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Vue normale

Ocean Heat Threatens to Supercharge Storm Season in Europe

L’hiver risque d’apporter son lot de catastrophes climatiques en Europe

À cause du changement climatique et des fortes vagues de chaleur qui ont eu lieu sur le continent européen cet été, l’hiver risque d’être fait de grosses tempêtes. Une conséquence directe du réchauffement des mers.

Les vagues de chaleur à répétition ont frappé tout le continent et affecté l’intégralité de nos écosystèmes, y compris sous la mer. Les températures de l’eau en surface n’ont jamais été aussi élevées en Europe qu’à la fin du mois de juin 2026, a déjà alerté l’agence pour le climat européenne Copernicus. Elles étaient 6 °C plus chaudes que la moyenne en cette saison.

Selon World Weather Attribution (WWA), la Méditerranée se réchauffe deux fois plus vite que les autres mers du monde. Et cela affecte directement la vie marine. Des mouvements de poissons vers des eaux plus froides ont d’ores et déjà été remarqués cet été. Davantage de bactéries se développent aussi dans les eaux chaudes et peuvent être transmises à l’homme sur les plages du littoral européen.
Mais ces mers chaudes dues au changement climatique pourraient aussi entraîner d’autres événements climatiques majeurs, notamment des tempêtes.

Une étendue d’eau plus chaude qu’habituellement entraîne un air plus chaud et un taux d’humidité élevé dans les zones côtières, alertent les spécialistes. Et, à travers le cycle de l’eau, cela pourrait entraîner des super-tempêtes en hiver. "Quand on a des eaux de surface très chaudes, cela donne de l’énergie aux tempêtes pour qu’elles durent plus longtemps", souligne Catherine Gregory, co-autrice du rapport de WWA dans Bloomberg.

Le groupement international de chercheurs va encore plus loin et formule l’hypothèse selon laquelle l’Europe pourrait vivre des tempêtes et précipitations similaires à la mousson et interagir avec les cyclones tropicaux, les rendant encore plus destructeurs ailleurs dans le monde.
En 2024, la province espagnole de Valence avait connu des inondations majeures qui ont entraîné la mort de plus de 230 personnes. C’était notamment dû à la présence d’une poche d’air froid au-dessus de la Méditerranée brûlante. Ce type d’événements catastrophiques pourrait se multiplier.

Une étude parue dans Nature Communications à la suite des inondations en Espagne avait acté le rôle du changement climatique de nature humaine dans la catastrophe. L’étude du WWA autour de la température des eaux européennes conclut la même chose. Les scientifiques appellent à une transition rapide pour éliminer les carburants fossiles de nos existences. Sans cette mesure, les écosystèmes, les poissons, la production de nourriture et le tourisme sont en danger le long des côtes européennes.

Au vu de l'inertie climatique et de la très forte dépendance de l'économie aux énergies fossiles, ces gros problèmes ont de très fortes chances d'augmenter dans les années a venir.

https://www.geo.fr/environnement/un-risque-accru-de-super-tempetes-en-europe-cet-hiver-apres-les-canicules-233296

https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-08-18/ocean-heat-waves-threaten-to-supercharge-storm-season-in-europe?srnd=homepage-europe

(par adrien Couzinier)


Rising temperatures in the ocean now have the potential to cause intense storms in Europe later this year, according to new research.

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La France hexagonale a vécu 52 jours de vagues de chaleur depuis la mi-juin, un cumul jamais enregistré alors que l’été n’est pa...

La France hexagonale a vécu 52 jours de vagues de chaleur depuis la mi-juin, un cumul jamais enregistré alors que l’été n’est pas terminé.

Les climatosceptiques aiment rappeler que l'été 1976 il a également fait très chaud. La fréquence à laquelle ils rappellent désormais quasiment chaque été cet événement jadis rare... est cependant bien signe que la fréquence des vagues de chaleur augmente !

On observe d'ailleurs sur ce graphique extrait d'un article du Monde que sur un indicateur comme le nombre de jours de vagues de chaleur, un événement comme celui de 1976 est devenu banal au 21e siècle. Et depuis quelques années un été comme 1976 est un été relativement frais.

