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"C'est choquant": le litre de gazole atteint les 2,99 euros dans cette ville, le prix moyen atteint aussi un record

2008 vs 2026 : même prix du baril en dollars, mais gazole presque deux fois plus cher à la pompe. Comment est-ce possible ? Décryptage.

Le gazole flirte avec 2,40 €/L aujourd'hui en moyenne en France, contre environ 1,30-1,35 €/L en 2008 — alors que le prix du baril de pétrole brut en dollars est resté à peu près stable entre ces deux dates (autour de 95-100 $ en moyenne sur l'année, avec des pics dans les deux cas).

Trois facteurs expliquent l'essentiel de l'écart :

1️⃣ L'euro s'est affaibli face au dollar. 1,47 $ pour 1 € en 2008, environ 1,16 $ cette année. Le pétrole étant payé en dollars, cela renchérit mécaniquement la facture d'environ 25 % rien qu'avec le change — sans que le prix du baril ait bougé.

2️⃣ Les taxes ont augmenté, mais nettement moins que certains ne le prétendent.

La taxe spécifique sur le gazole (TICPE) est passée de 42,8 à 59,4 centimes par litre entre 2008 et 2018, notamment pour rattraper la fiscalité sur l'essence. Elle est gelée depuis 2018 et l'épisode des Gilets jaunes. La TICPE n'y est donc pour rien dans la hausse du prix à la pompe cette année.

Un dispositif moins connu a légèrement augmenté : les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), obligation imposée aux fournisseurs d'énergie qu'ils répercutent sur le prix à la pompe. Son poids a augmenté de 11 à 16 centimes par litre au 1ᵉʳ janvier 2026.

La TVA (20%) amplifie automatiquement de 20% toute hausse par ailleurs (brut, raffinage, change) sans être cependant un choix fiscal nouveau.

3️⃣ Le raffinage est en crise. Les frappes ukrainiennes ont mis hors service 30 à 45 % des capacités de raffinage russes, et le conflit déclenché par les Etats-Unis dans le Golfe Persique au printemps a endommagé des dizaines d'installations pétrolières et gazières dans le Golfe (raffineries, oléoducs... auxquels se rajoutent le pétrole déjà raffiné bloqué dans le détroit d'Ormuz). Résultat : le marché mondial du diesel est tendu, et les marges de raffinage sont élevées, indépendamment du prix du pétrole brut.

(publié par Cyrus Farhangi)


Après le litre d'essence qui a dépassé son record de 2022 il y a quelques jours, c'est le litre de diesel qui a atteint son record datant du mois d'avril, à 2,39€ en moyenne d'après les chiffres du gouvernement. Sur plus de 700 stations recensées le gazole se vend à plus de 2,50 euros le li...

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Passer du Gazoduc au GNL : illustration supplémentaire de notre contraction énergétique 🚢❄️

Passer du Gazoduc au GNL : illustration supplémentaire de notre contraction énergétique 🚢❄️

Depuis 2022, l'Europe a massivement remplacé le gaz russe (qui arrivait par gazoduc) par du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) venu par bateau des États-Unis ou du Qatar (depuis mars 2026, la destruction de la raffinerie de Ras Laffan et le blocage du détroit d'Ormuz perturbent grandement cet approvisionnemt).

Cette bascule masque un appauvrissement physique important pour notre continent.

La part du GNL dans le commerce mondial de gaz fossile est passée de 27% en l’an 2000 (VS 73% pour le commerce par gazoducs) à 54% aujourd’hui. En Europe, la part du GNL dans nos importations totales de gaz a fait un bond fulgurant, passant de 20% en 2021 à 45% aujourd’hui.

Traduction : une région importatrice de gaz comme l'Europe est de plus en plus dépendante du GNL, énergie bien moins avantageuse que le gaz acheminé par gazoduc.

Dans la grille de lecture de Jean-Marc Jancovici et de spécialistes de l'économie biophysique comme Tim Morgan, ce n'est pas tant le prix financier qui compte réellement (bien que celui-ci soit plus élevé pour le GNL), mais le "Coût Énergétique de l'Énergie" : combien d'énergie faut-il dépenser juste pour obtenir cette énergie ?

