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Vue normale

Reçu — 4 juin 2026 ⏭ Bon pote hebdo

🔗 Kokka joho kaigi, PSG et chaussons d'hôtel

🔗 Kokka joho kaigi, PSG et chaussons d'hôtel
Cette semaine, on parle du Japon qui ressort un service de renseignement endormi depuis 1945, du grand pillage de la presse, des violences post Ligue des Champions et de la libido en berne chez les moins de 30 ans. À dans 5 minutes 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
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Cette semaine, on parle du Japon qui ressort un service de renseignement endormi depuis 1945, du grand pillage de la presse, des violences post Ligue des Champions et de la libido en berne chez les moins de 30 ans. À dans 5 minutes 👀

INTERNATIONAL

Le Japon crée une réplique de la CIA et la Chine fait contre Uno

Le Japon a-t-il peur de quelque chose ? Le 27 mai, la Première ministre Sanae Takaichi a fait voter la création d'un "Conseil national du renseignement", histoire de muscler un appareil sécuritaire en sommeil depuis 1945. Un réarmement qui fait grincer les dents de Pékin, pressé de rappeler que la dernière fois que Tokyo a joué aux espions, cela s’est terminé par l'invasion de la Mandchourie. Preuve que derrière le vernis de la pop culture, l'archipel enclenche la marche arrière pour doubler son budget militaire d'ici 2027, menaces chinoise et nord-coréenne obligent.

Pourquoi s’y intéresser ?

  • Parce que le Japon nous a fait oublier ses vieux démons à grands coups de Pikachu et de sushis, mais que sa Constitution pacifiste de 1947 ressemble désormais à une relique idéaliste qu’on pousse discrètement sous le tapis pour faire de la place aux radars.

  • Parce que la géopolitique asiatique n'est pas un manga de transition mais la saison 4 d'un vieux feuilleton toxique, où les fantômes de l'Unité 731 et du massacre de Nankin (300 000 morts) servent encore de carburant mémoriel pour justifier les prochains clivages.

  • Parce que voir la troisième économie mondiale passer son budget militaire à 2 % du PIB prouve que le pacifisme par décret ne pèse plus grand-chose face à des voisins qui testent des missiles avant le petit-déjeuner.

TECH

No free lunch

Le patron du New York Times, A.G. Sulzberger, a ouvert lundi à Marseille le Congrès mondial des médias WAN-IFRA avec un discours qui a fait mouche. Son constat : pour faire tourner leurs machines, les géants de la tech paient leurs puces et leur électricité au prix fort, mais s'autorisent à piller le travail des journalistes sans lâcher un centime. Un Napster de l'info qui a déjà liquidé 43 000 plumes aux États-Unis, menaçant de remplacer le reportage de terrain par une purée de lignes synthétisées par des chatbots en roue libre.

Pourquoi ça nous concerne ? 

  • Parce que derrière la querelle de droits d'auteur, c'est le modèle même du journalisme d'investigation qui est en jeu : si plus personne ne paie ceux qui vont sur le terrain, l'IA n'aura bientôt plus rien d'autre à synthétiser que du vide ou de la propagande.

  • Parce qu'à ce rythme, le débat public ne sera bientôt plus un espace de discussion mais un flux de données pollué par les deepfakes et les hallucinations algorithmiques, où les rares rédactions survivantes serviront de fusible thermique.

  • Parce que si le patron du journal le plus puissant de la planète en est réduit à agiter une sonnette d’alarme dans un congrès, c’est que le commandant de bord a déjà sauté de l’avion et qu'il ne vous reste plus qu'à chercher le parachute.

POLITIQUE

PSG et Violence, un sujet éminemment politique

L'après-match PSG-Arsenal a basculé dans le pillage de vitrines et les tirs de mortiers sur la police, provoquant le traditionnel court-circuit idéologique à gauche où l’on hésite entre “ne pas stigmatiser” et accuser la police. Un “silence de violette” qui verse dans l’aveuglement civique ?

Dans LibreJournal, Laurent Joffrin dégoupille un édito cinglant, qui a retenu toute notre attention :

À en juger par la modération des commentaires à gauche, il faudrait donc s’habituer à voir chaque événement sportif d’importance, gâché par quelques centaines de crétins agressifs qui trouvent plaisant de briser les vitrines et d’agresser les policiers. Ce silence pleutre – on craint de « stigmatiser les banlieues », ce qui reviendrait à désigner leurs habitants comme les seuls coupables, ce qui est un cliché aux connotations racistes – ouvre évidemment la voie aux outrances répressives et xénophobes de l’extrême droite, nourrissant les émissions fascisantes de CNews ou d’Europe 1.

Combien de fois faudra-t-il écrire que ces violences n’ont aucune justification, qu’elles doivent être condamnées sans restriction, que leurs auteurs à la cervelle de pois chiche bafouent les valeurs républicaines de concorde et de respect de la loi, qu’elles s’attaquent délibérément à la tranquillité publique, qu’elles n’ont d’autre effet que de noircir la réputation des cités, aussitôt accusées par facilité d’être à l’origine des débordements, alors même que la grande majorité de leurs habitants réprouvent évidemment ces comportements inciviques, qu’elles menacent enfin des citoyens qui ne demandent rien d’autre que d’exprimer leur joie à l’issue de la victoire de leur équipe, lesquels sont très souvent issus des classes populaires, premières victimes de l’insécurité.

Ces manifestants de l’absurde ne méritent rien d’autre que l’application logique des lois, sans complaisance ni panique répressive. Le seul effet politique de leurs exactions, c’est la progression de l’extrême droite, qui aura vite fait, si elle parvenait par malheur au pouvoir, de sortir de l’État de droit, de faire adopter des lois xénophobes et de renforcer de manière dangereuse les moyens répressifs de l’État. C’est à la gauche de proposer une politique républicaine combinant la fermeté immédiate et le traitement social et civique des causes de cette délinquance. Faute de quoi nous assisterons indéfiniment à la confrontation délétère entre la langue de guimauve de la gauche complaisante et les éructations autoritaires de la droite antirépublicaine.

LE TRAVAIL C’EST LA SANTE

Hush trip, vous avez déjà essayé ?

Cette semaine, Chaos Club nous donne le meilleur tip pour partir en vacances sans perdre un seul jour de congés. "Le hush trip, c'est la "quiet vacation" version luxe : ni poser de jours, ni demander. Tu files, tu te tais, tu reviens. C'est rigolo mais pas trop trop non plus, car en 2025, seuls 20% des salariés dans le monde étaient engagés au travail, selon Gallup (un niveau historiquement bas pour la deuxième année consécutive). En France, ce chiffre tombe à 8%. Huit. Pour cent. Le reste ? 59% de la main-d'œuvre mondiale est en quiet quitting : présent physiquement, absent psychologiquement."

ENVIRONNEMENT

L’absurdité de la semaine : le fléau des pantoufles d’hôtel

Repéré dans l’excellente newsletter Climax, cet article du Times qui s'est amusé à suivre le parcours des millions de chaussons d'hôtel, des usines chinoises jusqu'aux poubelles des palaces. Verdict : catastrophe écologique. En cause, le matériau des semelles, le même que celui des tapis de yoga : plus de 1 000 ans à se dégrader et bourré de microplastiques. Faute de vrai chiffrage, le Times a sorti la calculette : à eux seuls, les 100 plus gros hôtels de Londres alignent en un an assez de chaussons pour relier Hyde Park à Francfort. Et ce ne sont que 100 hôtels, sur les 1 600 que compte la ville.

Un luxe qui coûte cher à la planète mais dont les hôtels peinent à se passer : chez Hotelstars Union, le label qui note les hôtels dans 21 pays européens, peignoir et chaussons font partie des critères pour décrocher la 5e étoile. Pour sauver les dauphins, le chausson biodégradable est votre ami, mais il coûte 17 fois plus cher.

Plutôt cher payé pour un truc porté deux heures. Conseil d'ami, repartez avec les chaussons, ça sauve les dauphins.

SOCIETE

Y’a plus d’amour à la plage

Cette semaine Time to Sign Off nous parle de sexualité, mais rien de très caliente.

L’Ifop publie un nouveau sondage sur la sexualité des jeunes femmes (15 à 29 ans) en France. En berne. Seules 38 % des femmes interrogées estiment que la sexua­lité est "très impor­tante" ou même "essen­tielle", elles étaient 62 % en 1990. Plus d’une femme sur deux (52 %) déclare qu’elle "pour­rait conti­nuer à vivre avec quelqu’un sans avoir de rela­tions sexuelles"… et pour cause : 62% des femmes sondées disent s’ennuyer parfois pendant les rapports sexuels…

Ce qu’il faut retenir de cette étude : 

  • Le couple hétéro est en crise, l’étude est ici si vous voulez connaitre les raisons de cette lente agonie.

  • Si le sexe à deux déçoit, les jeunes femmes ne manquent pas d'idées pour prendre du plaisir (allez jeter un œil à l'étude, il y a deux ou trois tips à piquer).

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Reçu — 29 mai 2026 ⏭ Bon pote hebdo

🔗 Canicule, Vatican et stéroïdes

🔗 Canicule, Vatican et stéroïdes
Cette semaine, on vous explique pourquoi 400 records de chaleur en une journée posent la question de la rénovation des écoles, et comment l’Église catholique tente de remettre de l’ordre dans la course à l’IA. Lisez jusqu’à la fin pour un prompt qui transforme une annonce gouvernementale en opportunité de levée de fonds. À dans 5 minutes 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous explique pourquoi 400 records de chaleur en une journée posent la question de la rénovation des écoles, et comment l’Église catholique tente de remettre de l’ordre dans la course à l’IA. Lisez jusqu’à la fin pour un prompt qui transforme une annonce gouvernementale en opportunité de levée de fonds. À dans 5 minutes 👀

#BULLETIN DE SANTÉ

Pluie de records

400 records de chaleur ont été battus ou égalés en France en une seule journée ce mardi, selon Météo France (France info). Plus de 33 degrés ont été relevés à Brest, Limoges et Tours - tandis que la vigilance orange canicule a été étendue à 13 départements le soir même. En gros, c'est une situation "totalement inédite pour un mois de mai", explique-t-on chez Météo France - où l'on commence d'ailleurs à manquer de superlatifs pour décrire une catastrophe qui devient la norme.

Passoires à la pelle

80% des écoles primaires en France ont été construites entre les années 1950 et 1975 (Banque des Territoires). La moitié des lycées et des collèges datent de la même période. Bref, le parc scolaire est en passe de devenir octogénaire, et vu les températures extrêmes, l'heure n'est plus vraiment à la consultation. Concrètement, l'Éducation nationale risque de se retrouver à court de locaux décents et avec 5 milliards d'euros de rénovation annuelle nécessaires sur dix ans, il va falloir commencer à allonger la monnaie.

Cerveaux qui fondent

Une journée chaude fait perdre jusqu'à 15% de résultats aux examens, d'après une étude menée sur un million de lycéens américains, avec des effets qui peuvent durer… jusqu'à l'obtention du diplôme (UCLA/Journal Of Human Resources). Compte tenu du réchauffement climatique, rater un exam ne sera bientôt plus conditionné à un manque de révision, mais au fait de passer son épreuve entre mai et septembre. Bref,en l’absence d’un vrai plan d’action, il va falloir sérieusement penser à bouleverser le calendrier éducatif.

EN CLAIR, PASSER LE BAC, ÇA DEVIENT LITTÉRALEMENT CHAUD POUR TOUT LE MONDE.

Des records de chaleur dès mai, des bâtiments scolaires construits sous De Gaulle qu'on n'a pas pris le temps de rénover et une science qui confirme que la chaleur abîme durablement l'apprentissage des ados - trois signaux qui font dire qu'il y a urgence dans les salles de classe française, et laissent présager que la réussite scolaire comptera bientôt une inégalité de classe supplémentaire.

ET EN PLUS ILS ONT… fake Cannes

Aux États-Unis, le média Futurism révèle que le studio Higgsfield AI a berné le Wall Street Journal en annonçant en grande pompe la présentation d'un long-métrage de 90 minutes réalisé par IA à Cannes. Sauf que le film n'a jamais été projeté dans le cadre du Festival du cinéma international… mais dans "un" cinéma de la VILLE de Cannes, loin de toute compétition. Un peu comme si vous annonciez jouer "au Stade de France" en ayant réservé un terrain de five dans le même quartier. Comme quoi, la légitimité culturelle peut tout à fait s'acquérir en posant devant un décor. 

#ça se passe sur Kessel

Gabriel Attal rejoint sur Kessel Raphaël Glucksmann, Arnaud Montebourg, Marine Tondelier, Valérie Hayer et Cyrielle Châtelain - des responsables politiques qui ont choisi Kessel pour la publication de leur newsletter. 

Il a officialisé sa candidature à la présidentielle de 2027 depuis Mur-de-Barrez le 22 mai dernier - et il a choisi Kessel pour en faire l'annonce. 


#BUZZWORD : “QUANTIQUE”

ÇA VEUT DIRE QUOI ?

L’informatique quantique est de retour. Elle hantait les fantasmes des tech sans qu’on sache vraiment si quand elle débarquerait dans nos vies. C'est désormais LA prochaine nouvelle technologie dans laquelle tout le monde veut investir.
Pour faire simple, un ordinateur classique raisonne comme un interrupteur: il ne connait que les 0 et en les 1. L'ordinateur quantique peut être dans les deux états en même temps - et donc tester des MILLIONS de solutions en simultané. Ce n'est pas une machine plus rapide : c'est une machine qui joue selon d'autres règles. Dont une, assez inconfortable : elle peut, en théorie, casser à peu près tous les systèmes de chiffrement actuels - d'où les investissements massifs annoncés par la France et les États-Unis ces derniers jours, rappellent Les Échos ici et là. Oubliez l'IA comme arme de destruction massive, c'est presque déjà has been.