La sécheresse de 1976 fut cependant exceptionnelle par son déficit pluviométrique cumulé : précédée d'un hiver très sec, elle a duré près de neuf mois, asséchant profondément les nappes phréatiques et l'agriculture. C'était alors une anomalie météorologique rare.

Aujourd'hui, sous l'effet du réchauffement climatique, ces événements ne sont plus des exceptions mais sont en train de devenir la norme. Bien que les hivers restent parfois pluvieux, la hausse des températures amplifie l'évapotranspiration et assèche brutalement les sols. D'après Météo France, des étés récents comme 2022 ou 2026 surclassent 1976 en intensité thermique et en sécheresse agricole.

(publié par Cyrus Farhangi)



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La notion de fin de la croissance (pas dans 500 ans mais en ce moment-même) est l’une des claques particulièrement monumentales ...

La notion de fin de la croissance (pas dans 500 ans mais en ce moment-même) est l’une des claques particulièrement monumentales que l’on peut se prendre de la part de Jean-Marc Jancovici. Il n’est évidemment pas le premier à la théoriser, mais il est celui qui au 21e siècle a poussé des millions de Français à cogiter à ce sujet.

Que ce soit en France, en Europe ou ailleurs, le taux de croissance a tendance à diminuer. La croissance infinie étant impossible, le taux finira bien par atteindre partout zéro (voire moins s'il doit y avoir "correction" 🤷).

Pourquoi ? Jean-Marc Jancovici met en avant :

1) Le déclin des ressources fossiles les plus rentables, qui contraint physiquement notre production de richesses.

2) Les destructions climatiques et écologiques qui amputent de plus en plus lourdement la richesse économique.

D’autres analystes mettront en avant la productivité (les innovations modernes génèrent moins de gains marginaux que les grandes révolutions industrielles précédentes), la tertiarisation (qui engendre moins de croissance que l’industrialisation), le fardeau de la dette publique et privée, la stagnation des revenus de la classe moyenne, le vieillissement démographique, ou encore la saturation des besoins.

📊 Nous avons construit ce graphique pour la France en téléchargeant des données INSEE. Nous avons calculé une moyenne mobile sur 10 ans afin de lisser les variations conjoncturelles. Et le résultat est sans équivoque.

On voit là le franchissement de deux paliers majeurs :

1) Le choc pétrolier de 1974, marquant la fin brutale des Trente Glorieuses. Le taux de croissance par habitant s'effondre de 2,5 points, passant d'un régime florissant de +4,3% à une normalité de +1,8%.

2) La Grande Récession mondiale de 2008 (que certains économistes perçoivent comme un choc énergétique plutôt que purement financier) ampute la croissance de 1,1 point pour la faire stagner autour de +0,6 %.

Chaque marche descendue devient ainsi le nouveau régime normal.

📉 Sous le poids des contraintes structurelles citées en introduction, un nouveau franchissement de seuil, menant à une croissance "négative", semble ainsi plausible dans un avenir proche.

Une nouvelle crise énergétique (Ormuz, Russie) et/ou l'éclatement d'une éventuelle bulle spéculative autour de l'IA pourraient agir comme détonateurs précipitant ce passage vers la barre du zéro (voir en-dessous).

⚠️ Ne pas confondre cependant les déclencheurs (crises soudaines) et les facteurs structurels (limites de fond à la croissance).

(publié par Cyrus Farhangi)



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"Les marchés financiers ont commencé à fixer des prix selon El Niño", par Roberta Boscolo, cheffe de l'unité Energie et Climat d...

"Les marchés financiers ont commencé à fixer des prix selon El Niño", par Roberta Boscolo, cheffe de l'unité Energie et Climat de l'Organisation Météorologique Mondiale.

Un article précis dans le Financial Times cette semaine illustre comment un fonds spéculatif lève un fonds spécialement conçu pour tirer profit de l’El Niño de cette année et pourquoi les banques du secteur publient désormais des guides clients sur ses implications sur le marché.

