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Post de Valérie Masson-Delmotte* : "La catastrophe au Népal a été induite par un effondrement de glacier du Langtang Lirung, à u...

Post de Valérie Masson-Delmotte* : "La catastrophe au Népal a été induite par un effondrement de glacier du Langtang Lirung, à une altitude d'environ 5200 mètres.

Que sait-on du lien avec le réchauffement climatique dû aux activités humaines pour les glaciers de ce secteur ?

Une étude scientifique approfondie publiée en juin 2026 apporte des réponses très claires :
– perte de masse qui accélère depuis les années 1990
– meurtrissure du recul de la surface des glaciers de ce secteur depuis la fin du 20ème siècle,
– amincissement généralisé,
– remontée en altitude de la ligne d'équilibre (là où l'accumulation contre-balance la fonte) de 175 mètres pour atteindre 5500 mètres à partir des années 2010,
– réchauffement prononcé, amplifié en altitude (+0,3°C par décennie 1964–2003 au-dessus de 4000 mètres),
– amincissement qui s'est propagé vers l'amont des glaciers,
– fragmentation des glaciers et déconnexion, amplifiant le recul en altitude, la formation de falaises de glace instables, et, en vallée, la dégradation de langues de glaciers couvertes de débris.

L'article complet est disponible ici,
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0921818126002766

Pour rappel, une analyse à l'échelle mondiale montre que chaque kg de CO2 émis (principalement par l'utilisation d'énergies fossiles, pétrole, charbon et gaz) entraîne la fonte d'environ 15 kg de glace de glaciers, et de multiples impacts qui peuvent devenir catastrophiques, comme au Népal."

* Valérie Masson-Delmotte est une paléoclimatologue française de premier plan et directrice de recherche au CEA (au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement). Elle s'impose comme l'une des climatologues les plus influentes au monde principalement grâce à son travail de recherche sur la reconstitution des climats passés à partir des carottes de glace et, surtout, à sa présidence du groupe de travail 1 du GIEC de 2015 à 2023. À ce poste, elle a dirigé l'évaluation scientifique mondiale des bases physiques du changement climatique, supervisant la rédaction de rapports majeurs qui font référence pour les décideurs de la planète. Reconnue pour la rigueur de ses travaux, sa pédagogie et son rôle dans la vulgarisation scientifique, elle a reçu la médaille d'argent du CNRS et a été citée parmi les 100 personnes les plus influentes du monde par le magazine Time en 2022.

(publié par Cyrus Farhangi)



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Pour soutenir l'initiative, rendez-vous sur notre cagnotte Ulule : https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

Pour soutenir l'initiative, rendez-vous sur notre cagnotte Ulule : https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

Un commun accord

Canicules, sécheresse et incendies hors normes, pétrole sous tension, conflits internationaux… L’année 2026 n’a eu de cesse de le rappeler aux Français : notre monde est en train de changer et nous touchons aux limites planétaires.
De quoi a-t-on désormais le plus besoin pour faire face à ces bouleversements ?
De se mettre d’accord.

A l’approche de l’élection présidentielle, c’est le défi qui va être confié à 150 Françaises et Français tirés au sort – et à nous tous en ligne.

La mission ? Se retrousser les manches et s’attaquer aux grands dilemmes de notre époque, pour nourrir le débat de l’élection présidentielle de manière inédite. On vous explique tout !



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Un commun accord – L'assemblée citoyenne pour 2027

"UN COMMUN ACCORD"

Cela fait plus de 20 ans que M Jancovici consacre sa vie professionnelle à un grand défi environnemental de notre époque. Il a exploré beaucoup de facettes de la vulgarisation, de l’expertise, de la proposition d’action, et du transfert de connaissances.

Mais, face à un défi, ce n’est pas l’expert ou le président d’association qui fait avancer le pays. C’est sa population. Nous aurons toujours besoins d’experts et de scientifiques pour nous décrire le monde tel qu’il est. Mais la vérité scientifique seule ne suffit pas à indiquer la voie quand il s’agit de choisir entre plusieurs éventualités dont aucune n’est idéale.

Interviennent aussi nos valeurs, nos intérêts, ou encore nos liens affectifs. Et comme nous avons chacune et chacun les nôtres, seule la délibération collective permet de finir par s’accorder.

De la délibération collective, c’est précisément l’objectif du projet « Un Commun Accord », qui se lance aujourd’hui, et qui va permettre à 150 citoyens représentatifs de la population française de s’attaquer à quelques grands dilemmes de notre époque, pour essayer de se mettre d’accord sur la conduite à tenir.

Alors que notre pays se cherche une voie, et que nous entrons dans une période où chaque prétendant à l’Elysée va expliquer en quoi il n’est pas d’accord avec les autres prétendants, l’objectif ici sera au contraire de travailler sur nos points d’accord pour aborder le monde qui vient. Nous espérons ainsi changer un peu, ou beaucoup, la tournure des débats de la campagne, avec une méthode qui n’est ni la pétition ni la manifestation, mais la proposition.

Que sommes-nous prêts à changer sur des sujets essentiels de notre avenir commun ?
150 Français tirés au sort vont tenter d’y répondre en assemblée. Tous les autres sont invités à participer en ligne.

Pour que cette assemblée citoyenne soit entendue, et que ses suggestions soient discutées par les candidats (et le reste du pays), il faut qu’elle soit soutenue par le plus grand nombre possible d’entre nous. C’est pour cela que nous avons décidé de démarrer l’opération par une campagne de financement participatif, mais avec un angle un peu original.

Notre objectif n’est en effet pas tant de boucler un budget (qui est déjà largement assuré) en demandant le plus d’argent possible, que de compter le plus grand nombre de soutiens possible.

Ce que nous demandons, c’est le don d’un euro symbolique, c’est à dire ce que l’on donne quand c’est une question de valeurs et non d’argent. Il y a certes des gens dans notre pays qui sont à un euro près, mais cette somme reste quand même largement accessible.

Alors, si vous pensez que c’est une bonne manière de contribuer à avoir un débat électoral à la hauteur des enjeux, rendez-vous sur cette page pour en savoir plus et soutenir notre initiative.

https://fr.ulule.com/un-commun-accord/

Vous pouvez également trouver une description plus complète de notre projet là : www.uncommunaccord.fr

(par adrien Couzinier)


À l’approche de l’élection présidentielle, 150 Français tirés au sort se mettent d’accord face aux grands défis de société qui ont trop attendu.

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🌊 **Record absolu : les océans n'ont jamais été aussi chauds**

🌊 **Record absolu : les océans n'ont jamais été aussi chauds**

Post de Ludovic Arga :

"Selon ERA5 (données depuis 1940), le 21 août 2026 a très probablement établi la température de surface de la mer la plus élevée jamais mesurée.

Mais ce n'est pas qu'un record moderne.
Il se pourrait que nous venions de dépasser le maximum thermique de tout l'Holocène : record sur les 11 700 dernières années.

Et peut-être même le pic du dernier Interglaciaire, il y a 125 000 ans.

En clair : la planète n'a probablement jamais connu des océans aussi chauds depuis que l'humanité existe.

Ce n'est pas une curiosité scientifique.
C'est un signal d'alarme massif pour :
👉 les écosystèmes marins (blanchiment, effondrement de la biodiversité),
👉 les phénomènes extrêmes (cyclones plus intenses, précipitations violentes),
👉 la sécurité alimentaire et économique de milliards de personnes.

Et pourtant, cette nouvelle passe presque inaperçue.

Si un record de température de l'air fait la une, pourquoi un record océanique (bien plus grave) reste-t-il dans l'ombre ?"

(publié par Cyrus Farhangi)



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Détroit d'Ormuz : comment les Etats-Unis font passer des millions de barils sous le nez de l'Iran

Depuis quelques semaines la donne semble avoir changé dans le détroit d'Ormuz. Les États-Unis et leurs alliés du Golfe seraient parvenus à restaurer une part non-négligeable du trafic pétrolier, en faisant passer les bateaux la nuit "en douce", échappant aux frappes iraniennes, dont les capacités de surveillance du Détroit auraient été endommagées lors des bombardements américains ciblés de juillet.

Ce ne serait cependant qu'une solution partielle et temporaire :

1) Cela coûte cher à la marine US de maintenir une aussi forte présence dans la région (au détriment d'autres régions du monde, notamment l'Asie Pacifique) et cela ne saurait durer indéfiniment.

2) La situation sécuritaire du Détroit reste tendue, alors que l'Iran semble prendre le temps de ré-affuter une stratégie militaire plus offensive que celle qui a prévalu jusqu'à présent, se préparant à une guerre longue jusqu'en 2027 voire au-delà.

3) Cela ne règle en rien la crise du raffinage résultant de la destruction significative de capacités de raffinage au Moyen-Orient et en Russie.

L'équipe de bénévoles (à qui JMJ a accordé sa confiance pour animer cette page) parcourt chaque jour des dizaines d'articles sur l'énergie et le climat afin de tenter de vous proposer une veille pertinente sur des situations complexes et incertaines. Non sans faire régulièrement référence, évidemment, au travail et à l'héritage intellectuel de JMJ !

