Un oeil sur le méthane (CH4), dont la concentration atmosphérique continue d'augmenter, mais moins vite qu'avant
6 juillet 2026 à 15:46
Un oeil sur le méthane (CH4), dont la concentration atmosphérique continue d'augmenter, mais moins vite qu'avant. Pourquoi ?
Les émissions humaines de CH4 expliquent 25 à 30% du réchauffement. Les données de la NOAA montrent que la concentration globale de CH4 continue d'augmenter et atteint de nouveaux records, mais on voit depuis quelques années une inflexion dans cette courbe. En 2024-2025 la concentration a augmenté de 6 ou 7 ppb / an, soit deux fois moins qu'au début des années 2020.
Cela s'expliquerait à la fois par des cycles naturels et des actions humaines.
1) Fin du cycle La Niña : Les années 2020-2022 ont été marquées par des pluies tropicales historiques qui ont inondé les zones humides, boostant la production naturelle de CH4 par les microbes. Le retour à un climat plus sec dans ces régions a freiné cette source majeure.
2) Ralentissement des émissions humaines : les inventaires mondiaux montrent une décélération de la croissance des émissions de CH4. De gros émetteurs comme la Chine, l'Inde, les US et l'UE réduisent globalement leurs rejets, notamment grâce à la réduction du recours au charbon (forte source de fuites de méthane), remplacé par les énergies renouvelables, le gaz fossile et dans une moindre mesure le nucléaire en Chine.
En 2025, la production d'électricité à partir du charbon a reculé en Chine et en Inde pour la première fois en 52 ans .
3) Premier effets éventuels du "Global Methane Pledge" : cet engagement, signé en 2021 par plus de 120 pays, pousse notamment les industries fossiles à déployer des technologies de détection et de réparation des fuites de gaz naturel, et limiter le recours au torchage.
Difficile de savoir dans quelle mesure l'initiative porterait déjà ses fruits, mais cela peut expliquer une partie de ce qu'on observe.
4) Restauration du "puits chimique" de l'air : durant la pandémie du Covid, la baisse de la pollution routière avait réduit les radicaux hydroxyles OH, sortes de "détergents" qui détruisent le méthane dans l'atmosphère. La reprise post-COVID a restauré ce puits chimique, permettant à l'atmosphère d'éliminer à nouveau le méthane plus efficacement.
Oui, ce peut être perturbant : en plus de son effet réchauffant (CO2), le trafic routier entraine un effet refroidissant indirect sur le climat. Les moteurs thermiques rejettent des oxydes d'azote (NOx), qui réagissent dans la haute atmosphère avec la lumière du soleil et la vapeur d'eau pour stimuler la production de radicaux hydroxyles (OH) en plus de son effet réchauffant (CO2).
Attention, l'effet réchauffant dépasse amplement l'effet refroidissant.
De plus, l'effet réchauffant est de longue durée (le CO2 s'accumule et reste dans l'atmosphère pendant des siècles) alors que l'effet refroidissant est de courte durée. Ceci expliquerait cela.
(publié par Cyrus Farhangi, sources en commentaires)

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Les émissions humaines de CH4 expliquent 25 à 30% du réchauffement. Les données de la NOAA montrent que la concentration globale de CH4 continue d'augmenter et atteint de nouveaux records, mais on voit depuis quelques années une inflexion dans cette courbe. En 2024-2025 la concentration a augmenté de 6 ou 7 ppb / an, soit deux fois moins qu'au début des années 2020.
Cela s'expliquerait à la fois par des cycles naturels et des actions humaines.
1) Fin du cycle La Niña : Les années 2020-2022 ont été marquées par des pluies tropicales historiques qui ont inondé les zones humides, boostant la production naturelle de CH4 par les microbes. Le retour à un climat plus sec dans ces régions a freiné cette source majeure.
2) Ralentissement des émissions humaines : les inventaires mondiaux montrent une décélération de la croissance des émissions de CH4. De gros émetteurs comme la Chine, l'Inde, les US et l'UE réduisent globalement leurs rejets, notamment grâce à la réduction du recours au charbon (forte source de fuites de méthane), remplacé par les énergies renouvelables, le gaz fossile et dans une moindre mesure le nucléaire en Chine.
En 2025, la production d'électricité à partir du charbon a reculé en Chine et en Inde pour la première fois en 52 ans .
3) Premier effets éventuels du "Global Methane Pledge" : cet engagement, signé en 2021 par plus de 120 pays, pousse notamment les industries fossiles à déployer des technologies de détection et de réparation des fuites de gaz naturel, et limiter le recours au torchage.
Difficile de savoir dans quelle mesure l'initiative porterait déjà ses fruits, mais cela peut expliquer une partie de ce qu'on observe.
4) Restauration du "puits chimique" de l'air : durant la pandémie du Covid, la baisse de la pollution routière avait réduit les radicaux hydroxyles OH, sortes de "détergents" qui détruisent le méthane dans l'atmosphère. La reprise post-COVID a restauré ce puits chimique, permettant à l'atmosphère d'éliminer à nouveau le méthane plus efficacement.
Oui, ce peut être perturbant : en plus de son effet réchauffant (CO2), le trafic routier entraine un effet refroidissant indirect sur le climat. Les moteurs thermiques rejettent des oxydes d'azote (NOx), qui réagissent dans la haute atmosphère avec la lumière du soleil et la vapeur d'eau pour stimuler la production de radicaux hydroxyles (OH) en plus de son effet réchauffant (CO2).
Attention, l'effet réchauffant dépasse amplement l'effet refroidissant.
De plus, l'effet réchauffant est de longue durée (le CO2 s'accumule et reste dans l'atmosphère pendant des siècles) alors que l'effet refroidissant est de courte durée. Ceci expliquerait cela.
(publié par Cyrus Farhangi, sources en commentaires)
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