"La joie et la bonne humeur" comme dirait JMJ
"La joie et la bonne humeur" comme dirait JMJ. Etude récemment parue d'Abernethy et al qui met en lumière un "angle mort" inquiétant dans nos prévisions climatiques. Le réchauffement de la planète provoque lui-même de nouvelles émissions de gaz à effet de serre naturelles, créant ainsi un cercle vicieux.
Habituellement, quand on parle de réduire les gaz à effet de serre, on se concentre sur les activités humaines (usines, voitures, agriculture). Mais la nature stocke elle aussi d'immenses quantités de carbone.
L'étude se penche sur ce qu'on appelle les émissions induites par le réchauffement. Le principe est simple : plus il fait chaud, plus certains écosystèmes naturels réagissent mal et relâchent du carbone, ce qui réchauffe encore plus la planète.
Les chercheurs ont étudié quatre grandes sources naturelles qui s'emballent avec la chaleur :
1) Le pergélisol (permafrost) : ces sols gelés en permanence dans le Grand Nord dégèlent et libèrent de grandes quantités de méthane.
2) Les feux de forêt : avec la sécheresse, ils sont plus fréquents et intenses, détruisant des arbres qui relâchent tout le CO2 qu'ils avaient stocké.
3) Les zones humides et 4) les eaux douces : sous l'effet de la chaleur, les bactéries qui y vivent s'activent et émettent davantage de gaz.
L'alerte majeure de cette étude est que la plupart des modèles climatiques actuels (comme ceux utilisés par le GIEC) n'intègrent pas totalement ces réactions naturelles. C'est un peu comme essayer de calculer le temps de cuisson d'un plat sans savoir que le four va continuer de chauffer tout seul de plus en plus fort. Cela signifie que nos prévisions actuelles sous-estiment systématiquement le réchauffement à venir.
Les chercheurs ont calculé ce qui se passerait si on intégrait ces sources naturelles dans les prévisions :
1) Un effet multiplicateur (20 à 30 %) : ces émissions naturelles vont amplifier le réchauffement causé par l'homme d'environ un quart d'ici la fin du siècle.
2) Jusqu'à +0,5°C supplémentaire : d'ici 2100, ces boucles de rétroaction pourraient rajouter un demi-degré de réchauffement à elles seules (réparti à parts égales entre le CO2 et le méthane).
Ces résultats pourraient sous-estimer la réalité en ignorant certaines sources (dépérissement forestier, riz) et l'effet boule de neige (les émissions s'amplifiant entre elles). À l'inverse, ils pourraient être surestimés car des mécanismes naturels de refroidissement, comme les aérosols ou la repousse végétale après un incendie, n'ont pas été intégrés.
Quoi qu'il en soit, le message semble assez clair : notre marge de manœuvre (notre "budget carbone") est encore plus petite que ce que l'on pensait. Puisque la nature va contribuer au problème de manière autonome, nous devons réduire nos propres émissions encore plus vite et plus drastiquement pour éviter de déclencher de façon irréversible ces bombes à retardement climatiques.
(publié par Cyrus Farhangi)

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Habituellement, quand on parle de réduire les gaz à effet de serre, on se concentre sur les activités humaines (usines, voitures, agriculture). Mais la nature stocke elle aussi d'immenses quantités de carbone.
L'étude se penche sur ce qu'on appelle les émissions induites par le réchauffement. Le principe est simple : plus il fait chaud, plus certains écosystèmes naturels réagissent mal et relâchent du carbone, ce qui réchauffe encore plus la planète.
Les chercheurs ont étudié quatre grandes sources naturelles qui s'emballent avec la chaleur :
1) Le pergélisol (permafrost) : ces sols gelés en permanence dans le Grand Nord dégèlent et libèrent de grandes quantités de méthane.
2) Les feux de forêt : avec la sécheresse, ils sont plus fréquents et intenses, détruisant des arbres qui relâchent tout le CO2 qu'ils avaient stocké.
3) Les zones humides et 4) les eaux douces : sous l'effet de la chaleur, les bactéries qui y vivent s'activent et émettent davantage de gaz.
L'alerte majeure de cette étude est que la plupart des modèles climatiques actuels (comme ceux utilisés par le GIEC) n'intègrent pas totalement ces réactions naturelles. C'est un peu comme essayer de calculer le temps de cuisson d'un plat sans savoir que le four va continuer de chauffer tout seul de plus en plus fort. Cela signifie que nos prévisions actuelles sous-estiment systématiquement le réchauffement à venir.
Les chercheurs ont calculé ce qui se passerait si on intégrait ces sources naturelles dans les prévisions :
1) Un effet multiplicateur (20 à 30 %) : ces émissions naturelles vont amplifier le réchauffement causé par l'homme d'environ un quart d'ici la fin du siècle.
2) Jusqu'à +0,5°C supplémentaire : d'ici 2100, ces boucles de rétroaction pourraient rajouter un demi-degré de réchauffement à elles seules (réparti à parts égales entre le CO2 et le méthane).
Ces résultats pourraient sous-estimer la réalité en ignorant certaines sources (dépérissement forestier, riz) et l'effet boule de neige (les émissions s'amplifiant entre elles). À l'inverse, ils pourraient être surestimés car des mécanismes naturels de refroidissement, comme les aérosols ou la repousse végétale après un incendie, n'ont pas été intégrés.
Quoi qu'il en soit, le message semble assez clair : notre marge de manœuvre (notre "budget carbone") est encore plus petite que ce que l'on pensait. Puisque la nature va contribuer au problème de manière autonome, nous devons réduire nos propres émissions encore plus vite et plus drastiquement pour éviter de déclencher de façon irréversible ces bombes à retardement climatiques.
(publié par Cyrus Farhangi)

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