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Reçu — 1 octobre 2026 ⏭ Jean-Marc Jancovici on Facebook

Declines in output from existing oil and gas fields have gathered speed, with implications for markets and energy security - New...

29 septembre 2026 à 18:20
« Courir de plus en plus vite pour faire du surplace » : article de l’AIE sur l’accélération du déclin de la production des puits de pétrole et gaz. Désormais 90% des investissements upstream (exploration/production) servent à compenser le déclin de production des gisements existants, et non à augmenter la production.

Autrement dit, si les investissements s’arrêtent, la production s’effondre. Le monde perdrait l’équivalent de la production de la Norvège et du Brésil chaque année.

Rappel d’éléments complémentaires précédemment partagés sur cette page :

1) Une part non-négligeable et croissante de la production pétrolière et gazière mondiale sert à… produire du pétrole et du gaz. Le monde se tourne vers des ressources à Taux de Retour Energétique de plus en plus bas. L’industrie pétro-gazière consacre désormais l’équivalent plus de 10% de sa production pour produire du pétrole et du gaz. C’est déjà significatif et cette part ne va faire qu’augmenter.

2) L’industrie américaine de pétrole de shiste, qui compense le déclin de la production conventionnelle depuis une vingtaine d’année, est limitée dans l’augmentation de sa production. Nous observons actuellement qu’elle n’accélère guère sa production (le contexte serait pourtant favorable).

3) Les investisseurs et producteurs américains restent prudents, privilégient la discipline financière et les profits après avoir essuyé des pertes dans les années 2010, et après tout s’accommoderaient très bien d’une production limitée et de prix qui resteraient durablement élevés ! Une hausse significative de production ferait chuter les prix alors que l’industrie a besoin de prix élevés pour être incitée à ouvrir de nouveaux puits de plus en plus couteux… le serpent se mord la queue.

4) A quoi se rajoute un monde où un drone à 10 000 dollars peut retirer du marché des centaines de milliers de barils par jour voire des millions.

Et maintenant, une traduction de cet article de l’AIE :

« Selon un nouveau rapport de l'AIE, le rythme moyen auquel la production des gisements de pétrole et de gaz décline au fil du temps s'est nettement accéléré à l'échelle mondiale. Cette accélération tient surtout au recours croissant aux ressources de schiste et à l'offshore profond. Les compagnies doivent donc fournir des efforts bien plus importants qu'auparavant pour simplement maintenir la production à son niveau actuel.

Le débat international sur l'avenir du pétrole et du gaz porte souvent sur l'évolution de la demande, tandis que les facteurs qui influent sur l'offre retiennent beaucoup moins l'attention. Le nouveau rapport de l'AIE, The Implications of Oil and Gas Field Decline Rates (« Les conséquences des taux de déclin des gisements de pétrole et de gaz »), entend rééquilibrer ce débat. Il s'appuie sur les travaux pionniers que l'AIE avait déjà consacrés aux taux de déclin et examine ce qui a changé depuis. La nouvelle analyse repose sur les données de production d'environ 15 000 gisements de pétrole et de gaz dans le monde.

« Seule une faible part des investissements amont dans le pétrole et le gaz sert à répondre à la hausse de la demande, alors que près de 90 % de ces investissements sont consacrés chaque année à compenser le déclin de production des gisements existants, a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE. Les taux de déclin sont l'éléphant dans la pièce de toute discussion sur les besoins d'investissement dans le pétrole et le gaz, et notre nouvelle analyse montre qu'ils se sont accélérés ces dernières années. Pour le pétrole, en l'absence d'investissements amont, l'équivalent de la production cumulée du Brésil et de la Norvège disparaîtrait chaque année de l'équilibre du marché mondial. Autrement dit, le secteur doit courir de plus en plus vite pour faire du surplace. Il faut être très attentif aux conséquences possibles pour l'équilibre des marchés, la sécurité énergétique et les émissions. »

Les taux de déclin varient fortement selon le type de gisement et la région. D'après le rapport, les gisements pétroliers terrestres supergéants du Moyen-Orient déclinent de moins de 2 % par an, tandis que les gisements offshore plus petits d'Europe déclinent en moyenne de plus de 15 % par an. Le déclin est encore plus rapide pour le pétrole de schiste et le gaz de schiste : sans investissement, leur production chute de plus de 35 % la première année, puis de 15 % supplémentaires la deuxième.

En 2010, un arrêt des investissements amont aurait réduit l'offre de pétrole d'un peu moins de 4 millions de barils par jour (Mb/j) chaque année. Ce chiffre atteint aujourd'hui 5,5 Mb/j. Pour le gaz naturel, le déclin annuel est passé de 180 à 270 milliards de mètres cubes (Gm³).

Dans ce contexte, maintenir constante la production mondiale de pétrole et de gaz exigerait de mettre en valeur de nouvelles ressources. Même en continuant d'investir dans les gisements existants, il faudrait selon l'analyse de l'AIE plus de 45 Mb/j de pétrole et près de 2 000 Gm³ de gaz issus de nouveaux gisements conventionnels d'ici 2050 pour maintenir la production à son niveau actuel. Cela équivaut à la production totale de pétrole et de gaz des trois premiers producteurs mondiaux réunis. Ces volumes pourraient être réduits si la demande de pétrole et de gaz venait à baisser.