☕ Les prix du café et du cacao ont grimpé alors que les commerçants anticipent des dégâts liés aux récoltes en Afrique de l’Ouest et au Brésil
🌾 Le blé en Australie et le riz en Inde font face à de sérieuses menaces, car les précipitations de mousson indienne sont déjà plus d’un dixième en dessous de la moyenne
🚢 Les prix des enchères de transit du canal de Panama ont atteint des sommets records, alors que les inquiétudes concernant la baisse du niveau de l’eau font écho à la sécheresse sévère de 2023–24
⚡ L’exploitation minière du cuivre est perturbée en Zambie par la sécheresse et au Chili par les inondations sous le même effet de l’événement, générant des risques opposés dans des endroits différents
🍬 Un impact sur la production sucrière indienne est suivi de près par les analystes

Le réchauffement climatique augmente les impacts de chaque événement qui se produit, superposant l’augmentation typique de température de 0,1 à 0,2°C d’El Niño à un réchauffement déjà dangereux de 1,4°C, et chargeant une atmosphère plus chaude d’humidité pour alimenter des averses plus fortes là où El Niño apporte déjà de la pluie.

Le chiffre le plus alarmant n’est pas un chiffre de marché. Le World Food Programme avertit que cet événement menace de plonger au moins 49 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire, rappelant que les vrais dégâts touchent le plus durement ceux qui ont le moins de capacité à les absorber. Et cela va durer : une étude publiée en 2023 dans Science a révélé que les épisodes majeurs d’El Niño freinent la croissance dans les pays touchés pendant des années.

Les marchés se positionnent déjà autour de cet événement, des mois avant son pic. La question est de savoir si cette même prévoyance atteint les petits exploitants, les planificateurs de la sécurité alimentaire et les communautés vulnérables avec la même urgence qu’elle atteint les fonds spéculatifs. 🛰️

📰 Source : Financial Times, "How will El Niño hit the world economy?" (Moral Money, 12 August 2026)

Lien vers le post de Roberta Boscolo : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7493792606271991808/

(par Adrien Couzinier)



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L'Europe en quête de puissance climatique - Marc-Antoine Eyl-Mazzega

Amis (et contradicteurs) des thèses jancoviciennes sur les réalités matérielles, bonjour. Dans un monde aux ressources finies, la transition bas-carbone n'est pas un simple dossier administratif et financier, mais une guerre des flux physiques de l'énergie et des métaux. Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre Énergie et Climat de l'Ifri, vient implacablement confirmer ce constat sur le terrain géopolitique.

L'Europe a longtemps cru que la lutte climatique se ferait par de simples ajustements à la marge : un peu plus d'éolien, un peu de solaire, et des règles de marché bien huilées. Pendant que nous rédigions des normes et des traités de libre-échange, la Chine, elle, s'occupait des flux physiques. Elle a sécurisé l'approvisionnement et le raffinage (très polluant) des métaux critiques. Aujourd'hui, elle domine la production mondiale de panneaux, batteries et véhicules électriques, et pourra se servir de ce monopole industriel comme arme de chantage.

Si l'Europe tente de se protéger, Pékin menace de restreindre l'accès à ces métaux ultra-purifiés dont dépendent nos industries de pointe. Pour obtenir ces matériaux, nos industriels sont parfois sommés de dévoiler leurs secrets de fabrication ou de délocaliser leurs usines sur le sol chinois.

Face à ce rouleau compresseur, les États-Unis ont réagi, selon Eyl-Mazzega, de manière pragmatique. Devenus une superpuissance des hydrocarbures sous Obama, ils utilisent désormais la force de frappe financière de l'Inflation Reduction Act pour subventionner la relocalisation de leurs usines, vampirisant au passage l'industrie européenne.

Le reste du monde s'adapte tout aussi brutalement à la réalité des flux. Le Moyen-Orient joue le temps long : il utilise sa rente pétrolière (la moins chère à extraire) pour financer une lente transition vers les ENR et le nucléaire, tout en s'assurant d'être le tout dernier fournisseur d'or noir d'un monde qui en demandera encore pendant un certain temps. L'Asie du Sud-Est installe du charbon pour assouvir une demande énergétique primaire qui explose, et l'Afrique subit le réchauffement de plein fouet tout en manquant cruellement de capitaux pour s'électrifier.