COMMENT LE PLACER LORS D'UN AFTERWORK :

En fait non. Ne le dites pas à votre boss. Il a l’air si heureux avec son abonnement Copilot.

#L’ANGLE MORT

LE BRUIT

Lundi 25 mai, le pape Léon XIV présente au Vatican sa première encyclique, Magnifica Humanitas - 133 pages pour 40 000 mots, consacrés à "la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle". Le texte, dans lequel il appelle à "désarmer l'IA" révèle l'Église comme acteur de premier plan dans le domaine - et déclenche malgré lui une avalanche de mèmes sur le pape lançant le "jihad butlérien", en référence à Dune.

LE SIGNAL

Ce qui a moins fait parler : la présentation de l'encyclique par Léon XIV a été précédée par le discours d'un invité de marque : Christopher Olah, cofondateur d'Anthropic, assis aux côtés du secrétaire d'État vaticanais Pietro Parolin et du pape lui-même - une place habituellement réservée aux représentants d'États. Inviter quelqu'un de l'extérieur "n'a rien d'inhabituel", a reconnu un ecclésiastique auprès du National Catholic Reporter, "et ça n'a rien d'un hasard non plus".

ANGLES MORTS

Si le cofondateur d'Anthropic a été invité à cet événement ô combien important, ce n'est évidemment pas pour annoncer le lancement d'un chatbot catho en partenariat avec le Vatican. En réalité, la relation entre le Saint-Siège et Anthropic ne date pas de la semaine dernière. C. Olah avait sollicité deux conseillers du Vatican "pour aider à codifier les valeurs “morales” qui guident le développement de son modèle, Claude", nous apprend POLITICO. À telle enseigne qu'ils sont cités comme contributeurs extérieurs dans la "Constitution de Claude" publiée en janvier 2026.

Anthropic n'était d'ailleurs pas la seule entreprise de la tech à faire le pied de grue à Rome ces derniers mois. Des représentants de Meta, Google et Amazon ont été reçus au Vatican en avril, rappelle POLITICO. La Silicon Valley entière faisait campagne.

Mais c'est bien la maison-mère de Claude qui a décroché la place sur scène. Et ce n'est par hasard : comme l'analyse Allesandro Aresu dans LE GRAND CONTINENT, "l'Église de Rome est devenue la véritable concurrente d'OpenAI et Palantir - et elle a commencé par faire la chose la plus banale qui soit : débaucher un talent chez un concurrent". Le discours de Christopher Olah devant le pape, note HALLUWORLD, "est plein de morale comme un sermon du dimanche". Le patron d'Anthropic y sollicite lui-même les réponses de l'Église sur trois questions prégnantes : les devoirs envers les plus pauvres, l'ambition pour l'épanouissement humain et le besoin de discernement quant à la nature des IA. À titre indicatif, le terme "moral" apparaît plus de trente fois dans le document fondateur de Claude.

Bref, toutes les grandes boîtes - mais aussi les petites start-up - de l'IA affirment être en train de construire un être omniscient aux capacités qu'elles ne sont elles-mêmes pas en mesure d'évaluer. Il n'est donc peut-être pas idiot que les religions monothéistes se sentent concernées - et qu'elles choisissent leur interlocuteur avec soin.

Le pape Léon XIV et le père Éric Salobir rencontrent des représentants de Meta, Google et Amazon au Vatican. | Courtesy photo (anonymous)

#PROPALES DE FUTUR (inspirées de faits réels) :

EN 48 HEURES, le week-end du 23 et 24 mai a posé la même question sous trois formes différentes. Les Enhanced Games - sorte de JO où le dopage n'est pas interdit, mais au contraire encouragé - et leurs athlètes sous stéroïdes n'ont donné lieu qu'à un seul record du monde, établi in extremis. Le Crunch Creator a sold out les 40 000 places du Stade Atlantique de Bordeaux pour un match de rugbymen créateurs de contenus. Au Parc des Princes, ce sont 48 000 fans qui ont assisté à un France-Angleterre d'influenceurs dans le cadre du Eleven All Stars.
De quoi se demander à quoi ressemblera le sport dans dix ans ?

TRES PROBABLE Les Enhanced Games deviennent un rendez-vous annuel confidentiel, regardé sur une plateforme de streaming dont personne ne connaît le nom et qui se déroule désormais à Buford, Wyoming, devant 400 personnes et un caméraman. Les compétitions d'influenceurs, en revanche, grossissent. Les fédés sportives publient des communiqués "préoccupés". Les droits TV des grands championnats continuent de baisser inexorablement. L'audience vieillit - tandis que les sponsors migrent lentement mais sûrement vers les événements d'influenceurs, dont le public a 22 ans et est chronically online. Les ligues professionnelles ne disparaissent pas : elles deviennent comme le jazz - respectées, financées par des passionnés, et de moins en moins considérées par le grand public.

BLACK MIRROR  La vraie rupture ne vient pas des stéroïdes et des anabolisants consommés par les athlètes - mais de leurs propres corps. Les données biologiques des 42 athlètes des Enhanced Games alimentent une base de données détenue par les organisateurs. En manque de financements pour la deuxième édition, prévue dans le désert de Gobi, ils ont revendu ces données à des assureurs et à des fonds de capital-risque en biotech. Tout était écrit dans les CGI. Depuis, le système s'est généralisé à l'ensemble du monde sportif, professionnel comme associatif. Cinq ans plus tard, une compagnie d'assurances anglaise refuse de couvrir un joueur de cricket retraité pour un arrêt cardiaque, citant ses propres données contre lui. C'est le jeu.

IDIOCRACY Après que Fred Kerley, nageur américain - pour une fois déclaré "clean" - a battu les athlètes dopés des Enhanced Games au 100m, la compétition a saisi un potentiel énorme en créant la catégorie "Undoped VS Enhanced". Netflix sent le filon et produit une série documentaire sur le modèle de Drive to Survive en Formule 1. En parallèle, les sportifs, les vrais, n'attirent plus. Pour se relancer, la FIFA crée sa propre ligue d'influenceurs. Avantage incomparable pour les sponsors, qui peuvent désormais faire coup double entre les spots de pub à la mi-temps et les collaborations commerciales avec les joueurs sur le terrain. En NBA, le trophée de MVP est remis à un joueur que le jury n'a vu jouer que la moitié de la saison, l'autre moitié ayant été consacrée à une série de vlogs - mais il a 580 millions d'abonnés. Forcément, ça aide.

GRAND RECLASSEMENT Les Enhanced Games ont ouvert la brèche du dopage dans le sport - et les compétitions d'influenceurs ont acté que ce qui compte, ce n'est pas tant le sport mais le show. La prise de stéroïdes et d'anabolisants s'est tellement généralisée que même le sport associatif s'y est mis. Jusqu'au jour où un joueur de foot du Rot-Weiss Essen, un club D3 allemande, meurt d'un AVC après avoir pris des stéroïdes à usage vétérinaire. Le monde réalise que le sport est devenu un grand n'importe quoi, où seul l'accès à des stimulants hors de prix garantit le niveau. Le CIO et la FIFA se réveillent, appuyées par l'OMS, et décident de bannir une bonne fois pour toutes le dopage. Retour à la case départ.

LE MONDE D'APRÈS Le transhumanisme sort des conférences TED et entre dans le droit commun. Les débats ne portent plus sur le dopage sportif, mais sur les "améliorations cognitives" au travail, les implants neuronaux pour les soldats, et le droit de refuser une "optimisation cybernétique" que votre employeur considère comme une condition d'embauche. En parallèle, les influenceurs européens lancent le premier Eleven All Stars intergénérationnel : des légendes de Twitch de 50 piges avec des newcomers vingtenaires. 80 000 personnes les regardent jouer dans un stade en se demandant à quoi pouvait bien ressembler le "football professionnel" à l'ancienne.

#MAIS AUSSI

#ROLAND-GARROS, LES PREMIERS JOURS

Vous n'avez rien suivi des premiers matchs sur terre battue du tournoi ? Vous avez peur de manquer un match d'anthologie à cause d'une réu ? Pas de panique : Service à la cuillère, la newsletter tennis de référence sur Kessel est là pour vous. C'est le moment où jamais de vous abonner - pour y lire les surprises, les confirmations et tout ce qu'on n'a pas vu ailleurs.

#NE PAS CRAMER

Avec tous ces litres de transpiration évacués cette semaine, on en oublierait presque qu'on peut aussi bronzer. Au-delà de l'indice 50 indispensable pour ne pas finir comme l'acteur Chris Pratt, Philippine Darblay vous a concocté une sélection des meilleurs autobronzants plébiscités par ses lectrices et lecteurs.

#C'EST DANS LA BOÎTE

Recevoir les extraits d'un livre en avant-première directement dans sa boîte mail, c'est le rêve de tout lecteur. Pour les abonnés de la newsletter OBLIQUE, diffusée sur Kessel, c'est devenu réalité : ils ont pu lire avant tout le monde les premières pages de Teen Spirits, le prochain livre de Lennie Stern, à paraître le 5 juin aux éditions de l'Aube. Le pitch ? Les adolescents ne parlent pas moins, mais autrement - et cette grammaire transforme déjà nos manières d'être ensemble…

#LE JEU DU PROMPT

Cette semaine, collez ça dans Claude ou ChatGPT :

"Tu es PDG d'une entreprise dans le secteur des services. Tu viens d'apprendre que Macron a annoncé 1,55 milliard d'euros pour les technologies quantiques. Tu n'as aucune idée de ce que c'est vraiment, mais tu veux surfer sur la vague pour lever des fonds et rassurer tes investisseurs. Rédige le communiqué de presse qui annonce votre 'pivot stratégique vers l'informatique quantique'. Puis, dans un deuxième temps, joue le rôle d'un journaliste spécialisé tech qui reçoit ce communiqué et démonte chaque affirmation en demandant ce qu'elle veut dire concrètement."

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Reçu — 24 mai 2026 ⏭ Bon pote hebdo

🔗 Des grèves, Calder et des hommes soja

🔗 Des grèves, Calder et des hommes soja
Aujourd'hui, on vous parle de jobs en danger, d'une bombe à retardement au Japon, de l'aérien Calder, d'une opé Sojasun bien sentie et d'autres choses encore. À dans 5 minutes 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Aujourd'hui, on vous parle de jobs en danger, d'une bombe à retardement au Japon, de l'aérien Calder, d'une opé Sojasun bien sentie et d'autres choses encore. À dans 5 minutes 👀

#BULLETIN DE SANTÉ

Comment dit-on dit “piquet de grève” en coréen ?

On croyait que la grève était une exception française, mais pas du tout. En Corée, 50 000 salariés de Samsung menacent d'arrêter les usines de semi-conducteurs si la direction ne partage pas les super-profits liés au boom de l'IA. Au T1 2026, Samsung a multiplié son bénéfice net par six, à 27 milliards d'euros, l'action a flambé de 400% en un an. Côté salariés : un employé de la division puces touche un tiers des primes qu'un équivalent chez SK Hynix, le concurrent direct, aurait reçues.
C'est historique : Samsung pèse pour 12,5% du PIB sud-coréen, et 18 jours d'arrêt pourraient amputer le taux de croissance du pays de 0,5 point cette année. Reste à savoir qui pliera en premier.

Pendant ce temps chez META

Sans préavis, Meta licencie 8 000 personnes, alors qu’il annonce des résultats record (T1 2026 : 56,31 milliards). Le message est limpide : l’IA est jugée plus rentable que le travail humain. Pour ceux qui restent, ce n’est pas non plus la joie : les salaires ont été réduits au profit des chercheurs en IA et ils sont fliqués par un logiciel qui permet d’entraîner les IA. On connaissait le management toxique, mais pousser les employés à entraîner l’outil qui va leur piquer leur taff, ça c’est inédit. 

Même les vaches ?

En 2026, même les vaches deviennent inutiles pour produire du lait. La startup allemande Formo a trouvé le moyen de faire du lait de vache sans vache, via fermentation de précision. La technologie pourrait réduire l'empreinte carbone jusqu'à 80-90% par rapport à la production laitière classique, avec une consommation d'eau et d'espace nettement inférieure. De quoi continuer à boire son matcha latte sans culpabiliser. Reste maintenant à savoir ce qu’on va faire de toutes ces vaches laitières (et des agriculteurs qui vivent de la filière).

ET EN PLUS…

Un problème qu’on n’avait pas vu venir : le recyclage des couches pour adultes

Vous avez bien lu. Avec le vieillissement de la population, les couches pour adultes pourraient devenir un problème écologique majeur dans les années qui viennent. Le Japon est déjà à la recherche de solutions et c’est le terrain d’expérimentation idéal : en 2024, le pays a produit 9,6 milliards de couches et protections pour adultes (et “seulement” 8 milliards pour les bébés). Bonne nouvelle, le fabricant de couches Unicharm a annoncé qu’il avait mis au point un procédé de recyclage qui permet de produire du neuf avec du vieux. Ouf, on est sauvés.  

#BUZZWORD : “Gen Z Pout”

ÇA VEUT DIRE QUOI ?