À propos de veille, traduction d'un article pertinent de CNN.

"Comment les États-Unis et leurs alliés du Moyen-Orient ont inversé la vapeur face à l'Iran sur le pétrole

L'après-midi du 25 juillet, le supertanker grec *Kiku* s’est amarré au terminal d’exportation pétrolière de Mesaieed au Qatar, un port massif de 30 postes d'accostage situé sur la côte ouest du pays, à 40 kilomètres au sud de Doha.

Quatre jours plus tard, chargé de pétrole brut, le *Kiku* a franchi le détroit d'Hormuz. Ce superpétrolier (*Very Large Crude Carrier* — la plus grande classe de pétroliers, mesurant plus de 300 mètres de long) a maintenu une vitesse constante de 13 nœuds à travers le golfe Persique, proche de sa vitesse maximale.

Puis, le 31 juillet, peu après 14 h, juste au large des côtes de Dubaï, le *Kiku* a disparu.

Le navire avait éteint son transpondeur AIS, un système radio maritime qui transmet l'identité, la vitesse, la cape et la position d’un bâtiment. Pour les services de suivi du trafic maritime mondial, c'était comme si le *Kiku* s'était tout simplement évaporé.

Soudainement, le 1ᵉʳ août à 10 h, le signal du *Kiku* est réapparu — de l'autre côté du détroit d'Hormuz.

Il s'agissait de la toute dernière tactique de l'industrie pétrolière : des traversées nocturnes « sombres » du détroit, sous escorte militaire américaine. L'objectif : éviter les attaques de drones iraniens — comme celle qui avait frappé le *Kiku* un mois plus tôt, sans toutefois exploser.

Aujourd’hui, épaulées par la US Navy, les compagnies pétrolières saoudiennes, koweïtiennes, qatariennes et émiratrices affrètent des pétroliers pour qu'ils coupent leurs transpondeurs et fassent la navette afin d'extraire le pétrole du golfe Persique. Ils traversent le détroit d'Hormuz jusqu'au golfe d'Oman, où ils déchargent leur brut dans les navires en attente de leurs clients, avant de repasser le détroit dans l'autre sens.

Cette méthode a permis de retirer le lourd fardeau du risque d'assurance et du danger physique d'attaques iraniennes des épaules des transporteurs commerciaux, pour le transférer au gouvernement américain et aux producteurs de pétrole eux-mêmes.

C'est devenu une stratégie efficace, selon le département de l'Énergie des États-Unis, qui indique que le trafic pétrolier dans le détroit d'Hormuz s'est maintenu en moyenne entre 8 et 9 millions de barils par jour. C'est un volume significatif de brut — environ le double de ce que les analystes pétroliers de Wall Street et les récapitulatifs maritimes comme Kpler suggéraient en se basant sur les données des transpondeurs.

Ces traversées clandestines ont changé la donne pour l'industrie pétrolière du Moyen-Orient. CNN a observé plus d'une douzaine de transferts de navire à navire dans le golfe d'Oman en deux jours, les pétroliers poursuivant ensuite leur route vers des destinations telles que la Chine, Taïwan, la Corée du Sud, les Philippines, le Viêt Nam et la Thaïlande.

C'est un coup de poker dangereux et coûteux qui offre un répit temporaire au marché pétrolier. Mais en l'absence de solutions permanentes — une fin négociée de la guerre et un plan durable pour le détroit —, cette alternative permet de gagner du temps.

### Traversées sombres

L'augmentation de ces traversées « sombres », comme le récent voyage du *Kiku*, intervient à un moment crucial pour le marché de l'énergie.

La guerre, qui dure depuis bien plus longtemps que beaucoup ne l'imaginaient, perturbe un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole depuis six mois, mais a atteint un point d'inflexion ces dernières semaines : des milliards de barils de pétrole et de carburant dans les stocks commerciaux ont disparu. Les réserves d'urgence américaines n'ont jamais été aussi basses depuis le début des années 1980. Le recours de la Chine à ses imposants stocks de pétrole — un facteur clé pour éviter un pétrole à 150 $ — ne durera pas éternellement. Et les investisseurs sur le marché obligataire ainsi que les électeurs perdent patience face aux prix élevés.

Confrontés à un scénario de cauchemar, les producteurs de pétrole du Moyen-Orient ont commencé à utiliser leur nouvelle stratégie au cours des dernières semaines. Ce n'est pas une solution parfaite — le détroit est tristement étroit, large de seulement 37 kilomètres (23 miles). Il y a peu d'endroits où se cacher, et les radars peuvent toujours repérer un navire même si son transpondeur est éteint. Deux navires appartenant aux Émirats arabes unis ont été attaqués cette semaine.

Pourtant, environ 80 % du trafic traversant le détroit au cours des deux dernières semaines s'est fait en mode « sombre », longeant la côte d'Oman aussi loin de l'Iran que possible, selon Kpler. En raison du conflit régional, certaines données de suivi ont fait l'objet de brouillages GPS, ce qui rend les évaluations difficiles.

Comme beaucoup de navires utilisant cette nouvelle tactique, le *Kiku* est réapparu un jour après l'extinction de son transpondeur alors qu'il était ancré près de la ville portuaire émiratie de Fujaïrah. Une fois son signal rétabli, le *Kiku* s'est amarré à côté d'un autre superpétrolier grec, le *Nave Electron*, arrivé dans le golfe d'Oman un jour plus tôt.

Les deux navires sont restés côte à côte pendant une semaine pour effectuer un transfert de pétrole de navire à navire. Lorsqu'ils se sont enfin séparés le 8 août, le *Nave Electron* a quitté le golfe, chargé de pétrole, en direction de la mer d'Arabie, en route vers Ningbo en Chine.

Le *Kiku* est resté au large de Fujaïrah jusqu'aux alentours du 14 août, date à laquelle il est repassé en mode sombre. Le lendemain, juste avant 16 h, son signal est réapparu dans le golfe Persique, faisant route vers le Qatar.

### Inverser la vapeur

Ces traversées sombres sous escorte sont le dernier exemple en date de la capacité des producteurs de pétrole du Moyen-Orient à augmenter le volume de brut exporté vers leurs clients à travers le monde, inversant ainsi la vapeur face à l'Iran.

Plus remarquable encore, l'Arabie saoudite a réorienté environ 5 millions de barils de pétrole par jour qui auraient dû être destinés à des pétroliers en attente dans le golfe Persique. À la place, ce pétrole a voyagé via son oléoduc Est-Ouest jusqu'au port de Yanbu sur la mer Rouge. Les producteurs du Moyen-Orient ont réorienté 2 autres millions de barils par jour pour contourner le détroit d'Hormuz.

La production s'est également intensifiée ailleurs dans le monde pour compenser. Le Brésil, le Guyana et le Venezuela ont ajouté à eux trois plus de 1 million de barils par jour de production supplémentaire. Les États-Unis ont apporté plusieurs centaines de milliers de barils quotidiens de plus sur le marché.

Et des traversées sombres, beaucoup moins coordonnées (ou protégées militairement), ont lieu depuis des mois.

De l'autre côté de l'équation, les États-Unis ont prélevé 400 millions de barils dans leurs réserves d'urgence, entamant considérablement leur réserve stratégique de pétrole. La Chine a elle aussi largement pioché dans ses propres stocks tout en réduisant drastiquement ses importations de brut. La demande mondiale a également nettement baissé avec la hausse des prix, aidant à équilibrer le marché et à fournir du pétrole aux clients qui en ont besoin.

Le marché finit toujours par trouver une voie. Il s'est révélé bien plus complexe et nettement plus flexible que ce que les experts les plus avertis anticipaient au début de la guerre.

### Une solution temporaire

L'imagerie radar et satellite du détroit d'Hormuz dresse un tableau que les données des transpondeurs ne permettent pas de voir. Par exemple, sur les photos satellite du 14 août, des alignements de points apparaissent en arc de cercle le long de la côte d'Oman à travers le détroit. Mais ces points ne correspondent à aucune donnée de suivi maritime enregistrée le même jour à la même heure. Les « points » étaient passés en mode sombre.

Le 7 août, deux pétroliers grecs sont apparus l'un à côté de l'autre dans le golfe d'Oman sur les données des transpondeurs. Les images satellite montrent le *Nissos Kythnos*, un navire-navette ayant effectué une traversée sombre du détroit, aligné à côté du *Front Otra*. Le 14 août, le *Front Otra* a été détecté dans la mer d'Arabie en route vers Taïwan. Le *Nissos Kythnos*, lui, était de retour dans le golfe Persique.

Mais cela ne pourra pas durer éternellement.

Les stocks de pétrole ont été épuisés à hauteur de 1,9 milliard de barils depuis le début de la guerre. Si le marché atteint un équilibre, il faudra les reconstituer pour éviter la prochaine crise. Si ce n'est pas le cas, ces stocks finiront par tomber si bas qu'on ne pourra plus s'y fier pour répondre à la demande mondiale, atteignant un point de rupture où la seule solution sera d'augmenter significativement les prix du pétrole pour étouffer encore davantage la demande.

