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Électro-puissance

Électro-puissance. Le choix français de la réindustrialisation et de la protection

La France a tout à gagner à convertir ses moyens de consommation à l'électricité et à forcer ce passage. Selon un rapport de la Fondation Jean-Jaurès, co-écrit par Neil Makaroff, l'électrification et la défossilisation de notre économie sont les premiers moteurs d'emplois industriels.

Electrifier ... est en réalité un investissement ! De combien aggravons nous notre déficit commercial à chaque fois que nous faisons un plein d'essence ou que nous allumons un chauffage à gaz ?
58 milliards d'euros d'importations par an au total en pétrole et du gaz en 2025 ! Rien que la partie États-Unis et à la Russie équivaut à 450 euros versés en moyenne par chaque ménage français !

En ce moment, les prix de l'essence et du gaz montent... mais ceux qui roulent en électrique ou qui ont installé une pompe à chaleur regarde cela avec éloignement, n'étant que peu touché par ces soubresauts énergétiques grâce à notre production locale d'électricité.

La dépendance de la France au pétrole et au gaz constitue aujourd’hui un risque économique, social et géopolitique et le pays est en situation de vulnérabilité permanente. Mais cette dépendance est loin d’être une fatalité puisque la France dispose d’avantages stratégiques considérables : une électricité issue de sources bas-carbone, et une base industrielle dans les batteries, les pompes à chaleur, les véhicules électriques et l’éolien. Dans ce rapport, les auteurs identifient l’enjeu majeur pour notre pays : transformer cet avantage électrique en puissance économique, en électrifiant massivement les usages des ménages et des entreprises.

La France devrait devenir une « électro-puissance démocratique » : utiliser son avantage d'une électricité abondante, décarbonée et peu chère (95% bas-carbone) pour se protéger des chocs géopolitiques liés aux hydrocarbures et réindustrialiser son économie

D’ici 2032, faire de la France une électro-puissance a le potentiel de

- Créer 3100 emplois industriels par mois en lien avec la décarbonation pour atteindre 354 778 salariés ;
-sécuriser 8 millions de logements et 7millions d’automobilistes vis-à-vis du pétrole et du gaz ;
-faire économiser jusqu’à 3120 euros par an aux ménages qui basculent vers un véhicule électrique et une pompe à chaleur.

Objectif proposé : 40% d'électricité dans le mix énergétique en 2030-2032, 50% en 2040 (contre 27% aujourd'hui).

Réindustrialisation verte

168 272 emplois industriels sont déjà liés à la décarbonation (+ de 160 sites), avec un potentiel de 354 778 emplois en 2032 (+3 100 emplois/mois).

Les secteurs clés : batteries (« vallée de la batterie » à Dunkerque), éolien en mer (façade atlantique), pompes à chaleur (40 usines dans le nord), véhicules électriques (Renault à Douai, Stellantis).
L'instabilité politique française est la principale menace (ex. moratoire éolien/solaire manqué de peu à l'Assemblée en 2025, fermetures d'usines de pompes à chaleur après revirements politiques).

Recommandations principales :
Plan d'investissement « France 2040 » : mobiliser 52 milliards d'euros d'ici 2030 (clause dérogatoire européenne, revenus ETS, superprofits pétroliers, épargne réglementée).
Politique industrielle « made in Europe » : préférence européenne dans les aides publiques, garanties publiques pour les chaînes de valeur stratégiques.
Faire de l'électricité un bouclier social : rééquilibrer la fiscalité électricité/gaz, renforcer MaPrimeRénov', le leasing social et le bonus véhicules électriques, développer le stockage par batteries (objectif 8 GW en 2032 contre 0,52 GW aujourd'hui).

Conclusion

Le rapport présente ce choix comme positif pour le prochain quinquennat, mais souligne que les échéances électorales de 2027 et les attaques politiques contre la transition écologique font peser un risque réel de retour en arrière, qui coûterait cher en emplois et en pouvoir d'achat.

https://www.jean-jaures.org/publication/electro-puissance-le-choix-francais-de-la-reindustrialisation-et-de-la-protection/

(par adrien Couzinier)


La dépendance de la France au pétrole et au gaz est loin d'être une fatalité car elle dispose d'avantages stratégiques considérables.

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débat TV entre les candidats sur le climat (et autres)

débat TV entre les candidats sur le climat (et autres)
BFMTV mercredi 9 septembre 21h

BFMTV organise ce mercredi un grand débat entre les candidats à l'élection présidentielle sur les questions écologiques. Francois Gemenne aura le plaisir de les interroger en plateau, aux côtés des journalistes françois Pitrel et Marc HAY.

Après l'été que nous venons de passer, quels sont les enjeux qui vous semblent prioritaires ? Quelles sont les questions que vous souhaiteriez que je leur pose ? Sur quels sujets voudriez-vous voir les candidats se positionner ? N'hésitez pas à nous faire des suggestions dans les commentaires, on transmettra à M Gemenne

(par adrien Couzinier)



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"ON NE POURRA PAS TOUT SAUVER" : préparez-vous à choisir - Jean-Marc Jancovici

ON NE POURRA PAS TOUT SAUVER" : préparez-vous à choisir

Entretien avec Jean-Marc Jancovici (co-fondateur de Carbone 4, président du Shift Project) pour la chaîne Élucide, sur le climat, l'énergie et la fin de l'abondance.

👉Un été qui n'a rien d'anormal dans un climat qui dérive

Jancovici rappelle que l'été caniculaire et les mégafeux n'étaient pas datables à l'avance, mais totalement attendus dans les modèles climatiques depuis des décennies. La France a battu son record de surface brûlée (+30% par rapport au précédent record), à cause d'une végétation de plus en plus sèche et inflammable.

👉 La géopolitique des ressources, dans un monde en tension sur les ressources

Jancovici relie les tensions récentes (Venezuela, Iran, détroit d'Ormuz) à une compétition croissante pour des ressources qui se raréfient — sans prétendre lire dans les pensées de Trump.
Face aux contraintes, nos responsables politiques ont une croyance forte dans le simple changement de fournisseurs, alors que cela ne fait que transférer la dépendance, dépendance qui s'accroit sans cesse dans un monde en tension sur les ressources, mais nos responsables politiques préfèrent promettre des choses faciles sans trop se poser de questions .
"En politique, souvent la promesse précède la réflexion."
Quant à la capacité d'anticipation de notre élite politique, elle est très faible : elle fait partie de l'extrême minorité qui profite encore de la croissance mondiale et "ne se sentent pas investie de la responsabilité de faire le bonheur des gens qui n'en font pas partie."

👉 La souveraineté énergétique : un mythe

Même le nucléaire et les renouvelables français dépendent d'importations (acier, ciment, minerais). Sa conclusion : la vraie souveraineté énergétique n'existe pas, il n'y a que des degrés de dépendance.

👉 Le PIB, une fiction de plus en plus détachée du réel

L'économie physique européenne - et donc française - (tonnes transportées, mètres carrés construits, voitures produites) a atteint son pic en 2007 — année du pic énergétique européen — et décline depuis, même si le PIB officiel continue "d'augmenter" grâce à des conventions comptables de moins en moins fiables (services, inflation mal mesurée).
Et avec une économie réelle en déclin (et qui va s'accélérer) "On ne pourra pas en même temps construire des stades, construire des data centers, augmenter tout le monde... et payer l'adaptation."
Surtout que l'adaptation climatique ne rapporte pas d'argent : "c'est un investissement improductif, comparable à une prime d'assurance".

