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Vue normale

Un décryptage inspiré des travaux de JMJ d’une courbe qui fait beaucoup parler (et beaucoup voter pour Donald Trump

1 septembre 2026 à 18:21
Un décryptage inspiré des travaux de JMJ d’une courbe qui fait beaucoup parler (et beaucoup voter pour Donald Trump... avant que sa côte de popularité ne s'écroule chez les ouvriers déçus de l'évolution de leur pouvoir d'achat).

La courbe violette est celle de la (légère) décrue du pouvoir d'achat aux États-Unis. Mais c'est une moyenne : une minorité continue de voir son pouvoir d'achat significativement croitre, tandis que beaucoup d'Américains voient leur pouvoir d'achat significativement se dégrader. L'inflation (courbe orange) dévore les hausses de salaires (courbe marron).

Outre les statistiques macroéconomiques, un sondage Harris fournit également des éclairages : la moitié des Américains disent avoir du mal à payer les courses et l’essence.

Les produits qui ont tiré l’inflation depuis 2021 ne doivent rien au hasard : l'énergie (essence, diesel, gaz, électricité), l'alimentation (dont les engrais et la logistique dépendent grandement des énergies fossiles) et les biens manufacturés (dépendant également des énergies fossiles).

Evidemment, une question tout à fait légitime se pose : comment les États-Unis peuvent-ils subir de tels chocs de pouvoir d'achat alors qu'ils sont les premiers producteurs mondiaux d'hydrocarbures grâce au boom du schiste depuis 15 ans ? 🛢️

Quelques pistes pouvant permettre de résoudre ce paradoxe apparent :

1. Le pétrole est une "baignoire" mondiale 🛁

L'énergie est un flux physique et le marché du pétrole fonctionne comme une immense baignoire mondiale. Lors de la reprise économique rapide post-Covid en 2021, la demande en énergie a bondi bien plus rapidement que la capacité des producteurs à augmenter le volume de la baignoire.

Par la suite, lorsque les crises successives (embargo sur l’énergie russe, blocage du détroit d’Ormuz, bombardements d’installations énergétiques autour du Golfe persique) ferment le robinet, le niveau global de la baignoire baisse. Le consommateur américain est en compétition avec le reste du monde pour accéder à cette ressource globalement rétrécie.

2. Produire localement ne protège pas des prix mondiaux 🛢️

Bien que les États-Unis produisent énormément et sont même de grands exportateurs nets de carburants comme le diesel, les producteurs américains vendent leurs barils au prix du marché mondialisé. Quand les prix mondiaux flambent à la suite d’une contraction de l'offre ailleurs, le citoyen américain subit cette inflation de plein fouet à la pompe, peu importe que le pétrole soit extrait sous ses pieds.

3. L'inflation : le grand rationneur physique 📉

Comme le rappelle souvent Jean-Marc Jancovici, la monnaie n'est qu'une convention, un droit de tirage sur des ressources physiques. L'inflation n'est pas qu'un phénomène financier : c'est le mécanisme implacable par lequel le système « détruit de la demande » pour que notre consommation s'ajuste à une offre géologiquement contrainte. S'il y a moins d'énergie pour faire tourner les machines, l'économie fabrique moins de biens, le pouvoir d'achat doit donc baisser.

4. Une réalité encore pire que la courbe officielle 🏚️

La courbe d'inflation officielle (le CPI américain) sous-estime la douleur réelle des ménages. Pourquoi ? Notamment parce qu'elle ne capture pas le prix d'achat de l'immobilier. Le CPI considère l'achat d'une maison comme un investissement et non comme une consommation courante. Il utilise donc une "équivalence de loyer" pour les propriétaires, excluant l'explosion du capital nécessaire pour acheter un bien.

Si l'on intégrait le coût réel de l'accès à la propriété (des prix de l'immobilier très élevés couplés à l'explosion des taux d'emprunt), la chute du pouvoir d'achat des jeunes ménages américains serait encore plus importante.

Le boom du schiste a offert un sursis à l'économie américaine en masquant le déclin du pétrole conventionnel. Mais il n'a pas aboli les lois de la thermodynamique. Quand la quantité globale d'énergie disponible se tend, le gâteau matériel rétrécit, et le salaire réel (ce que l'on peut physiquement acheter) s'ajuste à la baisse.

(publié par Cyrus Farhangi)



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JANCOVICI : SON PLAN POUR SAUVER LA FRANCE DU CHAOS CLIMATIQUE

Post de Jancovici sur Linkedin :
"Vous êtes déjà plus nombreux à soutenir "Un commun accord" que les habitants de Chambéry. Ou encore de Valence, de Bayonne, de Cayenne, de Pantin, de Montauban, de Niort, de Villeneuve d’Ascq, de Colmar ou de Troyes (liste non exhaustive, désolé pour les habitants de toutes les autres villes de taille comparable !).

48 heures après son lancement sur Ulule, cette campagne est celle de tous les superlatifs. Elle est l’objet du plus fort taux de conversion jamais observé : une personne sur deux qui vient sur la page nous soutient, alors que la moyenne toutes collectes confondues est de 6%.

Il y a eu le plus grand nombre de contributeurs jamais observé en 24h (environ 30.000). Et c’est la première fois que le 2è jour fait aussi fort que le premier. Il faut bien sur toujours se méfier de voir midi à sa porte, mais cela laisse penser qu’il y a une grande aspiration à « faire les choses autrement » en matière de débat pré-électoral.

Malgré tous nos efforts pour décrire au mieux ce que nous allons faire, il y a eu un petit raté dans la dépêche AFP qui a mentionné notre initiative (et qui a été relayée sur beaucoup de sites, dont ceux du Monde et du Figaro) : elle a indiqué que l’objet principal du débat sera le climat. Mais ce n’est pas exactement cela.

Pour savoir plus précisément ce que recouvre cette initiative, je vous propose de regarder les vidéos suivantes :

- en 3 minutes, la présentation que je tente d’en faire, dans les locaux du CNAM où siègera l’assemblée (ou convention) citoyenne
: https://www.youtube.com/watch?v=C_m2yr5wktY

- en 40 minutes, l’entretien avec Vinz Kanté sur la chaîne Limit, enregistré avant le lancement mais diffusé après : https://www.youtube.com/watch?v=DpXpBdYEAZQ (vignette en image, encore un peu d’entraînement et je pourrai faire presque aussi bien qu’un youtubeur professionnel J)

- et, pour vous détendre un peu, la version d’Alex Vizorek qui a suivi l’annonce à la matinale de RTL (assez en forme notre ami je dois dire, et sa présentation est finalement assez pertinente !) : https://www.youtube.com/watch?v=vhNy0OnUo4E

Si vous pensez que cette initiative mérite d’être soutenue, ce que vous pouvez faire de plus utile est de la relayer sur vos propres réseaux (pas juste ici). Le défilé des candidats à la REF a montré qu’il restait encore du travail avant qu’ils et elles ne proposent un programme cohérent avec un monde avec limites physiques.

Le monde politique ne comprend que les rapports de force. C’est peut-être triste, mais c’est ainsi. Il faut donc accepter de jouer avec cette règle du jeu si on veut faire exister une idée ou un point de vue qui est considéré comme pertinent par ailleurs.

C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité qu’une partie du financement soit amené par des euros symboliques donnés par le plus grand nombre de gens possibles. Plus il y aura de soutiens, plus le travail de cette assemblée existera dans les débats.