Sur ce point, la physique est implacable :
* Le gazoduc (coût énergétique relativement faible) : pousser du gaz dans un tuyau terrestre avec quelques compresseurs ne réclame qu'une faible portion de l'énergie transportée.
* Le GNL (grosse dépense énergétique) : pour transporter ce même gaz par bateau, il faut lutter contre la physique en le refroidissant à -162°C pour le rendre liquide. Créer un tel froid industriel demande une énergie colossale. Ensuite, il faut l'expédier par méthanier à travers l'océan, et enfin le réchauffer (regazéification) pour l'injecter dans nos réseaux.

Selon une étude du cabinet Carbone 4 (cofondé par JMJ), la filière du GNL américain est « près de deux fois plus énergivore et ainsi plus de deux fois plus émissive que le transport par gazoduc ». Ce coût est aggravé par le fait qu'environ 79 % du gaz américain provient du gaz de schiste, dont l'extraction par fracturation hydraulique est déjà très complexe et couteuse en énergie.
Au total, la chaîne du GNL va souvent consommer entre 20 % et 25 % de son énergie avant même d'arriver dans votre chaudière ou votre usine.

En d’autres termes, pour obtenir exactement la même flamme dans notre chaudière, l'Europe doit aujourd'hui mobiliser beaucoup plus de capital, de bateaux et détruire beaucoup plus d'énergie primaire qu'avant. C'est l'illustration parfaite de la contraction physique de notre économie : nous devons puiser toujours plus d'énergie et de ressources juste pour maintenir le système en fonctionnement, ce qui ampute mécaniquement la part restante pour accroitre notre consommation matérielle.

Des tendances semblables sont à l’œuvre sur le pétrole : le monde est de plus en plus dépendant de pétrole de schiste, de sables bitumineux et autres gisements nécessitant de plus en plus d’énergie pour être exploités.

(publié par Cyrus Farhangi)



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Un commun accord pour 2027 !

Jean-Marc Jancovici : À quoi bon se battre quand tout le monde s'en fout ?

Dans cet épisode des Lueurs, Jean-Marc Jancovici se livre comme rarement. Loin des plateaux où il aligne les chiffres sur le climat, il raconte comment une simple ligne lue par hasard sur les gaz à effet de serre, au milieu des années 90, a fait basculer toute sa trajectoire. De consultant en télécoms passionné par une découverte intellectuelle, il devient peu à peu LE vulgarisateur du changement climatique en France, fondateur de Carbone 4 et du Shift Project.

Il y distingue avec clarté les faits (indiscutables) des opinions (qui divergent même chez les convaincus), refuse le costume d'« homme providentiel », et explique que ses renoncements personnels (voiture, avion) lui ont finalement coûté... presque rien. Il détaille aussi son art de convaincre : ni la peur seule, ni le rêve seul, mais les deux ensemble — comprendre la menace ET donner une direction désirable.

Le plus touchant : sa réflexion sur la mort, le sens, et pourquoi il refuse de céder au désespoir malgré la gravité de ce qu'il sait — parce que le désespoir, dit-il, ne construit jamais rien.

Quelques phrases :

" le consumérisme, c'est une espèce de comportement compulsif pour combler le vide intérieur de notre époque"

"il faut trouver le futur souhaitable à la situation dans laquelle on est aujourd'hui"

"il faut retrouver du sens à nos existences"

"il faut chercher dans la direction de projets collectifs enthousiasmant"

"l'action collective rend optimiste"

" j'espère qu'on va avoir envie de s'enthousiasmer ensemble pour quelque chose qui nous permette de rêver tout en respectant les limites du monde dans lequel nous sommes"

"Carbone 4 et The Shift Project lance Un Commun Accord qui est l'organisation d'une assemblée citoyenne dans le cadre des élections présidentielles"

La vidéo d'interview :
https://www.youtube.com/watch?v=nwXF4gimuG8

La participation à un chouette projet commun :
https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

(par adrien Couzinier)