👉 Les fausses solutions techniques

Les pompes à carbone atmosphérique ? Une "chimère" : pour capter le CO2 émis chaque année, il faudrait consacrer toute l'électricité et tout le pétrole mondial à cette seule tâche.
Cela ne correspond pas aux projections des économistes car "Le progrès technique, c'est une baguette magique pour les économistes."
quant aux mesures d'adaptation technique, elles ont leur limite : "On ne climatise pas les forêts."

👉 Nucléaire : un regret

Jancovici aurait préféré miser sur la 4e génération (surgénérateurs, comme Superphénix) plutôt que sur les EPR2, car ces derniers restent dépendants de l'uranium 235, une ressource limitée.

🎉 Le projet "Un Commun Accord"

Jancovici lance une initiative citoyenne (assemblée tirée au sort) pour discuter des grands dilemmes collectifs pendant la présidentielle de 2027, plutôt que de laisser le débat politique se réduire à des "problèmes d'intendance".

https://www.youtube.com/watch?v=oVnUUOf-96w

(par adrien Couzinier)


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High Oil Prices Speed Up China’s Shift Away From Crude | OilPrice.com

Les prix élevés du pétrole accélèrent l'abandon progressif du brut par la Chine, notamment par l'électrification des voitures... mais aussi voire surtout des camions !

Traduction d'un article de Julianne Geiger - Oil Price News

"La consommation de pétrole de la Chine a chuté de 9 % d'une année sur l'autre au deuxième trimestre, le coût élevé du brut ayant accéléré l'utilisation de voitures, de camions, de trains et d'équipements industriels électriques.

Cette baisse a contribué à réduire les émissions de dioxyde de carbone de la Chine de 1 % au cours du trimestre, selon une analyse du Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA). Il s'agit de la première baisse trimestrielle des émissions en Chine due principalement à la diminution de la consommation de pétrole.

Les émissions du secteur de l'énergie ont augmenté de 3 % au cours de la même période, en raison de la hausse de la production d'électricité à partir du charbon.

Les véhicules électriques (VE) ont remplacé 36 millions de tonnes métriques de pétrole au cours du premier semestre 2026, représentant environ un tiers de la réduction de la demande pétrolière chinoise. Les VE ont remplacé 19 millions de tonnes au cours du seul deuxième trimestre, soit 50 % de plus qu'un an auparavant.

Les camions électriques ont entraîné le changement le plus rapide. L'utilisation de carburants alternatifs dans le secteur du transport routier en Chine a bondi de 90 % en glissement annuel entre janvier et juin, réduisant la consommation de diesel dans l'un des plus grands marchés de carburant de transport du pays.

Le pétrole est devenu plus cher après que la guerre en Iran a perturbé l'approvisionnement depuis le golfe Persique et le trafic maritime par le détroit d'Ormuz. La Chine a réduit ses importations de brut et puisé plus largement dans ses stocks. Dans le même temps, les VE et les camions électriques remplaçaient davantage d'essence et de diesel, offrant à la Chine un autre moyen de réduire son exposition aux prix élevés du pétrole.

L'utilisation du pétrole a également diminué dans la construction et l'exploitation minière, les équipements électriques remplaçant les machines fonctionnant au diesel. Le ralentissement de la croissance du secteur chimique chinois a réduit une autre source de demande pétrolière.

Le CREA estime que la baisse de la consommation de pétrole a permis d'éviter l'émission d'environ 35 millions de tonnes de dioxyde de carbone au deuxième trimestre, soit environ 1,3 % des émissions totales de la Chine au cours de cette période. Ce calcul inclut les émissions associées à l'électricité utilisée pour recharger les VE.

La Chine reste le premier importateur mondial de brut, ce qui confère aux changements de sa flotte de transport des conséquences allant bien au-delà de ses simples chiffres d'émissions.

Le CREA s'attend à ce que les émissions chinoises puissent baisser sur l'ensemble de l'année, à mesure que la demande de pétrole faiblit, que l'activité immobilière reste modérée et que la production carbochimique (transformation du charbon en produits chimiques) tourne à une capacité quasi maximale.

Pour les producteurs de pétrole, cette baisse de 9 % est le chiffre à surveiller. L'énorme parc de véhicules électriques de la Chine érodait déjà la demande d'essence. Un brut à plus de 90 dollars accélère désormais également le remplacement du diesel."

(publié par Cyrus Farhangi)


China’s oil consumption fell 9% year over year in the second quarter as expensive crude accelerated the use of electric cars, trucks, rail and industrial equipment.

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Jean-Marc Jancovici répond aux auditeurs de RTL

Jean-Marc Jancovici était l'invité de l'émission 'Les auditeurs ont la parole' sur RTL avec Amandine Bégot le 3 septembre 2026.
Face aux questions des auditeurs, il livre une analyse sans filtre sur l'état critique des stocks de gaz, les défis de la transition énergétique et l'avenir économique de la France
https://www.youtube.com/watch?v=KYs9LuXlaNA
(posté par Joëlle Leconte)


Jean-Marc Jancovici est l'invité de l'émission 'Les auditeurs ont l...

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"Réussir à l’ère des crises" : ­Un livre pour peser dans le débat public

"Réussir à l’ère des crises" : ­Un livre pour peser dans le débat public

L’équipe du Shift Project a le plaisir de vous inviter à la soirée de lancement de son nouveau livre "Réussir à l’ère des crises" : Un plan robuste pour l'économie française, publié aux éditions Odile Jacob et disponible en librairie à partir du 14 octobre.

Nous vous donnons rendez-vous mercredi 14 octobre à partir de 18h30 en direct sur YouTube, pour la soirée de lancement en présence de Jean-Marc Jancovici, des experts du Shift Project et de nombreux intervenants !

Après le Plan de transformation de l’économie française publié en 2022, le Shift Project franchit aujourd’hui une nouvelle étape avec son Plan robuste pour l’économie française.

Porté par des dizaines de milliers de donateurs, de membres des Shifters et de professionnels engagés, ce travail collectif et inédit par son ampleur vise à structurer des réponses concrètes aux multiples crises contemporaines.

À six mois de l’élection présidentielle de 2027, le Shift Project poursuit un objectif clair : donner à la France les moyens de faire face aux crises et de reprendre son avenir en main. Réussir cette transition, ce n’est pas seulement réduire nos émissions, c’est sécuriser notre économie, renforcer notre souveraineté et retrouver des marges de manœuvre dans un monde instable.

Par ce livre et sa campagne, le Shift souhaite mettre les enjeux énergie-climat au cœur de la campagne médiatique.

Conçu pour faciliter la compréhension des enjeux et des solutions, le livre bénéficie d’un important travail éditorial et visuel, enrichi par de nombreuses infographies ainsi que par des dessins inédits de Christophe Blain.

