Électro-puissance
9 septembre 2026 à 09:21
Électro-puissance. Le choix français de la réindustrialisation et de la protection
La France a tout à gagner à convertir ses moyens de consommation à l'électricité et à forcer ce passage. Selon un rapport de la Fondation Jean-Jaurès, co-écrit par Neil Makaroff, l'électrification et la défossilisation de notre économie sont les premiers moteurs d'emplois industriels.
Electrifier ... est en réalité un investissement ! De combien aggravons nous notre déficit commercial à chaque fois que nous faisons un plein d'essence ou que nous allumons un chauffage à gaz ?
58 milliards d'euros d'importations par an au total en pétrole et du gaz en 2025 ! Rien que la partie États-Unis et à la Russie équivaut à 450 euros versés en moyenne par chaque ménage français !
En ce moment, les prix de l'essence et du gaz montent... mais ceux qui roulent en électrique ou qui ont installé une pompe à chaleur regarde cela avec éloignement, n'étant que peu touché par ces soubresauts énergétiques grâce à notre production locale d'électricité.
La dépendance de la France au pétrole et au gaz constitue aujourd’hui un risque économique, social et géopolitique et le pays est en situation de vulnérabilité permanente. Mais cette dépendance est loin d’être une fatalité puisque la France dispose d’avantages stratégiques considérables : une électricité issue de sources bas-carbone, et une base industrielle dans les batteries, les pompes à chaleur, les véhicules électriques et l’éolien. Dans ce rapport, les auteurs identifient l’enjeu majeur pour notre pays : transformer cet avantage électrique en puissance économique, en électrifiant massivement les usages des ménages et des entreprises.
La France devrait devenir une « électro-puissance démocratique » : utiliser son avantage d'une électricité abondante, décarbonée et peu chère (95% bas-carbone) pour se protéger des chocs géopolitiques liés aux hydrocarbures et réindustrialiser son économie
D’ici 2032, faire de la France une électro-puissance a le potentiel de
- Créer 3100 emplois industriels par mois en lien avec la décarbonation pour atteindre 354 778 salariés ;
-sécuriser 8 millions de logements et 7millions d’automobilistes vis-à-vis du pétrole et du gaz ;
-faire économiser jusqu’à 3120 euros par an aux ménages qui basculent vers un véhicule électrique et une pompe à chaleur.
Objectif proposé : 40% d'électricité dans le mix énergétique en 2030-2032, 50% en 2040 (contre 27% aujourd'hui).
Réindustrialisation verte
168 272 emplois industriels sont déjà liés à la décarbonation (+ de 160 sites), avec un potentiel de 354 778 emplois en 2032 (+3 100 emplois/mois).
Les secteurs clés : batteries (« vallée de la batterie » à Dunkerque), éolien en mer (façade atlantique), pompes à chaleur (40 usines dans le nord), véhicules électriques (Renault à Douai, Stellantis).
L'instabilité politique française est la principale menace (ex. moratoire éolien/solaire manqué de peu à l'Assemblée en 2025, fermetures d'usines de pompes à chaleur après revirements politiques).
Recommandations principales :
Plan d'investissement « France 2040 » : mobiliser 52 milliards d'euros d'ici 2030 (clause dérogatoire européenne, revenus ETS, superprofits pétroliers, épargne réglementée).
Politique industrielle « made in Europe » : préférence européenne dans les aides publiques, garanties publiques pour les chaînes de valeur stratégiques.
Faire de l'électricité un bouclier social : rééquilibrer la fiscalité électricité/gaz, renforcer MaPrimeRénov', le leasing social et le bonus véhicules électriques, développer le stockage par batteries (objectif 8 GW en 2032 contre 0,52 GW aujourd'hui).
Conclusion
Le rapport présente ce choix comme positif pour le prochain quinquennat, mais souligne que les échéances électorales de 2027 et les attaques politiques contre la transition écologique font peser un risque réel de retour en arrière, qui coûterait cher en emplois et en pouvoir d'achat.
https://www.jean-jaures.org/publication/electro-puissance-le-choix-francais-de-la-reindustrialisation-et-de-la-protection/
(par adrien Couzinier)

La dépendance de la France au pétrole et au gaz est loin d'être une fatalité car elle dispose d'avantages stratégiques considérables.