Un problème similaire a déjà fait son apparition sur le marché des carburants : trois des quatre grands centres de raffinage mondiaux sont en grave difficulté.

La guerre contre l’Iran a endommagé des raffineries au Moyen-Orient et ralenti l'exportation de carburant depuis la région.

La Russie, une autre source majeure de carburant, a été mise hors jeu par un autre conflit, celui avec l'Ukraine. Les raffineries russes ont été visées par des drones ukrainiens, et Moscou, confronté à une pénurie sur son propre sol, a coupé ses exportations.

La Chine, cherchant à éviter des pénuries intérieures, limite ses propres exportations de carburant raffiné. C'est un élément critique, car la Chine est normalement un exportateur majeur.

Il ne reste plus que les raffineries américaines du golfe du Mexique pour porter le poids de la demande mondiale. Or, les raffineries américaines ne peuvent pas tourner à plein régime indéfiniment.

L'essence, et particulièrement le gazole et le kérosène, connaissent une demande si forte face à une capacité de raffinage si restreinte que les prix ont flambé — bien au-delà de ce que les cours du pétrole brut laisseraient supposer.

Le président Donald Trump avait réussi à tirer les prix du pétrole vers le bas pendant des mois en promettant une percée imminente dans les négociations. Sa stratégie a toutefois changé récemment : la nouvelle approche de l'Amérique consiste à asphyxier l'Iran en déclenchant une « opération économique écrasante » au moyen d'un blocus naval prolongé des ports iraniens.

Cela a fait grimper les prix du pétrole depuis plusieurs semaines, les rapprochant de la barre des 100 $ le baril.

Avec deux pays bloqués dans un bourbier inextricable, la bataille pour le contrôle du détroit maintient le pétrole — et surtout l'essence, le gazole et le kérosène — à des prix inconfortablement élevés pour les consommateurs, ce qui alimente l'inflation et réduit leur revenu disponible.

Néanmoins, l'impressionnante capacité du marché à contourner au moins partiellement le conflit a également empêché les prix d’atteindre des sommets aussi astronomiques que le suggérerait le plus grand choc d’approvisionnement pétrolier de l’histoire."

(publié par Cyrus Farhangi)


L'armée américaine organise chaque nuit le passage de pétroliers par un chenal longeant Oman, rapporte Axios. Près de 10 millions de barils transiteraient désormais chaque jour, soit environ la...

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Europe heatwaves scorch 80 million with 40 C heat: AFP analysis

Les décès liés à la canicule en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne montent en flèche
Le bilan devrait encore s'alourdir en août et en septembre.

Les vagues de chaleur extrême sont un risque structurel, auquel l'Europe est particulièrement exposée.
C'est la raison pour laquelle l'Europe (et la France) doit être à la pointe du combat contre le réchauffement climatique.

Les quatre plus grands pays de l'UE ont enregistré plus de 25 000 décès probablement liés à la canicule en 2026 à ce jour, selon les dernières données nationales rapportées par Euractiv.

Le site précise que l'Allemagne a été « la plus durement touchée », avec environ 14 000 décès dus à la canicule. On dénombre 4 500 décès liés à la canicule en Espagne et – comme indiqué plus tôt dans la semaine – plus de 7 300 en France, selon le média. Il précise que les chiffres italiens ne sont pas encore définitifs, mais qu’un expert consulté par Euractiv estime que le nombre de victimes atteindra entre 5 000 et 8 000 cet été.
Euronews note que des responsables politiques allemands de centre-gauche ont fait pression cette semaine pour inscrire l’adaptation au changement climatique dans la Constitution du pays, un ancien ministre de la Santé soulignant que les chiffres des décès liés à la canicule sont « probablement sous-estimés ».

L’Agence France-Presse souligne que toutes les estimations des décès liés à la canicule « ne sont pas définitives et pourraient encore augmenter ».
Une analyse réalisée par le média révèle que 80 millions de personnes en Europe ont été confrontées à des températures supérieures à 40 °C cet été.

Economiquement, les nouvelles sont aussi mauvaises, mais ce n'est pas une surprise.
Dans son étude de fin mai "Impact des vagues de chaleur sur l'économie en Europe, Allianz, premier assureur au monde :

🌡️ Dans son scénario de crise, Allianz Trade estime que les pertes cumulées de PIB implicites pourraient atteindre 5 à 7 % pour les économies les plus exposées (dont 240 Mds $ pour la France, , 354 milliards pour le Japon, 147 milliards pour l’Italie, 131 milliards pour l’Allemagne et 120 milliards pour l’Espagne): De quoi annuler la croissance économique uniquement par les effets des vagues de chaleur (sans compter tout le reste) !

Ce rapport rappelle que les vagues de chaleur extrême apparaissent comme un risque économique structurel, auquel l'Europe est particulièrement exposée.

Bref, le premier assureur au monde nous alerte que "les vagues de chaleur extrême apparaissent comme un risque économique structurel", d'autant que notamment "la plupart des dommages liés à la chaleur s’accumulent sous forme de surmortalité, de pertes d’heures de travail, de pression sur le système de santé et de contraintes sur les infrastructures – des canaux que les contrats d’indemnisation ne sont pas conçus pour gérer."

https://www.euractiv.com/news/heat-deaths-in-germany-france-italy-and-spain-soar/

https://www.france24.com/en/live-news/20260820-europe-heatwaves-scorch-80-million-with-40-c-heat-afp-analysis

https://www.euronews.com/my-europe/2026/08/20/germany-reports-record-14000-heat-related-deaths-this-year-official-data-shows

https://www.allianz-trade.fr/actualites/impact-des-vagues-de-chaleur-sur-l-economie-en-europe.html

(par adrien Couzinier)


Europe's deadly record-breaking summer heatwaves sent temperatures above 40C in areas inhabited by 80 million people from mid-June to mid-August, according to official data analysed by AFP, with many…

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Post LinkedIn de JMJ : "Il y a classiquement 5 étapes au deuil : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptat...

Post LinkedIn de JMJ : "Il y a classiquement 5 étapes au deuil : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation.

Les mots parlent d’eux mêmes : dans un premier temps on refuse d’accepter ce qui est arrivé, dans un deuxième on se révolte et on s’estime victime d’une injustice, dans un troisième on refait l’histoire, dans un quatrième on perd le gout de la vie, et enfin dans le cinquième on recommence à avancer.

L’été qui vient de s’écouler nous rappelle que nous avons un processus de deuil à engager avec le climat d’hier. Pendant longtemps, nous avons nié. Cela a paradoxalement été le cas même au sein des plus militants d’entre nous : nous avons souvent sous-estimé la gravité de ce qui était en cours, considérant que nous avions un problème réel mais pas existentiel.

La montée du niveau de l’océan ? C’est pour dans très longtemps. Les glaciers qui fondent c’est triste, mais c’est surtout un problème esthétique ; les maisons qui se fissurent sont assurées ; pour les canicules on fait le dos rond le temps que ça passe et on climatise quelques bâtiments ; et si quelques arbres meurent de sécheresse ou par incendie ce n’est pas grave parce qu’il y a beaucoup de forêt.

Ce déni, nous y sommes toujours pour beaucoup, même si nous commençons, pour certain(e)s, à entrer dans les phases qui suivent : la colère, le marchandage, la dépression. Je ne parle pas seulement des « climatosceptiques », qui eux sont dans un déni explicite.

Même les personnes qui reconnaissent qu’il y a un problème et que ce sont bien nos émissions qui en sont à l’origine n’ont pas encore bien compris toutes les implications de la chose.

Comme pour un vrai deuil, l’urgence, c’est l’acceptation. Elle seule permet de « repartir de l’avant » pour enfin construire quelque chose de nouveau. Et pour cela il va falloir accepter la mort du climat du passé, et même du climat actuel.

Notre pays va bientôt perdre, définitivement ou pour très longtemps, un certain nombre d’éléments de paysage qui nous étaient familiers, de cultures, de bâtiments, de cours d’eau, de lacs, de glaciers, d’arbres, et j’en passe. C’est triste, mais c’est inexorable.

Il faut trouver un moyen d’arriver à nous épanouir quand même dans ce nouveau monde, que nous ne pouvons pas refuser. Il nous faut donc aller le plus vite possible au bout de ce processus de deuil, pour, le plus vite possible, (re)bâtir sur d’autres bases.

Ce sujet ne devrait-il pas être un des grands thèmes de débat de la prochaine présidentielle ?"

(recopié par Cyrus Farhangi)



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Ocean Heat Threatens to Supercharge Storm Season in Europe

L’hiver risque d’apporter son lot de catastrophes climatiques en Europe

À cause du changement climatique et des fortes vagues de chaleur qui ont eu lieu sur le continent européen cet été, l’hiver risque d’être fait de grosses tempêtes. Une conséquence directe du réchauffement des mers.