Informations pratiques

Date : mercredi 14 octobre à partir de 18h30
Programme : en cours de finalisation
Diffusion : en direct sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=axefactmgec
Inscrivez-vous dès maintenant : https://theshiftproject.org/evenements/sortie-livre-plan-robuste/

Nous espérons vous voir nombreux à l’occasion de cette soirée, et nous vous souhaitons une belle rentrée !

L'équipe du Shift Project



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Article du Dr

Article du Dr. Serge Zaka : "Je pense que l’on peut désormais affirmer que la France traverse la plus grandes catastrophe agricole nationale depuis 1945. Sans aide publique, 30 000 à 35 000 exploitations pourraient se retrouver en situation de faillite, soit près de 10 % des exploitations agricoles françaises. C’est monstrueux.

Les conditions climatiques exceptionnelles que nous connaissons aujourd’hui se rapprochent de ce qui deviendra beaucoup plus fréquent, voire ordinaire, dans les prochaines décennies. 2026 sera dans la moyenne de 2050. Nous connaîtrons encore des années plus chaudes et plus extrêmes que 2026.

Le constat devient donc difficile à éviter : notre modèle agricole n’est pas suffisamment préparé au changement climatique qui arrive. C’est aussi le résultat d’un échec politique collectif : les gouvernements successifs n’ont pas suffisamment pris la mesure de l’ampleur des bouleversements que le changement climatique impose déjà, et imposera demain, à notre agriculture.

Il ne s’agit plus seulement de réparer les dégâts après chaque sécheresse, canicule ou mauvaise récolte. Il faut désormais engager une transformation structurelle de notre agriculture.

Voici sur ce graphique les pertes de rendement les plus fiables que j'ai pu trouver par rapport à la moyenne de 5 dernières années (uniquement pour les cultures de printemps et d'été).

Sur la production agricole et son adaptation au changement climatique, domaine sur lequel je travaille, je propose trois grands axes. Je laisse volontairement de côté les sujets que je maîtrise moins : évolution nécessaire de notre consommation (réduction des importations de viande au profit notamment d’une viande française issue de systèmes pâturants, augmentation de la consommation de protéines végétales), rémunération des agriculteurs, rôle des institutions européennes (comme la PAC) ou encore pesticides.

Axe 1 : Un plan national de restructuration de la biogéographie des filières agricoles

Nous devons progressivement adapter la géographie de nos productions agricoles aux climats futurs.

Cela peut signifier, par exemple, réduire certaines surfaces de maïs dans les territoires où cette culture devient trop vulnérable, développer davantage l’olivier dans certaines régions du Sud-Est, accompagner la progression vers le nord du pois chiche, de la pêche, de la patate douce ou d’autres productions adaptées à des climats plus chauds (ce ne sont que des exemples parmi des centaines).

Lorsque les rendements d’une culture diminuent durablement malgré les adaptations techniques, cela signifie aussi qu’une production historiquement adaptée à un territoire peut progressivement ne plus l’être au nouveau climat.

Mais une telle transformation ne pourra jamais reposer uniquement sur les agriculteurs. C’est toute la filière qui doit se déplacer et se restructurer avec eux : sélection variétale, semences, producteurs, coopératives, transformateurs, distributeurs, consommateurs, restauration collective et pouvoirs publics.

Et surtout, le risque économique de cette transition doit être partagé. On ne peut pas demander à un agriculteur de transformer seul une exploitation construite parfois sur plusieurs générations et de supporter seul le risque d'échec. L’adaptation agricole doit devenir un projet collectif de filière et de territoire.

Axe 2 : Un plan national autour du duo irrigation–sol

L’irrigation est et restera un outil majeur d’adaptation dans de nombreux territoires. Mais apporter davantage d’eau ne peut pas être notre seule réponse au manque d’eau. L’irrigation doit s’accompagner d’une évolution des pratiques permettant aux sols de mieux capter, stocker et restituer cette eau : réduction du travail du sol lorsque les conditions le permettent, couverts végétaux, augmentation de la matière organique, diversification des rotations, intégration des légumineuses, etc.

Cela implique aussi d’agir sur les débouchés. On ne peut pas demander aux agriculteurs d’introduire davantage de légumineuses dans leurs rotations si nous ne construisons pas simultanément les filières économiques et la consommation permettant de les valoriser.

Il n’existera évidemment pas une recette nationale applicable partout. La diversité des sols, des climats, des ressources en eau et des systèmes agricoles impose des stratégies territoriales voire "terroir".

Axe 3 : Un plan national autour du trio paysage–écoulement de l’eau–microclimat.

Nous devons également repenser le paysage agricole lui-même comme un outil d’adaptation climatique (i.e. hydrologie régénérative).

Il faut notamment réimplanter durablement l’arbre et les haies dans les territoires agricoles. Nous pourrions pour cela nous inspirer de dispositifs de rémunération des services écosystémiques (appliqué depuis peu en Suisse avec un grand succès !) afin que les agriculteurs qui entretiennent ces infrastructures bénéficient d’une rémunération stable et de long terme.

Haies, arbres, bandes végétalisées, talus, fossés, murets et autres éléments du paysage doivent également être intégrés dans une réflexion globale sur les écoulements de l’eau à l’échelle des bassins versants.

Pendant des décennies, nous avons souvent cherché à évacuer l’eau le plus rapidement possible. Il faut désormais, lorsque le contexte le permet, ralentir la course de l’eau dans nos territoires. Plus nous ralentissons son écoulement, plus nous lui laissons le temps de s’infiltrer dans les sols et de recharger les réserves utiles aux cultures et aux écosystèmes. Cela inclut notamment les réserves d'eau d'écoulement (retenues collinaires entre autres) en accompagnant l'irrigation avec des sols plus vivants (axe 2).

Ces paysages plus complexes permettent également d’agir sur les microclimats : ombrage, réduction du vent, limitation de certaines pertes par évaporation et création de refuges face aux chaleurs extrêmes.

Pas d'adaptation éternelle sans atténuation

Pour terminer, sachez que l'adaptation agricole n'est pas illimitée : elle ne fonctionnera sans limitation du changement climatique (diminution des gaz à effet de serre à l'échelle mondiale).

Chaque plante possède des seuils thermiques. Lorsque certaines températures sont dépassées, la photosynthèse diminue, la floraison ou la fécondation peuvent être perturbées, les tissus peuvent être endommagés et, au-delà de certains seuils, la plante peut mourir.

C'est ce qu'il s'est passé le 28 juin 2019 avec un effet sèche cheveux massif dans le Languedoc accompagné de 46°C. Les végétaux ont perdu toute leur feuille en une seule après-midi.

(publié par Cyrus Farhangi)



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Un décryptage inspiré des travaux de JMJ d’une courbe qui fait beaucoup parler (et beaucoup voter pour Donald Trump

Un décryptage inspiré des travaux de JMJ d’une courbe qui fait beaucoup parler (et beaucoup voter pour Donald Trump... avant que sa côte de popularité ne s'écroule chez les ouvriers déçus de l'évolution de leur pouvoir d'achat).

La courbe violette est celle de la (légère) décrue du pouvoir d'achat aux États-Unis. Mais c'est une moyenne : une minorité continue de voir son pouvoir d'achat significativement croitre, tandis que beaucoup d'Américains voient leur pouvoir d'achat significativement se dégrader. L'inflation (courbe orange) dévore les hausses de salaires (courbe marron).

