/7. Le cours de Bourse n'a, pour l'instant, pas tenu le rythme.

On aurait préféré ne pas se poser la question mais…

Faut-il supprimer le crime de viol ?

En février 2026, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a rendu une décision qui mérite qu'on s'y arrête. Daphné, 35 ans, a été victime entre 8 et 14 ans de cunnilingus imposés quotidiennement par un tiers de confiance désigné par la justice. Minimum 3 600 actes sur une enfant. La cour a confirmé : ce n'est pas un viol. C'est une agression sexuelle.

La différence n'est pas que sémantique, c'est vingt ans de réclusion contre cinq. Pour les mêmes faits, sur le même corps, la peine maximale est divisée par quatre.

Le problème n'est pas une mauvaise jurisprudence. C'est la loi elle-même. En droit français, le viol est structurellement construit autour de la pénétration. C'est elle qui distingue le crime du délit. C'est elle qui ouvre la porte aux vingt ans. Autrement dit, la gravité maximale de la violence sexuelle continue d'être mesurée à partir d'un modèle implicite : le pénis cisgenre comme unité de mesure de la violence. Ce qui ne pénètre pas est juridiquement moins grave, quelles que soient la durée, la répétition ou l'âge de la victime.
La conséquence concrète est absurde : des victimes contraintes de témoigner que lors du cunnilingus subi, la langue a effectivement pénétré l'intérieur du vagin, car c'est cette pénétration qui permet de qualifier le crime. Ce n'est pas une dérive du droit. C'est le droit lui-même qui produit cette situation.

En 1983, le Canada a tranché différemment : il a supprimé l'infraction de viol pour la remplacer par trois niveaux d'agression sexuelle, dont la gravité est évaluée non pas selon la nature de l'acte, mais selon la violence exercée, les menaces, les blessures. L'objectif était simple : reconnaître que ces infractions relèvent d'abord de la contrainte, pas d'une hiérarchie anatomique.

La question posée par l'affaire Daphné n'est donc pas seulement judiciaire.

C'est celle-ci : pour qui cette hiérarchie a-t-elle été construite ? Et dans l'intérêt de qui continue-t-on de la maintenir ?

Et sinon, c’était comment d’être une femme au Moyen-Âge ?

Globalement : pas terrible.

L'abbé Odon de Cluny résumait assez bien l'ambiance au Xe siècle : selon lui, enlever la peau d'une femme révélait “de la pourriture”. Il la qualifiait de “sac de fientes”.

L’abbé Odon était un homme d'Église influent, respecté, canonisé.

Concrètement, trois options s'offrent à la femme médiévale : vierge, épouse ou veuve.
Le mariage, possible dès 12 ans, même si la moyenne se situe plutôt entre 22 et 25 ans, implique obéissance au mari et droit de correction légalement admis. La procréation est le centre de gravité de l'existence. L'éducation des enfants, entre 0 et 7 ans, constitue l'étendue officielle du domaine d'influence féminin. Après 7 ans, dans les familles aisées, un précepteur prend le relais.

Pour celles qui refusent ce programme, qu’elles se rassurent, le couvent existe. C'est la seule porte de sortie légalement reconnue, et encore, on entre dans les ordres pour prier pour les défunts de la famille, pas vraiment pour soi. Certaines ont vu plus loin et ont choisi la réclusion, à savoir se faire emmurer vivante dans 2 mètres carrés jusqu'à la mort, en échange du gîte et du couvert.

À Rome, en 1320, on comptait 260 recluses. Le phénomène concernait presque exclusivement des femmes. Ce détail mériterait qu'on s'y arrête.

Ce qui est révélateur, c'est moins la brutalité du système que sa construction méthodique. Théologie, droit, pratiques sociales, structures familiales : tout concourt au même résultat. Ce n'est pas un accident historique et certains de ses fondements ont survécu jusqu'au XXe siècle, ce qui en dit long sur la solidité des structures qu'on prétend avoir dépassées.

La reco de la semaine : devenez une bomeuse au chômage

Enfin, peut-être pas, mais si l’envie vous chante, Lisa Delille a sorti son premier livre “OK BOMEUSE”, le guide ultime du bobo au chômage.

À hypervite dans HyperTextes.

Vous avez aimé cette newsletter ?
Partagez cette newsletter et bénéficiez du programme de parrainage :
Envoyez cette newsletter autour de vous et devenez nos ambassadeurs. Recevez vos invitations exclusives aux événements organisés par Kessel. Venez à la rencontre de vos auteurs préférés !
On vous a transféré 🔗 HyperTextes ? Abonnez-vous !
Vous êtes annonceur et vous voulez être visible dans 🔗 HyperTextes et des centaines de newsletters ? Contactez-nous.
Vous recevez ce mail car vous êtes abonné.e à 🔗 HyperTextes sur Kessel.

Kill the Newsletter! feed settings

❌