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Reçu — 29 septembre 2026 ⏭ Jean-Marc Jancovici on Facebook

La "guerre des berceaux" au Moyen-Orient est-elle terminée ?

27 septembre 2026 à 19:25
La "guerre des berceaux" au Moyen-Orient est-elle terminée ? Cette notion de compétition démographique désigne l'utilisation de la natalité et de la croissance démographique comme instrument d'influence géopolitique, d'équilibre communautaire ou d'occupation territoriale.

En 1990 les pays sur cette carte faisaient apparaître des taux de fécondité compris entre 4 et 6, à l'exception notable de la Turquie (qui affichait tout de même un taux de 3).

Pendant plusieurs décennies, une fécondité très élevée était observée dans l'ensemble de la région. Ce modèle touche à sa fin.

Des explications communément avancées pour expliquer cette baisse universelle de la fécondité sont l'urbanisation, le recul de la religion, et l'instruction et l'indépendance croissante des femmes (études de plus en plus longues, mariages de plus en plus tardifs, participation au marché de l'emploi, évolution des aspirations, accès à la contraception et moindre pression communautaire).

Pour aller plus loin, des démographes et sociologues comme Youssef Courbage, Philippe Fargues ou Emmanuel Todd ont particulièrement démontré comment l'instruction des femmes constitue le moteur central du recul de la fécondité et de la transition démographique au Moyen-Orient.

Des foyers de haute fécondité se maintiennent en Israël, en Palestine, au Yemen, et dans une moindre mesure en Syrie et en Irak.

Au global le Moyen-Orient a amorcé sa transition démographique globale et un scénario d'une population régionale qui atteindrait 1 milliard d'habitants semble s'éloigner.

La démographie est un sujet régulièrement évoqué par Jean-Marc Jancovici depuis 25 ans, et une des variables de l'équation de Kaya qu'il a fortement contribué à vulgariser en France. Nous y prêtons donc une certaine attention dans la veille que nous vous proposons.

(publié par Cyrus Farhangi)



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A certains égards, la guerre au Moyen-Orient se passe bien pour Donald Trump, du moins pour les intérêts pétroliers américains q...

26 septembre 2026 à 21:40
A certains égards, la guerre au Moyen-Orient se passe bien pour Donald Trump, du moins pour les intérêts pétroliers américains qu'il défend sans se cacher. Les Etats-Unis vendent (un peu) plus de pétrole brut qu'avant, pour beaucoup plus cher.

De même, la crise du raffinage se passe relativement bien pour le Président américain : les raffineries américaines opèrent désormais à pleine capacité, et vendent le produit raffiné plus cher (certes, les capacités atteignent désormais leurs limites en opérant déjà à 98%, et il serait long et couteux de les augmenter, mais la Maison Blanche est en train d'étudier un "Defense Production Act" pour ce faire).

Pour revenir à l'augmentation de la production du brut américain, d'aucuns supposent que le choc pétrolier inciterait les producteurs à rapidement mettre en service des puits couteux mais devenant rentables avec la hausse des prix. Il y a 2 jours nous avons parlé sur cette page de "destruction de la demande" comme mécanisme de régulation du marché par la hausse des prix ; en plus de cela il y aurait une augmentation de l'offre.

Or dans la réalité les choses ne sont pas si simples. Ce graphique indique que la hausse de la production américaine reste dans le prolongement des années précédentes. On ne voit pas d'accélération depuis mars 2026. Le pétrole de schiste américain a une réputation de régulateur d'offre extrêmement rapide, mais cette vision est à nuancer pour plusieurs raisons :

1) Des délais incompressibles : le temps moyen entre l'arrivée d'une plateforme de forage sur un gisement et la première production de pétrole est de l'ordre de 6 mois.

2) Les entreprises productrices n'investissent plus de manière systématique dès que le seuil de rentabilité est atteint (y compris en ce moment où les prix sont très élevés), même lorsqu'il s'agit de puits déjà forés mais non achevés (DUC) qui étaient considérés comme une capacité de réserve mobilisable instantanément.

Le vieillissement géologique et économique de l'industrie du schiste aux États-Unis la fait entrer dans une phase de maturation. Le coût marginal de l'offre pétrolière américaine augmente au fur et à mesure que l'exploitation se déplace vers le bas de la base de ressources, passant d'environ 70 dollars le baril aujourd'hui à plus de 90 dollars d'ici 2035. Des prévisions indiquent que la production de brut américain devrait atteindre son maximum au début des années 2030 avant d'entamer un déclin maîtrisé.