Outre les statistiques macroéconomiques, un sondage Harris fournit également des éclairages : la moitié des Américains disent avoir du mal à payer les courses et l’essence.

Les produits qui ont tiré l’inflation depuis 2021 ne doivent rien au hasard : l'énergie (essence, diesel, gaz, électricité), l'alimentation (dont les engrais et la logistique dépendent grandement des énergies fossiles) et les biens manufacturés (dépendant également des énergies fossiles).

Evidemment, une question tout à fait légitime se pose : comment les États-Unis peuvent-ils subir de tels chocs de pouvoir d'achat alors qu'ils sont les premiers producteurs mondiaux d'hydrocarbures grâce au boom du schiste depuis 15 ans ? 🛢️

Quelques pistes pouvant permettre de résoudre ce paradoxe apparent :

1. Le pétrole est une "baignoire" mondiale 🛁

L'énergie est un flux physique et le marché du pétrole fonctionne comme une immense baignoire mondiale. Lors de la reprise économique rapide post-Covid en 2021, la demande en énergie a bondi bien plus rapidement que la capacité des producteurs à augmenter le volume de la baignoire.

Par la suite, lorsque les crises successives (embargo sur l’énergie russe, blocage du détroit d’Ormuz, bombardements d’installations énergétiques autour du Golfe persique) ferment le robinet, le niveau global de la baignoire baisse. Le consommateur américain est en compétition avec le reste du monde pour accéder à cette ressource globalement rétrécie.

2. Produire localement ne protège pas des prix mondiaux 🛢️

Bien que les États-Unis produisent énormément et sont même de grands exportateurs nets de carburants comme le diesel, les producteurs américains vendent leurs barils au prix du marché mondialisé. Quand les prix mondiaux flambent à la suite d’une contraction de l'offre ailleurs, le citoyen américain subit cette inflation de plein fouet à la pompe, peu importe que le pétrole soit extrait sous ses pieds.

3. L'inflation : le grand rationneur physique 📉

Comme le rappelle souvent Jean-Marc Jancovici, la monnaie n'est qu'une convention, un droit de tirage sur des ressources physiques. L'inflation n'est pas qu'un phénomène financier : c'est le mécanisme implacable par lequel le système « détruit de la demande » pour que notre consommation s'ajuste à une offre géologiquement contrainte. S'il y a moins d'énergie pour faire tourner les machines, l'économie fabrique moins de biens, le pouvoir d'achat doit donc baisser.

4. Une réalité encore pire que la courbe officielle 🏚️

La courbe d'inflation officielle (le CPI américain) sous-estime la douleur réelle des ménages. Pourquoi ? Notamment parce qu'elle ne capture pas le prix d'achat de l'immobilier. Le CPI considère l'achat d'une maison comme un investissement et non comme une consommation courante. Il utilise donc une "équivalence de loyer" pour les propriétaires, excluant l'explosion du capital nécessaire pour acheter un bien.

Si l'on intégrait le coût réel de l'accès à la propriété (des prix de l'immobilier très élevés couplés à l'explosion des taux d'emprunt), la chute du pouvoir d'achat des jeunes ménages américains serait encore plus importante.

Le boom du schiste a offert un sursis à l'économie américaine en masquant le déclin du pétrole conventionnel. Mais il n'a pas aboli les lois de la thermodynamique. Quand la quantité globale d'énergie disponible se tend, le gâteau matériel rétrécit, et le salaire réel (ce que l'on peut physiquement acheter) s'ajuste à la baisse.

(publié par Cyrus Farhangi)



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JANCOVICI : SON PLAN POUR SAUVER LA FRANCE DU CHAOS CLIMATIQUE

Post de Jancovici sur Linkedin :
"Vous êtes déjà plus nombreux à soutenir "Un commun accord" que les habitants de Chambéry. Ou encore de Valence, de Bayonne, de Cayenne, de Pantin, de Montauban, de Niort, de Villeneuve d’Ascq, de Colmar ou de Troyes (liste non exhaustive, désolé pour les habitants de toutes les autres villes de taille comparable !).

48 heures après son lancement sur Ulule, cette campagne est celle de tous les superlatifs. Elle est l’objet du plus fort taux de conversion jamais observé : une personne sur deux qui vient sur la page nous soutient, alors que la moyenne toutes collectes confondues est de 6%.

Il y a eu le plus grand nombre de contributeurs jamais observé en 24h (environ 30.000). Et c’est la première fois que le 2è jour fait aussi fort que le premier. Il faut bien sur toujours se méfier de voir midi à sa porte, mais cela laisse penser qu’il y a une grande aspiration à « faire les choses autrement » en matière de débat pré-électoral.

Malgré tous nos efforts pour décrire au mieux ce que nous allons faire, il y a eu un petit raté dans la dépêche AFP qui a mentionné notre initiative (et qui a été relayée sur beaucoup de sites, dont ceux du Monde et du Figaro) : elle a indiqué que l’objet principal du débat sera le climat. Mais ce n’est pas exactement cela.

Pour savoir plus précisément ce que recouvre cette initiative, je vous propose de regarder les vidéos suivantes :

- en 3 minutes, la présentation que je tente d’en faire, dans les locaux du CNAM où siègera l’assemblée (ou convention) citoyenne
: https://www.youtube.com/watch?v=C_m2yr5wktY

- en 40 minutes, l’entretien avec Vinz Kanté sur la chaîne Limit, enregistré avant le lancement mais diffusé après : https://www.youtube.com/watch?v=DpXpBdYEAZQ (vignette en image, encore un peu d’entraînement et je pourrai faire presque aussi bien qu’un youtubeur professionnel J)

- et, pour vous détendre un peu, la version d’Alex Vizorek qui a suivi l’annonce à la matinale de RTL (assez en forme notre ami je dois dire, et sa présentation est finalement assez pertinente !) : https://www.youtube.com/watch?v=vhNy0OnUo4E

Si vous pensez que cette initiative mérite d’être soutenue, ce que vous pouvez faire de plus utile est de la relayer sur vos propres réseaux (pas juste ici). Le défilé des candidats à la REF a montré qu’il restait encore du travail avant qu’ils et elles ne proposent un programme cohérent avec un monde avec limites physiques.

Le monde politique ne comprend que les rapports de force. C’est peut-être triste, mais c’est ainsi. Il faut donc accepter de jouer avec cette règle du jeu si on veut faire exister une idée ou un point de vue qui est considéré comme pertinent par ailleurs.

C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité qu’une partie du financement soit amené par des euros symboliques donnés par le plus grand nombre de gens possibles. Plus il y aura de soutiens, plus le travail de cette assemblée existera dans les débats.

Pour soutenir c'est là : https://fr.ulule.com/un-commun-accord-presidentielle-assemblee-150-citoyens-jancovici/ "
(posté par Joëlle Leconte)


✅ Soutiens LIMIT pour qu'on puisse rester un média Indépendant : h...

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Et si, par le hasard de la géologie, l’Afrique avait eu beaucoup de charbon à sa disposition ?

Et si, par le hasard de la géologie, l’Afrique avait eu beaucoup de charbon à sa disposition ? (et l'Europe non)

La trajectoire de la consommation mondiale de charbon est saisissante, mais observez sur ce graphique la fine bande jaune : l’Afrique avec une fraction négligeable.