Pour soutenir c'est là : https://fr.ulule.com/un-commun-accord-presidentielle-assemblee-150-citoyens-jancovici/ "
(posté par Joëlle Leconte)


✅ Soutiens LIMIT pour qu'on puisse rester un média Indépendant : h...

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Et si, par le hasard de la géologie, l’Afrique avait eu beaucoup de charbon à sa disposition ?

Et si, par le hasard de la géologie, l’Afrique avait eu beaucoup de charbon à sa disposition ? (et l'Europe non)

La trajectoire de la consommation mondiale de charbon est saisissante, mais observez sur ce graphique la fine bande jaune : l’Afrique avec une fraction négligeable.

Et si le monde avait été forgé selon une tout autre géométrie géologique ? Imaginez un 19e siècle où le sous-sol africain aurait été aussi gorgé de houille que les Appalaches, la Ruhr, le Donbass, la Flandre ou la province du Shanxi. Le monde serait radicalement différent de celui que nous connaissons.

Avant de poursuivre, encore un immense salut à Jean-Marc Jancovici, qui nous rappelle sans relâche de chausser nos lunettes de « physiciens » : la politique, l'économie, les idéologies et l'histoire des peuples résultent en grande partie des réalités matérielles sous-jacentes. Le déterminisme géologique est prépondérant.

Tirons le fil sur la géologie du charbon (ressource ayant tout de même engendré le décollage industriel de l'Europe de l'ouest, des Etats-Unis, du Japon, de l'URSS ou encore, plus récemment, de la Chine et de l'Inde).

Pourquoi une telle "injustice géologique" ? Eh bien parce qu'au Carbonifère, il y a 300 millions d'années, l'Afrique était ancrée au sud du supercontinent Gondwana, sous des latitudes glaciaires impropres aux vastes forêts marécageuses équatoriales nécessaires à la formation du charbon.

Comme quoi le monde tient à peu de choses (ce qui invite à une certaine humilité).

Projetons-nous dans une uchronie énergétique. Si l’Afrique avait possédé des réserves colossales de charbon et les avait brûlées au même rythme que les autres puissances industrielles :

1. La crise climatique serait aujourd'hui démultipliée. Le budget carbone pour maintenir le réchauffement sous la barre des +2 °C serait déjà entièrement consommé, nous projetant peut-être d'ores et déjà vers un emballement climatique majeur.

2. La géographie économique du continent africain serait méconnaissable. À l’image des nations industrialisées par le charbon, l’Afrique compterait d’immenses bassins industriels centenaires, un réseau ferroviaire dense, une urbanisation massive précoce et une puissance manufacturière historique.

Soit dit en passant, l'Afrique du Sud est le seul pays du continent africain quelque peu doté en charbon ; il est également celui ayant de très loin le réseau ferroviaire le plus étendu, et le plus industrialisé. Ce n'est pas un hasard (si ce n'est le hasard de la géologie !).

Et l'Histoire, dans tout ça ? Imaginons une Europe pauvrement dotée de charbon au 19e siècle, et une Afrique abondamment dotée.

Les rapports de force coloniaux ayant précédé l'ère du charbon, l'Europe aurait d'abord cherché à s'imposer militairement sur les bassins houillers africains pour en contrôler l'exploitation et la rente.

MAIS le charbon ne se transportant pas facilement sur de longues distances, le continent européen aurait vite buté sur des limites physiques pour massifier sa production industrielle. Les élites et capitaines d'industrie européens auraient fini par s'installer massivement en Afrique, transférant le cœur battant de l'industrialisation directement sur ce continent.

Une fracture aurait alors émergé entre les Européens restés sur un continent d'origine resté agraire et pauvre, et cette puissante aristocratie industrielle et militaire « d'Afrique ». Avec le temps, ces colons industriels, devenus dépendants des réseaux locaux et de la main-d'œuvre africaine, finiraient par faire sécession avec leurs métropoles d'origine pour défendre leurs propres intérêts économiques.

L'Afrique sub-saharienne serait ainsi devenue le véritable centre de gravité de l'économie mondiale, mais aussi de la puissance militaire, tandis qu'une Europe marginalisée se serait retrouvée en position périphérique.

Les grands conflits européens du 20e siècle ne se seraient pas joués dans les plaines de Flandre, de la Ruhr ou du Yorkshire, mais autour des grands bassins houillers et des nœuds ferroviaires d'Afrique. C'est le continent africain qui aurait été un épicentre de guerres mondiales dévastatrices pour le contrôle des joules (donc de l'industrie et de la puissance militaire).

Dans un tel contexte, la « décolonisation » n'aurait pas pris la forme d'un retrait des métropoles européennes, mais plutôt d'une révolution interne menée par les classes laborieuses africaines (et les immigrés européens modestes installés en Afrique ?) contre une oligarchie industrielle d'origine européenne.

Dans une telle réalité, l'Afrique aurait vraisemblablement enclenché son exode rural, son urbanisation et sa transition démographique plus tôt dans l'Histoire. Peut-être que ses taux de fécondité seraient déjà en-dessous du seuil de renouvellement des générations, tandis que l'Europe afficherait encore une natalité élevée.

Ce n'est qu'un exercice de pensée, nous n'avons pas de boule de crystal. Toujours est-il qu'un simple décalage de quelques degrés de latitude de plaques tectoniques il y a 300 millions d'années, et l'histoire humaine bascule entièrement !

(publié par Cyrus Farhangi)



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Jean-Marc Jancovici en 2003

300 000 abonnés ! 🎈

Un grand merci à toutes et tous d’être toujours plus nombreux à nous suivre, débattre et partager les données indispensables pour comprendre le siècle qui s’ouvre.

Atteindre ce seuil n'est pas une fin en soi, mais reflète un intérêt croissant quant à l'urgence d'intégrer la réalité physique dans le débat public. Car la physique ne négocie pas.

Cette page Facebook apporte sa petite pierre à l'édifice de l'information énergie-climat dans le monde francophone. Les publications réalisent 170k vues par jour. L'audience composée à 35% de femmes, plus d'une moitié de non-abonnés, et présente une répartition équilibrée par classe d'âge. 🙂

Pour marquer le coup à l'occasion de cette étape purement symbolique, un rappel non-exhaustif de l'héritage intellectuel et des enseignements vulgarisés par Jean-Marc Jancovici, qui guident nos échanges au quotidien.

La primauté des ressources naturelles (notamment l’énergie) : l'économie consiste essentiellement à transformer des ressources naturelles et l’énergie est le véritable moteur du PIB. Les décennies passent et le parc mondial de machines — notre « armée d'esclaves énergétiques » — fonctionne encore à 80 % aux énergies fossiles.

Le déterminisme géologique et énergétique : l'histoire moderne résulte d'une manne d’énergies fossiles faciles d'accès. Or la géologie impose de plus en plus des limites physiques absolues à notre extraction.

La fin de la croissance et le choix entre décroissance "subie" ou "choisie" : dans un monde fini aux ressources limitées, la croissance infinie est une impossibilité physique. La baisse de la consommation d'énergie aura lieu quoi qu'il arrive. L'Europe est déjà entrée en phase de contraction physique subie. La vraie question est de choisir entre une décroissance souhaitée, planifiée et équitable, ou une décrue subie, chaotique et violente.

La contrainte carbone et le climat : le changement climatique n'est pas qu'un problème environnemental, c'est une menace directe sur la stabilité socio-économique, les rendements agricoles et la paix mondiale (le risque étant d'avoir "la guerre partout" comme le formule JMJ).