Les producteurs et les investisseurs privilégient la discipline financière et une gestion prudente sur le long terme, empêchant les bonds massifs de production que l'on a pu observer lors des précédents cycles de hausse des prix. Les producteurs évaluent désormais leur rentabilité sur des cycles longs pour se protéger d'éventuels retournements de marché.

(publié par Cyrus Farhangi)



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L'appel — 26 septembre

26 septembre 2026 à 15:14
Le Pape Léon XIV participera-t-il aux plus de 260 manifestations sur le climat annoncées dans toute la France aujourd'hui ? Et alors, The Shift Project et les Shifters, eux, participent-ils à des manifestations ou des actions de désobéissance civile en tant que Shifters affichés ?

Pour en savoir plus :
📣 A propos de l'appel à "marcher partout en France pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale", sur lequel chacune et chacun se fera son propre avis : https://26septembre.org/appel/
✝ Rappellons ce que dit la Papauté sur le climat et l'environnement, à l'heure où l'église réfléchit à l’Église qualifier la destruction de 8ème péché capital (notion de « péché contre la création et le créateur ») : LAUDATO SI (https://www.vatican.va/content/francesco/en/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html), LAUDATE DEUM (https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/20231004-laudate-deum.html)
📜 Le Référentiel Shift-Shifters, pour en savoir plus sur les moyens d'action du Shift et des Shifters : https://theshiftproject.org/nos-valeurs-et-notre-referentiel-intellectuel-au-shift-et-aux-shifters/

❓Alors, est-ce que le think tank présidé par Jean-Marc Jancovici, The Shift Project, et les Shifters participent à des manifestations ou des actions de désobéissance civile ? Et pouvons-nous y participer en tant que Shifters affichés si nous sommes Shifters ?

👉"En bref : Ni l’association The Shift Project, ni l’association The Shifters n’organisent ou ne participent à des manifestations dans l’espace public ou à des actions de désobéissance civile : ces moyens d’action politique ne font pas partie des moyens qu’utilisent The Shift Project et les Shifters.

On parle ici des manifestations au sens de marches, sit-in etc. dans l’espace public ou à des actions de désobéissance civile qui seraient menées au nom des Shifters ou en tant que membre des Shifters.

Cela découle en premier lieu de la mission que se donnent The Shift Project et les Shifters : expliquer la problématique énergie-climat en tenant compte de sa complexité. Cela implique de la nuance et des explications, parfois longues, dans les positions que prennent laborieusement The Shift Project et les Shifters et les actions qu’ils mènent. Une manifestation ne nous apparaît pas comme un lieu propice à ce mode d’expression. En effet, ce sont souvent le slogan et le signal immédiat qui prévalent, et le risque existe que des causes autres que les nôtres se mêlent aux messages.

De plus, une des forces du Shift Project et des Shifters est d’être perçus comme le plus strictement apartisans possibles vis-à-vis des partis politiques ou de causes qui ne sont pas directement les leurs. Être reconnus comme une source crédible sur le climat, débarrassée de toute arrière-pensée partisane, pour tous les interlocuteurs, quelles que soient leurs convictions politiques par ailleurs (cf. question : pourquoi nous ne sommes pas un parti politique) est un élément central de notre stratégie. Une approche de type manifestation risque de nous réduire à être « pour » ou « contre » tel camp, et de nous associer à des causes que nous ne partageons pas nécessairement et de limiter notre crédibilité auprès de ceux qui ne les partagent pas non plus.

Bien évidemment, cette posture ne constitue pas un jugement sur l’utilité des manifestations, slogans et signaux immédiats envoyés ainsi aux dirigeants économiques et politiques et à la population. Mais nos deux organisations laissent ces modes d’engagement et d’expression à d’autres structures et aux citoyens qui sont naturellement libres de s’engager pour les « causes » de leur choix. Ayant une vocation de rassemblement au-delà des plus engagés, participer à ces actions pourrait faire perdre auprès de ceux auxquels ces actions déplaisent ce qui serait gagné auprès de ceux auxquels ces actions plaisent. Concernant la désobéissance civile, si la légitimité historique et l’efficacité de telles actions ne sera établie qu’a posteriori, certaines actions peuvent en revanche être illégales.