Soutenez l’assemblée citoyenne qui va s’attaquer aux grands dilemmes de notre époque

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La CRE présente son rapport sur l’économie du système électrique français hexagonal

La Commission de Regulation de l'Electricité (CRE) présente son rapport sur l’économie du système électrique français

Electrifier notre économie, c’est rendre notre pays moins dépendant des ressources énergétiques étrangères et donc renforcer sa souveraineté, c’est décarboner ses usages, et c’est aussi mieux maitriser les coûts de notre énergie. La France dispose aujourd’hui des atouts nécessaires à la réussite d’une stratégie d’électrification avec des capacités électriques décarbonées et abondantes : un parc nucléaire pleinement disponible et des énergies renouvelables (EnR) en croissance. Cette abondance est une opportunité pour l’électrification de l’économie française car elle permet à la France d’avoir des prix parmi les plus bas d’Europe. Pourtant, avec une consommation française d’électricité qui reste relativement stable, cette situation crée aussi des nouveaux défis pour le système électrique.

Ce nouveau contexte interroge légitimement, jusqu’à parfois susciter des réponses approximatives, qui ont incité la Commission de régulation de l’énergie à « démêler le vrai du faux » Elle a donc analysé en profondeur l’économie du système électrique et la CRE présente aujourd’hui ses conclusions.

👉 1er enseignement : Le parc de production français est correctement dimensionné.

A l’échelle d’une année, la capacité de production potentielle (plus de 160 GW) est supérieure au besoin de consommation. La capacité disponible à la pointe en France (environ 90 GW) reste assez proche du besoin lors des périodes de tension.

👉 2eme enseignement : les EnR sont intéressantes économiquement, mais jusqu'à un certain point. (3 ou 4 ans au rythme actuel sans relance de la consommation)

Les EnR font baisser les prix de marché, ce qui est bénéfique pour le consommateur, tout en augmentant – dans une proportion limitée – les coûts du système. Au final, la baisse du prix de marché pour le consommateur est supérieure au surcoût pour le système.
En cas de crise, elles jouent par ailleurs un rôle d’amortisseur sur les prix.

La poursuite du développement des EnR est pertinente du point de vue du consommateur, y compris si la demande ne redémarre pas immédiatement. Mais au-delà de 50% de la puissance installée et si la stagnation de la demande se poursuit à long terme, les inconvénients pourraient dépasser les avantages pour le système, les gains pour les consommateurs ne compensant plus suffisamment les effets redistributifs et l’augmentation des couts totaux.

Cette limite de 50% de pertinence économique sera atteinte dans 3 ou 4 ans au rythme actuel.

👉 3ème enseignement : les connexions avec nos voisins sont pertinentes

L’intégration au marché européen contribue à la sécurité d’approvisionnement et permet de réduire la facture en participant à la couverture des coûts (à la fois de production et de réseau).
le développement de nouvelles interconnexions est conditionné à

La réalisation d’analyses coûts-bénéfices démontrant que les gains attendus, tant pour la France que l’Europe, sont supérieurs aux coûts complets des infrastructures considérées.

❗️Bilan

Afin de continuer à décarboner nos usages pour se protéger des chocs énergétiques et être exemplaire dans la lutte contre le réchauffement climatique tout en bénéficiant de prix avantageux, maîtriser les coûts pour la collectivité et les consommateurs, deux leviers peuvent être activés, y compris parallèlement l’un à l’autre :

▶ Electrifier davantage d’usages pour absorber la production disponible ne trouvant pas de débouchés. Cette relance de la consommation attendue incite à continuer de développer les EnR au-delà de 3 ou 4 ans.

▶ Agir sur la temporalité de la demande et de l’offre en développant tous les types de flexibilité.

https://www.cre.fr/actualites/toute-lactualite/la-cre-presente-son-rapport-sur-leconomie-du-systeme-electrique-francais-hexagonal.html

(par adrien Couzinier)


La CRE est l'autorité indépendante chargée de garantir le bon fonctionnement des marchés français de l'énergie au bénéfice du consommateur. 

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