L'équation de Kaya.

L’urgence de l’action et la sobriété : sortir du déni exige d'adapter nos modes de vie, nos infrastructures et notre mix énergétique avant que le mur de la réalité physique ne s'en charge. Le nucléaire est un levier pour amortir la descente énergétique, mais "la fête énergétique ne va pas durer".

Merci à vous, communauté active, d'alimenter une réflexion exigeante et d'en parler autour de vous. La prise de conscience est la première étape du changement.

En route vers la suite ! 🌍


Intervention de Jean-Marc Jancovici en 2003 lors du climactionExtr...

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Jancovici : REDONNER LA PAROLE AUX CITOYENS

Jancovici : REDONNER LA PAROLE AUX CITOYENS

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Invité de C dans l’air, Jean-Marc Jancovici revient sur les événements climatiques extrêmes qui marquent déjà 2026, sur les conséquences d’El Niño et sur une réalité avec laquelle nos sociétés doivent désormais composer : le climat que nous avons connu ne reviendra pas.

Canicules, sécheresses, incendies, fonte des glaciers… Les records actuels seront, un jour ou l’autre battus à nouveau.
Pour Jean-Marc Jancovici, nous devons désormais à la fois réduire les causes du changement climatique et nous préparer à vivre dans un monde différent.

Mais l’entretien aborde également une autre question : comment prendre collectivement des décisions dans un monde de plus en plus instable et confronté à des arbitrages difficiles ?



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Post de Valérie Masson-Delmotte* : "La catastrophe au Népal a été induite par un effondrement de glacier du Langtang Lirung, à u...

Post de Valérie Masson-Delmotte* : "La catastrophe au Népal a été induite par un effondrement de glacier du Langtang Lirung, à une altitude d'environ 5200 mètres.

Que sait-on du lien avec le réchauffement climatique dû aux activités humaines pour les glaciers de ce secteur ?

Une étude scientifique approfondie publiée en juin 2026 apporte des réponses très claires :
– perte de masse qui accélère depuis les années 1990
– meurtrissure du recul de la surface des glaciers de ce secteur depuis la fin du 20ème siècle,
– amincissement généralisé,
– remontée en altitude de la ligne d'équilibre (là où l'accumulation contre-balance la fonte) de 175 mètres pour atteindre 5500 mètres à partir des années 2010,
– réchauffement prononcé, amplifié en altitude (+0,3°C par décennie 1964–2003 au-dessus de 4000 mètres),
– amincissement qui s'est propagé vers l'amont des glaciers,
– fragmentation des glaciers et déconnexion, amplifiant le recul en altitude, la formation de falaises de glace instables, et, en vallée, la dégradation de langues de glaciers couvertes de débris.

L'article complet est disponible ici,
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0921818126002766

Pour rappel, une analyse à l'échelle mondiale montre que chaque kg de CO2 émis (principalement par l'utilisation d'énergies fossiles, pétrole, charbon et gaz) entraîne la fonte d'environ 15 kg de glace de glaciers, et de multiples impacts qui peuvent devenir catastrophiques, comme au Népal."

* Valérie Masson-Delmotte est une paléoclimatologue française de premier plan et directrice de recherche au CEA (au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement). Elle s'impose comme l'une des climatologues les plus influentes au monde principalement grâce à son travail de recherche sur la reconstitution des climats passés à partir des carottes de glace et, surtout, à sa présidence du groupe de travail 1 du GIEC de 2015 à 2023. À ce poste, elle a dirigé l'évaluation scientifique mondiale des bases physiques du changement climatique, supervisant la rédaction de rapports majeurs qui font référence pour les décideurs de la planète. Reconnue pour la rigueur de ses travaux, sa pédagogie et son rôle dans la vulgarisation scientifique, elle a reçu la médaille d'argent du CNRS et a été citée parmi les 100 personnes les plus influentes du monde par le magazine Time en 2022.

(publié par Cyrus Farhangi)



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Pour soutenir l'initiative, rendez-vous sur notre cagnotte Ulule : https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

Pour soutenir l'initiative, rendez-vous sur notre cagnotte Ulule : https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

Un commun accord

Canicules, sécheresse et incendies hors normes, pétrole sous tension, conflits internationaux… L’année 2026 n’a eu de cesse de le rappeler aux Français : notre monde est en train de changer et nous touchons aux limites planétaires.
De quoi a-t-on désormais le plus besoin pour faire face à ces bouleversements ?
De se mettre d’accord.

A l’approche de l’élection présidentielle, c’est le défi qui va être confié à 150 Françaises et Français tirés au sort – et à nous tous en ligne.

La mission ? Se retrousser les manches et s’attaquer aux grands dilemmes de notre époque, pour nourrir le débat de l’élection présidentielle de manière inédite. On vous explique tout !



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Un commun accord – L'assemblée citoyenne pour 2027

"UN COMMUN ACCORD"

Cela fait plus de 20 ans que M Jancovici consacre sa vie professionnelle à un grand défi environnemental de notre époque. Il a exploré beaucoup de facettes de la vulgarisation, de l’expertise, de la proposition d’action, et du transfert de connaissances.

Mais, face à un défi, ce n’est pas l’expert ou le président d’association qui fait avancer le pays. C’est sa population. Nous aurons toujours besoins d’experts et de scientifiques pour nous décrire le monde tel qu’il est. Mais la vérité scientifique seule ne suffit pas à indiquer la voie quand il s’agit de choisir entre plusieurs éventualités dont aucune n’est idéale.

Interviennent aussi nos valeurs, nos intérêts, ou encore nos liens affectifs. Et comme nous avons chacune et chacun les nôtres, seule la délibération collective permet de finir par s’accorder.

De la délibération collective, c’est précisément l’objectif du projet « Un Commun Accord », qui se lance aujourd’hui, et qui va permettre à 150 citoyens représentatifs de la population française de s’attaquer à quelques grands dilemmes de notre époque, pour essayer de se mettre d’accord sur la conduite à tenir.

Alors que notre pays se cherche une voie, et que nous entrons dans une période où chaque prétendant à l’Elysée va expliquer en quoi il n’est pas d’accord avec les autres prétendants, l’objectif ici sera au contraire de travailler sur nos points d’accord pour aborder le monde qui vient. Nous espérons ainsi changer un peu, ou beaucoup, la tournure des débats de la campagne, avec une méthode qui n’est ni la pétition ni la manifestation, mais la proposition.

Que sommes-nous prêts à changer sur des sujets essentiels de notre avenir commun ?
150 Français tirés au sort vont tenter d’y répondre en assemblée. Tous les autres sont invités à participer en ligne.

Pour que cette assemblée citoyenne soit entendue, et que ses suggestions soient discutées par les candidats (et le reste du pays), il faut qu’elle soit soutenue par le plus grand nombre possible d’entre nous. C’est pour cela que nous avons décidé de démarrer l’opération par une campagne de financement participatif, mais avec un angle un peu original.

Notre objectif n’est en effet pas tant de boucler un budget (qui est déjà largement assuré) en demandant le plus d’argent possible, que de compter le plus grand nombre de soutiens possible.

Ce que nous demandons, c’est le don d’un euro symbolique, c’est à dire ce que l’on donne quand c’est une question de valeurs et non d’argent. Il y a certes des gens dans notre pays qui sont à un euro près, mais cette somme reste quand même largement accessible.

