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Reçu — 21 mai 2026 ⏭ Jean-Marc Jancovici on Facebook

Un baril de pétrole bientôt à 250 dollars ?

Jusqu'où ira le prix du pétrole ? Publication de Jean-Marc Jancovici sur LinkedIn.

"Dans un éditorial récent paru dans Les Echos, Jean-Marc Vittori se demande pourquoi pas 250 ou 300 dollars le baril.

L'auteur du texte fait remarquer que, pour le moment, le prix est resté étonnamment bas (si si !) alors que 10% de l'offre mondiale a soudainement disparu : ce prix n'est actuellement pas plus haut qu'au moment de la guerre en Ukraine, alors qu'à ce moment là la baisse de la production n'était pas du tout significative.

Il faut commencer par préciser que cette offre n'a pas disparu instantanément dans l'essentiel des pays importateurs. Un tanker est un navire très lent (pas plus rapide qu'une bicyclette).

Il lui faut donc quelques semaines pour aller d'Ormuz au port de destination, en Asie, en Europe, ou en Amérique. Pendant ces quelques semaines, "tout semble normal" côté importateurs, importateurs qui ont aussi pioché dans leurs stocks, lesquels représentent en général 3 à 4 mois de consommation.

La question que pose Vittori est la suivante : que va-t-il se passer lorsque ces deux marges de manoeuvre seront épuisées, alors qu'Ormuz est toujours fermé ?

Un élément plaide en faveur d'une hausse de prix bien plus élevée. Depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979, l'occident a substitué beaucoup de pétrole dans les usages dans lesquels c'était facile : dans l'électricité (remplacé par charbon, gaz et nucléaire), dans le chauffage (remplacé par gaz et électricité), et dans les chaudières industrielles (là aussi remplacé par gaz et charbon, et parfois électricité).

Du coup, là où il reste (transports et chimie essentiellement), il est plus difficile à remplacer, et un baril "crée" plus de valeur aujourd'hui qu'en 1973. C'est une autre manière de dire qu'il faut que le prix monte bien plus haut pour que la demande disparaisse.

Baisser les taxes (option défendue encore ce matin par Wauquiez sur France Info) ne sera pas une option : cela maintient la demande alors que l'offre n'est plus là. Cela aura juste comme effet de vider les caisses de l'Etat sans baisser la demande (c'est donc plus facile de réclamer cette mesure quand on est dans l'opposition que quand on est au pouvoir !).

250 dollars ou pas, une chose est sûre : nous allons devoir nous adapter à une baisse de volume, qui va avoir des conséquences sur la taille de l'économie, alors que nous espérons en permanence l'inverse.

Par ailleurs, une hausse massive du prix du baril déclenchera une inflation significative, qui mettra les banquiers centraux dans une position cornélienne : monter les taux pour lutter contre l'inflation, et ralentir l'économie, ou les laisser bas, et laisser "filer" l'inflation ?

Cet épisode est une illustration évidente que la limite physique (sur le pétrole) contraint l'économie. Peut-être que, dans les mesures d'adaptation, une de celles qui est urgente est de réaliser ce lien et d'en tirer des méthodes prospectives un peu plus robustes ?"

(publié par Cyrus Farhangi)


Nous avons jusqu'à présent refusé d'envisager les conséquences d'un blocage durable du détroit d'Ormuz. Il faut se résoudre à explorer ce scénario, même s'il n'est pas réjouissant.

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