Le rapport souligne également qu'il faut en moyenne près de 20 ans entre la délivrance d'un permis d'exploration et la première production : près d'une décennie pour découvrir de nouveaux gisements, puis une autre pour l'évaluation, l'approbation et la construction. »

(publié par Cyrus Farhangi)


Declines in output from existing oil and gas fields have gathered speed, with implications for markets and energy security - News from the International Energy Agency

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Produire plus d'énergie, mais s'appauvrir quand même ?

28 septembre 2026 à 18:12
Produire plus d'énergie, mais s'appauvrir quand même ? 🤔

C'est une mécanique physique peu abordée mais potentiellement déterminante. On entend souvent dire, à juste titre : "La production mondiale d'énergie n'a jamais été aussi haute !"

Certes, mais à quel coût énergétique ?

Des économistes biophysiciens comme Tim Morgan avec son modèle SEEDS étudient cette notion du Coût Énergétique de l'Énergie (ECoE) : quelle part de notre énergie mondiale doit-on sacrifier juste pour faire tourner l'industrie de l'énergie elle-même ?

Pour celles et ceux parmi vous qui ont entendu parler de TRE (Taux de Retour Energétique), l'un est l'inverse de l'autre. Si le TRE est de 10, alors le ECoE est de 10% : on utilise 10% de l'énergie pour produire de l'énergie.

Selon Tim Morgan, en 1980, l'ECoE mondial était d'environ 2%. Autrement dit, le système énergétique n’utilisait qu’une fraction négligeable de sa production pour produire de l’énergie. Il restait d’énormes « surplus » (en d’autres termes, d’énergie nette disponible) à fournir acteurs non-énergétiques (hôpitaux, écoles, supermarchés, usines, maisons).

Aujourd'hui, ce coût mondial dépasserait les 11 % (et continue de grimper). L'industrie extractive vampirise une part toujours plus importante des ressources, laissant toujours moins d'énergie nette pour nos besoins de bases et notre confort quotidien.

Dans les années à venir, il est concevable que les graphiques affichent une hausse de l'énergie totale produite dans le monde, mais que cette hausse masque une réalité de décrue de l'énergie nette disponible pour la société.

On pédalerait plus vite, mais pour rester sur place !

Ce graphique montre l’ECoE et l’énergie nette disponible au total. Le site Energy Surplus Economics de Tim Morgan affiche également des courbes montrant l’énergie nette disponible PAR HABITANT, qui stagne depuis un demi-siècle. C’est évidemment une stagnation qui masque des disparités : dans un pays comme la Chine la consommation par habitant a explosé. Dans certains pays en voie de développement à forte croissance démographique elle a diminué.

Toujours est-il qu'en moyenne, l'énergie nette disponible par habitant n'augmente plus, et ce depuis un demi-siècle.

Evidemment, ce n'est qu'une théorie, qui peut ne pas se vérifier. Par exemple les énergies renouvelables ou une relance mondiale du nucléaire pourrait changer la donne. Il n'existe pas de consensus académique harmonisé sur le TRE d'un système énergétique global qui basculerait très majoritairement vers des énergies bas-carbone, il y a beaucoup de freins méthodologiques, mais il y a des études encourageantes.

(publié par Cyrus Farhangi)



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Allianz Climate Economics Report 2026 A year of escalating costs

28 septembre 2026 à 12:11
Climat : un coût bien plus élevé que les prévisions des économistes

113 milliards de pertes eu Europe en 4 mois uniquement par les vagues de chaleur (quid de la sécheresse ?)

Selon une étude d'Allianz Trade, les pertes des pays européens en raison des vagues de chaleur qui ont touché le continent cet été représentent 0,46% de leur PIB combiné prévu.

En 4 mois, les vagues de chaleur qui ont frappé l'Europe en 2026 ont coûté 113 milliards d'euros, dont près des deux tiers en Italie, en Allemagne et en France, les pays les plus touchés, a estimé l'assureur Allianz ce vendredi. Les pertes essuyées par les 30 pays européens correspondent à environ 0,46% de leur PIB combiné prévu, selon une étude d'Allianz Trade sur l'économie climatique en 2026 tenant compte des coûts liés aux dégâts provoqués par les catastrophes mais également des pertes de production et des pressions sur le pouvoir d'achat des ménages en raison de l'inflation globale et alimentaire.

"L'Italie enregistre le fardeau le plus lourd avec 27,8 milliards d'euros, suivie de l'Allemagne avec 25 milliards d'euros et de la France avec 20,1 milliards d'euros", estime Allianz Trade.
La perte de l'Italie dépasse celle de l'Allemagne malgré une économie nettement plus petite, car son impact sur la croissance atteint 1,19 point de pourcentage contre 0,54 point en Allemagne, souligne le texte. En ajoutant la Belgique avec 9,4 milliards d'euros et les Pays-Bas avec 9,2 milliards d'euros, la part de ces cinq économies atteint 81% du total, ajoute l'étude.

"La chaleur peut réduire la production sans provoquer de dommages visibles aux bâtiments ou aux équipements", explique l'assureur qui indique que des données provenant du secteur manufacturier indien établissent un lien entre des conditions de forte chaleur, d'une part, et une baisse de la productivité des travailleurs ainsi qu'une augmentation de l'absentéisme, d'autre part.

https://www.allianz-trade.com/en_global/news-insights/economic-insights/Allianz-Climate-Economics-Report-2026.html

(Par Adrien Couzinier )


Europe’s 2026 heatwaves carry an estimated annual output cost of EUR113bn (USD128bn) across 30 countries, a substantial economic burden from one hazard alone.

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