“Gen Z Pout” : exit le duck face, les cool kids de 2026 préfèrent le “gen Z pout”, une moue savamment étudiée, qui a tout d’une “carpe sous anxiolytique” si on en croit le New York Times. C’est mi-insolent, mi-jemenfoutiste et donc délicieusement dans l’air du temps. En même temps, comment leur en vouloir, en ce moment il n’y a pas vraiment de raisons de sourire.

COMMENT LE PLACER LORS D'UN DINER

La prochaine fois qu’on vous demande si vous faites la gueule, faites subtilement comprendre aux gens qui vous entourent que vous êtes furieusement in. 

#EN APESANTEUR

La reco chic, par Karine Salomon

C’est encore une exposition à rallonge que nous propose la Fédération Louis Vuitton, et elle s’attaque cette fois au maître du mouvement lent, Alexander Calder.

Né en 1898 en Pennsylvanie, Calder est le fils d’une peintre et d’un sculpteur. C’est donc tout naturellement qu’avant ses dix ans, le petit Alexander fabrique déjà poupées et bijoux de pacotille. En 1926, il s’installe dans un Paris bouillonnant et, passionné par l’univers du cirque, crée un ensemble de 200 personnages animés en fils de fer, bouts de chiffons et morceaux de bois. Le Cirque Calder fait sensation et Alexander intègre le cercle des artistes avant-gardistes, dont il réalise d’attachants portraits en 3D, toujours en fil de fer.

Mais c’est en octobre 1930, alors qu’il visite l’atelier de Mondrian, qu’il a la révélation de l’abstraction ; il peint, puis se tourne très vite vers la sculpture. Quelques fils de fer, des écailles de tôle, un mouvement aléatoire : les mobiles de Calder sont nés. Il en imaginera des grimpants, des tournants, des astrologiques, des muraux, des petits et des immenses, avec toujours la volonté qu’ils occupent l’espace et tournent au gré du vent, lentement.

Fuyant le fascisme, Calder retourne en 1933 aux États-Unis, mais garde un lien étroit avec le Vieux Continent et la France tout particulièrement ; il y installera un grand atelier après la guerre. Calder se lance alors dans la réalisation de standing mobiles, les stabiles, sculptures d’acier aux formes animalières, aux ancrages fins dépourvus de socle, dont les plus monumentales sont commandées et exposées par des institutions ou des collectivités.

Calder est sans aucun doute le plus grand artiste de l’art en mouvement ; il aura dompté la force du souffle et influencé nombre de sculpteurs contemporains. En admirant les deux stabiles installés sur la pelouse verdoyante du Jardin d’Acclimatation derrière le musée, on se dit que ça a quand même une sacrée gueule.

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#INFLUENCE

Sojasun piège les influenceurs mascu

(c) Socialrama

Dans les sphères masculinistes, viandardes et surprotéinées, « homme soja », ou « Soy Boy » en V.O., est devenu une insulte courante. Sojasun en a joué jusqu’à l’absurde : la marque a contacté des influenceurs mascus pour leur proposer de devenir ses ambassadeurs, les « SojaMan ». Et tous ont refusé catégoriquement. C’est ce refus qui est devenu le cœur créatif de leur dernière campagne.
L’approche n’est pas sans rappeler celle de Columbia. Il y a quelques mois, la marque de sportswear avait défié les platistes de prouver que la Terre est plate avec son défi « Expedition Impossible ».
Dans les deux cas, les marques ne cherchent pas à convaincre leurs détracteurs, mais à se définir par opposition, en transformant les complotistes et les masculinistes en porte-paroles malgré eux et en médiatisant leurs réactions exagérées.
Socialrama, le média de l’influence et de la Creator Economy décortiqué toute la mécanique de la campagne Sojasun
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#PROPALES DE FUTUR

À quoi ressemblerait un monde où toutes les applications de rencontres se mettraient à planter du jour au lendemain, comment on ferait pour draguer ? 

DEPRIMANT MAIS PROBABLE Nos années à swiper ont complètement détruit notre capacité à approcher l’autre. On ne sait plus si on doit jeter un glaçon pour attirer son attention ou simplement aller lui taper sur le bras pour lui demander s’il accepte le match. Le monde n’est peuplé que d’inadaptés des relations et l’humanité s’éteint petit à petit. Fun, non ?

ON REPREND LES BASES Pour trouver l’inspiration, on se met à remater tous les teen movies des années 90 et on décortique scrupuleusement tous les dialogues de La Boom pour gérer au prochain slow. Certains ouvrent des classes de la drague et réapprennent au commun des mortels à zouker avec respect. Les débuts sont certes un peu maladroits, certains arrivent heureusement à concrétiser. Des couples se reforment et le seuil de natalité remonte dans certains territoires. 

LE SCENARIO AUQUEL ON VOUDRAIT CROIRE L’humanité prend conscience de toutes les soirées qu’elle a perdues à swiper et compte bien rattraper le temps perdu. C’est la fête à tous les coins de rues, c'est si libéré qu’on se croirait à nouveau dans les années 70. On fait l’amour au lieu de faire la guerre, les gens sont heureux, il y a tellement de naissances que les maternités rouvrent, le personnel hospitalier est célébré en héros de la nation. L’économie se porte mieux… Tout va bien dans le meilleur des mondes.

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Reçu — 21 mai 2026 ⏭ Bon pote hebdo

🥊 Bagarre chez Swatch, Nova et Javier Bardem

🥊 Bagarre chez Swatch, Nova et Javier Bardem
Aujourd'hui, vous n'échapperez pas au festival de Cannes, mais on parle aussi d’un virus qui fait des ravages en RDC, de l’hystérie autour du phénomène autour de la Royale Pop et de Spotify en croisade contre l'IA. 👀 À dans 5 minutes. ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Aujourd'hui, vous n'échapperez pas au festival de Cannes, mais on parle aussi d’un virus qui fait des ravages en RDC, de l’hystérie autour du phénomène autour de la Royale Pop et de Spotify en croisade contre l'IA. 👀 À dans 5 minutes.

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INTERNATIONAL

L’OMS en PLS : il y a pire que l’hantavirus (et tout le monde s’en fout)

Si sur les réseaux sociaux on craint un autre confinement pour cause d’hantavirus, l’OMS elle, est bien plus préoccupée par ce qui se passe en République Démocratique du Congo. Dimanche, le deuxième niveau d’alerte a été décrété face à l’épidémie d’un variant d’Ebola, hautement létal et sans vaccin ni traitement spécifique. Le 16 mai dernier, l’OMS a confirmé 80 décès suspects dans la province du foyer épidémique.

Le chef de l’OMS détermine que la maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo en RDC et en Ouganda constitue une urgence de santé publique de portée internationale, mais ne satisfait pas aux critères d’urgence pandémique

Les chercheurs, eux, estiment que le taux de létalité de ce variant est d’au moins 50%. L’agence onusienne met en avant plusieurs facteurs aggravants : l’insécurité persistante dans l’est congolais, la crise humanitaire, la densité urbaine de certaines zones et l’existence d’un vaste réseau de structures médicales informelles compliquant le suivi des malades.

Bien que le virus Ebola ait déjà tué au moins 15 000 personnes, le phénomène trouve cependant bien peu d’écho dans les medias occidentaux : faudra-t-il attendre que l’exploitation des mines de cobalt, dont la RDC fournit 70% des ressources mondiales indispensables aux batteries des smarphones, soit perturbée ?

TECH

De la musique garantie sans IA ?

Face au raz-de-marée des musiques générées en IA et des faux profils, Spotify vient de déployer une toute nouvelle fonctionnalité : “Verified by Spotify”, un petit badge qui atteste que l’artiste que vous écoutez est bien un humain (selon un chiffre Deezer, les musiques générées par l’intelligence artificielle représentent aujourd’hui 44% des morceaux uploadés quotidiennement sur la plateforme.)

Une belle initiative pour redonner la priorité aux créateurs face aux algorithmes ? Sauf que rien ne va, d’après Halluworld... “ D’abord, Spotify continue à pousser quand même la musique produite par IA sans en informer ses auditeurs. Ensuite, les artistes indépendants aux écoutes plus limitées vont souffrir : car pour bénéficier du badge, il faut une activité hors ligne prouvée, comme du merchandising, des dates de concert, des réseaux sociaux actifs… Des embûches pour celui qui fait ça dans sa chambre ou l’artiste de niche qui décide de sortir de sa grotte une fois par décennie.
Mais il y a pire : si la coche prouve bien que “l’artiste” est humain, ça n’engage en rien ses créations. Si le créateur passe uniquement par Suno ou un autre service d’IA musicale, Spotify n’y voit aucun problème. Au mieux, la plateforme vient de légitimer un peu plus les algorithmes de création musicale en les obligeant à prendre un visage humain.
Deezer par exemple (cocorico) a pris une posture quasi-inverse, en détectant autant que possible, puis en expulsant à grosses brouettes, les musiques générées par IA. Le plus beau? La boîte française vend désormais son outil de détection à qui le souhaite. Spotify n’a plus d’excuses.”

Vous n’avez toujours pas réservé vos vacances ? Vous avez bien fait d’attendre.

Neuchâtel : l’alternative fraîche et cultivée à l’été surchargé

En partenariat avec Suisse Tourisme

© Suisse Tourisme

Oubliez la cohue des plages et la chaleur des bitumes.

Cet été, Neuchâtel propose une échappée hors des sentiers battus. Entre les eaux cristallines du plus grand lac 100% suisse et les forêts d’émeraude du Jura, une cité millénaire cultive l’art de vivre apaisé.

Quittez la ville pour une randonnée sur les crêtes du Creux du Van ou une session de paddle au coucher du soleil, avant de retrouver la fraîcheur du Laténium, le plus grand musée d’archéologie de Suisse.

La Neuchâtel Tourist Card offre l’accès gratuit à une trentaine de musées, aux croisières sur le lac, et à l’ensemble des transports publics. Une immersion à portée de rail avec TGV Lyria.

POLITIQUE

Le comique lugubre de Radio Nova

Laurent Joffrin s’insurge contre le rire d’extrême gauche. Il ne va pas se faire que des amis, mais ça vaut le coup d’y réfléchir.

« Sur Radio Nova, dans l’émission de Guillaume Meurice, sortie d’un supposé comique, un dénommé Barré, à propos de Gabriel Attal : « Si on apprenait qu’il avait un cancer, je dirais : “Ah ! Du pancréas ? Non ? Dommage !” ». Sur Sophia Aram : « Je te souhaite de devenir daltonienne et de traverser au feu rouge, là… Bam ! Ah, merde, comment va la bagnole ? Ça va, elle roule encore. Alors repasse une fois en marche arrière ! » Complaisance des autres chroniqueurs, rires gras de l’assistance.

Des propos qui interrogent
Ce Barré est un comique anar populaire, très gauche radicale, qui a officié sur France Inter et sur diverses radios, fait tourner un spectacle de « seul en scène » et se produit depuis trois ans dans l’émission de Guillaume Meurice, laquelle rencontre un succès spectaculaire sur Radio Nova. Grand bien lui fasse, et on n’aura pas ici l’idée ridicule de réfuter un humoriste et encore moins celle de le censurer.

La question de la violence verbale
Reste, tout de même, un problème politique : celui de la violence verbale. Difficile de qualifier autrement des propos à la qualité comique contestable, qui incitent le public à s’esclaffer quand on évoque — en la souhaitant — la mort d’adversaires politiques. Licence humoristique, dira-t-on. Mais comment réagiraient les fans de Barré et Meurice si une radio de droite ou du centre usait du même procédé, consistant, sous couvert de blague, à souhaiter la disparition physique de personnes d’un autre bord ? On entend d’ici les grandes orgues de la protestation antifasciste, qui serait en l’occurrence justifiée.

Ainsi va la liberté d’expression dans la gauche radicale. On invective, on insulte, on appelle à l’effacement violent de l’adversaire classé sans cérémonie à l’extrême droite, même quand il est centriste, comme Attal, ou bien quand il dénonce à égalité l’islamisme et le RN, comme Aram. Deux poids, deux mesures, sectarisme revendiqué, amalgame grossier, attaques sous la ceinture et rires macabres. Signe de ces temps déréglés : le nouveau comique politique de l’extrême gauche n’a rien à envier aux envolées haineuses des années trente.»

MASCULINISME

Il faut plus de Javier Bardem dans ce monde

Cannes toujours, l’acteur Javier Bardem s’est lancé dans une prise de parole engagée. "À Gaza [...] un génocide a été commis et se poursuit encore aujourd’hui" ajoutant qu'il était de "sa responsabilité" de le dénoncer. Puis il a dénoncé "la masculinité toxique" de “Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu”, qui cause, selon lui, des guerres en cours.

En quoi ça vous concerne encore et toujours ? 

  • Si vous êtes une femme, sachez que selon l’INSEE, vous avez une chance sur 3 de vivre une situation de violence sexuelle au cours de votre vie, si ce n’est pas déjà fait. 9 femmes sur 10 connaissent leur agresseur, dans 45% des cas, il s’agit d’un conjoint ou ex-conjoint.  

  • La masculinité normée coûte 95,2 milliards d'euros par an selon l’historienne Lucile Peytavin.

