« La France examine une nouvelle loi d'urgence agricole » : « nous continuons à traiter les difficultés agricoles comme des cris...
16 juin 2026 à 12:33
“La France ne bâtira pas sa souveraineté agricole à coups de lois d’urgence successives.”
Alors que le Parlement examine une nouvelle loi d’urgence agricole, une question mérite d’être posée : pourquoi ces textes d’exception reviennent-ils avec une telle régularité ?
Le modèle agricole français s’est construit dans un monde d’énergie abondante, de climat relativement stable et d’ouverture commerciale favorable. Aujourd’hui, ces trois piliers sont remis en question.
Face aux difficultés actuelles, il est nécessaire de soutenir les agriculteurs. Les mesures visant à améliorer leur rémunération, rééquilibrer les relations commerciales ou renforcer les outils de régulation répondent à des besoins réels et immédiats.
Mais répondre à l’urgence sociale ne suffit pas à traiter les vulnérabilités structurelles du système agricole.
La souveraineté agricole ne peut être réduite à une question de compétitivité ou de volumes produits. Être souverain, c’est être capable de nourrir durablement la population malgré les chocs climatiques, énergétiques ou géopolitiques.
Or notre agriculture reste fortement dépendante :
🔸 du gaz pour les engrais azotés,
🔸 du pétrole pour les machines et la logistique,
🔸 des importations de soja pour l’élevage.
Dans le même temps, sécheresses, inondations et événements climatiques extrêmes fragilisent de plus en plus les productions.
La proposition de loi reste largement silencieuse sur les transformations nécessaires pour réduire ces dépendances : adaptation des pratiques, décarbonation des équipements, infrastructures agroécologiques, autonomie des élevages ou encore réduction de l’usage des intrants.
Pour construire une véritable souveraineté agricole, la France a besoin d’une vision à horizon 2050 intégrant les contraintes énergétiques, climatiques et géopolitiques à venir.
L’enjeu ne consiste plus uniquement à protéger les agriculteurs lorsque les crises éclatent, mais à bâtir une agriculture capable d’encaisser les chocs du XXIᵉ siècle.
✍️ Retrouvez la tribune signée par Jean-Marc Jancovici, président de The Shift Project et Corentin Leroux, chef de projet Agriculture au Shift sur Les Echos : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/la-france-examine-une-nouvelle-loi-durgence-agricole-nous-continuons-a-traiter-les-difficultes-agricoles-comme-des-crises-conjoncturelles-plutot-que-comme-les-symptomes-de-bouleversements-plus-profonds-2236929
(par Jean-Noël Geist, en reprenant un post du Shift)

Présenté comme un levier de souveraineté alimentaire, le projet de loi agricole vise à accélérer la transformation du secteur. Entre production et enjeux environnementaux, Jean-Marc Jancovici et Corentin Leroux de The Shift Project cristallisent les enjeux de ce texte sur l'avenir de l'agricul...
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Alors que le Parlement examine une nouvelle loi d’urgence agricole, une question mérite d’être posée : pourquoi ces textes d’exception reviennent-ils avec une telle régularité ?
Le modèle agricole français s’est construit dans un monde d’énergie abondante, de climat relativement stable et d’ouverture commerciale favorable. Aujourd’hui, ces trois piliers sont remis en question.
Face aux difficultés actuelles, il est nécessaire de soutenir les agriculteurs. Les mesures visant à améliorer leur rémunération, rééquilibrer les relations commerciales ou renforcer les outils de régulation répondent à des besoins réels et immédiats.
Mais répondre à l’urgence sociale ne suffit pas à traiter les vulnérabilités structurelles du système agricole.
La souveraineté agricole ne peut être réduite à une question de compétitivité ou de volumes produits. Être souverain, c’est être capable de nourrir durablement la population malgré les chocs climatiques, énergétiques ou géopolitiques.
Or notre agriculture reste fortement dépendante :
🔸 du gaz pour les engrais azotés,
🔸 du pétrole pour les machines et la logistique,
🔸 des importations de soja pour l’élevage.
Dans le même temps, sécheresses, inondations et événements climatiques extrêmes fragilisent de plus en plus les productions.
La proposition de loi reste largement silencieuse sur les transformations nécessaires pour réduire ces dépendances : adaptation des pratiques, décarbonation des équipements, infrastructures agroécologiques, autonomie des élevages ou encore réduction de l’usage des intrants.
Pour construire une véritable souveraineté agricole, la France a besoin d’une vision à horizon 2050 intégrant les contraintes énergétiques, climatiques et géopolitiques à venir.
L’enjeu ne consiste plus uniquement à protéger les agriculteurs lorsque les crises éclatent, mais à bâtir une agriculture capable d’encaisser les chocs du XXIᵉ siècle.
✍️ Retrouvez la tribune signée par Jean-Marc Jancovici, président de The Shift Project et Corentin Leroux, chef de projet Agriculture au Shift sur Les Echos : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/la-france-examine-une-nouvelle-loi-durgence-agricole-nous-continuons-a-traiter-les-difficultes-agricoles-comme-des-crises-conjoncturelles-plutot-que-comme-les-symptomes-de-bouleversements-plus-profonds-2236929
(par Jean-Noël Geist, en reprenant un post du Shift)
Présenté comme un levier de souveraineté alimentaire, le projet de loi agricole vise à accélérer la transformation du secteur. Entre production et enjeux environnementaux, Jean-Marc Jancovici et Corentin Leroux de The Shift Project cristallisent les enjeux de ce texte sur l'avenir de l'agricul...
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