Les vagues de chaleur à répétition ont frappé tout le continent et affecté l’intégralité de nos écosystèmes, y compris sous la mer. Les températures de l’eau en surface n’ont jamais été aussi élevées en Europe qu’à la fin du mois de juin 2026, a déjà alerté l’agence pour le climat européenne Copernicus. Elles étaient 6 °C plus chaudes que la moyenne en cette saison.

Selon World Weather Attribution (WWA), la Méditerranée se réchauffe deux fois plus vite que les autres mers du monde. Et cela affecte directement la vie marine. Des mouvements de poissons vers des eaux plus froides ont d’ores et déjà été remarqués cet été. Davantage de bactéries se développent aussi dans les eaux chaudes et peuvent être transmises à l’homme sur les plages du littoral européen.
Mais ces mers chaudes dues au changement climatique pourraient aussi entraîner d’autres événements climatiques majeurs, notamment des tempêtes.

Une étendue d’eau plus chaude qu’habituellement entraîne un air plus chaud et un taux d’humidité élevé dans les zones côtières, alertent les spécialistes. Et, à travers le cycle de l’eau, cela pourrait entraîner des super-tempêtes en hiver. "Quand on a des eaux de surface très chaudes, cela donne de l’énergie aux tempêtes pour qu’elles durent plus longtemps", souligne Catherine Gregory, co-autrice du rapport de WWA dans Bloomberg.

Le groupement international de chercheurs va encore plus loin et formule l’hypothèse selon laquelle l’Europe pourrait vivre des tempêtes et précipitations similaires à la mousson et interagir avec les cyclones tropicaux, les rendant encore plus destructeurs ailleurs dans le monde.
En 2024, la province espagnole de Valence avait connu des inondations majeures qui ont entraîné la mort de plus de 230 personnes. C’était notamment dû à la présence d’une poche d’air froid au-dessus de la Méditerranée brûlante. Ce type d’événements catastrophiques pourrait se multiplier.

Une étude parue dans Nature Communications à la suite des inondations en Espagne avait acté le rôle du changement climatique de nature humaine dans la catastrophe. L’étude du WWA autour de la température des eaux européennes conclut la même chose. Les scientifiques appellent à une transition rapide pour éliminer les carburants fossiles de nos existences. Sans cette mesure, les écosystèmes, les poissons, la production de nourriture et le tourisme sont en danger le long des côtes européennes.

Au vu de l'inertie climatique et de la très forte dépendance de l'économie aux énergies fossiles, ces gros problèmes ont de très fortes chances d'augmenter dans les années a venir.

https://www.geo.fr/environnement/un-risque-accru-de-super-tempetes-en-europe-cet-hiver-apres-les-canicules-233296

https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-08-18/ocean-heat-waves-threaten-to-supercharge-storm-season-in-europe?srnd=homepage-europe

(par adrien Couzinier)


Rising temperatures in the ocean now have the potential to cause intense storms in Europe later this year, according to new research.

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La France hexagonale a vécu 52 jours de vagues de chaleur depuis la mi-juin, un cumul jamais enregistré alors que l’été n’est pa...

La France hexagonale a vécu 52 jours de vagues de chaleur depuis la mi-juin, un cumul jamais enregistré alors que l’été n’est pas terminé.

Les climatosceptiques aiment rappeler que l'été 1976 il a également fait très chaud. La fréquence à laquelle ils rappellent désormais quasiment chaque été cet événement jadis rare... est cependant bien signe que la fréquence des vagues de chaleur augmente !

On observe d'ailleurs sur ce graphique extrait d'un article du Monde que sur un indicateur comme le nombre de jours de vagues de chaleur, un événement comme celui de 1976 est devenu banal au 21e siècle. Et depuis quelques années un été comme 1976 est un été relativement frais.

La sécheresse de 1976 fut cependant exceptionnelle par son déficit pluviométrique cumulé : précédée d'un hiver très sec, elle a duré près de neuf mois, asséchant profondément les nappes phréatiques et l'agriculture. C'était alors une anomalie météorologique rare.

Aujourd'hui, sous l'effet du réchauffement climatique, ces événements ne sont plus des exceptions mais sont en train de devenir la norme. Bien que les hivers restent parfois pluvieux, la hausse des températures amplifie l'évapotranspiration et assèche brutalement les sols. D'après Météo France, des étés récents comme 2022 ou 2026 surclassent 1976 en intensité thermique et en sécheresse agricole.

(publié par Cyrus Farhangi)



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La notion de fin de la croissance (pas dans 500 ans mais en ce moment-même) est l’une des claques particulièrement monumentales ...

La notion de fin de la croissance (pas dans 500 ans mais en ce moment-même) est l’une des claques particulièrement monumentales que l’on peut se prendre de la part de Jean-Marc Jancovici. Il n’est évidemment pas le premier à la théoriser, mais il est celui qui au 21e siècle a poussé des millions de Français à cogiter à ce sujet.

Que ce soit en France, en Europe ou ailleurs, le taux de croissance a tendance à diminuer. La croissance infinie étant impossible, le taux finira bien par atteindre partout zéro (voire moins s'il doit y avoir "correction" 🤷).

Pourquoi ? Jean-Marc Jancovici met en avant :

1) Le déclin des ressources fossiles les plus rentables, qui contraint physiquement notre production de richesses.

2) Les destructions climatiques et écologiques qui amputent de plus en plus lourdement la richesse économique.

D’autres analystes mettront en avant la productivité (les innovations modernes génèrent moins de gains marginaux que les grandes révolutions industrielles précédentes), la tertiarisation (qui engendre moins de croissance que l’industrialisation), le fardeau de la dette publique et privée, la stagnation des revenus de la classe moyenne, le vieillissement démographique, ou encore la saturation des besoins.

📊 Nous avons construit ce graphique pour la France en téléchargeant des données INSEE. Nous avons calculé une moyenne mobile sur 10 ans afin de lisser les variations conjoncturelles. Et le résultat est sans équivoque.

On voit là le franchissement de deux paliers majeurs :

1) Le choc pétrolier de 1974, marquant la fin brutale des Trente Glorieuses. Le taux de croissance par habitant s'effondre de 2,5 points, passant d'un régime florissant de +4,3% à une normalité de +1,8%.

2) La Grande Récession mondiale de 2008 (que certains économistes perçoivent comme un choc énergétique plutôt que purement financier) ampute la croissance de 1,1 point pour la faire stagner autour de +0,6 %.

Chaque marche descendue devient ainsi le nouveau régime normal.

📉 Sous le poids des contraintes structurelles citées en introduction, un nouveau franchissement de seuil, menant à une croissance "négative", semble ainsi plausible dans un avenir proche.

Une nouvelle crise énergétique (Ormuz, Russie) et/ou l'éclatement d'une éventuelle bulle spéculative autour de l'IA pourraient agir comme détonateurs précipitant ce passage vers la barre du zéro (voir en-dessous).

⚠️ Ne pas confondre cependant les déclencheurs (crises soudaines) et les facteurs structurels (limites de fond à la croissance).

(publié par Cyrus Farhangi)



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"Les marchés financiers ont commencé à fixer des prix selon El Niño", par Roberta Boscolo, cheffe de l'unité Energie et Climat d...

"Les marchés financiers ont commencé à fixer des prix selon El Niño", par Roberta Boscolo, cheffe de l'unité Energie et Climat de l'Organisation Météorologique Mondiale.

Un article précis dans le Financial Times cette semaine illustre comment un fonds spéculatif lève un fonds spécialement conçu pour tirer profit de l’El Niño de cette année et pourquoi les banques du secteur publient désormais des guides clients sur ses implications sur le marché.

☕ Les prix du café et du cacao ont grimpé alors que les commerçants anticipent des dégâts liés aux récoltes en Afrique de l’Ouest et au Brésil
🌾 Le blé en Australie et le riz en Inde font face à de sérieuses menaces, car les précipitations de mousson indienne sont déjà plus d’un dixième en dessous de la moyenne
🚢 Les prix des enchères de transit du canal de Panama ont atteint des sommets records, alors que les inquiétudes concernant la baisse du niveau de l’eau font écho à la sécheresse sévère de 2023–24
⚡ L’exploitation minière du cuivre est perturbée en Zambie par la sécheresse et au Chili par les inondations sous le même effet de l’événement, générant des risques opposés dans des endroits différents
🍬 Un impact sur la production sucrière indienne est suivi de près par les analystes

Le réchauffement climatique augmente les impacts de chaque événement qui se produit, superposant l’augmentation typique de température de 0,1 à 0,2°C d’El Niño à un réchauffement déjà dangereux de 1,4°C, et chargeant une atmosphère plus chaude d’humidité pour alimenter des averses plus fortes là où El Niño apporte déjà de la pluie.

Le chiffre le plus alarmant n’est pas un chiffre de marché. Le World Food Programme avertit que cet événement menace de plonger au moins 49 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire, rappelant que les vrais dégâts touchent le plus durement ceux qui ont le moins de capacité à les absorber. Et cela va durer : une étude publiée en 2023 dans Science a révélé que les épisodes majeurs d’El Niño freinent la croissance dans les pays touchés pendant des années.