BUSINESS

La montre qui nous en dit beaucoup sur la société dans laquelle on vit

Ces derniers jours, devant les boutiques Swatch, on a pu voir des files d’attente dignes de la sortie du nouvel iPhone. En cause, la sortie de la Royal Pop, fruit d’une collab Audemars Piguet x Swatch. Le lancement, annoncé de longue date avait exité la communauté des fans, qui a généré spontanément des centaines de visuels via l'IA pendant la phase de doute, publicité gratuite à grande échelle. Dix jours de présence mondiale obtenue sans dépense publicitaire significative, souligne Culture Elite.
Le jour J, les revendeurs ont campé devant les boutiques, miroitant l’idée d’une plus-value exceptionnelle à la revente. Problème, tout ne s’est pas passé comme prévu et de nombreuses boutiques ont dû arrêter les ventes. Sur Vinted, on retrouve déjà des montres à plus de 2200€ à la revente (le prix initial étant de 400€).

Ce que ça dit de notre société 

  • Ce n’est pas anodin que certaines personnes campent 48 heures devant une boutique pour acheter une montre qu’ils revendront dans la foulée : quand les insécurités économiques augmentent, certaines personnes cherchent tous les moyens possibles pour compléter leurs revenus, c’est une logique de survie. 

  • La spéculation n’est qu’un jeu et la préciosité d’un produit n’est pas toujours liée à sa qualité : là, les revendeurs comme les acheteurs s’amusent à créer une bulle spéculative autour de ce produit, alors que Swatch n’a pas confirmée que ce serait une édition limitée. 

  • “Je dépense donc je suis” n’a jamais été plus valable qu’en 2026. 

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Reçu — 15 mai 2026 ⏭ Bon pote hebdo

🔗 Hantavirus, apocalypse et conquête spatiale

🔗 Hantavirus, apocalypse et conquête spatiale
Cette semaine, on vous explique pourquoi l’épidémie de hantavirus n’a rien d’une surprise, comment une entreprise veut louer des vaches pour relancer l’agriculture française, et on vous glisse un prompt IA pour vendre votre modèle capable de détruire le monde au plus offrant. À dans 5 minutes 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous explique pourquoi l’épidémie de hantavirus n’a rien d’une surprise, comment une entreprise veut louer des vaches pour relancer l’agriculture française, et on vous glisse un prompt IA pour vendre votre modèle capable de détruire le monde au plus offrant. À dans 5 minutes 👀

#BULLETIN DE SANTÉ

L'Amazonie au bord du gouffre

Deux tiers de la forêt amazonienne pourraient bien se transformer en savane si le réchauffement climatique atteint 1,5 °C et que la déforestation franchit 22 à 28% du territoire : on est déjà à 18% (Reporterre).
La raison ? La forêt génère 50% de ses propres pluies grâce à l'évapotranspiration de ses arbres. En les coupant, on assèche l'air et on brise le cycle. Bref, avec un point de non-retour attendu pour 2030, on est tranquillement en train de scier la branche sur laquelle on est assis.

Le gigantisme dans le poulailler

La France va bientôt décrocher la palme de la plus grande exploitation de poules d'Europe, avec 1,2 millions de volatiles réunis dans une même exploitation de l'Oise (Le Canard Enchaîné). En avril, la préfecture a autorisé l'extension de la "Ferme du Pré", qui hébergeait jusqu'alors 900 000 poules pondeuses. 320 000 cocottes supplémentaires seront élevées au sol, dans des bâtiments fermés sur trois étages, sans accès à l'extérieur. En clair, la "Ferme du Pré" ressemble d'avantage à un immeuble de bureaux pour volailles qu'à une carte postale de campagne. Pas sûr qu’on soit ravis d’être les premiers sur ce coup là.

Records de chaleur en série

2026 pourrait bien entrer dans l'histoire climatique comme l'une des années les plus extrêmes jamais observées, s'alarment des scientifiques (Le Monde). Les 5 premiers mois ont déjà vu s'accumuler records de chaleur océanique, canicules précoces, incendies géants et pluies diluviennes. Le Groenland a connu son mois de janvier le plus chaud jamais enregistré. Le fameux El Niño - l'« enfant terrible du Pacifique » - reviendra très certainement cet été, favorisant les phénomènes extrêmes. Bref, on enchaîne les catastrophes avec le cardio d'Usain Bolt pendant que les gouvernements relèguent la lutte contre le réchauffement climatique aux oubliettes - un peu comme si on organisait un barbecue pendant l'incendie.

EN CLAIR, ON FLINGUE DES ÉCOSYSTÈMES ET ON OUBLIE LES RETOURS DE BÂTON.

Déforestation en Amazonie, fermes géantes de volailles et records climatiques en série. Trois signaux déconnectés - jusqu'à ce qu'on réalise qu'ils racontent la même chose : quand on malmène le monde sauvage pour nos propres besoins, il va forcément nous le rendre.
Le dernier rappel en date ? L'épidémie d'hantavirus détectée sur le bateau de croisière MV Hondius fin avril, et qui a déjà fait quatre morts - en faisant revivre à un paquet de monde les flash-backs de la pandémie de Covid. Pendant qu'on s'inquiète de nos stock de masques et de gel hydroalcooliques, on en oublie l'éléphant dans la pièce : la dégradation des écosystèmes et le changement climatique ne sont pas des figurants dans l'émergence de ce type de zoonose.

ET EN PLUS ILS ONT… chritianisé la 5G

TechTrash, toujours à l’affut des nouveautés tech les plus absurdes, nous apprend l'arrivée aux États-Unis de "Radiant Mobile", nouveau venu dans le monde des télécoms et qui se revendique comme… le premier opérateur téléphonique chrétien au monde.
Son forfait bloque automatiquement les contenus pornographiques, "sataniques" et LGBT - sans possibilité de désactivation, même pour les adultes. Façon Big Brother, le filtrage se fait directement au niveau du réseau, si bien que le site Internet de l'université de Yale, par exemple, reste accessible… mais pas sa section LGBTQ+. Bref, on a réussi à transformer un réseau mobile en confessionnal numérique, où même des pages universitaires finissent censurées - in the name of God. 

#BUZZWORD : “JOBAPOCALYPSE”

ÇA VEUT DIRE QUOI ?

C'est ce terme, repéré dans L'Humanité, qui circule depuis plusieurs mois pour parler de la vague de suppression d'emplois annoncée par l'arrivée de l'intelligence artificielle dans les entreprises. Pas une récession classique, un remplacement méthodique de tous les jobs dont peuvent s'acquitter des programmes qui ne mangent pas, ne dorment pas et ne vont pas se syndiquer. En clair : c'est un grand nettoyage de printemps, où les postes automatisables finissent à la poubelle.

COMMENT LE PLACER LORS D'UN AFTERWORK :

"Avec la jobapocalypse qui s'annonce dans mon secteur, je pense que je vais me reconvertir dans l'élevage de chèvres au Pérou. Là-bas au moins, personne ne trouvera un agent IA pour faire mon taff à ma place !"

#L’ANGLE MORT

LE BRUIT

L'IA est présente dans la quasi-totalité de la société : elle pourra bientôt effectuer des tâches ménagères à notre place, pondre les bilans comptables d'une entreprise, réaliser des blockbusters et même participer à des opérations militaires.

LE SIGNAL

Anthropic, l'entreprise qui commercialise Claude, a annoncé que son dernier modèle, Mythos, était trop dangereux pour être publié auprès du grand public. La raison ? Le bébé d'Anthropic serait tellement performant et ingénieux… qu'il aurait trouvé des milliers de failles de sécurité dans les principaux systèmes d'exploitation et de navigateurs. Pour évaluer le risque, seule une quarantaine d'entreprises américaines - triée sur le volet par Anthropic - a eu accès au modèle. Tandis que le reste du monde se demande si l'IA ne serait pas en train de remplacer l'ogive nucléaire au rang des armes de dissuasion massive.

ANGLES MORTS

On oublie une chose dans tout ça : l'accès aux modèles IA - qu'il s'agisse de Mistral, ChatGPT ou Claude - est vendu par des entreprises qui, naturellement, ont besoin de faire du chiffre. Et pour faire du chiffre, il faut des clients. Et pour aller chercher des clients, il faut… du marketing.

Le 7 avril 2026, Anthropic annonce que ses revenus vont pour la première fois dépasser ceux d'OpenAI, la maison-mère de ChatGPT. L'entreprise projette un chiffre d'affaires de 30 milliards de dollars, contre "seulement" 24 milliards pour OpenAI, rapporte la RTS. Le même jour, Anthropic dévoile Mythos. Une semaine plus tard, le 14 avril, son rival renchérit avec son propre modèle concurrent, GPT-5.4-Cyber, révèle AXIOS. Un timing qui ne doit évidemment rien au hasard.

Sam Altman, le boss d'OpenAI, accuse d'ailleurs Anthropic de faire du "fear-based marketing" - comprenez, "le marketing de la peur". C'est clairement un excellent marketing de dire : "On a construit une bombe, on va la lâcher sur vos têtes. On vous vend un abri anti-atomique pour 100 millions de dollars", déclarait-il à TechCrunch fin avril.

©Taylor Hill / FilmMagic

Comme le souligne Thomas Veldkamp dans la newsletter Footnotes, Anthropic a elle-même reconnu que plusieurs "découvertes" attribuées à Mythos venaient en fait… de stratégies conçues par des chercheurs bien humains. Le modèle n'avait rien inventé - il avait juste bien exécuté la tâche qu'on lui avait donnée.

Loin de Skynet (l'intelligence artificielle qui anéantit l'humanité dans Terminator, vous l'avez ?), Mythos est en fait un aperçu de ce qui arrive - et surtout un coup marketing brillant. Anthropic a réussi quelque chose de rare : transformer le refus de lancer un produit… en argument commercial. Et à ce jeu-là, la peur - même si elle est loin d'être justifiée - est un excellent produit d'appel.

L'analyse complète est à retrouver sur Footnotes.

#PROPALES DE FUTUR (inspirées de faits réels) :

POINT DE DEPART : La conquête commerciale de l'espace s'accélère. SpaceX, Blue Origin et une poignée de start-ups chinoises et européennes multiplient les lancements. Les coûts d'accès à l'orbite - basse comme haute - chutent, les constellations de satellites se densifient et les premières stations spatiales privées se préparent. Mais qu'est-ce que ça change, concrètement, pour quelqu'un qui vit les pieds sur Terre ?

CHIANT MAIS PROBABLE L'espace devient une infrastructure comme une autre. Fini l'effet "waouh" des missions Apollo à la téloche - on suit les lancements de fusée comme on suivrait l'ouverture d'une nouvelle ligne de TGV Bordeaux / Clermont-Ferrand. Les satellites couvrent chaque centimètre carré de la planète, l'Internet par satellite devient la norme dans les zones rurales après avoir désamorcé l'isolement de la Creuse. Les gouvernements sous-traitent leurs missions scientifiques aux entreprises privées pour économiser sur leur budget. Quelques milliardaires font un tour en orbite - animé par le chanteur "Mr Worldwide" Pitbull. Ça coûte le prix d'un yacht, et ça impressionne tout autant - donc moins qu'avant. L'espace devient le nouveau Monaco : glam, cher, réservé à ceux qui peuvent se le permettre.

BLACK MIRROR  Une constellation de satellites chinois détecte et surveille en temps réel chaque mouvement à la surface de la Terre, au centimètre carré près. Les gouvernements achètent les données. Les boîtes privées aussi : Verisure lance une nouvelle formule de protection de domicile qui n'a rien à envier à la NSA tandis que votre prime d'assurance augmente, vu la vitesse à laquelle vous rouliez sur l'A6 le week-end dernier. Votre banque refuse votre prêt immobilier parce qu'une IA a analysé vos déplacements et en a conclu que vous n'aviez jamais mis un pied à Plounéour-Ménez (oui, c'est en Bretagne). Bref, l'orbite basse n'est plus un lieu d'exploration - c'est un panoptique flottant à 400 km d'altitude. Et vous ne pouvez même pas lui échapper en éteignant votre téléphone !

IDIOCRACY Elon Musk (encore lui) annonce qu'il va diffuser le prochain Super Bowl depuis l'espace. Ça ne change pas grand-chose pour les téléspectateurs, mais il économise sur les spots de pub à la gloire de Tesla. Une influenceuse lance le premier mariage en apesanteur, sponsorisés par Coca-Cola et diffusé en direct sur TikTok. Jeff Bezos ouvre un hôtel-casino en orbite, avec vue sur la Terre et cocktails à 30 000 dollars - la liste d'attente s'étire sur trois ans. Une start-up propose d'envoyer vos cendres dans l'espace pour 5 000 euros - le cimetière orbital devient tendance chez les bobos. L'espace ne sert plus à rien de scientifique, mais il génère des milliards en divertissement. On a ce qu'on mérite, que voulez-vous.

GRAND RECLASSEMENT La Chine construit une station spatiale permanente capable d'accueillir 50 personnes. Forcément, les États-Unis et l'Europe répliquent en lançant leurs propres projets. L'orbite basse devient un nouveau terrain de rivalité géopolitique - et cette fois-ci, aucun détroit pour compliquer les choses. Les premières ressources extraites d'astéroïdes arrivent sur Terre - pas grand-chose, juste assez pour prouver que c'est faisable. Les traités internationaux sur l'espace deviennent obsolète. Qui possède un astéroïde ? Qui a le droit d'exploiter la Lune ? Donald Trump a-t-il le droit de renommer la Mer de la Tranquillité en "Sea of America" ? Personne ne le sait. Ça n'empêche pas les Nations Unies d'organiser des sommets qui ne mènent nulle part - tandis que les entreprises privées avancent sans demander l'autorisation à personne. Ça y est : l'espace devient le Far West du XXIè siècle. Yee-ha.