Alors, si vous pensez que c’est une bonne manière de contribuer à avoir un débat électoral à la hauteur des enjeux, rendez-vous sur cette page pour en savoir plus et soutenir notre initiative.

https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

Vous pouvez également trouver une description plus complète de notre projet là : www.uncommunaccord.fr

(par adrien Couzinier)


À l’approche de l’élection présidentielle, 150 Français tirés au sort se mettent d’accord face aux grands défis de société qui ont trop attendu.

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🌊 **Record absolu : les océans n'ont jamais été aussi chauds**

🌊 **Record absolu : les océans n'ont jamais été aussi chauds**

Post de Ludovic Arga :

"Selon ERA5 (données depuis 1940), le 21 août 2026 a très probablement établi la température de surface de la mer la plus élevée jamais mesurée.

Mais ce n'est pas qu'un record moderne.
Il se pourrait que nous venions de dépasser le maximum thermique de tout l'Holocène : record sur les 11 700 dernières années.

Et peut-être même le pic du dernier Interglaciaire, il y a 125 000 ans.

En clair : la planète n'a probablement jamais connu des océans aussi chauds depuis que l'humanité existe.

Ce n'est pas une curiosité scientifique.
C'est un signal d'alarme massif pour :
👉 les écosystèmes marins (blanchiment, effondrement de la biodiversité),
👉 les phénomènes extrêmes (cyclones plus intenses, précipitations violentes),
👉 la sécurité alimentaire et économique de milliards de personnes.

Et pourtant, cette nouvelle passe presque inaperçue.

Si un record de température de l'air fait la une, pourquoi un record océanique (bien plus grave) reste-t-il dans l'ombre ?"

(publié par Cyrus Farhangi)



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Détroit d'Ormuz : comment les Etats-Unis font passer des millions de barils sous le nez de l'Iran

Depuis quelques semaines la donne semble avoir changé dans le détroit d'Ormuz. Les États-Unis et leurs alliés du Golfe seraient parvenus à restaurer une part non-négligeable du trafic pétrolier, en faisant passer les bateaux la nuit "en douce", échappant aux frappes iraniennes, dont les capacités de surveillance du Détroit auraient été endommagées lors des bombardements américains ciblés de juillet.

Ce ne serait cependant qu'une solution partielle et temporaire :

1) Cela coûte cher à la marine US de maintenir une aussi forte présence dans la région (au détriment d'autres régions du monde, notamment l'Asie Pacifique) et cela ne saurait durer indéfiniment.

2) La situation sécuritaire du Détroit reste tendue, alors que l'Iran semble prendre le temps de ré-affuter une stratégie militaire plus offensive que celle qui a prévalu jusqu'à présent, se préparant à une guerre longue jusqu'en 2027 voire au-delà.

3) Cela ne règle en rien la crise du raffinage résultant de la destruction significative de capacités de raffinage au Moyen-Orient et en Russie.

L'équipe de bénévoles (à qui JMJ a accordé sa confiance pour animer cette page) parcourt chaque jour des dizaines d'articles sur l'énergie et le climat afin de tenter de vous proposer une veille pertinente sur des situations complexes et incertaines. Non sans faire régulièrement référence, évidemment, au travail et à l'héritage intellectuel de JMJ !

À propos de veille, traduction d'un article pertinent de CNN.

"Comment les États-Unis et leurs alliés du Moyen-Orient ont inversé la vapeur face à l'Iran sur le pétrole

L'après-midi du 25 juillet, le supertanker grec *Kiku* s’est amarré au terminal d’exportation pétrolière de Mesaieed au Qatar, un port massif de 30 postes d'accostage situé sur la côte ouest du pays, à 40 kilomètres au sud de Doha.

Quatre jours plus tard, chargé de pétrole brut, le *Kiku* a franchi le détroit d'Hormuz. Ce superpétrolier (*Very Large Crude Carrier* — la plus grande classe de pétroliers, mesurant plus de 300 mètres de long) a maintenu une vitesse constante de 13 nœuds à travers le golfe Persique, proche de sa vitesse maximale.

Puis, le 31 juillet, peu après 14 h, juste au large des côtes de Dubaï, le *Kiku* a disparu.

Le navire avait éteint son transpondeur AIS, un système radio maritime qui transmet l'identité, la vitesse, la cape et la position d’un bâtiment. Pour les services de suivi du trafic maritime mondial, c'était comme si le *Kiku* s'était tout simplement évaporé.

Soudainement, le 1ᵉʳ août à 10 h, le signal du *Kiku* est réapparu — de l'autre côté du détroit d'Hormuz.

Il s'agissait de la toute dernière tactique de l'industrie pétrolière : des traversées nocturnes « sombres » du détroit, sous escorte militaire américaine. L'objectif : éviter les attaques de drones iraniens — comme celle qui avait frappé le *Kiku* un mois plus tôt, sans toutefois exploser.

Aujourd’hui, épaulées par la US Navy, les compagnies pétrolières saoudiennes, koweïtiennes, qatariennes et émiratrices affrètent des pétroliers pour qu'ils coupent leurs transpondeurs et fassent la navette afin d'extraire le pétrole du golfe Persique. Ils traversent le détroit d'Hormuz jusqu'au golfe d'Oman, où ils déchargent leur brut dans les navires en attente de leurs clients, avant de repasser le détroit dans l'autre sens.

Cette méthode a permis de retirer le lourd fardeau du risque d'assurance et du danger physique d'attaques iraniennes des épaules des transporteurs commerciaux, pour le transférer au gouvernement américain et aux producteurs de pétrole eux-mêmes.

C'est devenu une stratégie efficace, selon le département de l'Énergie des États-Unis, qui indique que le trafic pétrolier dans le détroit d'Hormuz s'est maintenu en moyenne entre 8 et 9 millions de barils par jour. C'est un volume significatif de brut — environ le double de ce que les analystes pétroliers de Wall Street et les récapitulatifs maritimes comme Kpler suggéraient en se basant sur les données des transpondeurs.

Ces traversées clandestines ont changé la donne pour l'industrie pétrolière du Moyen-Orient. CNN a observé plus d'une douzaine de transferts de navire à navire dans le golfe d'Oman en deux jours, les pétroliers poursuivant ensuite leur route vers des destinations telles que la Chine, Taïwan, la Corée du Sud, les Philippines, le Viêt Nam et la Thaïlande.

C'est un coup de poker dangereux et coûteux qui offre un répit temporaire au marché pétrolier. Mais en l'absence de solutions permanentes — une fin négociée de la guerre et un plan durable pour le détroit —, cette alternative permet de gagner du temps.

### Traversées sombres

L'augmentation de ces traversées « sombres », comme le récent voyage du *Kiku*, intervient à un moment crucial pour le marché de l'énergie.

La guerre, qui dure depuis bien plus longtemps que beaucoup ne l'imaginaient, perturbe un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole depuis six mois, mais a atteint un point d'inflexion ces dernières semaines : des milliards de barils de pétrole et de carburant dans les stocks commerciaux ont disparu. Les réserves d'urgence américaines n'ont jamais été aussi basses depuis le début des années 1980. Le recours de la Chine à ses imposants stocks de pétrole — un facteur clé pour éviter un pétrole à 150 $ — ne durera pas éternellement. Et les investisseurs sur le marché obligataire ainsi que les électeurs perdent patience face aux prix élevés.