Et si le monde avait été forgé selon une tout autre géométrie géologique ? Imaginez un 19e siècle où le sous-sol africain aurait été aussi gorgé de houille que les Appalaches, la Ruhr, le Donbass, la Flandre ou la province du Shanxi. Le monde serait radicalement différent de celui que nous connaissons.

Avant de poursuivre, encore un immense salut à Jean-Marc Jancovici, qui nous rappelle sans relâche de chausser nos lunettes de « physiciens » : la politique, l'économie, les idéologies et l'histoire des peuples résultent en grande partie des réalités matérielles sous-jacentes. Le déterminisme géologique est prépondérant.

Tirons le fil sur la géologie du charbon (ressource ayant tout de même engendré le décollage industriel de l'Europe de l'ouest, des Etats-Unis, du Japon, de l'URSS ou encore, plus récemment, de la Chine et de l'Inde).

Pourquoi une telle "injustice géologique" ? Eh bien parce qu'au Carbonifère, il y a 300 millions d'années, l'Afrique était ancrée au sud du supercontinent Gondwana, sous des latitudes glaciaires impropres aux vastes forêts marécageuses équatoriales nécessaires à la formation du charbon.

Comme quoi le monde tient à peu de choses (ce qui invite à une certaine humilité).

Projetons-nous dans une uchronie énergétique. Si l’Afrique avait possédé des réserves colossales de charbon et les avait brûlées au même rythme que les autres puissances industrielles :

1. La crise climatique serait aujourd'hui démultipliée. Le budget carbone pour maintenir le réchauffement sous la barre des +2 °C serait déjà entièrement consommé, nous projetant peut-être d'ores et déjà vers un emballement climatique majeur.

2. La géographie économique du continent africain serait méconnaissable. À l’image des nations industrialisées par le charbon, l’Afrique compterait d’immenses bassins industriels centenaires, un réseau ferroviaire dense, une urbanisation massive précoce et une puissance manufacturière historique.

Soit dit en passant, l'Afrique du Sud est le seul pays du continent africain quelque peu doté en charbon ; il est également celui ayant de très loin le réseau ferroviaire le plus étendu, et le plus industrialisé. Ce n'est pas un hasard (si ce n'est le hasard de la géologie !).

Et l'Histoire, dans tout ça ? Imaginons une Europe pauvrement dotée de charbon au 19e siècle, et une Afrique abondamment dotée.

Les rapports de force coloniaux ayant précédé l'ère du charbon, l'Europe aurait d'abord cherché à s'imposer militairement sur les bassins houillers africains pour en contrôler l'exploitation et la rente.

MAIS le charbon ne se transportant pas facilement sur de longues distances, le continent européen aurait vite buté sur des limites physiques pour massifier sa production industrielle. Les élites et capitaines d'industrie européens auraient fini par s'installer massivement en Afrique, transférant le cœur battant de l'industrialisation directement sur ce continent.

Une fracture aurait alors émergé entre les Européens restés sur un continent d'origine resté agraire et pauvre, et cette puissante aristocratie industrielle et militaire « d'Afrique ». Avec le temps, ces colons industriels, devenus dépendants des réseaux locaux et de la main-d'œuvre africaine, finiraient par faire sécession avec leurs métropoles d'origine pour défendre leurs propres intérêts économiques.

L'Afrique sub-saharienne serait ainsi devenue le véritable centre de gravité de l'économie mondiale, mais aussi de la puissance militaire, tandis qu'une Europe marginalisée se serait retrouvée en position périphérique.

Les grands conflits européens du 20e siècle ne se seraient pas joués dans les plaines de Flandre, de la Ruhr ou du Yorkshire, mais autour des grands bassins houillers et des nœuds ferroviaires d'Afrique. C'est le continent africain qui aurait été un épicentre de guerres mondiales dévastatrices pour le contrôle des joules (donc de l'industrie et de la puissance militaire).

Dans un tel contexte, la « décolonisation » n'aurait pas pris la forme d'un retrait des métropoles européennes, mais plutôt d'une révolution interne menée par les classes laborieuses africaines (et les immigrés européens modestes installés en Afrique ?) contre une oligarchie industrielle d'origine européenne.

Dans une telle réalité, l'Afrique aurait vraisemblablement enclenché son exode rural, son urbanisation et sa transition démographique plus tôt dans l'Histoire. Peut-être que ses taux de fécondité seraient déjà en-dessous du seuil de renouvellement des générations, tandis que l'Europe afficherait encore une natalité élevée.

Ce n'est qu'un exercice de pensée, nous n'avons pas de boule de crystal. Toujours est-il qu'un simple décalage de quelques degrés de latitude de plaques tectoniques il y a 300 millions d'années, et l'histoire humaine bascule entièrement !

(publié par Cyrus Farhangi)



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Jean-Marc Jancovici en 2003

300 000 abonnés ! 🎈

Un grand merci à toutes et tous d’être toujours plus nombreux à nous suivre, débattre et partager les données indispensables pour comprendre le siècle qui s’ouvre.

Atteindre ce seuil n'est pas une fin en soi, mais reflète un intérêt croissant quant à l'urgence d'intégrer la réalité physique dans le débat public. Car la physique ne négocie pas.

Cette page Facebook apporte sa petite pierre à l'édifice de l'information énergie-climat dans le monde francophone. Les publications réalisent 170k vues par jour. L'audience composée à 35% de femmes, plus d'une moitié de non-abonnés, et présente une répartition équilibrée par classe d'âge. 🙂

Pour marquer le coup à l'occasion de cette étape purement symbolique, un rappel non-exhaustif de l'héritage intellectuel et des enseignements vulgarisés par Jean-Marc Jancovici, qui guident nos échanges au quotidien.

La primauté des ressources naturelles (notamment l’énergie) : l'économie consiste essentiellement à transformer des ressources naturelles et l’énergie est le véritable moteur du PIB. Les décennies passent et le parc mondial de machines — notre « armée d'esclaves énergétiques » — fonctionne encore à 80 % aux énergies fossiles.

Le déterminisme géologique et énergétique : l'histoire moderne résulte d'une manne d’énergies fossiles faciles d'accès. Or la géologie impose de plus en plus des limites physiques absolues à notre extraction.

La fin de la croissance et le choix entre décroissance "subie" ou "choisie" : dans un monde fini aux ressources limitées, la croissance infinie est une impossibilité physique. La baisse de la consommation d'énergie aura lieu quoi qu'il arrive. L'Europe est déjà entrée en phase de contraction physique subie. La vraie question est de choisir entre une décroissance souhaitée, planifiée et équitable, ou une décrue subie, chaotique et violente.

La contrainte carbone et le climat : le changement climatique n'est pas qu'un problème environnemental, c'est une menace directe sur la stabilité socio-économique, les rendements agricoles et la paix mondiale (le risque étant d'avoir "la guerre partout" comme le formule JMJ).

L'équation de Kaya.

L’urgence de l’action et la sobriété : sortir du déni exige d'adapter nos modes de vie, nos infrastructures et notre mix énergétique avant que le mur de la réalité physique ne s'en charge. Le nucléaire est un levier pour amortir la descente énergétique, mais "la fête énergétique ne va pas durer".