LE MONDE D'APRÈS  Les débris spatiaux s'accumulent tellement qu'ils rendent certaines orbites tout bonnement inutilisables. Un satellite non-identifié, ayant dévié de sa trajectoire, percute une station privée, tuant six personnes. Tandis que les prix de l'assurance spatiale explosent, les lancements ralentissent. L'espace, c'est saturé, dangereux et ça coûte cher. Sur Terre, les gens regardent les milliards dépensés pour mettre tout et n'importe quoi sur orbite en se demandant pourquoi on n'a pas plutôt investi dans les hôpitaux, les écoles et les énergies vertes. L'espace redevient ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : un horizon lointain, fascinant, à prendre avec des pincettes. Là, on a vraiment les pieds sur Terre.

#LE JEU DU PROMPT

Cette semaine, collez ça dans Claude ou ChatGPT :

"Tu es responsable marketing chez une entreprise d'IA. Tu dois rédiger une annonce apocalyptique pour vendre ton dernier modèle IA en expliquant qu'il est trop dangereux pour être publié mais que ton entreprise va quand même le vendre à quelques clients triés sur le volet pour des millions de dollars. Utilise le registre de la menace existentielle et de l'urgence absolue.
Puis dans un second temps, joue le rôle d'un analyste tech qui démonte méthodiquement chaque argument marketing en citant des sources (études, déclarations dans la presse, avis de concurrents, déclarations de chercheurs) pour prouver que tout cela relève davantage de la stratégie commerciale que du prochain Skynet."

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Reçu — 13 mai 2026 ⏭ Bon pote hebdo

💰 Dollar, chocolat glacé et thérapies de conversion

💰 Dollar, chocolat glacé et thérapies de conversion
Aujourd'hui, on vous raconte pourquoi le yuan menace la suprêmatie américaine, que l’Europe avance dans le bon sens pour laisser les gens être qui ils sont, et les investissements toujours plus fous des marques au festival de Cannes. 👀 A dans 5 minutes. ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Aujourd'hui, on vous raconte pourquoi le yuan menace la suprêmatie américaine, que l’Europe avance dans le bon sens pour laisser les gens être qui ils sont, et les investissements toujours plus fous des marques au festival de Cannes. 👀 A dans 5 minutes.

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INTERNATIONAL

Le yuan au sommet : l'Amérique commence à suer.

Cette semaine, le yuan a touché son plus haut niveau face au dollar depuis plus de trois ans, juste avant le sommet Trump-Xi Jinping prévu les 14 et 15 mai. Coïncidence ?
Pas vraiment. Depuis les accords de Bretton Woods en 1944, le dollar s'est imposé comme la devise de réserve mondiale, conférant aux États-Unis un pouvoir considérable sur l'économie planétaire. Mais sa part dans les réserves de change mondiales est passée de 72% en 2001 à 57,8% fin 2024. Pendant ce temps, le dollar a perdu environ 10% de sa valeur pondérée depuis début 2025, avec une dette américaine dépassant 39 000 milliards de dollars. Trump n'a pas créé le problème, il l'a accéléré.

Pourquoi ce changement est historique ?

  • Le yuan ne représente que 1,93% des réserves officielles mondiales (FMI), mais il est déjà la 2e monnaie du financement du commerce mondial depuis 2022. L'écart reste énorme, le mouvement lui, est réel.

  • Xi Jinping a officialisé début 2026 sa volonté de faire du yuan une monnaie de réserve internationale. Problème : les contrôles de capitaux et la convertibilité limitée du yuan freinent tout. Devenir calife à la place du calife ne s'improvise pas.

  • Le signal déclencheur : le gel des réserves russes en 2022 a prouvé que des actifs en dollars pouvaient être bloqués par décision politique américaine. Ce jour-là, plusieurs banques centrales ont commencé à chercher une sortie.

TECH

On a compris, l’IA est partout, mais a-t-on les moyens d’y résister ?

Selon le rapport Jasper "State of AI in Marketing 2026", 91% des marketeurs utilisent l'IA au quotidien, contre 63% l'an dernier. L'IA s'est immiscée partout.
Mais néanmoins pas sans une forme de résistance. Selon une enquête Writer et Workplace Intelligence menée auprès de 2 400 travailleurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe, 29% des salariés sabotent volontairement la stratégie IA de leur entreprise. Chez les Gen Z, on grimpe à 44%. Oui, c’est un mécanisme de self-preservation, et peut-être que ce sont eux qui sont du bon côté de l'histoire.

Est-ce que ça vaut le coup de résister ? 

Refuser l'IA aujourd'hui, c'est comme refuser une calculatrice en 1985 : contreproductif. Sauf que résister, c’est vouloir que les humains soient encore nécessaires.
Par ailleurs, il n’est peut-être pas encore trop tard : 42% des entreprises qui n'ont pas investi dans l'IA estiment la technologie trop immature pour justifier le saut (NBER, 2025). Enfin, en cas de bug généralisé, les humains restent en capacité totale de travailler. Surtout depuis que 67% des directions admettent avoir subi une fuite de données liée à un usage non encadré de l'IA.

POLITIQUE

Le gouvernement s’inquiète (enfin) pour l’avenir des jeunes ?

Le taux de chômage des jeunes a atteint 21,5% en France, et 12,9% des jeunes sont désormais NEET (Not in Education, Employment or Training), ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation, en rien donc. Le 7 mai, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a présenté "Emploi futur", un plan interministériel de 15 mesures. L'objectif : porter le taux d'emploi des 15-24 ans à 40% d'ici 2030, contre 34,3% fin 2025. Sans budget supplémentaire, sans réforme législative. Bonne chance.

A-t-on des raisons d’y croire quand même ?

  • Mesure phare du plan : un "InserScore du marché du travail", sur le modèle du Nutri-score, pour que les jeunes sachent à quoi s'attendre en termes d'insertion et de salaire selon leur formation. Sympa. Sauf que ça ne crée pas un seul poste.

  • Le plan arrive en même temps qu'une coupe de 7,6% sur le budget des missions locales et un rabot sur les aides à l'apprentissage. L'Unef crie au "plan au rabais", le Medef s'étonne qu'on saborde l'apprentissage tout en voulant booster l'emploi des jeunes.

  • Contexte qui ne trompe pas : ces annonces tombent moins d'un mois après la mort d'un lycéen dans le Gard lors d'un stage BTP. Le timing n'est pas anodin.

POLITIQUE INTERNATIONNALE

Bonne nouvelle, l’Europe avance sur l’interdiction des thérapies de conversion

Dans la morosité ambiante, savoir que 405 députés européens sur 720 ont voté pour l'interdiction des thérapies de conversion met un peu de baume au cœur (on notera que Jordan Bardella s'est royalement abstenu, au nom de la "souveraineté des États", l'argument fétiche du RN). Pour rappel, les thérapies de conversion sont des "stages" qui visent à "réparer" de gré ou de force les personnes LGBTQIA+. Elles sont interdites en France depuis 2022, mais c’est loin d’être le cas partout en Europe. C'est donc un premier pas législatif majeur, reste à ce que les États jouent le jeu.

Pourquoi c’est important ?

  • Parce que ça montre que l’homophobie n’a pas sa place dans l’Union, malgré la résistance des pays les plus conservateurs.

  • La résolution a été mise en place suite à une initiative citoyenne. Moralité : chaque citoyen européen, à titre individuel, peut avoir un impact sur ce qui est voté au Parlement et on a tendance à l’oublier. 

  • Réponse définitive le 17 mai pour concrétiser cette interdiction à l’échelle européenne.

BUSINESS

Magnum va organiser un défilé de mode à Cannes avec l’aide du styliste de Zendaya

Chaque année, en parallèle du festival de Cannes se dispute une guerre de l’ombre. Les marques usent et abusent de subterfuges pour avoir l’évènement le plus grandiose et, par extension, le plus de presse possible. Cette année, c’est Magnum qui risque de gagner la bataille. Oui, Magnum qui fait des glaces.
Pourquoi ? Parce qu’à grands coups de millions, ils sont en train d’organiser un évènement XXL pour promouvoir leurs deux nouvelles saveurs, pistache et pêche. Est-ce qu’organiser un défilé de mode et monter une beach VIP est un poil too much pour parler de glace ? Peut-être. Mais tout est possible dans le monde merveilleux du marketing.

Qu’est-ce qu’on doit comprendre de toute cette stratégie ?

  • Magnum ne vend pas simplement une glace, mais plutôt un art de vivre. Ce n’est pas un simple esquimau, mais un produit 100% glamour que vous mangez quand vous mangez un Magnum. 

  • Le festival de Cannes reste l’un des plus gros terrains de brand activation pour les marques : pour se démarquer, il faut jouer gros. 

  • Law Roach + TikTok + pistache : c'est absurde sur le papier et c'est exactement pour ça que ça va marcher. L'étrangeté assumée est devenue une stratégie de communication à part entière.

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Reçu — 9 mai 2026 ⏭ Bon pote hebdo

🔗 Sophie la girafe, Alloncle et la carto des restos

🔗 Sophie la girafe, Alloncle et la carto des restos
Cette semaine, on vous explique que Sophie la girafe n'est pas le symbole français qu'on croyait, que le rapport Alloncle est passé à côté de l'essentiel, et on vous dévoile les restos parisiens fréquentés par les stars. À dans 5 min ! 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous explique que Sophie la girafe n'est pas le symbole français qu'on croyait, que le rapport Alloncle est passé à côté de l'essentiel, et on vous dévoile les restos parisiens fréquentés par les stars. À dans 5 min ! 👀

#BULLETIN DE SANTÉ: on ne peut plus faire confiance à personne

长颈鹿苏菲 (ça veut dire Sophie la Girafe en mandarin)

Sophie, la girafe préférée des nouveaux nés et de leurs parents accrochés à leurs souvenirs d’enfance, cache en réalité un lourd secret depuis 2013 : elle n’est plus fabriquée en France, mais en Chine. L’usine savoyarde n’était qu’une leurre en caoutchouc. “Tout était faux” résume un ancien cadre de l’entreprise.
Depuis la délocalisation, le CA de Vulli, qui se targue d’en écouler autant qu’il y a de naissances chaque année en France, dépasserait les 30 millions d’euros. Avec tout cet argent, Sophie vole-t-elle au moins en business avant d’arriver dans la bouche de nos bébés ?

Peut-on manger encore manger sainement sans paniquer ?

En mars 2026, l’Anses a publié un rapport choc : près d’un Français sur deux dépasse les seuils de cadmium dans l’organisme. Quezako ? Un métal lourd et cancérogène qui pullule dans les flocons d’avoine et les pommes de terre. On savait que la raclette était mauvaise pour la santé, mais pas à ce point. On peut légitimement se demander pourquoi les Français sont bourrés de cette substance et la réponse est assez simple : la France applique un plafond de 90 mg de cadmium par kilo d’engrais phosphaté, le plus laxiste de toute l’Europe occidentale. Pour une fois qu’on est les meilleurs quelque part, il fallait que ça nous tue à petit feu.

Gianni Infantino, champion du monde du mensonge

Ça jazze à la Fifa. Gianni Infantino avait vendu l'événement comme historique aux américains. L’équivalent de “104 Super Bowls” avait-il annoncé. Mais six semaines avant le coup d’envoi, 80% des hôteliers américains tirent la langue : le public et les réservations ne sont pas au rendez-vous et ce n’est pas lié au hasard. La FIFA avait réservé des milliers de chambres pour ses propres besoins, mais les a finalement annulées. Résultat, les hôtels seront vides et peut-être les stades aussi — en même temps, à 2500$ la place, ça se comprend.

ET EN PLUS LE GRATIN DESERTE LES QUARTIERS CHICS

Les stars vont toujours au resto, mais plus où on l'imagine. À Paris, la géographie des restos fréquentés par les stars internationales n’a plus grand-chose à voir avec l’époque où elles se retrouvaient dans les sempiternelles mêmes adresses, tantôt chic, tantôt tape-à-l’œil. Le nouveau cool parisien ne se joue plus sous les flashs, mais à l’abri des regards.

Dans le dernier numéro de Entrée Plat Dessert, Robin Panfili, foodporter et épicurien, nous raconte les adresses préférées des A-listers et a même cartographié ce nouveau Paris culinaire des stars :

Charles, welcome to the Creator Economy

Le rapport Alloncle compte 551 pages, pour autant vous n’y trouverez rien sur la Creator Economy. À aucun moment les créateurs de contenu et leurs audiences n'ont été pris en compte, alors que ce sont eux aujourd'hui qui produisent les contenus les plus consommés. En considérant les réseaux sociaux comme un Far West en manque de shérif, le rapport ignore complètement les 18-35 ans. Dommage, peut-on sauver l'audiovisuel public en faisant l'impasse sur ceux qui représentent son avenir ?

La “creator economy”, c'est l'ensemble de l'écosystème économique construit autour des créateurs de contenus indépendants : Youtubeurs, podcasteurs, instagrameurs... Tous ces acteurs du digital monétisent leur audience sans passer ni par une prod ni par une chaîne télé et personne dans la commission ne semble avoir compris réellement le poids que cette économie peut avoir sur l'audiovisuel.

“Dans dix ans - conclut Benoit Zante pour Socialrama - “le débat ne portera peut-être plus sur la ligne éditoriale de France Inter, mais sur la place que la France aura su (ou pas) faire à ses propres créateurs dans l’espace médiatique.”