Confrontés à un scénario de cauchemar, les producteurs de pétrole du Moyen-Orient ont commencé à utiliser leur nouvelle stratégie au cours des dernières semaines. Ce n'est pas une solution parfaite — le détroit est tristement étroit, large de seulement 37 kilomètres (23 miles). Il y a peu d'endroits où se cacher, et les radars peuvent toujours repérer un navire même si son transpondeur est éteint. Deux navires appartenant aux Émirats arabes unis ont été attaqués cette semaine.

Pourtant, environ 80 % du trafic traversant le détroit au cours des deux dernières semaines s'est fait en mode « sombre », longeant la côte d'Oman aussi loin de l'Iran que possible, selon Kpler. En raison du conflit régional, certaines données de suivi ont fait l'objet de brouillages GPS, ce qui rend les évaluations difficiles.

Comme beaucoup de navires utilisant cette nouvelle tactique, le *Kiku* est réapparu un jour après l'extinction de son transpondeur alors qu'il était ancré près de la ville portuaire émiratie de Fujaïrah. Une fois son signal rétabli, le *Kiku* s'est amarré à côté d'un autre superpétrolier grec, le *Nave Electron*, arrivé dans le golfe d'Oman un jour plus tôt.

Les deux navires sont restés côte à côte pendant une semaine pour effectuer un transfert de pétrole de navire à navire. Lorsqu'ils se sont enfin séparés le 8 août, le *Nave Electron* a quitté le golfe, chargé de pétrole, en direction de la mer d'Arabie, en route vers Ningbo en Chine.

Le *Kiku* est resté au large de Fujaïrah jusqu'aux alentours du 14 août, date à laquelle il est repassé en mode sombre. Le lendemain, juste avant 16 h, son signal est réapparu dans le golfe Persique, faisant route vers le Qatar.

### Inverser la vapeur

Ces traversées sombres sous escorte sont le dernier exemple en date de la capacité des producteurs de pétrole du Moyen-Orient à augmenter le volume de brut exporté vers leurs clients à travers le monde, inversant ainsi la vapeur face à l'Iran.

Plus remarquable encore, l'Arabie saoudite a réorienté environ 5 millions de barils de pétrole par jour qui auraient dû être destinés à des pétroliers en attente dans le golfe Persique. À la place, ce pétrole a voyagé via son oléoduc Est-Ouest jusqu'au port de Yanbu sur la mer Rouge. Les producteurs du Moyen-Orient ont réorienté 2 autres millions de barils par jour pour contourner le détroit d'Hormuz.

La production s'est également intensifiée ailleurs dans le monde pour compenser. Le Brésil, le Guyana et le Venezuela ont ajouté à eux trois plus de 1 million de barils par jour de production supplémentaire. Les États-Unis ont apporté plusieurs centaines de milliers de barils quotidiens de plus sur le marché.

Et des traversées sombres, beaucoup moins coordonnées (ou protégées militairement), ont lieu depuis des mois.

De l'autre côté de l'équation, les États-Unis ont prélevé 400 millions de barils dans leurs réserves d'urgence, entamant considérablement leur réserve stratégique de pétrole. La Chine a elle aussi largement pioché dans ses propres stocks tout en réduisant drastiquement ses importations de brut. La demande mondiale a également nettement baissé avec la hausse des prix, aidant à équilibrer le marché et à fournir du pétrole aux clients qui en ont besoin.

Le marché finit toujours par trouver une voie. Il s'est révélé bien plus complexe et nettement plus flexible que ce que les experts les plus avertis anticipaient au début de la guerre.

### Une solution temporaire

L'imagerie radar et satellite du détroit d'Hormuz dresse un tableau que les données des transpondeurs ne permettent pas de voir. Par exemple, sur les photos satellite du 14 août, des alignements de points apparaissent en arc de cercle le long de la côte d'Oman à travers le détroit. Mais ces points ne correspondent à aucune donnée de suivi maritime enregistrée le même jour à la même heure. Les « points » étaient passés en mode sombre.

Le 7 août, deux pétroliers grecs sont apparus l'un à côté de l'autre dans le golfe d'Oman sur les données des transpondeurs. Les images satellite montrent le *Nissos Kythnos*, un navire-navette ayant effectué une traversée sombre du détroit, aligné à côté du *Front Otra*. Le 14 août, le *Front Otra* a été détecté dans la mer d'Arabie en route vers Taïwan. Le *Nissos Kythnos*, lui, était de retour dans le golfe Persique.

Mais cela ne pourra pas durer éternellement.

Les stocks de pétrole ont été épuisés à hauteur de 1,9 milliard de barils depuis le début de la guerre. Si le marché atteint un équilibre, il faudra les reconstituer pour éviter la prochaine crise. Si ce n'est pas le cas, ces stocks finiront par tomber si bas qu'on ne pourra plus s'y fier pour répondre à la demande mondiale, atteignant un point de rupture où la seule solution sera d'augmenter significativement les prix du pétrole pour étouffer encore davantage la demande.

Un problème similaire a déjà fait son apparition sur le marché des carburants : trois des quatre grands centres de raffinage mondiaux sont en grave difficulté.

La guerre contre l’Iran a endommagé des raffineries au Moyen-Orient et ralenti l'exportation de carburant depuis la région.

La Russie, une autre source majeure de carburant, a été mise hors jeu par un autre conflit, celui avec l'Ukraine. Les raffineries russes ont été visées par des drones ukrainiens, et Moscou, confronté à une pénurie sur son propre sol, a coupé ses exportations.

La Chine, cherchant à éviter des pénuries intérieures, limite ses propres exportations de carburant raffiné. C'est un élément critique, car la Chine est normalement un exportateur majeur.

Il ne reste plus que les raffineries américaines du golfe du Mexique pour porter le poids de la demande mondiale. Or, les raffineries américaines ne peuvent pas tourner à plein régime indéfiniment.

L'essence, et particulièrement le gazole et le kérosène, connaissent une demande si forte face à une capacité de raffinage si restreinte que les prix ont flambé — bien au-delà de ce que les cours du pétrole brut laisseraient supposer.

Le président Donald Trump avait réussi à tirer les prix du pétrole vers le bas pendant des mois en promettant une percée imminente dans les négociations. Sa stratégie a toutefois changé récemment : la nouvelle approche de l'Amérique consiste à asphyxier l'Iran en déclenchant une « opération économique écrasante » au moyen d'un blocus naval prolongé des ports iraniens.

Cela a fait grimper les prix du pétrole depuis plusieurs semaines, les rapprochant de la barre des 100 $ le baril.

Avec deux pays bloqués dans un bourbier inextricable, la bataille pour le contrôle du détroit maintient le pétrole — et surtout l'essence, le gazole et le kérosène — à des prix inconfortablement élevés pour les consommateurs, ce qui alimente l'inflation et réduit leur revenu disponible.

Néanmoins, l'impressionnante capacité du marché à contourner au moins partiellement le conflit a également empêché les prix d’atteindre des sommets aussi astronomiques que le suggérerait le plus grand choc d’approvisionnement pétrolier de l’histoire."

(publié par Cyrus Farhangi)


L'armée américaine organise chaque nuit le passage de pétroliers par un chenal longeant Oman, rapporte Axios. Près de 10 millions de barils transiteraient désormais chaque jour, soit environ la...

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Europe heatwaves scorch 80 million with 40 C heat: AFP analysis

Les décès liés à la canicule en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne montent en flèche
Le bilan devrait encore s'alourdir en août et en septembre.