Et l'Europe dans tout ça ? Privée d'hydrocarbures bon marché depuis la rupture avec la Russie, elle voit son industrie lourde laminée par le coût de l'énergie. Nous sommes pris en étau.

Pourtant, Marc-Antoine Eyl-Mazzega rappelle que la France dispose d'un atout structurel majeur, que nous connaissons bien ici : notre héritage nucléaire. Cette énergie dense, pilotable et bas-carbone est notre véritable levier de souveraineté pour réindustrialiser le pays et répondre aux besoins électriques massifs de demain, comme l'intelligence artificielle.

Selon Eyl-Mazzega, l'IA n'est pas un luxe mais un enjeu de "souveraineté" :

"L'enjeu est de conserver des revenus et de la valeur ajoutée ici, de ne pas la transférer toujours et encore aux États-Unis et puis devoir un jour quémander des tokens aux Américains, alors qu'ils n'ont pas l'électricité que nous avons !"

(publié par Cyrus Farhangi)


Vous pouvez lire gratuitement la retranscription de l'entretien ici...

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Un post particulèrement jancovicien par Jancovici sur LinkedIn, que nous relayons ici : "Les combustibles fossiles sont épuisabl...

Un post particulèrement jancovicien par Jancovici sur LinkedIn, que nous relayons ici : "Les combustibles fossiles sont épuisables, et leur usage modifie le climat. Historiquement, il y a eu deux écoles pour "pronostiquer" leur fin. La première, dominante quantitativement dans le discours public, est que leur usage s'arrêtera volontairement alors qu'il en restera plein sous terre, parce suite de notre volonté de limiter le réchauffement climatique.

Cette école considère le plus souvent que cette transition sera réalisée essentiellement avec des moyens techniques (la sobriété - ou déconsommation - est juste un facteur favorable parmi d'autres), et qu'elle sera largement indolore pour l'économie.

Par exemple, tous les scénarios d'émission utilisés dans les rapports du GIEC pour comparer les modèles entre eux sont des scénarios de croissance économique, même ceux où les émissions - donc l'énergie fossile - baissent très fortement (cette remarque sur les scénarios n'invalide pas la partie physique de la modélisation, elle concerne juste le narratif sous-jacent pour la trajectoire des émissions).

Une deuxième école, minoritaire dans le discours public (du moins en France), pense que ce qui va limiter l'usage des combustibles fossiles sera avant tout leur épuisement. Cette école là a souvent considéré que cet épuisement surviendrait suffisamment tôt pour que le changement climatique ne soit pas un problème. Elle considère par contre, le plus souvent, que cette baisse subie ira avec une décroissance économique.

Une troisième école, encore plus minoritaire, considère que c'est avant tout les conséquences du réchauffement qui, en provoquant un effondrement, limitera nos émissions.

L'année 2026 est en train de nous prouver - à petite dose pour le moment - que en Europe, la combinaison des deux dernières options est possible. La "morsure climatique" de cet été commence à faire mal, et, en même temps selon la formule consacrée, nous avons un problème d'approvisionnement sur les hydrocarbures, avec les tensions dans le détroit d'Ormuz.

Au titre de cette dernière, les stocks gaziers européens sont au plus bas (voir lien vers article des Echos en commentaire). Et, pour le moment, il se passe une chose très bizarre avec le pétrole. Depuis presque 50 ans, l'activité économique mondiale est quasiment proportionnelle au volume de pétrole utilisé.

Or, depuis mars dernier maintenant, la production de pétrole a chuté d'un gros 10%, mais aucune crise économique majeure ne s'est déclenchée. Est-ce parce que les stocks ont permis d'absorber cette baisse et que la crise n'est qu'une question de temps ?

Toujours est-il que, en tendance, les Européens vont combiner des conséquences climatiques croissantes avec un approvisionnement énergétique en baisse subie. En clair, "ne rien faire" amènera de plus en plus d'ennuis "physiques" à gérer dans un contexte de crises économiques répétées. Pas sur que les candidats qui se bousculent au portillon pour 2027 aient bien compris que c'est cela qui les attend, et pas sur qu'ils aient un plan pour y faire face."