Les marchés se positionnent déjà autour de cet événement, des mois avant son pic. La question est de savoir si cette même prévoyance atteint les petits exploitants, les planificateurs de la sécurité alimentaire et les communautés vulnérables avec la même urgence qu’elle atteint les fonds spéculatifs. 🛰️

📰 Source : Financial Times, "How will El Niño hit the world economy?" (Moral Money, 12 August 2026)

Lien vers le post de Roberta Boscolo : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7493792606271991808/

(par Adrien Couzinier)



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L'Europe en quête de puissance climatique - Marc-Antoine Eyl-Mazzega

Amis (et contradicteurs) des thèses jancoviciennes sur les réalités matérielles, bonjour. Dans un monde aux ressources finies, la transition bas-carbone n'est pas un simple dossier administratif et financier, mais une guerre des flux physiques de l'énergie et des métaux. Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre Énergie et Climat de l'Ifri, vient implacablement confirmer ce constat sur le terrain géopolitique.

L'Europe a longtemps cru que la lutte climatique se ferait par de simples ajustements à la marge : un peu plus d'éolien, un peu de solaire, et des règles de marché bien huilées. Pendant que nous rédigions des normes et des traités de libre-échange, la Chine, elle, s'occupait des flux physiques. Elle a sécurisé l'approvisionnement et le raffinage (très polluant) des métaux critiques. Aujourd'hui, elle domine la production mondiale de panneaux, batteries et véhicules électriques, et pourra se servir de ce monopole industriel comme arme de chantage.

Si l'Europe tente de se protéger, Pékin menace de restreindre l'accès à ces métaux ultra-purifiés dont dépendent nos industries de pointe. Pour obtenir ces matériaux, nos industriels sont parfois sommés de dévoiler leurs secrets de fabrication ou de délocaliser leurs usines sur le sol chinois.

Face à ce rouleau compresseur, les États-Unis ont réagi, selon Eyl-Mazzega, de manière pragmatique. Devenus une superpuissance des hydrocarbures sous Obama, ils utilisent désormais la force de frappe financière de l'Inflation Reduction Act pour subventionner la relocalisation de leurs usines, vampirisant au passage l'industrie européenne.

Le reste du monde s'adapte tout aussi brutalement à la réalité des flux. Le Moyen-Orient joue le temps long : il utilise sa rente pétrolière (la moins chère à extraire) pour financer une lente transition vers les ENR et le nucléaire, tout en s'assurant d'être le tout dernier fournisseur d'or noir d'un monde qui en demandera encore pendant un certain temps. L'Asie du Sud-Est installe du charbon pour assouvir une demande énergétique primaire qui explose, et l'Afrique subit le réchauffement de plein fouet tout en manquant cruellement de capitaux pour s'électrifier.

Et l'Europe dans tout ça ? Privée d'hydrocarbures bon marché depuis la rupture avec la Russie, elle voit son industrie lourde laminée par le coût de l'énergie. Nous sommes pris en étau.

Pourtant, Marc-Antoine Eyl-Mazzega rappelle que la France dispose d'un atout structurel majeur, que nous connaissons bien ici : notre héritage nucléaire. Cette énergie dense, pilotable et bas-carbone est notre véritable levier de souveraineté pour réindustrialiser le pays et répondre aux besoins électriques massifs de demain, comme l'intelligence artificielle.

Selon Eyl-Mazzega, l'IA n'est pas un luxe mais un enjeu de "souveraineté" :

"L'enjeu est de conserver des revenus et de la valeur ajoutée ici, de ne pas la transférer toujours et encore aux États-Unis et puis devoir un jour quémander des tokens aux Américains, alors qu'ils n'ont pas l'électricité que nous avons !"

(publié par Cyrus Farhangi)


Vous pouvez lire gratuitement la retranscription de l'entretien ici...

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Un post particulèrement jancovicien par Jancovici sur LinkedIn, que nous relayons ici : "Les combustibles fossiles sont épuisabl...

Un post particulèrement jancovicien par Jancovici sur LinkedIn, que nous relayons ici : "Les combustibles fossiles sont épuisables, et leur usage modifie le climat. Historiquement, il y a eu deux écoles pour "pronostiquer" leur fin. La première, dominante quantitativement dans le discours public, est que leur usage s'arrêtera volontairement alors qu'il en restera plein sous terre, parce suite de notre volonté de limiter le réchauffement climatique.

Cette école considère le plus souvent que cette transition sera réalisée essentiellement avec des moyens techniques (la sobriété - ou déconsommation - est juste un facteur favorable parmi d'autres), et qu'elle sera largement indolore pour l'économie.

Par exemple, tous les scénarios d'émission utilisés dans les rapports du GIEC pour comparer les modèles entre eux sont des scénarios de croissance économique, même ceux où les émissions - donc l'énergie fossile - baissent très fortement (cette remarque sur les scénarios n'invalide pas la partie physique de la modélisation, elle concerne juste le narratif sous-jacent pour la trajectoire des émissions).

Une deuxième école, minoritaire dans le discours public (du moins en France), pense que ce qui va limiter l'usage des combustibles fossiles sera avant tout leur épuisement. Cette école là a souvent considéré que cet épuisement surviendrait suffisamment tôt pour que le changement climatique ne soit pas un problème. Elle considère par contre, le plus souvent, que cette baisse subie ira avec une décroissance économique.

Une troisième école, encore plus minoritaire, considère que c'est avant tout les conséquences du réchauffement qui, en provoquant un effondrement, limitera nos émissions.

L'année 2026 est en train de nous prouver - à petite dose pour le moment - que en Europe, la combinaison des deux dernières options est possible. La "morsure climatique" de cet été commence à faire mal, et, en même temps selon la formule consacrée, nous avons un problème d'approvisionnement sur les hydrocarbures, avec les tensions dans le détroit d'Ormuz.

Au titre de cette dernière, les stocks gaziers européens sont au plus bas (voir lien vers article des Echos en commentaire). Et, pour le moment, il se passe une chose très bizarre avec le pétrole. Depuis presque 50 ans, l'activité économique mondiale est quasiment proportionnelle au volume de pétrole utilisé.

Or, depuis mars dernier maintenant, la production de pétrole a chuté d'un gros 10%, mais aucune crise économique majeure ne s'est déclenchée. Est-ce parce que les stocks ont permis d'absorber cette baisse et que la crise n'est qu'une question de temps ?

Toujours est-il que, en tendance, les Européens vont combiner des conséquences climatiques croissantes avec un approvisionnement énergétique en baisse subie. En clair, "ne rien faire" amènera de plus en plus d'ennuis "physiques" à gérer dans un contexte de crises économiques répétées. Pas sur que les candidats qui se bousculent au portillon pour 2027 aient bien compris que c'est cela qui les attend, et pas sur qu'ils aient un plan pour y faire face."

(publié par Cyrus Farhangi)



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Un débat particulièrement stimulant (et existentiel) de notre temps, que nous devons en grande partie à Jean-Marc Jancovici, est...

Un débat particulièrement stimulant (et existentiel) de notre temps, que nous devons en grande partie à Jean-Marc Jancovici, est le caractère "subi" ou "choisi" de la décrue énergétique en France et en Europe depuis 2007.

Alors que cette page Facebook s'approche des 300k abonnés et qu'elle est de plus en plus visible auprès de non-abonnés (merci à toutes et tous pour l'intérêt que vous y portez !), nous allons diffuser une série de posts et de recueils de témoignages sur l'héritage intellectuel déjà immense de Jean-Marc Jancovici : sa contribution à la prise de conscience des sujets Energie-Climat, ses thèses, et les objections.

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean annoncent depuis exactement 20 ans et l'ouvrage "Le Plein s'il vous plait" (2006) une contraction énergétique.

Des chiffres comme ceux de ce graphique semblent aller dans leur sens, notamment sur le pétrole (-23% depuis 2007 pour le pétrole à usage énergétique en France, en consommation finale) et, dans une moindre mesure, le gaz naturel. L'Europe dans son ensemble affiche des tendances semblables.

Selon JMJ, l'économie tourne autour de machines dont la nourriture est l'énergie, principalement les énergies fossiles, qui affichent des caractéristiques physiques extrêmement avantageuses (densité, pilotabilité, polyvalence chimique, stockage facile notamment pour le pétrole). Elles sont, en cela, difficiles à remplacer.

La France et l'Europe, dépendantes des importations fossiles, subissent depuis 2007 le passage du pic de production mondial du pétrole conventionnel, et le pic de production de gaz naturel de la mer du Nord. Cette contrainte géologique limite physiquement les volumes d'hydrocarbures disponibles pour notre continent. Les tensions géopolitiques (Russie, Ormuz) étaient prévisibles et n'arrangent évidemment rien à l'affaire.

La baisse de notre consommation énergétique est une rétractation physique « subie ». Cette décrue énergétique forcée bride la croissance économique, expliquant en grande partie la stagnation, la désindustrialisation, le déclassement social ou encore les crises du pouvoir d'achat que traverse l'Europe.