#L’ANGLE MORT

Pas tous les hommes, mais 62 millions de visites en un mois, ça en fait un paquet.
62 millions de visites, c’est le score d'un site dédié à aider les hommes qui veulent violer des femmes. Un groupe Telegram. Des posologies échangées comme des recettes de cuisine.

Grégory Pouy n’avait pas prévu d’écrire sur ce sujet, mais il a préféré s’y confronter plutôt que d’évacuer le point par un “not all men”. Une newsletter intelligente et documentée qu’Hypertextes vous invite à lire.

Des mecs mariés qui ne sont pas définitivement pas “juste des malades dans leur coin”, aux incels (involuntary celibate) remplis de hargne, Grégory Pouy décortique les étapes qu’on a manquées : “le monde a changé. La masculinité, non”.

#PROPALES DE FUTUR : on a réglé la question ci-dessus

DEPRIMANT MAIS PROBABLE Les plateformes tardent à réagir, mais après des mois de matraquage médiatique, l'Europe finit par mettre en place un mega filtre. Andrew Tate ouvre une chaîne Telegram payante et fait des millions de dollars sur la misère des hommes. Le problème se déplace, il ne disparaît pas. On a colmaté une brèche, pas réglé le fond.

BLACK MIRROR  Les plateformes mettent en place des IA de modération qui détectent des contenus jugés “toxiques et masculins”. Problème, les robots censurent aussi les contenus qui parlent de masculinité saine et les podcasts féministes qui analysent les comportements incels. Cette solution n’est que de la poudre aux yeux : les masculinistes migrent sur des serveurs offshore et tout le monde pense que le problème est réglé alors qu’en fait, pas du tout.

CELUI AUQUEL ON VOUDRAIT CROIRE L'éducation nationale intègre enfin un cours sur les émotions au collège, quelque chose commence à changer discrètement. Les premières générations d'hommes qui savent nommer ce qu'ils ressentent arrivent sur le marché du travail et les amitiés masculines profondes se normalisent. Niobe Way avait raison depuis le début. TikTok devient enfin ce qu'il aurait toujours dû être : un endroit où on danse, on cuisine et on fait des blagues nulles. Ouf.

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Roselyne Bachelot, Gaza, un café et l’addition

Roselyne Bachelot, Gaza, un café et l’addition
Cette semaine, on vous raconte comment Gaza s’enlise encore et toujours, que l’Europe se prépare à s'agrandir, que l’IA ne gagnera jamais d’Oscars et pourquoi George Clonney ne suffit plus. 👀 A dans 5 minutes. ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous raconte comment Gaza s’enlise encore et toujours, que l’Europe se prépare à s'agrandir, que l’IA ne gagnera jamais d’Oscars et pourquoi George Clonney ne suffit plus. 👀 A dans 5 minutes.

Hypertextes aussi s’agrandit. Kessel vous propose désormais une édition “flash”, envoyée le mercredi, toujours à base de contenus intelligents, fiables et que vous n’aurez pas lus ailleurs.

INTERNATIONAL

Gaza n'a pas disparu, même si tout le monde fait semblant

Depuis le début du conflit en Iran, c’est silence radio sur Gaza. Pourtant, la trêve ne tient qu’à un fil et le désarmement du Hamas bloque toutes les négos. Pendant ce temps, alors que tout le monde regarde ailleurs, les américains se désengagent discrètement des abords de Gaza. Washington nie en bloc évidemment, mais si ça se confirme, ça risque de tout changer.

Pourquoi c’est important ?

  • Le retrait discret des Américains pourrait être le vrai game changer : sans Washington dans l'équation, Israël reprend les mains libres. Et ça, ça ne présage rien de bon.

  • Le Hamas est en train de choisir son nouveau leader. Le résultat aura un impact direct sur l'avenir de la bande de Gaza et sur toute la suite des négociations.

  • Gaza reste un pivot de la géopolitique mondiale, ne pas s'y intéresser en ce moment, c'est rater la moitié de l'histoire.

L'Europe va bientôt devoir acheter une table de réunion plus grande

Il faudra bientôt ajouter un couvert de plus à la grande table de l’union (c’est historique, ce n’est pas arrivé depuis 2013). L'UE a officiellement lancé le compte à rebours pour accueillir un nouveau membre : le Monténégro candidate depuis 2008, négocie depuis 2012, et peut espérer une adhésion d'ici 2028. Tout vient à point à qui sait attendre. 

Pourquoi ça nous concerne ?

  • L'adhésion d'un nouveau membre à l'UE a un impact économique direct sur tous les pays membres (positif comme négatif), donc quand on parle de l’Europe, on parle aussi de votre portefeuille.

  • Dans un monde qui part dans tous les sens, sécuriser les Balkans c'est fermer une porte d'entrée à l'influence russe.

  • Ça fait du bien de savoir que l'Europe fait encore rêver, même un peu.

TECH

Votre stagiaire a-t-il moins d'avenir que ChatGPT ?

La menace de l'IA sur le milieu professionnel se concrétise. Les premiers effets se font sentir et ce sont les jeunes qui trinquent le plus.
Un changement en lame de fond, discrète :
moins d’opportunités d’entrée, une progression salariale plus faible et une polarisation accrue des emplois, plus que des suppressions massives. La géopolitique et le durcissement des politiques migratoires aux US, au Royaume Uni et en Allemagne bouleversent également le marché du travail :

  • À court terme, ce sont près de 52 millions d’emplois aux Etats-Unis et 21,8 millions en Europe qui risquent de connaître une profonde transformation,  

  • En cas de fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, l’Europe serait plus affectée que les États-Unis : environ 225 000 emplois perdus dans la zone euro contre 126 000 aux États-Unis.

Joyeuse fête du travail.

POLITIQUE

La grande conversation pour savoir si la politique c’était mieux avant

Roselyne Bachelot est l’invitée de La Grande Conversation, et livre un témoignage rare : celui d'une femme qui a traversé 40 ans de vie politique et exercé presque tous les mandats.

Du Conseil général du Maine-et-Loire à l’Assemblée nationale. De son engagement pour le PACS, à ses mandats au Ministère de la Santé ou de la Culture, elle revient sur un des principes qu'elle s'est fixés tout au long de son parcours : la liberté en politique. Face aux partis ou aux pressions, la liberté est une condition essentielle de son engagement. Le gaullisme et ce qu'il en reste aujourd'hui, Mitterrand et la langue française, la droite qui se droitise, l'Assemblée sans majorité... Finalement, la politique, est-ce que c'était mieux avant ?

Que s’est-il passé pour qu’on en arrive à laisser place à des jeunes premiers qui confondent l'Iran et l'Irak ? On n'est pas les seuls à se poser cette question, non par nostalgie mais pour la défense de la démocratie.

CULTURE

LA news qui prouve que l'IA peut tout faire sauf monter sur scène remercier sa mère

Même si elle risque de piquer votre travail, notez quand même que l'IA n'est pas toujours gagnante. Par exemple, elle ne peut pas gagner d'Oscar, alors que vous, oui. Le 1er mai, l'Académie a publié de nouvelles règles : les acteurs et les scénarios générés par IA ne seront pas éligibles aux récompenses. "Seuls les rôles crédités au générique officiel et démontrablement interprétés par des êtres humains avec leur consentement sont éligibles." L'IA reste autorisée comme outil, mais ça s'arrête là.

BUSINESS

George Clooney est-il trop vieux pour vendre du café ?

Nespresso vient d'annoncer l'arrivée de Dua Lipa dans son pool d'égéries. Plus smart, plus cunt, plus sexy, elle a été choisie pour présenter le café comme une aventure du quotidien plutôt qu'un simple boost d'énergie. 60% de la GenZ consomme régulièrement cold brew et iced latte, soit 20% de plus que les millennials. En choisissant Dua Lipa, Nespresso veut séduire un public qui n'a jamais acheté une capsule de sa vie. Et ça va sûrement marcher.

Pourquoi ça nous intéresse ? 

  • Nespresso ne cible pas la GenZ parce qu'elle aime le café. Elle prépare l’avenir, vous êtes concerné si vous avez enfin un salaire et la capacité de souscrire des abonnements.

  • Dua Lipa c'est 94 millions d'abonnés Instagram. Clooney c'est la télé du dimanche soir. Le glissement dit tout sur où se joue désormais l'attention.

  • Clooney reste égérie, même Nespresso connait les valeurs des classiques. Mais un peu de nouveauté de temps en temps, ça ne fait jamais de mal au business.

🔗 L'analyse complète est sur Fortune / Hypebeast

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Reçu — 1 mai 2026 ⏭ Bon pote hebdo

🔗 Livret A, couture et détroit d'Ormuz

🔗 Livret A, couture et détroit d'Ormuz
Cette semaine : pourquoi les artisans, créateurs et consultants ont plus à apprendre d'Hermès que de ChatGPT, comment une app de rencontres a mis 2,5M de personnes en file d'attente, et un prompt IA pour détecter tout licenciement déguisé en révolution tech. À dans 5 min ! 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine : pourquoi les artisans, créateurs et consultants ont plus à apprendre d'Hermès que de ChatGPT, comment une app de rencontres a mis 2,5M de personnes en file d'attente, et un prompt IA pour détecter tout licenciement déguisé en révolution tech. À dans 5 min ! 👀

#BULLETIN DE SANTÉ

Jobs en moins.

Les entreprises françaises mettent le hola sur les embauches. 2,3 millions de projets de recrutement sont prévus en 2026 - un chiffre en recul de 6,5% par rapport à l'année dernière (France Travail). Certes, le ralentissement est deux fois moins marqué qu'en 2025. Mais la baisse touche tous les secteurs, sans exception, de l'industrie à la construction. Le marché qui était censé se redresser après le Covid tourne en fait au ralenti. Même un CV parfait ne suffit plus…

Caddies plus chers.

Le prix des produits alimentaires en rayon va augmenter de 4 à 5 % dans les prochains mois (France Info / UFC Que Choisir). Le choc pétrolier provoqué par la fermeture du détroit d'Ormuz se répercute sur les emballages, le transport et les matières premières. En clair, les prix avaient tout juste commencé à se stabiliser - et l'addition arrive au moment où l'on pensait avoir récupéré sa monnaie.

Argent chez soi.

Les Français ont retiré 3,1 milliards d'euros de leur Livret A au premier trimestre 2026, la plus grosse décollecte depuis 2009 (Caisse des dépôts / Bourse Direct). Avec ce troisième mois consécutif de décollecte, la situation commence à rappeler la crise financière de 2008. Même le Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes, recule pour la première fois depuis mai 2025 - 120 millions d'euros ont été retirés en mars 2026.
Bref, on ne retire pas notre argent parce que les taux baissent - mais parce qu'on en a besoin.

EN CLAIR, LES FRANÇAIS ONT PEUR ET L’ÉCONOMIE N’AIME PAS ÇA.

Moins d'embauches, des prix qui repartent à la hausse et trois milliards sortis du Livret A. Trois signaux déconnectés - jusqu'à ce qu'on réalise qu'ils racontent la même chose : quand les gens ont peur, ils se recroquevillent. Ils n'achètent plus, n'investissent plus, n'embauchent plus.
Et quand tout le monde se recroqueville en même temps, la peur devient autoréalisatrice. 

ET EN PLUS ILS ONT GENTRIFIÉ TINDER

Connaissez-vous Raya ?
Aux États-Unis, le magazine WIRED revient sur l'existence de l'application de rencontres ultra-sélect, dont la liste d'attente compte… 2,5 millions de personnes, et certaines font la queue depuis sept ans. La raison ? Le "Tinder des célébrités" n'est accessible que sur invitation, et chaque profil doit être validé par la plateforme - ça peut prendre une semaine comme des années.
Bref, on a réussi à mettre une file d'attente et un prix d'entrée sur quelque chose que nos grands-parents faisaient gratuitement dans une salle des fêtes.

#BUZZWORD : “AI WASHING”

ÇA VEUT DIRE QUOI ?

C'est quand une entreprise utilise l'IA comme prétexte pour justifier une décision qui aurait été prise de toute façon. L'intelligence artificielle devient un alibi, un écran de fumée 2.0. On ne supprime pas des postes parce que les affaires vont mal - on "optimise la structure grâce aux nouvelles capacités de l'IA générative".
En clair : l'IA ne transforme rien, mais sert de joli papier cadeau à un licenciement discutable.

COMMENT LE PLACER LORS D'UN AFTERWORK :

"Mon chef vient d'annoncer une réorg' en nous expliquant que c'était grâce à l'IA. Mais le logiciel qu'ils ont installé, c'est un chatbot qui répond aux mails. C'est vraiment de l'AI washing de compet - et le chatbot, lui, il garde son poste !"

#L’ANGLE MORT

LE BRUIT

L'IA - ne pas l'utiliser en 2026, c'est presque devenu has been. Tout le monde prompte, scale, automatise - des créateurs de contenus aux consultants, en passant par les restaurateurs. La logique tech s'applique désormais à tout.

LE SIGNAL

À force de vouloir tout produire plus vite, on commence à confondre vitesse de production et valeur. L'outil est devenu le sujet. Et ce qu'on faisait avant l'arrivée de l'IA - avec du temps, du soin, une signature - se retrouve presque à se justifier d'exister.

ANGLES MORTS

Le dilemme : est-ce que la valeur de notre travail vient du fait d’aller plus vite grâce à Claude ou ChatGPT, ou plutôt du savoir-faire et de l’approche personnelle qu’on y met ? C'est la question posée par Matthieu Stefani dans Génération Do It Yourself cette semaine, à travers l'exemple d'Hermès et de la "ligne de couture".