Merci à vous, communauté active, d'alimenter une réflexion exigeante et d'en parler autour de vous. La prise de conscience est la première étape du changement.

En route vers la suite ! 🌍


Intervention de Jean-Marc Jancovici en 2003 lors du climactionExtr...

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Jancovici : REDONNER LA PAROLE AUX CITOYENS

Jancovici : REDONNER LA PAROLE AUX CITOYENS

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Invité de C dans l’air, Jean-Marc Jancovici revient sur les événements climatiques extrêmes qui marquent déjà 2026, sur les conséquences d’El Niño et sur une réalité avec laquelle nos sociétés doivent désormais composer : le climat que nous avons connu ne reviendra pas.

Canicules, sécheresses, incendies, fonte des glaciers… Les records actuels seront, un jour ou l’autre battus à nouveau.
Pour Jean-Marc Jancovici, nous devons désormais à la fois réduire les causes du changement climatique et nous préparer à vivre dans un monde différent.

Mais l’entretien aborde également une autre question : comment prendre collectivement des décisions dans un monde de plus en plus instable et confronté à des arbitrages difficiles ?



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Post de Valérie Masson-Delmotte* : "La catastrophe au Népal a été induite par un effondrement de glacier du Langtang Lirung, à u...

Post de Valérie Masson-Delmotte* : "La catastrophe au Népal a été induite par un effondrement de glacier du Langtang Lirung, à une altitude d'environ 5200 mètres.

Que sait-on du lien avec le réchauffement climatique dû aux activités humaines pour les glaciers de ce secteur ?

Une étude scientifique approfondie publiée en juin 2026 apporte des réponses très claires :
– perte de masse qui accélère depuis les années 1990
– meurtrissure du recul de la surface des glaciers de ce secteur depuis la fin du 20ème siècle,
– amincissement généralisé,
– remontée en altitude de la ligne d'équilibre (là où l'accumulation contre-balance la fonte) de 175 mètres pour atteindre 5500 mètres à partir des années 2010,
– réchauffement prononcé, amplifié en altitude (+0,3°C par décennie 1964–2003 au-dessus de 4000 mètres),
– amincissement qui s'est propagé vers l'amont des glaciers,
– fragmentation des glaciers et déconnexion, amplifiant le recul en altitude, la formation de falaises de glace instables, et, en vallée, la dégradation de langues de glaciers couvertes de débris.

L'article complet est disponible ici,
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0921818126002766

Pour rappel, une analyse à l'échelle mondiale montre que chaque kg de CO2 émis (principalement par l'utilisation d'énergies fossiles, pétrole, charbon et gaz) entraîne la fonte d'environ 15 kg de glace de glaciers, et de multiples impacts qui peuvent devenir catastrophiques, comme au Népal."

* Valérie Masson-Delmotte est une paléoclimatologue française de premier plan et directrice de recherche au CEA (au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement). Elle s'impose comme l'une des climatologues les plus influentes au monde principalement grâce à son travail de recherche sur la reconstitution des climats passés à partir des carottes de glace et, surtout, à sa présidence du groupe de travail 1 du GIEC de 2015 à 2023. À ce poste, elle a dirigé l'évaluation scientifique mondiale des bases physiques du changement climatique, supervisant la rédaction de rapports majeurs qui font référence pour les décideurs de la planète. Reconnue pour la rigueur de ses travaux, sa pédagogie et son rôle dans la vulgarisation scientifique, elle a reçu la médaille d'argent du CNRS et a été citée parmi les 100 personnes les plus influentes du monde par le magazine Time en 2022.

(publié par Cyrus Farhangi)



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Pour soutenir l'initiative, rendez-vous sur notre cagnotte Ulule : https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

Pour soutenir l'initiative, rendez-vous sur notre cagnotte Ulule : https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

Un commun accord

Canicules, sécheresse et incendies hors normes, pétrole sous tension, conflits internationaux… L’année 2026 n’a eu de cesse de le rappeler aux Français : notre monde est en train de changer et nous touchons aux limites planétaires.
De quoi a-t-on désormais le plus besoin pour faire face à ces bouleversements ?
De se mettre d’accord.

A l’approche de l’élection présidentielle, c’est le défi qui va être confié à 150 Françaises et Français tirés au sort – et à nous tous en ligne.

La mission ? Se retrousser les manches et s’attaquer aux grands dilemmes de notre époque, pour nourrir le débat de l’élection présidentielle de manière inédite. On vous explique tout !



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Un commun accord – L'assemblée citoyenne pour 2027

"UN COMMUN ACCORD"

Cela fait plus de 20 ans que M Jancovici consacre sa vie professionnelle à un grand défi environnemental de notre époque. Il a exploré beaucoup de facettes de la vulgarisation, de l’expertise, de la proposition d’action, et du transfert de connaissances.

Mais, face à un défi, ce n’est pas l’expert ou le président d’association qui fait avancer le pays. C’est sa population. Nous aurons toujours besoins d’experts et de scientifiques pour nous décrire le monde tel qu’il est. Mais la vérité scientifique seule ne suffit pas à indiquer la voie quand il s’agit de choisir entre plusieurs éventualités dont aucune n’est idéale.

Interviennent aussi nos valeurs, nos intérêts, ou encore nos liens affectifs. Et comme nous avons chacune et chacun les nôtres, seule la délibération collective permet de finir par s’accorder.

De la délibération collective, c’est précisément l’objectif du projet « Un Commun Accord », qui se lance aujourd’hui, et qui va permettre à 150 citoyens représentatifs de la population française de s’attaquer à quelques grands dilemmes de notre époque, pour essayer de se mettre d’accord sur la conduite à tenir.

Alors que notre pays se cherche une voie, et que nous entrons dans une période où chaque prétendant à l’Elysée va expliquer en quoi il n’est pas d’accord avec les autres prétendants, l’objectif ici sera au contraire de travailler sur nos points d’accord pour aborder le monde qui vient. Nous espérons ainsi changer un peu, ou beaucoup, la tournure des débats de la campagne, avec une méthode qui n’est ni la pétition ni la manifestation, mais la proposition.

Que sommes-nous prêts à changer sur des sujets essentiels de notre avenir commun ?
150 Français tirés au sort vont tenter d’y répondre en assemblée. Tous les autres sont invités à participer en ligne.

Pour que cette assemblée citoyenne soit entendue, et que ses suggestions soient discutées par les candidats (et le reste du pays), il faut qu’elle soit soutenue par le plus grand nombre possible d’entre nous. C’est pour cela que nous avons décidé de démarrer l’opération par une campagne de financement participatif, mais avec un angle un peu original.

Notre objectif n’est en effet pas tant de boucler un budget (qui est déjà largement assuré) en demandant le plus d’argent possible, que de compter le plus grand nombre de soutiens possible.

Ce que nous demandons, c’est le don d’un euro symbolique, c’est à dire ce que l’on donne quand c’est une question de valeurs et non d’argent. Il y a certes des gens dans notre pays qui sont à un euro près, mais cette somme reste quand même largement accessible.