Si le Français moyen avait la possibilité de consommer autant d'énergie que l'Américain ou le Qatari moyen, il le ferait. Mais son accès à l'énergie est beaucoup plus contraint géologiquement.

La baisse de notre approvisionnement fossile est irréversible et va même s'accélérer à mesure que les pays jadis exportateurs gardent pour eux-mêmes leur pétrole dont les puits s'épuisent (exemples déjà passés : Mexique, Egypte, Indonésie, Chine...).

Dans un scénario particulièrement sombre esquissé dans "Dormez tranquille jusqu'en 2100" (2015), le monde sera pris en tenaille entre une descente énergétique de plus en plus dure à encaisser, et une dérive climatique à laquelle il sera de plus en plus difficile de s'adapter, justement par manque d'énergie (car avec une énergie illimitée, "nous pourrions tout encaisser").

Dans un scénario moins pessimiste, la France et le monde parviendraient à limiter le changement climatique et amortir la descente énergétique par une sobriété planifiée et socialement équitable, et par le développement des énergies bas-carbone (nucléaire de préférence, pour des raisons de densité et de pilotabilité).

Les analystes émettant des objections font remarquer que la consommation d'hydrocarbures augmente dans des pays émergents pourtant importateurs (ex. Vietnam, Maroc, Indonésie), alors que l'Europe aurait la puissance d'accaparer ces ressources prétendument contraintes.

Des contradicteurs soulignent également que la production mondiale "tous liquides" continue d'augmenter (+20% en 20 ans). La nature de cette hausse (portée par le pétrole de schiste américain, les sables bitumineux canadiens ou les liquides de gaz naturel) ne serait selon eux qu'un détail. L'Europe aurait surtout fait des choix politiques forts (et justifiés) qui renchérissent les fossiles sur son sol : taxes sur les carburants, quotas carbone pour l'industrie, embargo sur l'énergie russe.

Cependant, comme le signale inlassablement JMJ, cette compensation du volume global de pétrole cache une réelle fragilité physique : ces ressources non-conventionnelles exigent beaucoup plus de capital ET d'énergie pour être extraites, et fournissent moins de diesel, un carburant vital pour le transport lourd et l'agriculture. L'industrie pétrolière a certes fait d'énormes progrès technologiques pour diminuer le coût financier de ces forages, mais la technologie ne peut abolir les lois de la physique : broyer de la roche dure demandera toujours beaucoup plus d'énergie que de laisser un liquide remonter par un tuyau.

Sans parler du GNL (gaz naturel liquéfié) dont l'Europe est de plus en plus dépendante, et qui est beaucoup moins avantageux que le gaz fourni par la mer du Nord.

Dans la chasse aux œufs de Pâques, les enfants épuisent vite le gisement des œufs faciles, rendant la recherche du chocolat caché de plus en plus coûteuse en énergie !

Pour revenir du côté des contradicteurs, certains indiquent que la France consomme aujourd'hui moitié moins de pétrole que dans les années 1970, et son PIB est pourtant beaucoup plus élevé. L'Europe a su réagir aux chocs pétroliers des années 70 par des transformations majeures de son modèle énergétique, et d'autres transformations resteraient possibles aujourd'hui.

Par rapport à 2007, la baisse de la consommation de pétrole s'explique principalement par le déclin du fioul domestique (remplacé par les pompes à chaleur et les chaudières à gaz), l'efficacité des transports (voitures moins gourmandes en carburant, essor récent de l'électrique), et la transformation des processus industriels vers le gaz naturel et l'électricité.

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Ce n'est évidemment pas en un post simplifié que nous réussirons à développer tous les termes d'un débat complexe qui, de surcroit, n'est pas encore tranché par la réalité du temps long.

N'hésitez donc pas à contribuer à la discussion !

(publié par Cyrus Farhangi)



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Après Israël, suite de notre tour d'horizon de la situation hydrique dans la région, avec le cas très préoccupant de l'Iran

Après Israël, suite de notre tour d'horizon de la situation hydrique dans la région, avec le cas très préoccupant de l'Iran.

L'Iran est particulièrement aride et semi-aride, et la crise des ressources hydriques ne cesse de s'y aggraver : disparition des lacs, désertification accélérée, tensions sociales et exode rural massif.

Selon Abdolkarim Hosseinzadeh, vice-président iranien chargé du développement rural et des régions défavorisées, seuls 38 000 des 69 000 villages du pays sont encore habités, tandis que 31 000 villages ont été abandonnés.

En novembre 2025, suite à une période de sécheresse particulièrement aigüe, le Président Pezechkian avait annoncé qu'en l'absence de pluies imminentes, Téhéran devrait être évacué. Malgré les pluies et fontes de neige depuis, la situation demeure critique. Seulement 39% de la capacité des barrages a été remplie (30% à Téhéran comme on le voit sur ce graphique réalisé par votre serviteur à partir de sources officielles).

Les pluies récentes n'offrent qu'un bref sursis et le déplacement de la capitale reste sérieusement à l'étude (ex. vers la côte Sud du pays). "Nous n'avons plus le choix" affirme le Président Pezechkian.

Selon le scientifique Kaveh Madani (Directeur du UN University Institute for Water, Environment and Health, et vice-ministre iranien de l'Environnement de 2017 à 2018), l'Iran fait partie des pays en état de "faillite hydrique".

Une crise hydrique est une pénurie temporaire, souvent réversible par la pluie ou de bonnes politiques. À l'inverse, une "faillite hydrique" désigne un déficit structurel profond : les réserves souterraines sont épuisées et les dommages sont quasi-irréversibles à l'échelle de millénaires.

Selon M. Madani, la faillite hydrique en Iran ne résulte pas tant du changement climatique, mais principalement d'une gouvernance inadéquate, avec des barrages excessifs et une agriculture inadaptée. Notamment, la quête d'autosuffisance alimentaire (liée aux sanctions internationales) maintient des subventions à des cultures gourmandes en eau, et inadaptées à un climat aride.

C'est dire à quel point la situation sera aggravée une fois que le réchauffement atteindra +2C puis éventuellement +3C.

L'une des conséquences directes de la faillite hydrique est le dessèchement des zones humides vitales du pays. Le lac d'Ourmia, qui fut jadis l'un des plus grands lacs salés du monde et l'habitat d'espèces endémiques comme l'artémia et les oiseaux migrateurs, a perdu 90% de son volume d'eau en trois décennies. Selon un article de National Geographic, "des experts en hydrologie et des ingénieurs estiment que le lac de cette région semi-aride pâtit des milliers de puits creusés illégalement et de la multiplication des barrages et projets d'irrigation. Ces derniers dévient l'eau de ses affluents pour irriguer et faire pousser des pommes, du blé et des tournesols".

Les zones humides de Hamoun, Gavkhouni, Hoor al-Azim et Bakhtegan sont soit entièrement asséchées, soit au bord de la disparition. Ces marais sont aujourd'hui transformés en foyers actifs de poussières fines ; les particules en suspension qui en résultent portent la pollution atmosphérique dans les provinces du Khouzestan, du Sistan-Baloutchistan et du Fars à des niveaux critiques, menaçant la santé de millions de personnes.

Parallèlement à la sécheresse, les prélèvements excessifs dans les nappes phréatiques ont transformé le phénomène d'affaissement du sol en crise nationale. Alors que la moyenne mondiale est d'environ un centimètre par an, dans certaines zones du sud-ouest de Téhéran ce chiffre atteint 15 à 16 cm, et dans les plaines du Fars un record de 54 cm par an avait été enregistré — le plus élevé au monde.

Aujourd'hui, 30 provinces iraniennes sont touchées par l'affaissement et plus de 410 des 609 bassins versants du pays ont été déclarés en état d'« interdiction d'exploitation ». Les experts avertissent que dans moins de dix ans, plus de 20% des aquifères iraniens seront entièrement à sec.

Pour contrer cette crise, le gouvernement iranien mise sur les grandes infrastructures : construction massive de barrages, et vastes projets de transfert d'eau interbassins vers le plateau central et des usines de dessalement dans le sud. Il multiplie aussi les forages profonds, malgré des critiques sur l'inefficacité de ces mesures.

La population iranienne a quadruplé en 50 ans, mais ne devrait plus beaucoup croitre. Le taux de fécondité est descendu à environ 1,5 et reste orienté à la baisse. Le nombre annuel de naissances en Iran a diminué de 43% en seulement 10 ans et 16% en 2 ans). Comme dans d'autres pays du monde, la population devrait atteindre un pic vers le milieu du siècle puis diminuer.

(publié par Cyrus Farhangi)



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A scorching 2100: Israeli forecasters predict blistering heat in decades to come

Le changement climatique est un enjeu peu médiatisé et pourtant central pour la sécurité d'Israël et du Moyen-Orient dans son ensemble. Nous proposons ici un focus non-exhaustif sur Israel.

Avant de poursuivre, nous vous saurons gré de rester courtois et bienveillant dans vos commentaires.