(publié par Cyrus Farhangi)



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Un débat particulièrement stimulant (et existentiel) de notre temps, que nous devons en grande partie à Jean-Marc Jancovici, est...

Un débat particulièrement stimulant (et existentiel) de notre temps, que nous devons en grande partie à Jean-Marc Jancovici, est le caractère "subi" ou "choisi" de la décrue énergétique en France et en Europe depuis 2007.

Alors que cette page Facebook s'approche des 300k abonnés et qu'elle est de plus en plus visible auprès de non-abonnés (merci à toutes et tous pour l'intérêt que vous y portez !), nous allons diffuser une série de posts et de recueils de témoignages sur l'héritage intellectuel déjà immense de Jean-Marc Jancovici : sa contribution à la prise de conscience des sujets Energie-Climat, ses thèses, et les objections.

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean annoncent depuis exactement 20 ans et l'ouvrage "Le Plein s'il vous plait" (2006) une contraction énergétique.

Des chiffres comme ceux de ce graphique semblent aller dans leur sens, notamment sur le pétrole (-23% depuis 2007 pour le pétrole à usage énergétique en France, en consommation finale) et, dans une moindre mesure, le gaz naturel. L'Europe dans son ensemble affiche des tendances semblables.

Selon JMJ, l'économie tourne autour de machines dont la nourriture est l'énergie, principalement les énergies fossiles, qui affichent des caractéristiques physiques extrêmement avantageuses (densité, pilotabilité, polyvalence chimique, stockage facile notamment pour le pétrole). Elles sont, en cela, difficiles à remplacer.

La France et l'Europe, dépendantes des importations fossiles, subissent depuis 2007 le passage du pic de production mondial du pétrole conventionnel, et le pic de production de gaz naturel de la mer du Nord. Cette contrainte géologique limite physiquement les volumes d'hydrocarbures disponibles pour notre continent. Les tensions géopolitiques (Russie, Ormuz) étaient prévisibles et n'arrangent évidemment rien à l'affaire.

La baisse de notre consommation énergétique est une rétractation physique « subie ». Cette décrue énergétique forcée bride la croissance économique, expliquant en grande partie la stagnation, la désindustrialisation, le déclassement social ou encore les crises du pouvoir d'achat que traverse l'Europe.

Si le Français moyen avait la possibilité de consommer autant d'énergie que l'Américain ou le Qatari moyen, il le ferait. Mais son accès à l'énergie est beaucoup plus contraint géologiquement.

La baisse de notre approvisionnement fossile est irréversible et va même s'accélérer à mesure que les pays jadis exportateurs gardent pour eux-mêmes leur pétrole dont les puits s'épuisent (exemples déjà passés : Mexique, Egypte, Indonésie, Chine...).

Dans un scénario particulièrement sombre esquissé dans "Dormez tranquille jusqu'en 2100" (2015), le monde sera pris en tenaille entre une descente énergétique de plus en plus dure à encaisser, et une dérive climatique à laquelle il sera de plus en plus difficile de s'adapter, justement par manque d'énergie (car avec une énergie illimitée, "nous pourrions tout encaisser").

Dans un scénario moins pessimiste, la France et le monde parviendraient à limiter le changement climatique et amortir la descente énergétique par une sobriété planifiée et socialement équitable, et par le développement des énergies bas-carbone (nucléaire de préférence, pour des raisons de densité et de pilotabilité).

Les analystes émettant des objections font remarquer que la consommation d'hydrocarbures augmente dans des pays émergents pourtant importateurs (ex. Vietnam, Maroc, Indonésie), alors que l'Europe aurait la puissance d'accaparer ces ressources prétendument contraintes.

Des contradicteurs soulignent également que la production mondiale "tous liquides" continue d'augmenter (+20% en 20 ans). La nature de cette hausse (portée par le pétrole de schiste américain, les sables bitumineux canadiens ou les liquides de gaz naturel) ne serait selon eux qu'un détail. L'Europe aurait surtout fait des choix politiques forts (et justifiés) qui renchérissent les fossiles sur son sol : taxes sur les carburants, quotas carbone pour l'industrie, embargo sur l'énergie russe.