Alors, si vous pensez que c’est une bonne manière de contribuer à avoir un débat électoral à la hauteur des enjeux, rendez-vous sur cette page pour en savoir plus et soutenir notre initiative.

https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

Vous pouvez également trouver une description plus complète de notre projet là : www.uncommunaccord.fr

(par adrien Couzinier)


À l’approche de l’élection présidentielle, 150 Français tirés au sort se mettent d’accord face aux grands défis de société qui ont trop attendu.

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🌊 **Record absolu : les océans n'ont jamais été aussi chauds**

🌊 **Record absolu : les océans n'ont jamais été aussi chauds**

Post de Ludovic Arga :

"Selon ERA5 (données depuis 1940), le 21 août 2026 a très probablement établi la température de surface de la mer la plus élevée jamais mesurée.

Mais ce n'est pas qu'un record moderne.
Il se pourrait que nous venions de dépasser le maximum thermique de tout l'Holocène : record sur les 11 700 dernières années.

Et peut-être même le pic du dernier Interglaciaire, il y a 125 000 ans.

En clair : la planète n'a probablement jamais connu des océans aussi chauds depuis que l'humanité existe.

Ce n'est pas une curiosité scientifique.
C'est un signal d'alarme massif pour :
👉 les écosystèmes marins (blanchiment, effondrement de la biodiversité),
👉 les phénomènes extrêmes (cyclones plus intenses, précipitations violentes),
👉 la sécurité alimentaire et économique de milliards de personnes.

Et pourtant, cette nouvelle passe presque inaperçue.

Si un record de température de l'air fait la une, pourquoi un record océanique (bien plus grave) reste-t-il dans l'ombre ?"

(publié par Cyrus Farhangi)



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Détroit d'Ormuz : comment les Etats-Unis font passer des millions de barils sous le nez de l'Iran

Depuis quelques semaines la donne semble avoir changé dans le détroit d'Ormuz. Les États-Unis et leurs alliés du Golfe seraient parvenus à restaurer une part non-négligeable du trafic pétrolier, en faisant passer les bateaux la nuit "en douce", échappant aux frappes iraniennes, dont les capacités de surveillance du Détroit auraient été endommagées lors des bombardements américains ciblés de juillet.

Ce ne serait cependant qu'une solution partielle et temporaire :

1) Cela coûte cher à la marine US de maintenir une aussi forte présence dans la région (au détriment d'autres régions du monde, notamment l'Asie Pacifique) et cela ne saurait durer indéfiniment.

2) La situation sécuritaire du Détroit reste tendue, alors que l'Iran semble prendre le temps de ré-affuter une stratégie militaire plus offensive que celle qui a prévalu jusqu'à présent, se préparant à une guerre longue jusqu'en 2027 voire au-delà.

3) Cela ne règle en rien la crise du raffinage résultant de la destruction significative de capacités de raffinage au Moyen-Orient et en Russie.

L'équipe de bénévoles (à qui JMJ a accordé sa confiance pour animer cette page) parcourt chaque jour des dizaines d'articles sur l'énergie et le climat afin de tenter de vous proposer une veille pertinente sur des situations complexes et incertaines. Non sans faire régulièrement référence, évidemment, au travail et à l'héritage intellectuel de JMJ !

À propos de veille, traduction d'un article pertinent de CNN.

"Comment les États-Unis et leurs alliés du Moyen-Orient ont inversé la vapeur face à l'Iran sur le pétrole

L'après-midi du 25 juillet, le supertanker grec *Kiku* s’est amarré au terminal d’exportation pétrolière de Mesaieed au Qatar, un port massif de 30 postes d'accostage situé sur la côte ouest du pays, à 40 kilomètres au sud de Doha.

Quatre jours plus tard, chargé de pétrole brut, le *Kiku* a franchi le détroit d'Hormuz. Ce superpétrolier (*Very Large Crude Carrier* — la plus grande classe de pétroliers, mesurant plus de 300 mètres de long) a maintenu une vitesse constante de 13 nœuds à travers le golfe Persique, proche de sa vitesse maximale.

Puis, le 31 juillet, peu après 14 h, juste au large des côtes de Dubaï, le *Kiku* a disparu.

Le navire avait éteint son transpondeur AIS, un système radio maritime qui transmet l'identité, la vitesse, la cape et la position d’un bâtiment. Pour les services de suivi du trafic maritime mondial, c'était comme si le *Kiku* s'était tout simplement évaporé.

Soudainement, le 1ᵉʳ août à 10 h, le signal du *Kiku* est réapparu — de l'autre côté du détroit d'Hormuz.

Il s'agissait de la toute dernière tactique de l'industrie pétrolière : des traversées nocturnes « sombres » du détroit, sous escorte militaire américaine. L'objectif : éviter les attaques de drones iraniens — comme celle qui avait frappé le *Kiku* un mois plus tôt, sans toutefois exploser.

Aujourd’hui, épaulées par la US Navy, les compagnies pétrolières saoudiennes, koweïtiennes, qatariennes et émiratrices affrètent des pétroliers pour qu'ils coupent leurs transpondeurs et fassent la navette afin d'extraire le pétrole du golfe Persique. Ils traversent le détroit d'Hormuz jusqu'au golfe d'Oman, où ils déchargent leur brut dans les navires en attente de leurs clients, avant de repasser le détroit dans l'autre sens.

Cette méthode a permis de retirer le lourd fardeau du risque d'assurance et du danger physique d'attaques iraniennes des épaules des transporteurs commerciaux, pour le transférer au gouvernement américain et aux producteurs de pétrole eux-mêmes.

C'est devenu une stratégie efficace, selon le département de l'Énergie des États-Unis, qui indique que le trafic pétrolier dans le détroit d'Hormuz s'est maintenu en moyenne entre 8 et 9 millions de barils par jour. C'est un volume significatif de brut — environ le double de ce que les analystes pétroliers de Wall Street et les récapitulatifs maritimes comme Kpler suggéraient en se basant sur les données des transpondeurs.

Ces traversées clandestines ont changé la donne pour l'industrie pétrolière du Moyen-Orient. CNN a observé plus d'une douzaine de transferts de navire à navire dans le golfe d'Oman en deux jours, les pétroliers poursuivant ensuite leur route vers des destinations telles que la Chine, Taïwan, la Corée du Sud, les Philippines, le Viêt Nam et la Thaïlande.

C'est un coup de poker dangereux et coûteux qui offre un répit temporaire au marché pétrolier. Mais en l'absence de solutions permanentes — une fin négociée de la guerre et un plan durable pour le détroit —, cette alternative permet de gagner du temps.

### Traversées sombres

L'augmentation de ces traversées « sombres », comme le récent voyage du *Kiku*, intervient à un moment crucial pour le marché de l'énergie.

La guerre, qui dure depuis bien plus longtemps que beaucoup ne l'imaginaient, perturbe un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole depuis six mois, mais a atteint un point d'inflexion ces dernières semaines : des milliards de barils de pétrole et de carburant dans les stocks commerciaux ont disparu. Les réserves d'urgence américaines n'ont jamais été aussi basses depuis le début des années 1980. Le recours de la Chine à ses imposants stocks de pétrole — un facteur clé pour éviter un pétrole à 150 $ — ne durera pas éternellement. Et les investisseurs sur le marché obligataire ainsi que les électeurs perdent patience face aux prix élevés.