Les vagues de chaleur extrême sont un risque structurel, auquel l'Europe est particulièrement exposée.
C'est la raison pour laquelle l'Europe (et la France) doit être à la pointe du combat contre le réchauffement climatique.

Les quatre plus grands pays de l'UE ont enregistré plus de 25 000 décès probablement liés à la canicule en 2026 à ce jour, selon les dernières données nationales rapportées par Euractiv.

Le site précise que l'Allemagne a été « la plus durement touchée », avec environ 14 000 décès dus à la canicule. On dénombre 4 500 décès liés à la canicule en Espagne et – comme indiqué plus tôt dans la semaine – plus de 7 300 en France, selon le média. Il précise que les chiffres italiens ne sont pas encore définitifs, mais qu’un expert consulté par Euractiv estime que le nombre de victimes atteindra entre 5 000 et 8 000 cet été.
Euronews note que des responsables politiques allemands de centre-gauche ont fait pression cette semaine pour inscrire l’adaptation au changement climatique dans la Constitution du pays, un ancien ministre de la Santé soulignant que les chiffres des décès liés à la canicule sont « probablement sous-estimés ».

L’Agence France-Presse souligne que toutes les estimations des décès liés à la canicule « ne sont pas définitives et pourraient encore augmenter ».
Une analyse réalisée par le média révèle que 80 millions de personnes en Europe ont été confrontées à des températures supérieures à 40 °C cet été.

Economiquement, les nouvelles sont aussi mauvaises, mais ce n'est pas une surprise.
Dans son étude de fin mai "Impact des vagues de chaleur sur l'économie en Europe, Allianz, premier assureur au monde :

🌡️ Dans son scénario de crise, Allianz Trade estime que les pertes cumulées de PIB implicites pourraient atteindre 5 à 7 % pour les économies les plus exposées (dont 240 Mds $ pour la France, , 354 milliards pour le Japon, 147 milliards pour l’Italie, 131 milliards pour l’Allemagne et 120 milliards pour l’Espagne): De quoi annuler la croissance économique uniquement par les effets des vagues de chaleur (sans compter tout le reste) !

Ce rapport rappelle que les vagues de chaleur extrême apparaissent comme un risque économique structurel, auquel l'Europe est particulièrement exposée.

Bref, le premier assureur au monde nous alerte que "les vagues de chaleur extrême apparaissent comme un risque économique structurel", d'autant que notamment "la plupart des dommages liés à la chaleur s’accumulent sous forme de surmortalité, de pertes d’heures de travail, de pression sur le système de santé et de contraintes sur les infrastructures – des canaux que les contrats d’indemnisation ne sont pas conçus pour gérer."

https://www.euractiv.com/news/heat-deaths-in-germany-france-italy-and-spain-soar/

https://www.france24.com/en/live-news/20260820-europe-heatwaves-scorch-80-million-with-40-c-heat-afp-analysis

https://www.euronews.com/my-europe/2026/08/20/germany-reports-record-14000-heat-related-deaths-this-year-official-data-shows

https://www.allianz-trade.fr/actualites/impact-des-vagues-de-chaleur-sur-l-economie-en-europe.html

(par adrien Couzinier)


Europe's deadly record-breaking summer heatwaves sent temperatures above 40C in areas inhabited by 80 million people from mid-June to mid-August, according to official data analysed by AFP, with many…

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Post LinkedIn de JMJ : "Il y a classiquement 5 étapes au deuil : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptat...

Post LinkedIn de JMJ : "Il y a classiquement 5 étapes au deuil : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation.

Les mots parlent d’eux mêmes : dans un premier temps on refuse d’accepter ce qui est arrivé, dans un deuxième on se révolte et on s’estime victime d’une injustice, dans un troisième on refait l’histoire, dans un quatrième on perd le gout de la vie, et enfin dans le cinquième on recommence à avancer.

L’été qui vient de s’écouler nous rappelle que nous avons un processus de deuil à engager avec le climat d’hier. Pendant longtemps, nous avons nié. Cela a paradoxalement été le cas même au sein des plus militants d’entre nous : nous avons souvent sous-estimé la gravité de ce qui était en cours, considérant que nous avions un problème réel mais pas existentiel.

La montée du niveau de l’océan ? C’est pour dans très longtemps. Les glaciers qui fondent c’est triste, mais c’est surtout un problème esthétique ; les maisons qui se fissurent sont assurées ; pour les canicules on fait le dos rond le temps que ça passe et on climatise quelques bâtiments ; et si quelques arbres meurent de sécheresse ou par incendie ce n’est pas grave parce qu’il y a beaucoup de forêt.

Ce déni, nous y sommes toujours pour beaucoup, même si nous commençons, pour certain(e)s, à entrer dans les phases qui suivent : la colère, le marchandage, la dépression. Je ne parle pas seulement des « climatosceptiques », qui eux sont dans un déni explicite.

Même les personnes qui reconnaissent qu’il y a un problème et que ce sont bien nos émissions qui en sont à l’origine n’ont pas encore bien compris toutes les implications de la chose.

Comme pour un vrai deuil, l’urgence, c’est l’acceptation. Elle seule permet de « repartir de l’avant » pour enfin construire quelque chose de nouveau. Et pour cela il va falloir accepter la mort du climat du passé, et même du climat actuel.

Notre pays va bientôt perdre, définitivement ou pour très longtemps, un certain nombre d’éléments de paysage qui nous étaient familiers, de cultures, de bâtiments, de cours d’eau, de lacs, de glaciers, d’arbres, et j’en passe. C’est triste, mais c’est inexorable.

Il faut trouver un moyen d’arriver à nous épanouir quand même dans ce nouveau monde, que nous ne pouvons pas refuser. Il nous faut donc aller le plus vite possible au bout de ce processus de deuil, pour, le plus vite possible, (re)bâtir sur d’autres bases.

Ce sujet ne devrait-il pas être un des grands thèmes de débat de la prochaine présidentielle ?"

(recopié par Cyrus Farhangi)



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Ocean Heat Threatens to Supercharge Storm Season in Europe

L’hiver risque d’apporter son lot de catastrophes climatiques en Europe

À cause du changement climatique et des fortes vagues de chaleur qui ont eu lieu sur le continent européen cet été, l’hiver risque d’être fait de grosses tempêtes. Une conséquence directe du réchauffement des mers.

Les vagues de chaleur à répétition ont frappé tout le continent et affecté l’intégralité de nos écosystèmes, y compris sous la mer. Les températures de l’eau en surface n’ont jamais été aussi élevées en Europe qu’à la fin du mois de juin 2026, a déjà alerté l’agence pour le climat européenne Copernicus. Elles étaient 6 °C plus chaudes que la moyenne en cette saison.

Selon World Weather Attribution (WWA), la Méditerranée se réchauffe deux fois plus vite que les autres mers du monde. Et cela affecte directement la vie marine. Des mouvements de poissons vers des eaux plus froides ont d’ores et déjà été remarqués cet été. Davantage de bactéries se développent aussi dans les eaux chaudes et peuvent être transmises à l’homme sur les plages du littoral européen.
Mais ces mers chaudes dues au changement climatique pourraient aussi entraîner d’autres événements climatiques majeurs, notamment des tempêtes.

Une étendue d’eau plus chaude qu’habituellement entraîne un air plus chaud et un taux d’humidité élevé dans les zones côtières, alertent les spécialistes. Et, à travers le cycle de l’eau, cela pourrait entraîner des super-tempêtes en hiver. "Quand on a des eaux de surface très chaudes, cela donne de l’énergie aux tempêtes pour qu’elles durent plus longtemps", souligne Catherine Gregory, co-autrice du rapport de WWA dans Bloomberg.