Cependant, comme le signale inlassablement JMJ, cette compensation du volume global de pétrole cache une réelle fragilité physique : ces ressources non-conventionnelles exigent beaucoup plus de capital ET d'énergie pour être extraites, et fournissent moins de diesel, un carburant vital pour le transport lourd et l'agriculture. L'industrie pétrolière a certes fait d'énormes progrès technologiques pour diminuer le coût financier de ces forages, mais la technologie ne peut abolir les lois de la physique : broyer de la roche dure demandera toujours beaucoup plus d'énergie que de laisser un liquide remonter par un tuyau.

Sans parler du GNL (gaz naturel liquéfié) dont l'Europe est de plus en plus dépendante, et qui est beaucoup moins avantageux que le gaz fourni par la mer du Nord.

Dans la chasse aux œufs de Pâques, les enfants épuisent vite le gisement des œufs faciles, rendant la recherche du chocolat caché de plus en plus coûteuse en énergie !

Pour revenir du côté des contradicteurs, certains indiquent que la France consomme aujourd'hui moitié moins de pétrole que dans les années 1970, et son PIB est pourtant beaucoup plus élevé. L'Europe a su réagir aux chocs pétroliers des années 70 par des transformations majeures de son modèle énergétique, et d'autres transformations resteraient possibles aujourd'hui.

Par rapport à 2007, la baisse de la consommation de pétrole s'explique principalement par le déclin du fioul domestique (remplacé par les pompes à chaleur et les chaudières à gaz), l'efficacité des transports (voitures moins gourmandes en carburant, essor récent de l'électrique), et la transformation des processus industriels vers le gaz naturel et l'électricité.

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Ce n'est évidemment pas en un post simplifié que nous réussirons à développer tous les termes d'un débat complexe qui, de surcroit, n'est pas encore tranché par la réalité du temps long.

N'hésitez donc pas à contribuer à la discussion !

(publié par Cyrus Farhangi)



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Après Israël, suite de notre tour d'horizon de la situation hydrique dans la région, avec le cas très préoccupant de l'Iran

Après Israël, suite de notre tour d'horizon de la situation hydrique dans la région, avec le cas très préoccupant de l'Iran.

L'Iran est particulièrement aride et semi-aride, et la crise des ressources hydriques ne cesse de s'y aggraver : disparition des lacs, désertification accélérée, tensions sociales et exode rural massif.

Selon Abdolkarim Hosseinzadeh, vice-président iranien chargé du développement rural et des régions défavorisées, seuls 38 000 des 69 000 villages du pays sont encore habités, tandis que 31 000 villages ont été abandonnés.

En novembre 2025, suite à une période de sécheresse particulièrement aigüe, le Président Pezechkian avait annoncé qu'en l'absence de pluies imminentes, Téhéran devrait être évacué. Malgré les pluies et fontes de neige depuis, la situation demeure critique. Seulement 39% de la capacité des barrages a été remplie (30% à Téhéran comme on le voit sur ce graphique réalisé par votre serviteur à partir de sources officielles).

Les pluies récentes n'offrent qu'un bref sursis et le déplacement de la capitale reste sérieusement à l'étude (ex. vers la côte Sud du pays). "Nous n'avons plus le choix" affirme le Président Pezechkian.

Selon le scientifique Kaveh Madani (Directeur du UN University Institute for Water, Environment and Health, et vice-ministre iranien de l'Environnement de 2017 à 2018), l'Iran fait partie des pays en état de "faillite hydrique".

Une crise hydrique est une pénurie temporaire, souvent réversible par la pluie ou de bonnes politiques. À l'inverse, une "faillite hydrique" désigne un déficit structurel profond : les réserves souterraines sont épuisées et les dommages sont quasi-irréversibles à l'échelle de millénaires.

Selon M. Madani, la faillite hydrique en Iran ne résulte pas tant du changement climatique, mais principalement d'une gouvernance inadéquate, avec des barrages excessifs et une agriculture inadaptée. Notamment, la quête d'autosuffisance alimentaire (liée aux sanctions internationales) maintient des subventions à des cultures gourmandes en eau, et inadaptées à un climat aride.

C'est dire à quel point la situation sera aggravée une fois que le réchauffement atteindra +2C puis éventuellement +3C.