Dans une interview accordée au journal Ynet, les professeurs Oded Potchter et Menachem Luria, experts en climatologie, ont souligné que la hausse des températures mondiales pourrait rendre des régions telles que la vallée du Jourdain et le sud de l’Arava inhabitables d’ici la fin du siècle.

Parmi les effets du réchauffement : la fréquence des tempêtes de poussière. La hausse des températures assèche considérablement les sols, qui deviennent donc plus meubles. Ainsi, des systèmes atmosphériques (vents, dépressions) qui n'auraient pas généré de grandes quantités de poussière par le passé parviennent aujourd'hui à en soulever des volumes plus importants, aggravant ainsi la pollution atmosphérique et constituant une menace pour la santé publique.

Selon un rapport de l'OCDE (2023), dans un scénario moyen de réchauffement (SSP 2-4.5), d'ici les années 2080-2099, l'Israélien moyen sera exposé à 80 jours par an avec des températures dépassant 35 degrés, et à 145 nuits chaudes.

Du côté des précipitations, les estimations du Service météorologique israélien de 2024 prévoient une réduction de 20 à 25% à la fois des volumes de précipitations et du nombre de jours de pluie d'ici la fin du 21e siècle en raison du changement climatique. Ceci entraînera des pénuries d'eau, couplées à une augmentation de la salinité. Parmi les conséquences, le débit du fleuve Jourdain diminuera de 22%.

Les changements climatiques d'ici la fin du siècle devraient ainsi, toujours selon le Service météorologique israélien, exercer un impact majeur sur la production agricole d'Israël, ainsi que sur la production d'énergie et la capacité de réaction en cas d'urgence.

D'après le projet ClimaMed, le débit annuel des rivières en Israël pourrait chuter de 40 à 70 %, et les précipitations dans le bassin du Jourdain pourraient diminuer jusqu'à 50%.

Les écosystèmes méditerranéens risquent de se déplacer de 300 à 500 km vers le nord, transformant une grande partie de la région en zone désertique.

Paradoxalement, bien que le volume total de pluie diminue, l'intensité des averses augmentera. La terre asséchée peinera à absorber cette eau, ce qui multipliera les inondations soudaines (crues éclair) et l'érosion des sols. Parallèlement, l'intensité des vagues de chaleur augmentera le risque et la fréquence des feux de forêt.

Le niveau de la mer Méditerranée augmente de manière importante. Selon Noga Kronfeld-Schor, responsable scientifique du ministère de la Protection de l’environnement, l’élévation du niveau de la mer en Israël atteindrait 5 mètres d’ici 2150. ce qui engendre deux risques majeurs :
* La submersion et la déstabilisation des falaises côtières, menaçant les infrastructures et le tourisme.
* L'intrusion d'eau de mer dans l'aquifère côtier, entraînant la salinisation des réserves d'eau souterraines essentielles pour l'agriculture.

Dans son Plan d'action national sur le climat 2022-2026, l'Etat détaille 100 mesures macroéconomiques et sectorielles pour faire face à la crise climatique. Parmi elles :

* la fin du charbon et le déploiement massif des énergies renouvelables et électrification des transports (bus, trains).

* l'instauration d'une loi sur le climat fixant des objectifs de réduction pour 2030 et 2050, accompagnée d'une taxe carbone progressive.

* l'élaboration de plans de résilience face aux événements extrêmes (inondations, chaleurs) et verdissement urbain pour contrer les îlots de chaleur.

* le soutien financier aux entreprises innovantes (notamment dans le développement de technologies pour s'adapter aux milieux arides)

* l'intégration de l'enseignement de la crise climatique dès l'école primaire.

(publié par Cyrus Farhangi)


Israel Meteorological Service suggests that by the end of the century, peak Tel Aviv temperatures could top 49.4°C (121°F), with overall rainfall slated to drop

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Reçu — 8 août 2026 ⏭ Géopolitique

Oil shortages escalate from wars in Iran and Ukraine, with few signs of relief

**Les pénuries de pétrole s'accentuent en raison des guerres en Iran et en Ukraine, avec peu de signes de soulagement**

Traduction de cet article instructif de The Conversation, avec notamment des éléments sur la crise du raffinage, dont on parle peu :

La crise énergétique mondiale déclenchée par deux guerres s'apprête à s'aggraver, alors que l'Ukraine pilonne l'industrie russe du raffinage et que les attaques iraniennes se poursuivent sur la production et le raffinage de pétrole au Moyen-Orient. De plus, la nature des destructions et le nombre croissant de fronts et de belligérants impliqués pourraient annoncer une nouvelle ère de vulnérabilité prolongée pour les pays dépendants des importations pour leur énergie.

Tout au long de la majeure partie de l'histoire moderne, les guerres ont ciblé les infrastructures énergétiques, notamment les puits de pétrole, les raffineries, les oléoducs, les terminaux d'exportation et les centrales électriques. Mais les technologies d'armement les plus récentes – les drones autonomes et les navires automatisés – déjouent les systèmes de défense existants.

Les dommages qui en résultent accentuent la menace que des voies maritimes pétrolières cruciales dans le monde soient ralenties ou bloquées pendant de longues périodes, et ce, non seulement dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab-el-Mandeb, situé à l'entrée sud de la mer Rouge.

Le monde a réussi à s'en sortir tant bien que mal au cours des premiers mois de la guerre en Iran, mais les premiers efforts destinés à maintenir l'équilibre des marchés pétroliers touchent à leur fin. Il y a d'abord eu les expéditions de pétrole du Moyen-Orient qui avaient déjà franchi le détroit d'Ormuz avant sa fermeture, arrivées dans les ports du monde entier en mars et avril 2026. Puis les gouvernements ont libéré des stocks stratégiques de pétrole sur le marché, tandis que certains pays ont adopté des politiques d'économie d'énergie, telles que le passage au télétravail.

Parallèlement, la capacité de raffinage – les installations qui convertissent le pétrole brut en produits tels que le gazole et l'essence – a été extrêmement compromise. Goldman Sachs estime qu'à l'échelle mondiale, le déficit de raffinage – incluant les raffineries russes bombardées et les produits ne pouvant pas sortir du détroit d'Ormuz ou de la mer Noire – s'élève à 6,5 millions de barils par jour. Désormais, à mesure que d'autres infrastructures énergétiques sont détruites, il sera plus difficile d'éviter une crise plus profonde. Et l'hiver n'est plus très loin.

**L'extension de la guerre au Moyen-Orient**

Les attaques menées par l'Iran et ses relais, souvent à l'aide de drones aériens, ont causé des dommages importants et durables aux infrastructures énergétiques du Moyen-Orient. Par exemple, plus de 1,2 million de barils par jour de capacité de raffinage de pétrole dans la région sont hors service en raison de dégâts matériels, selon J.P. Morgan.

Le conflit continue de s'intensifier. Le 27 juillet, des drones qui auraient été lancés depuis le sud de l'Irak par des milices pro-iraniennes ont frappé des tours de traitement de brut sur le site de production pétrolière stratégique de d'Abqaiq en Arabie saoudite. Des attaques similaires menées par l'Iran en 2019 avaient fortement réduit la capacité de l'Arabie saoudite à produire du pétrole.

Les exportations saoudiennes de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés sont également entravées par des attaques contre la navigation dans les détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb. Une riposte militaire améro-saoudienne contre les milices irakiennes a ravivé les craintes d'une propagation de la guerre.

Le 30 juillet, des attaques de drones contre un port égyptien sur la mer Méditerranée ont signalé qu'une autre zone pourrait être vulnérable à l'élargissement du conflit. Depuis le début de la guerre, l'Arabie saoudite dépend de la Méditerranée pour ses exportations de pétrole, acheminant 5 millions de barils par jour via le canal de Suez et l'oléoduc égyptien SUMED.

**Les attaques ukrainiennes au cœur de la Russie**

Dans sa guerre contre la Russie, la maîtrise par l'Ukraine des drones à longue portée a permis de bombarder avec succès plus de 11 complexes de raffinage russes majeurs, neutralisant une part significative des capacités de production de carburant du pays. Les estimations varient entre 30 % et 50 %, voire jusqu'à 60 % de la capacité de raffinage de la nation.

Les attaques de drones ukrainiens sur le système de raffinage russe visent principalement à nuire à l'effort de guerre de Moscou en limitant le ravitaillement militaire en carburant et le financement de la guerre issu des exportations de produits raffinés. Cependant, des images en ligne montrent des conducteurs russes patientant dans leurs voitures pendant des heures pour obtenir quelques litres de carburant.

Ces attaques ont également poussé la Russie à interdire les exportations de gazole – qui, avant 2022, fournissaient la moitié du gazole européen.

**Effets en chaîne, y compris la famine**

En plus de bloquer les expéditions de pétrole brut, la fermeture du détroit d'Ormuz a interrompu le flux d'environ 20 % de l'approvisionnement mondial en gaz de pétrole liquéfié (GPL). Il s'agit d'un combustible de cuisson difficile à remplacer, largement utilisé en Inde et en Chine, entre autres pays.

