Il n'y a pas que le Détroit d'Ormuz parmi les problèmes d'approvisionnement pétrolier
5 mai 2026 à 19:10
Il n'y a pas que le Détroit d'Ormuz parmi les problèmes d'approvisionnement pétrolier. Ceci n'est pas une photographie d'une installation dans le Golfe Persique, mais celle de la raffinerie de Tuapse, en Russie, le 28 avril 2026.
Depuis l'été 2025, l'Ukraine a intensifié sa campagne de frappes de drones à longue portée. Alors que les attaques se concentraient initialement sur les raffineries, elles visent désormais l'ensemble de la chaîne logistique pétrolière russe : terminaux d'exportation maritimes, pipelines, dépôts de stockage et flottes de pétroliers.
L'objectif de Kiev est double : paralyser la logistique militaire russe sur le terrain (pénuries de carburant) et assécher les revenus budgétaires de Moscou. Les frappes récentes ont touché des infrastructures vitales aussi bien en mer Noire (Novorossiisk, Touapsé) qu'en mer Baltique.
À titre d'exemple très récent, le 5 mai 2026, la raffinerie de Kirichi (la deuxième plus grande de Russie) a dû suspendre ses opérations après que des drones ont endommagé trois de ses quatre unités de distillation.
Quel impact chiffré peut-on dresser à ce jour sur l'approvisionnement pétrolier russe ?
Les conséquences de ces frappes sur l'industrie pétrolière russe sont aujourd'hui devenues importantes.
1) Capacité d'exportation bloquée (~2 millions de bpj) : les frappes combinées sur les infrastructures portuaires ont mis à l'arrêt environ 2 millions de barils par jour de capacité d'exportation de brut. Cela représente une chute massive d'environ 40 % de la capacité d'exportation maritime de la Russie. Par exemple, le terminal balte de Primorsk, frappé début mai, gère à lui seul une capacité d'environ 1 million de bpj.
2) Capacité de raffinage amputée : d'après Bloomberg la capacité moyenne de raffinage de la Russie a chuté à 4,69 millions de bpj en avril 2026, atteignant son niveau le plus bas depuis 16 ans (décembre 2009).
3) Surplus structurel et coupes forcées : la combinaison d'une production qui se maintenait autour de 9 millions de bpj et de la chute brutale des exportations et du raffinage a créé un "goulot d'étranglement". Un surplus quotidien d'environ 2,5 millions de bpj s'est formé. La Russie manquant cruellement d'infrastructures de stockage terrestre de secours, ce surplus ne peut être ni raffiné, ni exporté, ni stocké.
4) Réduction à la source : Face à la saturation des réservoirs et du réseau de pipelines Transneft, les compagnies russes sont désormais contraintes de fermer techniquement certains puits, avec des coupes de production forcées estimées à plusieurs centaines de milliers de bpj.
(publié par Cyrus Farhangi)

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Depuis l'été 2025, l'Ukraine a intensifié sa campagne de frappes de drones à longue portée. Alors que les attaques se concentraient initialement sur les raffineries, elles visent désormais l'ensemble de la chaîne logistique pétrolière russe : terminaux d'exportation maritimes, pipelines, dépôts de stockage et flottes de pétroliers.
L'objectif de Kiev est double : paralyser la logistique militaire russe sur le terrain (pénuries de carburant) et assécher les revenus budgétaires de Moscou. Les frappes récentes ont touché des infrastructures vitales aussi bien en mer Noire (Novorossiisk, Touapsé) qu'en mer Baltique.
À titre d'exemple très récent, le 5 mai 2026, la raffinerie de Kirichi (la deuxième plus grande de Russie) a dû suspendre ses opérations après que des drones ont endommagé trois de ses quatre unités de distillation.
Quel impact chiffré peut-on dresser à ce jour sur l'approvisionnement pétrolier russe ?
Les conséquences de ces frappes sur l'industrie pétrolière russe sont aujourd'hui devenues importantes.
1) Capacité d'exportation bloquée (~2 millions de bpj) : les frappes combinées sur les infrastructures portuaires ont mis à l'arrêt environ 2 millions de barils par jour de capacité d'exportation de brut. Cela représente une chute massive d'environ 40 % de la capacité d'exportation maritime de la Russie. Par exemple, le terminal balte de Primorsk, frappé début mai, gère à lui seul une capacité d'environ 1 million de bpj.
2) Capacité de raffinage amputée : d'après Bloomberg la capacité moyenne de raffinage de la Russie a chuté à 4,69 millions de bpj en avril 2026, atteignant son niveau le plus bas depuis 16 ans (décembre 2009).
3) Surplus structurel et coupes forcées : la combinaison d'une production qui se maintenait autour de 9 millions de bpj et de la chute brutale des exportations et du raffinage a créé un "goulot d'étranglement". Un surplus quotidien d'environ 2,5 millions de bpj s'est formé. La Russie manquant cruellement d'infrastructures de stockage terrestre de secours, ce surplus ne peut être ni raffiné, ni exporté, ni stocké.
4) Réduction à la source : Face à la saturation des réservoirs et du réseau de pipelines Transneft, les compagnies russes sont désormais contraintes de fermer techniquement certains puits, avec des coupes de production forcées estimées à plusieurs centaines de milliers de bpj.
(publié par Cyrus Farhangi)
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