Le groupement international de chercheurs va encore plus loin et formule l’hypothèse selon laquelle l’Europe pourrait vivre des tempêtes et précipitations similaires à la mousson et interagir avec les cyclones tropicaux, les rendant encore plus destructeurs ailleurs dans le monde.
En 2024, la province espagnole de Valence avait connu des inondations majeures qui ont entraîné la mort de plus de 230 personnes. C’était notamment dû à la présence d’une poche d’air froid au-dessus de la Méditerranée brûlante. Ce type d’événements catastrophiques pourrait se multiplier.

Une étude parue dans Nature Communications à la suite des inondations en Espagne avait acté le rôle du changement climatique de nature humaine dans la catastrophe. L’étude du WWA autour de la température des eaux européennes conclut la même chose. Les scientifiques appellent à une transition rapide pour éliminer les carburants fossiles de nos existences. Sans cette mesure, les écosystèmes, les poissons, la production de nourriture et le tourisme sont en danger le long des côtes européennes.

Au vu de l'inertie climatique et de la très forte dépendance de l'économie aux énergies fossiles, ces gros problèmes ont de très fortes chances d'augmenter dans les années a venir.

https://www.geo.fr/environnement/un-risque-accru-de-super-tempetes-en-europe-cet-hiver-apres-les-canicules-233296

https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-08-18/ocean-heat-waves-threaten-to-supercharge-storm-season-in-europe?srnd=homepage-europe

(par adrien Couzinier)


Rising temperatures in the ocean now have the potential to cause intense storms in Europe later this year, according to new research.

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La France hexagonale a vécu 52 jours de vagues de chaleur depuis la mi-juin, un cumul jamais enregistré alors que l’été n’est pa...

La France hexagonale a vécu 52 jours de vagues de chaleur depuis la mi-juin, un cumul jamais enregistré alors que l’été n’est pas terminé.

Les climatosceptiques aiment rappeler que l'été 1976 il a également fait très chaud. La fréquence à laquelle ils rappellent désormais quasiment chaque été cet événement jadis rare... est cependant bien signe que la fréquence des vagues de chaleur augmente !

On observe d'ailleurs sur ce graphique extrait d'un article du Monde que sur un indicateur comme le nombre de jours de vagues de chaleur, un événement comme celui de 1976 est devenu banal au 21e siècle. Et depuis quelques années un été comme 1976 est un été relativement frais.

La sécheresse de 1976 fut cependant exceptionnelle par son déficit pluviométrique cumulé : précédée d'un hiver très sec, elle a duré près de neuf mois, asséchant profondément les nappes phréatiques et l'agriculture. C'était alors une anomalie météorologique rare.

Aujourd'hui, sous l'effet du réchauffement climatique, ces événements ne sont plus des exceptions mais sont en train de devenir la norme. Bien que les hivers restent parfois pluvieux, la hausse des températures amplifie l'évapotranspiration et assèche brutalement les sols. D'après Météo France, des étés récents comme 2022 ou 2026 surclassent 1976 en intensité thermique et en sécheresse agricole.

(publié par Cyrus Farhangi)



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La notion de fin de la croissance (pas dans 500 ans mais en ce moment-même) est l’une des claques particulièrement monumentales ...

La notion de fin de la croissance (pas dans 500 ans mais en ce moment-même) est l’une des claques particulièrement monumentales que l’on peut se prendre de la part de Jean-Marc Jancovici. Il n’est évidemment pas le premier à la théoriser, mais il est celui qui au 21e siècle a poussé des millions de Français à cogiter à ce sujet.

Que ce soit en France, en Europe ou ailleurs, le taux de croissance a tendance à diminuer. La croissance infinie étant impossible, le taux finira bien par atteindre partout zéro (voire moins s'il doit y avoir "correction" 🤷).

Pourquoi ? Jean-Marc Jancovici met en avant :

1) Le déclin des ressources fossiles les plus rentables, qui contraint physiquement notre production de richesses.

2) Les destructions climatiques et écologiques qui amputent de plus en plus lourdement la richesse économique.

D’autres analystes mettront en avant la productivité (les innovations modernes génèrent moins de gains marginaux que les grandes révolutions industrielles précédentes), la tertiarisation (qui engendre moins de croissance que l’industrialisation), le fardeau de la dette publique et privée, la stagnation des revenus de la classe moyenne, le vieillissement démographique, ou encore la saturation des besoins.

📊 Nous avons construit ce graphique pour la France en téléchargeant des données INSEE. Nous avons calculé une moyenne mobile sur 10 ans afin de lisser les variations conjoncturelles. Et le résultat est sans équivoque.

On voit là le franchissement de deux paliers majeurs :

1) Le choc pétrolier de 1974, marquant la fin brutale des Trente Glorieuses. Le taux de croissance par habitant s'effondre de 2,5 points, passant d'un régime florissant de +4,3% à une normalité de +1,8%.

2) La Grande Récession mondiale de 2008 (que certains économistes perçoivent comme un choc énergétique plutôt que purement financier) ampute la croissance de 1,1 point pour la faire stagner autour de +0,6 %.

Chaque marche descendue devient ainsi le nouveau régime normal.

📉 Sous le poids des contraintes structurelles citées en introduction, un nouveau franchissement de seuil, menant à une croissance "négative", semble ainsi plausible dans un avenir proche.

Une nouvelle crise énergétique (Ormuz, Russie) et/ou l'éclatement d'une éventuelle bulle spéculative autour de l'IA pourraient agir comme détonateurs précipitant ce passage vers la barre du zéro (voir en-dessous).

⚠️ Ne pas confondre cependant les déclencheurs (crises soudaines) et les facteurs structurels (limites de fond à la croissance).

(publié par Cyrus Farhangi)



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"Les marchés financiers ont commencé à fixer des prix selon El Niño", par Roberta Boscolo, cheffe de l'unité Energie et Climat d...

"Les marchés financiers ont commencé à fixer des prix selon El Niño", par Roberta Boscolo, cheffe de l'unité Energie et Climat de l'Organisation Météorologique Mondiale.

Un article précis dans le Financial Times cette semaine illustre comment un fonds spéculatif lève un fonds spécialement conçu pour tirer profit de l’El Niño de cette année et pourquoi les banques du secteur publient désormais des guides clients sur ses implications sur le marché.

☕ Les prix du café et du cacao ont grimpé alors que les commerçants anticipent des dégâts liés aux récoltes en Afrique de l’Ouest et au Brésil
🌾 Le blé en Australie et le riz en Inde font face à de sérieuses menaces, car les précipitations de mousson indienne sont déjà plus d’un dixième en dessous de la moyenne
🚢 Les prix des enchères de transit du canal de Panama ont atteint des sommets records, alors que les inquiétudes concernant la baisse du niveau de l’eau font écho à la sécheresse sévère de 2023–24
⚡ L’exploitation minière du cuivre est perturbée en Zambie par la sécheresse et au Chili par les inondations sous le même effet de l’événement, générant des risques opposés dans des endroits différents
🍬 Un impact sur la production sucrière indienne est suivi de près par les analystes

Le réchauffement climatique augmente les impacts de chaque événement qui se produit, superposant l’augmentation typique de température de 0,1 à 0,2°C d’El Niño à un réchauffement déjà dangereux de 1,4°C, et chargeant une atmosphère plus chaude d’humidité pour alimenter des averses plus fortes là où El Niño apporte déjà de la pluie.