Chez le géant du luxe, les artisans sont formés pendant dix-huit mois… avant même de toucher un sac. L'entreprise utilise évidemment des machines de pointe, mais ce sont eux qui décident quand et comment. Le geste reste humain, situé, non reproductible. "Chaque sac Hermès porte le poinçon de celui ou celle qui l'a fait", explique Matt Stefani, "et l'artisan conserve ses outils toute sa carrière."

C'est précisément ce caractère unique qui fait qu'un Birkin vaut ce qu'il vaut (cher) et que la liste d'attente ne désemplit pas. La maison aurait pu externaliser pour optimiser. Elle a choisi de ne pas le faire. Et c'est devenu son argument commercial le plus puissant.

Alors, la question centrale c’est : que peut-on confier à l'IA sans que ça se voie, et que doit-on encore faire sur mesure ? Autrement dit : où se trouve notre ligne de couture ?

L'analyse complète est à retrouver sur Génération Do It Yourself de Matthieu Stefani - et pour retrouver l'histoire d'Hermès racontée en podcast, c'est chez Fleurons.

#PROPALES DE FUTUR (inspirées de faits réels): le détroit d’Ormuz

CHIANT MAIS PROBABLE Un cessez-le-feu de façade est signé début mai sous la pression des monarchies du Golfe. Le détroit d'Ormuz rouvre partiellement. Donald Trump publie dans la foulée un post sur Truth Social en s'attribuant tout le mérite. Les prix du baril de pétrole et du kérosène reviennent à des niveaux acceptables - comprendre : vos billets d'avion pour cet été ne sont pas annulés, mais coûteront quand même 40% plus cher. Un "comité de vigilance énergétique" est créé à Bruxelles, se réunit quatre fois, publie un rapport en trois langues que personne ne lit, et disparaît dans l'indifférence générale. En France, c'est la faute à Macron.

BLACK MIRROR  Les négociations ayant définitivement échoué, les États-Unis passent à une cyberattaque en règle sur les systèmes de contrôle des infrastructures énergétiques iraniennes. L'Iran connaît un black-out de 72 heures. Personne ne sait vraiment ce qu'il se passe à Téhéran pendant quatre jours parce que les journalistes n'ont plus de réseau. L'information devient une denrée aussi rare que l'essence. Les chaînes d'info en continu diffusent en boucle un expert qui répète qu' "on n'a pas assez d'éléments" - ce qui est vrai, mais ça n'a jamais empêché un expert de continuer à parler en plateau.

IDIOCRACY Elon Musk propose de régler le conflit avec un sondage sur X. Une influenceuse de Dubaï fait 140 millions de vues avec une vidéo intitulée "Ma semaine sous blocus (routine + GRWM)". Trump la cite en conférence de presse en expliquant qu'il y a de "very good people, very resilient, very American people" qui font bouger les choses. Netflix lance une série documentaire, narrée par Morgan Freeman, avant même la fin du conflit. Le détroit finit par rouvrir, parce que plus personne n'a le temps de faire la guerre entre deux reels Instagram.

GRAND RECLASSEMENT L'Europe, lassée d'attendre une position américaine cohérente en voyant ses réserves d'énergie fondre à vue d'œil, envoie une coalition navale franco-britannique dans le détroit. Premier déploiement militaire européen autonome à cette échelle. Macron tient une conférence de presse en anglais et réhausse pour l'occasion ses lunettes à la Top Gun, (re)devenant un symbole mondial. Les marchés adorent, sa cote de popularité aussi. L'OTAN commence à ressembler à une colocation dont certains locataires ont décidé de racheter l'immeuble et les autres feignent de ne pas avoir entendu frapper.

LE MONDE D'APRÈS  Le blocus américain tient trois mois. Pas une goutte de pétrole ne sort du détroit - sauf vers la Chine, qui joue la carte de la neutralité façon contre-Uno malgré les sanctions économiques américaines. Les Européens redécouvrent le train avec une hostilité polie. Faute de clients véhiculés, les centres commerciaux de périphérie ferment les uns après les autres. Le télétravail redevient une solution écologique plutôt qu'un privilège de cadre. Le nombre de vélotaffeurs explose, et pas qu'à Paris. Les gens achètent local, reparlent à leurs voisins. Ça ressemble davantage à un dimanche sans voiture permanent qu'à Mad Max ce qui, selon les générations, est soit une catastrophe, soit exactement ce qu'on attendait, sans oser le dire.

#LE JEU DU PROMPT

Cette semaine, collez ça dans Claude ou ChatGPT :

"Tu es un DRH d'une entreprise de 200 personnes dans le secteur des services. Tu dois justifier la suppression de 15 postes de cadres intermédiaires à un comité social et économique. Tu as décidé ces suppressions principalement pour des raisons budgétaires, mais tu veux présenter ça comme une transformation liée à l'IA. Rédige le discours. Puis, dans un deuxième temps, joue le rôle d'un délégué syndical qui a lu l'étude HBR sur l'AI washing et démonte ton argumentaire point par point."

À hypervite dans HyperTextes !

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Reçu — 25 avril 2026 ⏭ Bon pote hebdo

Confort, Simplification et Amour Violent

Confort, Simplification et Amour Violent
Cette semaine, on vous explique comment nous simplifier la vie ne nous rend pas plus heureux mais aussi qu'on va payer plus cher nos courses, et que l'utilisation de charbon recule pour la première fois. En plus, vous saurez si c'est bien de permettre à vos enfants de s'aider de ChatGPT. À dans cinq minutes ! 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous explique comment nous simplifier la vie ne nous rend pas plus heureux mais aussi qu'on va payer plus cher nos courses, et que l'utilisation de charbon recule pour la première fois. En plus, vous saurez si c'est bien de permettre à vos enfants de s'aider de ChatGPT. À dans cinq minutes ! 👀

Le confort nous aura-t-il à l’usure ?

Il y a des erreurs de civilisation qui commencent doucement, par un bouton “commander en un clic”. On gagne trois minutes, on évite une interaction humaine, on reçoit un plat tiède devant une série moyenne et l’on appelle ça le progrès.

C’est ce qu’a fait la Silicon Valley, qui n’a pas seulement vendu des outils mais une métaphysique basse consommation : moins d’effort, moins de friction, moins de choix à faire soi-même. Google Maps choisit la route, Amazon le produit, Netflix la soirée, Tinder le désir et ChatGPT la formulation. Tout devient plus simple mais plus simple ne veut pas dire plus vivant : dans une maison de retraite aussi, tout est optimisé : repas à heures fixes, déplacements réduits, décisions limitées. Pas vraiment le symbole de l’avenir de l’humanité.

Le contresens est là. La tech a décidé que la difficulté était un bug, alors qu’elle est souvent ce qui donne un peu de densité à l’existence. Se perdre dans une ville, rater une recette, lire un texte qui résiste, débattre avec quelqu’un d’insupportable, apprendre lentement quelque chose avec la grâce d’un lombric fatigué : tout cela prend du temps, agace, humilie parfois. Mais c’est précisément là que se fabriquent la compétence, le goût, le jugement, la mémoire. Le résultat sans le chemin, c’est joli sur une démo produit. Dans une vie, ça ressemble assez vite à un cercueil avec Wi-Fi.

Et le problème dépasse largement le développement personnel pour cadres qui veulent “reprendre le contrôle”. La démocratie aussi est une friction et elle oblige à supporter l’autre, à écouter des phrases stupides sans immédiatement muter le canal, à habiter un espace commun avec des gens qu’aucun algorithme n’aurait recommandé. Hannah Arendt appelait cela “le monde commun” ; aujourd’hui, on appellerait plutôt ça une mauvaise expérience utilisateur. Le PMU, la place du marché, le petit commerce, la réunion publique : autant d’endroits mal fichus, bruyants, parfois pénibles où le réel a encore la politesse de ne pas être personnalisé.

La question n’est donc pas de jeter les outils, ce qui serait aussi crédible qu’un ministre promettant la simplification administrative, mais de savoir ce qu’on refuse encore de déléguer, comme lire, écrire soi-même, marcher sans GPS ou parler à quelqu’un qui pense autrement, apprendre une langue sans viser immédiatement la productivité et garder quelques zones de résistance, non par nostalgie, mais par hygiène existentielle.

Le futur raté par la Silicon Valley, c’est peut-être celui-là : non pas nous épargner l’effort, mais nous laisser choisir les résistances qui valent la peine. Un avenir sans friction serait merveilleux sur une plaquette investisseur. Dans la vraie vie, ça ressemble surtout à une pente savonnée vers l’insignifiance.

3 infos à mettre dans votre déclaration d’impôts à savoir cette semaine

1. La France simplifie l’économie avec 87 articles et un comité

Pour simplifier, la France prend son temps. Le projet de loi de “simplification” économique a donc mis deux ans à être adopté. Présenté par Bruno Le Maire en avril 2024 à une époque où l’on croyait encore que les ministres duraient, le texte partait avec 26 mesures et arrive avec 87 articles. La simplification, chez nous, est une plante invasive. Sur le fond, le paquet est vaste : plateforme unique pour les achats publics, seuils relevés, transmission d’entreprise assouplie, médiation avec l’administration, clôture gratuite des comptes pro, meilleurs délais d’indemnisation en assurance, résiliation facilitée pour les PME. Bref, quelques vrais cailloux retirés de la chaussure des entreprises.
Et comme souvent, la simplification finit par simplifier surtout ce qui dérangeait : les ZFE sautent, le ZAN s’assouplit, les grands projets respirent “mieux”, l’environnement apprend à être “pragmatique” et pour faire bonne mesure, on supprime quelques commissions consultatives jugées inutiles… avant de créer un Conseil de la simplification auprès du Premier ministre.
En clair, pour alléger le millefeuille, on commence par ajouter une petite couche de crème. Vous aimez ? C’est français.

2. Votre caddie va s’enflammer à cause des bombes en Iran

L’inflation pensait peut-être avoir pris quelques RTT, mais la voilà déjà rappelée en rayon. Selon l’UFC-Que Choisir, la guerre au Moyen-Orient pourrait faire grimper les prix des supermarchés de 4 à 5 % dans les prochains mois. Pas un remake complet du choc post-Ukraine, où certains produits avaient pris 20 à 25 % dans les dents, mais assez pour rappeler que le pouvoir d’achat français tient souvent à trois yaourts, un plein et une facture de chauffage.
Le mécanisme est d’une poésie très simple : énergie plus chère, engrais plus chers, transport plus cher, emballages plus chers, donc caddie plus cher. Les premiers servis devraient être les produits frais, les laitages, les yaourts et tout ce qui tourne vite et ne peut pas attendre tranquillement dans un entrepôt en méditant sur la géopolitique. Lactalis a déjà prévenu qu’il faudrait répercuter une partie du choc. Ensuite viendront l’hygiène, la beauté, les emballages et tout ce qui dépend encore du pétrole, c’est-à-dire à peu près notre vie moderne.
Bref, la guerre est loin, mais elle sait très bien trouver le chemin du ticket de caisse.

3. Le charbon détrôné par les énergies renouvelables

Pour la première fois depuis plus d’un siècle, les renouvelables ont produit plus d’électricité que le charbon dans le monde : 34 % contre 33 %. Une bascule historique, portée surtout par le solaire, dont la production a bondi de 30 % en un an et a été multipliée par dix en dix ans. Même la Chine et l’Inde ont réduit leur production électrique fossile, ce qui, dans le genre “petit miracle industriel”, mérite au moins un haussement de sourcil admiratif.
Mais avant de sabrer le champagne bio, l’électricité ne représente qu’environ 21 % de l’énergie consommée dans le monde. Le reste (transports, industrie, chauffage) continue largement de tourner aux fossiles, comme si le XXᵉ siècle refusait de quitter la pièce. Résultat : malgré ce record, les émissions liées à l’énergie ont encore augmenté de 0,4 % en 2025. Donc oui, les renouvelables gagnent enfin une manche. Mais le match, lui, se joue toujours dans un stade rempli de pétrole, de gaz et de charbon.

Ces musiques que vous connaissez, sans savoir pourquoi.

En partenariat avec La Seine Musicale

Vous avez regardé Barry Lyndon sans savoir que la mélodie qui tournait en boucle dans votre tête depuis était signée Haendel. Vous avez pleuré sur Out of Africa en ignorant que c'était Mozart qui vous retournait les tripes. Rassurez-vous : ce n'est pas de l'ignorance, c'est de la sensibilité. Et ça tombe bien, Laurence Equilbey, Insula orchestra et les meilleurs spécialistes du répertoire baroque ont décidé de la célébrer.

Musiques de cinéma, sous le label Erato / Warner Classics, réunit les plus grands airs baroques et classiques qui ont marqué l'histoire du cinéma, joués sur instruments d’époque afin d’en retrouver les sonorités d’origine. Avec déjà un million et demi de streams et un succès international aux quatre coins du monde, cet album se présente comme une véritable bande originale : une interprétation authentique de ces œuvres, comme si la BO avait été enregistrée à l’époque même des compositeurs.

Et si vous préférez les concerts en vrai, Insula orchestra est en résidence à La Seine Musicale toute l'année.

Disponible sur toutes les plateformes. Sortie physique le 24 avril.

Gamberge : faut-il confier le cerveau de nos enfants à ChatGPT ?