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La France a tout à gagner à convertir ses moyens de consommation à l'électricité et à forcer ce passage. Selon un rapport de la Fondation Jean-Jaurès, co-écrit par Neil Makaroff, l'électrification et la défossilisation de notre économie sont les premiers moteurs d'emplois industriels.
Electrifier ... est en réalité un investissement ! De combien aggravons nous notre déficit commercial à chaque fois que nous faisons un plein d'essence ou que nous allumons un chauffage à gaz ?
58 milliards d'euros d'importations par an au total en pétrole et du gaz en 2025 ! Rien que la partie États-Unis et à la Russie équivaut à 450 euros versés en moyenne par chaque ménage français !
En ce moment, les prix de l'essence et du gaz montent... mais ceux qui roulent en électrique ou qui ont installé une pompe à chaleur regarde cela avec éloignement, n'étant que peu touché par ces soubresauts énergétiques grâce à notre production locale d'électricité.
La dépendance de la France au pétrole et au gaz constitue aujourd’hui un risque économique, social et géopolitique et le pays est en situation de vulnérabilité permanente. Mais cette dépendance est loin d’être une fatalité puisque la France dispose d’avantages stratégiques considérables : une électricité issue de sources bas-carbone, et une base industrielle dans les batteries, les pompes à chaleur, les véhicules électriques et l’éolien. Dans ce rapport, les auteurs identifient l’enjeu majeur pour notre pays : transformer cet avantage électrique en puissance économique, en électrifiant massivement les usages des ménages et des entreprises.
La France devrait devenir une « électro-puissance démocratique » : utiliser son avantage d'une électricité abondante, décarbonée et peu chère (95% bas-carbone) pour se protéger des chocs géopolitiques liés aux hydrocarbures et réindustrialiser son économie
D’ici 2032, faire de la France une électro-puissance a le potentiel de
- Créer 3100 emplois industriels par mois en lien avec la décarbonation pour atteindre 354 778 salariés ;
-sécuriser 8 millions de logements et 7millions d’automobilistes vis-à-vis du pétrole et du gaz ;
-faire économiser jusqu’à 3120 euros par an aux ménages qui basculent vers un véhicule électrique et une pompe à chaleur.
Objectif proposé : 40% d'électricité dans le mix énergétique en 2030-2032, 50% en 2040 (contre 27% aujourd'hui).
Réindustrialisation verte
168 272 emplois industriels sont déjà liés à la décarbonation (+ de 160 sites), avec un potentiel de 354 778 emplois en 2032 (+3 100 emplois/mois).
Les secteurs clés : batteries (« vallée de la batterie » à Dunkerque), éolien en mer (façade atlantique), pompes à chaleur (40 usines dans le nord), véhicules électriques (Renault à Douai, Stellantis).
L'instabilité politique française est la principale menace (ex. moratoire éolien/solaire manqué de peu à l'Assemblée en 2025, fermetures d'usines de pompes à chaleur après revirements politiques).
Recommandations principales :
Plan d'investissement « France 2040 » : mobiliser 52 milliards d'euros d'ici 2030 (clause dérogatoire européenne, revenus ETS, superprofits pétroliers, épargne réglementée).
Politique industrielle « made in Europe » : préférence européenne dans les aides publiques, garanties publiques pour les chaînes de valeur stratégiques.
Faire de l'électricité un bouclier social : rééquilibrer la fiscalité électricité/gaz, renforcer MaPrimeRénov', le leasing social et le bonus véhicules électriques, développer le stockage par batteries (objectif 8 GW en 2032 contre 0,52 GW aujourd'hui).
Conclusion
Le rapport présente ce choix comme positif pour le prochain quinquennat, mais souligne que les échéances électorales de 2027 et les attaques politiques contre la transition écologique font peser un risque réel de retour en arrière, qui coûterait cher en emplois et en pouvoir d'achat.
https://www.jean-jaures.org/publication/electro-puissance-le-choix-francais-de-la-reindustrialisation-et-de-la-protection/
(par adrien Couzinier)
La dépendance de la France au pétrole et au gaz est loin d'être une fatalité car elle dispose d'avantages stratégiques considérables.
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