Le chiffre le plus alarmant n’est pas un chiffre de marché. Le World Food Programme avertit que cet événement menace de plonger au moins 49 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire, rappelant que les vrais dégâts touchent le plus durement ceux qui ont le moins de capacité à les absorber. Et cela va durer : une étude publiée en 2023 dans Science a révélé que les épisodes majeurs d’El Niño freinent la croissance dans les pays touchés pendant des années.

Les marchés se positionnent déjà autour de cet événement, des mois avant son pic. La question est de savoir si cette même prévoyance atteint les petits exploitants, les planificateurs de la sécurité alimentaire et les communautés vulnérables avec la même urgence qu’elle atteint les fonds spéculatifs. 🛰️

📰 Source : Financial Times, "How will El Niño hit the world economy?" (Moral Money, 12 August 2026)

Lien vers le post de Roberta Boscolo : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7493792606271991808/

(par Adrien Couzinier)



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L'Europe en quête de puissance climatique - Marc-Antoine Eyl-Mazzega

Amis (et contradicteurs) des thèses jancoviciennes sur les réalités matérielles, bonjour. Dans un monde aux ressources finies, la transition bas-carbone n'est pas un simple dossier administratif et financier, mais une guerre des flux physiques de l'énergie et des métaux. Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre Énergie et Climat de l'Ifri, vient implacablement confirmer ce constat sur le terrain géopolitique.

L'Europe a longtemps cru que la lutte climatique se ferait par de simples ajustements à la marge : un peu plus d'éolien, un peu de solaire, et des règles de marché bien huilées. Pendant que nous rédigions des normes et des traités de libre-échange, la Chine, elle, s'occupait des flux physiques. Elle a sécurisé l'approvisionnement et le raffinage (très polluant) des métaux critiques. Aujourd'hui, elle domine la production mondiale de panneaux, batteries et véhicules électriques, et pourra se servir de ce monopole industriel comme arme de chantage.

Si l'Europe tente de se protéger, Pékin menace de restreindre l'accès à ces métaux ultra-purifiés dont dépendent nos industries de pointe. Pour obtenir ces matériaux, nos industriels sont parfois sommés de dévoiler leurs secrets de fabrication ou de délocaliser leurs usines sur le sol chinois.

Face à ce rouleau compresseur, les États-Unis ont réagi, selon Eyl-Mazzega, de manière pragmatique. Devenus une superpuissance des hydrocarbures sous Obama, ils utilisent désormais la force de frappe financière de l'Inflation Reduction Act pour subventionner la relocalisation de leurs usines, vampirisant au passage l'industrie européenne.

Le reste du monde s'adapte tout aussi brutalement à la réalité des flux. Le Moyen-Orient joue le temps long : il utilise sa rente pétrolière (la moins chère à extraire) pour financer une lente transition vers les ENR et le nucléaire, tout en s'assurant d'être le tout dernier fournisseur d'or noir d'un monde qui en demandera encore pendant un certain temps. L'Asie du Sud-Est installe du charbon pour assouvir une demande énergétique primaire qui explose, et l'Afrique subit le réchauffement de plein fouet tout en manquant cruellement de capitaux pour s'électrifier.

Et l'Europe dans tout ça ? Privée d'hydrocarbures bon marché depuis la rupture avec la Russie, elle voit son industrie lourde laminée par le coût de l'énergie. Nous sommes pris en étau.

Pourtant, Marc-Antoine Eyl-Mazzega rappelle que la France dispose d'un atout structurel majeur, que nous connaissons bien ici : notre héritage nucléaire. Cette énergie dense, pilotable et bas-carbone est notre véritable levier de souveraineté pour réindustrialiser le pays et répondre aux besoins électriques massifs de demain, comme l'intelligence artificielle.

Selon Eyl-Mazzega, l'IA n'est pas un luxe mais un enjeu de "souveraineté" :

"L'enjeu est de conserver des revenus et de la valeur ajoutée ici, de ne pas la transférer toujours et encore aux États-Unis et puis devoir un jour quémander des tokens aux Américains, alors qu'ils n'ont pas l'électricité que nous avons !"

(publié par Cyrus Farhangi)


Vous pouvez lire gratuitement la retranscription de l'entretien ici...

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Un post particulèrement jancovicien par Jancovici sur LinkedIn, que nous relayons ici : "Les combustibles fossiles sont épuisabl...

Un post particulèrement jancovicien par Jancovici sur LinkedIn, que nous relayons ici : "Les combustibles fossiles sont épuisables, et leur usage modifie le climat. Historiquement, il y a eu deux écoles pour "pronostiquer" leur fin. La première, dominante quantitativement dans le discours public, est que leur usage s'arrêtera volontairement alors qu'il en restera plein sous terre, parce suite de notre volonté de limiter le réchauffement climatique.

Cette école considère le plus souvent que cette transition sera réalisée essentiellement avec des moyens techniques (la sobriété - ou déconsommation - est juste un facteur favorable parmi d'autres), et qu'elle sera largement indolore pour l'économie.

Par exemple, tous les scénarios d'émission utilisés dans les rapports du GIEC pour comparer les modèles entre eux sont des scénarios de croissance économique, même ceux où les émissions - donc l'énergie fossile - baissent très fortement (cette remarque sur les scénarios n'invalide pas la partie physique de la modélisation, elle concerne juste le narratif sous-jacent pour la trajectoire des émissions).

Une deuxième école, minoritaire dans le discours public (du moins en France), pense que ce qui va limiter l'usage des combustibles fossiles sera avant tout leur épuisement. Cette école là a souvent considéré que cet épuisement surviendrait suffisamment tôt pour que le changement climatique ne soit pas un problème. Elle considère par contre, le plus souvent, que cette baisse subie ira avec une décroissance économique.

Une troisième école, encore plus minoritaire, considère que c'est avant tout les conséquences du réchauffement qui, en provoquant un effondrement, limitera nos émissions.

L'année 2026 est en train de nous prouver - à petite dose pour le moment - que en Europe, la combinaison des deux dernières options est possible. La "morsure climatique" de cet été commence à faire mal, et, en même temps selon la formule consacrée, nous avons un problème d'approvisionnement sur les hydrocarbures, avec les tensions dans le détroit d'Ormuz.

Au titre de cette dernière, les stocks gaziers européens sont au plus bas (voir lien vers article des Echos en commentaire). Et, pour le moment, il se passe une chose très bizarre avec le pétrole. Depuis presque 50 ans, l'activité économique mondiale est quasiment proportionnelle au volume de pétrole utilisé.

Or, depuis mars dernier maintenant, la production de pétrole a chuté d'un gros 10%, mais aucune crise économique majeure ne s'est déclenchée. Est-ce parce que les stocks ont permis d'absorber cette baisse et que la crise n'est qu'une question de temps ?

Toujours est-il que, en tendance, les Européens vont combiner des conséquences climatiques croissantes avec un approvisionnement énergétique en baisse subie. En clair, "ne rien faire" amènera de plus en plus d'ennuis "physiques" à gérer dans un contexte de crises économiques répétées. Pas sur que les candidats qui se bousculent au portillon pour 2027 aient bien compris que c'est cela qui les attend, et pas sur qu'ils aient un plan pour y faire face."

(publié par Cyrus Farhangi)



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