Dès lors, si des Shifters, des contributeurs du Shift Project ou des citoyens appréciant les travaux du Shift Projet ou des Shifters souhaitent se retrouver et participer à titre individuel à des mouvements, nous leur demandons de le faire sans porter le sigle du Shift Project ou des Shifters, et sans jamais qu’ils se réclament de nos organisations : ni The Shift Project, ni The Shifters ne reconnaîtront de telles actions.

Cela n’interdit nullement d’utiliser des expressions très proches des conclusions du Shift et des Shifters (« Il nous faut un plan », par exemple) : The Shift Project et The Shifters ne sont pas propriétaires des conclusions de leurs travaux, qui sont gratuitement mises à la disposition du public, et encore moins des idées qu’ils suscitent dans la société et dont eux-mêmes débattent avant de les reprendre parfois et de les publier. Nous ne sommes, [nous The Shift Project et The Shifters en tant qu'organisations] par ailleurs pas engagés par l’identité et les modalités d’action de ceux qui reprennent nos conclusions."

(par Jean-Noël Geist)


Appel à mobilisation nationale : samedi 26 septembre 2026, marchons partout en France pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Signez l'appel.

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❌ NON! L’argument de «plus de pluie hivernale» en moyenne sur la France dans un climat qui chauffe n’est pas scientifiquement ro...

26 septembre 2026 à 11:51
❌ NON! L’argument de «plus de pluie hivernale» en moyenne sur la France dans un climat qui chauffe n’est pas scientifiquement robuste sur les prochaines décennies (avant 2050) mais il est répété ad-nauseam pour justifier une politique généralisée de stockage de l’eau. C’est donc une manipulation, un dévoiement des faits scientifiques accompagné d'un discours simpliste/populiste, qui acte les futures catastrophes en agriculture, gestion de l’énergie & préservation de faune&flore.

L’analyse ici👇 à partir d’un grand ensemble de simulations [modèle Météo-France/Cerfacs, CNRM-CM6/CMIP6], montre que l’influence humaine sur les pluies en hiver est très faible & non-graduelle (contrairement aux températures)

[Lecture] Chaque barre représente un hiver possible/simulé exprimé en écart/anomalie (%) de pluie en moy. France par rapport à la période de référence (haut, 1991-2020), décennie actuelle (milieu) & future (bas). Anomalies observées (noir), moyennes sur les périodes d’intérêt (magenta).

L’effet du réchauffement climatique sur les pluies d'hiver (~+1,5%) est non détectable par rapport aux fluctuations naturelles possibles (~20% pour 1 déviation standard), contrairement aux temperatures. On dit que le signal n’émerge pas.
Dit autrement, les pluies hivernales pourront être en moy. déficitaires ou excédentaires sur les 2 prochaines décennies. C’est une incertitude dite profonde qu’il faut absolument considérer dans les stratégies d’adaptation qui doivent dès lors viser la robustesse (Robust Decision Making) & moins l’efficacité.

Les bonnes pratiques dans ce cadre d’évolution des pluies d'hiver visent à promouvoir l’approche dite en narratif qui consiste à retenir pour l’adaptation des trajectoires possibles qui viennent mettre à l’épreuve les vulnérabilités de l’enjeu qui nous intéresse. Par ex: des trajectoires de sécheresse météorologique hivernale multi-annuelles possibles si notre enjeu porte sur les rendements agricoles, ou bien des trajectoires de saisons très pluvieuses possibles si notre enjeu est la protection d’une ville des inondations, etc.

L’implémentation de mesures de sobriété dans l'usage de l’eau permettrait de mieux encaisser les trajectoires sèches les +défavorables en réduisant les dépendances à la ressource. Les mesures orientées sur les conditions de maintien d’activités ou d’infrastructures spécifiques/préexistantes (adaptation réactive & incrémentale) sont gage d’impréparation, pertes & dommages résiduels considérables.

👉 Adapter l’agriculture en misant sur une recharge hypothétique des nappes en hiver est un pari suicidaire au regard des changements climatiques projetés avant 2050.

A contrario, en été les sécheresses agricoles deviennent partout +sévères sur les prochaines décennies.

https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7509258891180974084/

(par Adrien Couzinier)



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