Confrontés à un scénario de cauchemar, les producteurs de pétrole du Moyen-Orient ont commencé à utiliser leur nouvelle stratégie au cours des dernières semaines. Ce n'est pas une solution parfaite — le détroit est tristement étroit, large de seulement 37 kilomètres (23 miles). Il y a peu d'endroits où se cacher, et les radars peuvent toujours repérer un navire même si son transpondeur est éteint. Deux navires appartenant aux Émirats arabes unis ont été attaqués cette semaine.

Pourtant, environ 80 % du trafic traversant le détroit au cours des deux dernières semaines s'est fait en mode « sombre », longeant la côte d'Oman aussi loin de l'Iran que possible, selon Kpler. En raison du conflit régional, certaines données de suivi ont fait l'objet de brouillages GPS, ce qui rend les évaluations difficiles.

Comme beaucoup de navires utilisant cette nouvelle tactique, le *Kiku* est réapparu un jour après l'extinction de son transpondeur alors qu'il était ancré près de la ville portuaire émiratie de Fujaïrah. Une fois son signal rétabli, le *Kiku* s'est amarré à côté d'un autre superpétrolier grec, le *Nave Electron*, arrivé dans le golfe d'Oman un jour plus tôt.

Les deux navires sont restés côte à côte pendant une semaine pour effectuer un transfert de pétrole de navire à navire. Lorsqu'ils se sont enfin séparés le 8 août, le *Nave Electron* a quitté le golfe, chargé de pétrole, en direction de la mer d'Arabie, en route vers Ningbo en Chine.

Le *Kiku* est resté au large de Fujaïrah jusqu'aux alentours du 14 août, date à laquelle il est repassé en mode sombre. Le lendemain, juste avant 16 h, son signal est réapparu dans le golfe Persique, faisant route vers le Qatar.

### Inverser la vapeur

Ces traversées sombres sous escorte sont le dernier exemple en date de la capacité des producteurs de pétrole du Moyen-Orient à augmenter le volume de brut exporté vers leurs clients à travers le monde, inversant ainsi la vapeur face à l'Iran.

Plus remarquable encore, l'Arabie saoudite a réorienté environ 5 millions de barils de pétrole par jour qui auraient dû être destinés à des pétroliers en attente dans le golfe Persique. À la place, ce pétrole a voyagé via son oléoduc Est-Ouest jusqu'au port de Yanbu sur la mer Rouge. Les producteurs du Moyen-Orient ont réorienté 2 autres millions de barils par jour pour contourner le détroit d'Hormuz.

La production s'est également intensifiée ailleurs dans le monde pour compenser. Le Brésil, le Guyana et le Venezuela ont ajouté à eux trois plus de 1 million de barils par jour de production supplémentaire. Les États-Unis ont apporté plusieurs centaines de milliers de barils quotidiens de plus sur le marché.

Et des traversées sombres, beaucoup moins coordonnées (ou protégées militairement), ont lieu depuis des mois.

De l'autre côté de l'équation, les États-Unis ont prélevé 400 millions de barils dans leurs réserves d'urgence, entamant considérablement leur réserve stratégique de pétrole. La Chine a elle aussi largement pioché dans ses propres stocks tout en réduisant drastiquement ses importations de brut. La demande mondiale a également nettement baissé avec la hausse des prix, aidant à équilibrer le marché et à fournir du pétrole aux clients qui en ont besoin.

Le marché finit toujours par trouver une voie. Il s'est révélé bien plus complexe et nettement plus flexible que ce que les experts les plus avertis anticipaient au début de la guerre.

### Une solution temporaire

L'imagerie radar et satellite du détroit d'Hormuz dresse un tableau que les données des transpondeurs ne permettent pas de voir. Par exemple, sur les photos satellite du 14 août, des alignements de points apparaissent en arc de cercle le long de la côte d'Oman à travers le détroit. Mais ces points ne correspondent à aucune donnée de suivi maritime enregistrée le même jour à la même heure. Les « points » étaient passés en mode sombre.

Le 7 août, deux pétroliers grecs sont apparus l'un à côté de l'autre dans le golfe d'Oman sur les données des transpondeurs. Les images satellite montrent le *Nissos Kythnos*, un navire-navette ayant effectué une traversée sombre du détroit, aligné à côté du *Front Otra*. Le 14 août, le *Front Otra* a été détecté dans la mer d'Arabie en route vers Taïwan. Le *Nissos Kythnos*, lui, était de retour dans le golfe Persique.

Mais cela ne pourra pas durer éternellement.

Les stocks de pétrole ont été épuisés à hauteur de 1,9 milliard de barils depuis le début de la guerre. Si le marché atteint un équilibre, il faudra les reconstituer pour éviter la prochaine crise. Si ce n'est pas le cas, ces stocks finiront par tomber si bas qu'on ne pourra plus s'y fier pour répondre à la demande mondiale, atteignant un point de rupture où la seule solution sera d'augmenter significativement les prix du pétrole pour étouffer encore davantage la demande.

Un problème similaire a déjà fait son apparition sur le marché des carburants : trois des quatre grands centres de raffinage mondiaux sont en grave difficulté.

La guerre contre l’Iran a endommagé des raffineries au Moyen-Orient et ralenti l'exportation de carburant depuis la région.

La Russie, une autre source majeure de carburant, a été mise hors jeu par un autre conflit, celui avec l'Ukraine. Les raffineries russes ont été visées par des drones ukrainiens, et Moscou, confronté à une pénurie sur son propre sol, a coupé ses exportations.

La Chine, cherchant à éviter des pénuries intérieures, limite ses propres exportations de carburant raffiné. C'est un élément critique, car la Chine est normalement un exportateur majeur.

Il ne reste plus que les raffineries américaines du golfe du Mexique pour porter le poids de la demande mondiale. Or, les raffineries américaines ne peuvent pas tourner à plein régime indéfiniment.

L'essence, et particulièrement le gazole et le kérosène, connaissent une demande si forte face à une capacité de raffinage si restreinte que les prix ont flambé — bien au-delà de ce que les cours du pétrole brut laisseraient supposer.

Le président Donald Trump avait réussi à tirer les prix du pétrole vers le bas pendant des mois en promettant une percée imminente dans les négociations. Sa stratégie a toutefois changé récemment : la nouvelle approche de l'Amérique consiste à asphyxier l'Iran en déclenchant une « opération économique écrasante » au moyen d'un blocus naval prolongé des ports iraniens.

Cela a fait grimper les prix du pétrole depuis plusieurs semaines, les rapprochant de la barre des 100 $ le baril.

Avec deux pays bloqués dans un bourbier inextricable, la bataille pour le contrôle du détroit maintient le pétrole — et surtout l'essence, le gazole et le kérosène — à des prix inconfortablement élevés pour les consommateurs, ce qui alimente l'inflation et réduit leur revenu disponible.

Néanmoins, l'impressionnante capacité du marché à contourner au moins partiellement le conflit a également empêché les prix d’atteindre des sommets aussi astronomiques que le suggérerait le plus grand choc d’approvisionnement pétrolier de l’histoire."

(publié par Cyrus Farhangi)


L'armée américaine organise chaque nuit le passage de pétroliers par un chenal longeant Oman, rapporte Axios. Près de 10 millions de barils transiteraient désormais chaque jour, soit environ la...

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