La question n’est pas si vite répondue comme dirait l’autre.
L’IA à l’école, c’est la nouvelle boîte de Pandore avec contrôle parental intégré et des serveurs qui chauffent quelque part dans l’Oregon. Rien de nouveau, au fond : les parents faisaient déjà les exposés, les élèves copiaient déjà, l’école feignait déjà de croire que tout avait été produit dans une pure solitude républicaine. Sauf que maintenant, la triche a une syntaxe impeccable et répond en douze secondes. Le progrès, parfois, c’est juste l’hypocrisie avec une meilleure UX.

Le sujet n’est donc pas de savoir si les enfants utiliseront l’IA parce que oui, ils l’utiliseront comme ils utilisent les écrans, les traducteurs, les calculatrices et tout ce qui promet de leur épargner une minute d’effort. La vraie question, beaucoup plus désagréable, est celle-ci : qu’est-ce qu’on accepte de leur laisser déléguer avant même qu’ils aient appris à le construire eux-mêmes ?

Soyons honnêtes : il existe une IA qui peut aider, transformer un cours en quiz, reformuler une notion, fabriquer des flashcards, redonner confiance à un enfant qui pense être nul alors qu’il n’a simplement jamais reçu le mode d’emploi de son propre cerveau. Celle-là peut être utile, presque noble si le mot n’était pas devenu suspect.

Et puis il y a l’autre : l’IA-nounou, l’IA-domestique, l’IA qui résume le livre non lu, écrit le poème non pensé, corrige le texte avant que l’enfant ait eu le temps de se cogner à sa propre phrase. Celle-là ne prépare pas au futur. Elle fabrique des adultes assistés, capables de produire des choses propres sans jamais savoir exactement d’où elles viennent. Une génération de cerveaux sous cellophane, très présentables, vaguement morts.

La ligne est mince, mais elle existe : l’IA doit augmenter l’effort et non l’escamoter. Elle doit servir de mur contre lequel la pensée rebondit et pas de tapis roulant vers la bonne réponse. Dans le cas contraire, on n’aura pas inventé l’école du futur mais juste remplacé le travail intellectuel par un service après-vente de la paresse, avec feedback personnalisé et police sans-serif. À voir.

La reco de la semaine : apprendre à hériter sans tout garder

Enterrer son père pendant que tout le monde félicite pour le succès de son premier roman : difficile de faire plus français dans le malaise social. C’est pourtant le point de départ du nouveau récit d’Olivier Bourdeaut : un fils face à un père immense, violent, insaisissable dont il a reçu autant de coups que d’ombre portée.

De Nantes à l’Espagne, de la pension aux plateaux télé, Olivier raconte moins une “success story” qu’un lent désenvoûtement familial. Comment on devient écrivain quand on a été mauvais élève ? Comment on devient père quand on a connu la brutalité ? Comment on réécrit une histoire sans faire croire qu’elle n’a pas eu lieu ? Le tout avec cette chose rare : de l’humour là où beaucoup auraient sorti les violons et demandé une subvention pour la résilience.

C’est un livre sur les pères, donc sur les dégâts qu’ils laissent, mais aussi sur ce qu’on choisit de ne pas transmettre. Et ça, par les temps qui courent, ressemble presque à une forme de progrès.

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Reçu — 18 avril 2026 ⏭ Bon pote hebdo

🔗 Zuckerberg, Corée du Nord et Moyen-Âge

🔗 Zuckerberg, Corée du Nord et Moyen-Âge
Cette semaine, on vous explique comment une loi qui s'attaque à l'antisémitisme peut se retourner contre elle, que la Chine fait son petit bonhomme de chemin dans la glace, et le monde merveilleux des digital twins. Mais aussi qu'être une femme au Moyen-Âge n'était pas un projet facile. À dans cinq minutes ! 👀 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
Cette semaine, on vous explique comment une loi qui s'attaque à l'antisémitisme peut se retourner contre elle, que la Chine fait son petit bonhomme de chemin dans la glace, et le monde merveilleux des digital twins. Mais aussi qu'être une femme au Moyen-Âge n'était pas un projet facile. À dans cinq minutes ! 👀

La loi qui voulait combattre l'antisémitisme a fait le jeu des antisémites

Il y a des défaites politiques ordinaires où l'on perd proprement sur un vote et avec des chiffres. Et puis il y a les défaites à la Yadan où l'on perd en offrant à ses adversaires les munitions, le fusil et le communiqué de presse.

Caroline Yadan voulait mieux protéger les Français juifs face à la montée d'un antisémitisme qui se camouffle derrière l'antisionisme.

Résultat : une pétition à 700 000 signatures et La France Insoumise en position de défenseuse de la liberté d'expression et le texte renvoyé aux calendes grecques par les macronistes eux-mêmes.

Chapeau.

Le problème n'est pas l'intention légitime avec les chiffres là pour le rappeler : 1 676 actes antisémites recensés en France en 2023, 3 000 aux États-Unis, 4 000 au Royaume-Uni. Le problème, c'est la rédaction. En voulant pénaliser l'appel à la destruction d'Israël, le texte ouvre des abîmes juridiques dans lesquels s'est engouffré tout ce que la gauche radicale compte de juristes créatifs. Que se passe-t-il avec les juifs orthodoxes qui condamnent le principe même d'un État israélien ? Avec les partisans d'un État laïque réunissant juifs et Arabes ? Avec ceux qui refusent la revendication palestinienne, Caroline Yadan elle-même encourrait-elle des poursuites ? La boîte de Pandore juridique, une fois ouverte, ne se referme pas avec de bonnes intentions.

Ce qui est savoureux (et très amer), c'est la mécanique politique qui s'est enclenchée. LFI, d'où émanent de fréquents propos antijuifs, a réussi à se poser en gardienne des libertés publiques. Des gens de bonne foi, sincèrement inquiets pour la liberté d'expression, ont signé la même pétition que des gens qui traitent les Français juifs de “sionistes génocidaires” dans les manifestations.

Tout le monde dans le même panier, au nom d'une loi mal ficelée.

Morale : en politique, avoir raison sur le fond ne dispense pas d'être rigoureux sur la forme. Caroline Yadan vient de l'apprendre et ceux qu'elle voulait protéger aussi.

Pendant ce temps, l'antisémitisme progresse, la loi censée le combattre a reculé et LFI a gagné un cycle de communication.

C'est ce qu'on appelle, avec une certaine mélancolie, un tir dans le pied, doublement dommageable quand la cible était juste.

3 infos qu’on reproche au Pape à savoir cette semaine

1. La Chine s'offre l'Arctique dans le plus grand des calmes

Pendant que Trump réclame le Groenland sur Truth Social et que l'OTAN se dispute sur qui paie quoi, la Chine fait dans l’efficace : s’installer, discrètement, méthodiquement avec le sourire de quelqu'un qui a compris que les meilleures affaires se font quand tout le monde regarde ailleurs. Fin 2025, un porte-conteneurs chinois reliait Ningbo à Felixstowe en vingt jours via la route du nord, dix jours de moins que par Suez donc. Du coup, les transits dans le détroit de Béring ont bondi de 175 % depuis 2010 et la Chine vient de lancer un brise-glace nucléaire capable de traverser deux mètres et demi de glace, premier exemplaire d'une flotte polaire en construction. Le tout est adossé à une doctrine officielle, la "Route de la Soie polaire" ainsi qu’à des investissements dans le gaz russe, des stations de recherche scientifique et des infrastructures arctiques que personne n'a vraiment remarquées. La stratégie est d'une simplicité désarmante : arriver en civil, rester en investisseur, attendre que les autres se chamaillent. L'Arctique fond. La Chine avance mais rassurons-nous, l'Occident organise des sommets.

2. La Corée du Nord fabriquerait des armes atomiques à la chaîne

Il y a des news qui donnent le smile. L'Agence internationale de l'énergie atomique a signalé cette semaine des progrès "très importants" dans la production d'armes nucléaires nord-coréennes, images satellites à l'appui, montrant de nouvelles installations et une activité en nette intensification. Le président sud-coréen, lui, est plus direct : Pyongyang produirait assez de matière nucléaire pour assembler jusqu'à vingt armes atomiques par an. Vingt. Par an. Pour contextualiser : la France en possède 290 en tout, accumulées depuis des décennies. Kim Jong-un, lui, fait ça en quinze ans. Pendant ce temps, Donald Trump rappelle régulièrement son envie de revoir son vieux copain Kim autour d'une table, les deux hommes s'étaient déjà rencontrés trois fois entre 2018 et 2019, sans le moindre résultat. La Corée du Nord, de son côté, semble avoir tiré les leçons de ces négociations : elle construit, pendant que les autres parlent. C'est, au fond, une stratégie assez raisonnable.

3. Mark Zuckerberg travaille sur un clone pour le remplacer dans les réunions du mardi matin

Google aussi bosse le sujet, avec le projet « Portraits », ressorti de l’armoire à cachotteries cette semaine. Et les solutions, comme HeyGen ou Synthesia, qui promettent la création d’avatars IA clonant vos voix, images et attitudes, nous inondent de publicités. La promesse sous-jacente : remplacer ces créateurs trop timides pour se montrer face caméra ou tout simplement épuisés. Comme le soulignait le Reuters Institute, le burn-out, poussé par la tyrannie des algorithmes et la pression des statistiques, est aujourd’hui l’un des plus grands défis des créateurs de contenu. Dans ce contexte, le clonage apparaît comme un avantage insoupçonné pour maintenir la cadence : fin 2025, la star de TikTok Khaby Lame a d’ailleurs cédé son image pour près d’un milliard de dollars, afin de créer un « jumeau numérique » capable de produire des vidéos 24 h/24 et 7 j/7. Le cours de Bourse n'a, pour l'instant, pas tenu le rythme.

On aurait préféré ne pas se poser la question mais…

Faut-il supprimer le crime de viol ?

En février 2026, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a rendu une décision qui mérite qu'on s'y arrête. Daphné, 35 ans, a été victime entre 8 et 14 ans de cunnilingus imposés quotidiennement par un tiers de confiance désigné par la justice. Minimum 3 600 actes sur une enfant. La cour a confirmé : ce n'est pas un viol. C'est une agression sexuelle.

La différence n'est pas que sémantique, c'est vingt ans de réclusion contre cinq. Pour les mêmes faits, sur le même corps, la peine maximale est divisée par quatre.

Le problème n'est pas une mauvaise jurisprudence. C'est la loi elle-même. En droit français, le viol est structurellement construit autour de la pénétration. C'est elle qui distingue le crime du délit. C'est elle qui ouvre la porte aux vingt ans. Autrement dit, la gravité maximale de la violence sexuelle continue d'être mesurée à partir d'un modèle implicite : le pénis cisgenre comme unité de mesure de la violence. Ce qui ne pénètre pas est juridiquement moins grave, quelles que soient la durée, la répétition ou l'âge de la victime.
La conséquence concrète est absurde : des victimes contraintes de témoigner que lors du cunnilingus subi, la langue a effectivement pénétré l'intérieur du vagin, car c'est cette pénétration qui permet de qualifier le crime. Ce n'est pas une dérive du droit. C'est le droit lui-même qui produit cette situation.

En 1983, le Canada a tranché différemment : il a supprimé l'infraction de viol pour la remplacer par trois niveaux d'agression sexuelle, dont la gravité est évaluée non pas selon la nature de l'acte, mais selon la violence exercée, les menaces, les blessures. L'objectif était simple : reconnaître que ces infractions relèvent d'abord de la contrainte, pas d'une hiérarchie anatomique.

La question posée par l'affaire Daphné n'est donc pas seulement judiciaire.

C'est celle-ci : pour qui cette hiérarchie a-t-elle été construite ? Et dans l'intérêt de qui continue-t-on de la maintenir ?

Et sinon, c’était comment d’être une femme au Moyen-Âge ?

Globalement : pas terrible.

L'abbé Odon de Cluny résumait assez bien l'ambiance au Xe siècle : selon lui, enlever la peau d'une femme révélait “de la pourriture”. Il la qualifiait de “sac de fientes”.

L’abbé Odon était un homme d'Église influent, respecté, canonisé.

Concrètement, trois options s'offrent à la femme médiévale : vierge, épouse ou veuve.
Le mariage, possible dès 12 ans, même si la moyenne se situe plutôt entre 22 et 25 ans, implique obéissance au mari et droit de correction légalement admis. La procréation est le centre de gravité de l'existence. L'éducation des enfants, entre 0 et 7 ans, constitue l'étendue officielle du domaine d'influence féminin. Après 7 ans, dans les familles aisées, un précepteur prend le relais.

Pour celles qui refusent ce programme, qu’elles se rassurent, le couvent existe. C'est la seule porte de sortie légalement reconnue, et encore, on entre dans les ordres pour prier pour les défunts de la famille, pas vraiment pour soi. Certaines ont vu plus loin et ont choisi la réclusion, à savoir se faire emmurer vivante dans 2 mètres carrés jusqu'à la mort, en échange du gîte et du couvert.

À Rome, en 1320, on comptait 260 recluses. Le phénomène concernait presque exclusivement des femmes. Ce détail mériterait qu'on s'y arrête.

Ce qui est révélateur, c'est moins la brutalité du système que sa construction méthodique. Théologie, droit, pratiques sociales, structures familiales : tout concourt au même résultat. Ce n'est pas un accident historique et certains de ses fondements ont survécu jusqu'au XXe siècle, ce qui en dit long sur la solidité des structures qu'on prétend avoir dépassées.

La reco de la semaine : devenez une bomeuse au chômage

Enfin, peut-être pas, mais si l’envie vous chante, Lisa Delille a sorti son premier livre “OK BOMEUSE”, le guide ultime du bobo au chômage.

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