Dès le mois d'avril 2026, la population en Inde éprouvait des difficultés à trouver et à payer le gaz nécessaire à la cuisine, la contraignant à sauter des repas. L'Inde cherche à augmenter le volume de gaz de pétrole liquéfié qu'elle achète aux États-Unis pour atténuer ces pénuries.

D'autres pressions s'exercent également de toutes parts sur les approvisionnements mondiaux en pétrole.

Des drones maritimes lancés par l'Ukraine dans la mer Noire ont au moins temporairement bloqué la majeure partie des exportations de pétrole brut du Kazakhstan, qui a besoin de cette voie navigable pour acheminer son pétrole vers la mer Méditerranée et au-delà.

Les séparatistes houthis au Yémen ont utilisé des drones aériens pour fermer le sud de la mer Rouge au début des années 2020, bloquant une route alternative clé pour les expéditions de pétrole évitant le détroit d'Ormuz. Ils seraient sur le point de le faire à nouveau.

Ces technologies et tactiques se propagent à d'autres régions du globe riches en pétrole. Par exemple, des séparatistes en Colombie ont utilisé des drones pour attaquer des équipements de production pétrolière à la fin du mois de juillet.

**Des motifs d'espoir ?**

Depuis le début de la guerre en Iran, les importations chinoises de pétrole brut et de produits pétroliers ont chuté d'environ 3,6 millions de barils par jour, soit environ un tiers de leurs importations d'avant-guerre. En fait, les raffineurs chinois ont commencé à revendre du pétrole brut sur les marchés mondiaux afin de dégager des revenus pour compenser la baisse d'activité de leurs propres raffineries.

Une explication réside dans le fait que la Chine puise dans ses réserves pétrolières stratégiques, mais il est également possible qu'un ralentissement économique, combiné au déploiement massif de carburants alternatifs et d'énergies renouvelables dans le pays, freine le besoin en carburants fossiles importés. Les entreprises pétrochimiques chinoises achètent également de l'éthane aux États-Unis pour remplacer les approvisionnements interrompus en provenance du Moyen-Orient.

Du côté de l'offre, au Brésil, la production de la compagnie pétrolière nationale Petrobras a augmenté de 14 % par rapport aux niveaux de 2025 et ses raffineries tournent à pleine capacité. Par conséquent, ses besoins d'importation ont fortement diminué, offrant un certain soulagement aux marchés du continent américain.

La production pétrolière vénézuélienne est passée de 937 000 barils par jour en 2025 à 1,2 million de barils par jour à la mi-2026. La majeure partie de cette augmentation provient d'entreprises pétrolières qui opéraient déjà au Venezuela avant que les États-Unis ne destituent l'ancien président Nicolás Maduro. Quelques nouveaux contrats d'achat de pétrole vénézuélien ont été signés, mais le flux d'investissements espéré par l'administration Trump ne s'est pas encore concrétisé. Les lois du Venezuela et son instabilité politique rendent les entreprises frileuses, certaines cherchant toujours à obtenir des indemnités pour la saisie de leurs actifs par le président de l'époque, Hugo Chávez, en 2009.

**Risques d'inflation et vulnérabilité à long terme**

Pour l'instant, l'augmentation de la production de pétrole et de gaz ainsi que du rendement des raffineries aux États-Unis a préservé les Américains de pénuries de pétrole majeures.

Mais cette situation pourrait évoluer de bien des manières. L'aggravation des perturbations mondiales de l'approvisionnement pourrait à terme se traduire par une hausse des prix de marché sur une large gamme de biens et de produits de base, ce qui ferait grimpé les taux d'inflation aux États-Unis.

En fin de compte, les nouvelles méthodes de guerre par drones ciblant les installations énergétiques et la navigation constituent une préoccupation majeure de sécurité nationale pour les États-Unis et pour toutes les grandes économies qui s'appuient sur les expéditions d'énergie et les importations de marchandises pour soutenir leur économie.

Les pays devront désormais œuvrer en faveur de leur sécurité énergétique dans un monde marqué par l'insécurité des voies maritimes mondiales, des conditions météorologiques plus extrêmes et l'intensification des conflits géopolitiques.

Ayant étudié et suivi la géopolitique des marchés mondiaux de l'énergie pendant des décennies, je m'attends à ce que ces efforts se concentrent sur l'identification des ressources énergétiques dont dispose chaque pays à l'intérieur de ses propres frontières. Et compte tenu des limites géographiques et géologiques des combustibles fossiles, je prévois que davantage de pays chercheront à accélérer le développement déjà rapide des énergies renouvelables, comme l'éolien et le solaire, afin de minimiser les risques que des guerres n'interrompent leur approvisionnement énergétique.

https://theconversation.com/oil-shortages-escalate-from-wars-in-iran-and-ukraine-with-few-signs-of-relief-288858

(publié par Cyrus Farhangi)


Cooking gas and diesel fuel are among the oil products whose supply levels have been affected already. Here’s why to expect long-term shortages.

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Reçu — 7 août 2026 ⏭ Géopolitique

La forêt des Landes va-t-elle disparaitre ?

Pourquoi la forêt des Landes brûle-t-elle si vite ? Arthur Guérin-Turc, géographe de l'environnement, suggère que de nombreuses conditions sont réunies :

1) La règle des « 30/30/30 » (humidité inférieure à 30 %, température supérieure à 30 °C, vent supérieur à 30 km/h) est désormais fréquente avec les canicules à répétition en mai, juin et juillet.

2) Le massif est une monoculture de pin maritime (66 % du territoire boisé, 80 à 90 % de pin) offrant une continuité de combustible quasi ininterrompue : rien n'arrête le feu, qui devient très rapide.

3) Les peuplements sont jeunes (20 à 25 ans), très denses et homogènes — la configuration de vitesse de propagation maximale.

4) Les résineux sont plus secs que les forêts mixtes.

5) Les jeunes arbres laissent passer la lumière et assèchent le sous-bois.

6) Le massif a été drainé et asséché depuis l'origine.

7) 90 % des départs sont d'origine humaine, et l'urbanisation pavillonnaire depuis les années 1970-80 multiplie les interfaces habitat-forêt.

Il y a toutefois un paradoxe : les Landes comptent dix fois plus de départs que la région PACA, mais peu de surface brûlée jusqu'en 2022. C'est grâce à la stratégie d'attaque du feu naissant et aux pistes DFCI mises en place après l'incendie de 1949 (52 000 hectares, 82 morts) — approche pertinente mais désormais insuffisante.

L'entretien aborde également une histoire de la forêt des Landes depuis le XIXe siècle.

Avec le décret de 1857 sous Napoléon III), la plantation des Landes de Gascogne remplace les zones humides agropastorales. Cette "colonisation" est appuyée par un discours hygiéniste (assainir des terres « insalubres »).

Le pin devient « l'arbre civilisateur », projet qui fait face à quelques résistances violentes : des bergers incendient les plantations et sont qualifiés de "pyromanes".

Le gemmage (résine) disparaît vers 1960-70 face à la concurrence du Sud ; on cesse alors de laisser vieillir les arbres.

L'industrialisation des années 1970 (mécanisation, rotations raccourcies de 50-60 ans à 20-30 ans, densification) produit le paysage actuel, très différent de celui du début du XXe siècle.

Le poids de l'industrie : les débouchés dominants sont le papier-carton (usine Smurfit Kappa à Facture-Biganos) et biomasse-granulés — d'où le sobriquet militant de « forêt Amazon ».

L'industrie bois locale soutient entre 34 000 et 60 000 emplois directs et indirects, en baisse du fait de la mécanisation et de la concentration (fermeture des scieries familiales dans les années 1990).

Environ 59 000 propriétaires forestiers, souvent âgés, délèguent la gestion de leur forêt à des coopératives : un ensemble cependant hétérogène, aux pratiques diverses.

La forêt a également fait l'objet d'une montée de la financiarisation : groupements forestiers d'investissement, crédits carbone, défiscalisation... la forêt devient ainsi un actif, ce qui supprime l'interlocuteur local et le dialogue.

Les pistes pour réduire le risque d'incendies

1) La coupure de combustible et l'élargissement des pare-feu (zones d'appui pour les pompiers, évacuations).

2) Des zones tampon autour des villages, la re-création de zones humides, la baisse de la densité de bois à l'hectare, et la régulation de l'urbanisation (PLU, ZAN).

3) La réintroduction de feuillus, certes utile mais lente et limitée par des sols appauvris.

4) Assumer un renoncement : ne pas replanter en interface habitat-forêt, y installer agriculture ou pastoralisme, avec indemnisation et reconnaissance du pare-feu comme d'intérêt public.

Arthur Guérin-Turc appelle à un « plan de massif » et un État aménageur-régulateur, comme après 1949.

Il y a un précédent portugais en réaction aux incendies de 2017 liés à l'eucalyptus, après lequel des mesures de régulation ont été adoptées.

Bon visionnage de l'interview !

(publié par Cyrus Farhangi)


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