L'une des conséquences directes de la faillite hydrique est le dessèchement des zones humides vitales du pays. Le lac d'Ourmia, qui fut jadis l'un des plus grands lacs salés du monde et l'habitat d'espèces endémiques comme l'artémia et les oiseaux migrateurs, a perdu 90% de son volume d'eau en trois décennies. Selon un article de National Geographic, "des experts en hydrologie et des ingénieurs estiment que le lac de cette région semi-aride pâtit des milliers de puits creusés illégalement et de la multiplication des barrages et projets d'irrigation. Ces derniers dévient l'eau de ses affluents pour irriguer et faire pousser des pommes, du blé et des tournesols".

Les zones humides de Hamoun, Gavkhouni, Hoor al-Azim et Bakhtegan sont soit entièrement asséchées, soit au bord de la disparition. Ces marais sont aujourd'hui transformés en foyers actifs de poussières fines ; les particules en suspension qui en résultent portent la pollution atmosphérique dans les provinces du Khouzestan, du Sistan-Baloutchistan et du Fars à des niveaux critiques, menaçant la santé de millions de personnes.

Parallèlement à la sécheresse, les prélèvements excessifs dans les nappes phréatiques ont transformé le phénomène d'affaissement du sol en crise nationale. Alors que la moyenne mondiale est d'environ un centimètre par an, dans certaines zones du sud-ouest de Téhéran ce chiffre atteint 15 à 16 cm, et dans les plaines du Fars un record de 54 cm par an avait été enregistré — le plus élevé au monde.

Aujourd'hui, 30 provinces iraniennes sont touchées par l'affaissement et plus de 410 des 609 bassins versants du pays ont été déclarés en état d'« interdiction d'exploitation ». Les experts avertissent que dans moins de dix ans, plus de 20% des aquifères iraniens seront entièrement à sec.

Pour contrer cette crise, le gouvernement iranien mise sur les grandes infrastructures : construction massive de barrages, et vastes projets de transfert d'eau interbassins vers le plateau central et des usines de dessalement dans le sud. Il multiplie aussi les forages profonds, malgré des critiques sur l'inefficacité de ces mesures.

La population iranienne a quadruplé en 50 ans, mais ne devrait plus beaucoup croitre. Le taux de fécondité est descendu à environ 1,5 et reste orienté à la baisse. Le nombre annuel de naissances en Iran a diminué de 43% en seulement 10 ans et 16% en 2 ans). Comme dans d'autres pays du monde, la population devrait atteindre un pic vers le milieu du siècle puis diminuer.

(publié par Cyrus Farhangi)



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A scorching 2100: Israeli forecasters predict blistering heat in decades to come

Le changement climatique est un enjeu peu médiatisé et pourtant central pour la sécurité d'Israël et du Moyen-Orient dans son ensemble. Nous proposons ici un focus non-exhaustif sur Israel.

Avant de poursuivre, nous vous saurons gré de rester courtois et bienveillant dans vos commentaires.

Dans une interview accordée au journal Ynet, les professeurs Oded Potchter et Menachem Luria, experts en climatologie, ont souligné que la hausse des températures mondiales pourrait rendre des régions telles que la vallée du Jourdain et le sud de l’Arava inhabitables d’ici la fin du siècle.

Parmi les effets du réchauffement : la fréquence des tempêtes de poussière. La hausse des températures assèche considérablement les sols, qui deviennent donc plus meubles. Ainsi, des systèmes atmosphériques (vents, dépressions) qui n'auraient pas généré de grandes quantités de poussière par le passé parviennent aujourd'hui à en soulever des volumes plus importants, aggravant ainsi la pollution atmosphérique et constituant une menace pour la santé publique.

Selon un rapport de l'OCDE (2023), dans un scénario moyen de réchauffement (SSP 2-4.5), d'ici les années 2080-2099, l'Israélien moyen sera exposé à 80 jours par an avec des températures dépassant 35 degrés, et à 145 nuits chaudes.

Du côté des précipitations, les estimations du Service météorologique israélien de 2024 prévoient une réduction de 20 à 25% à la fois des volumes de précipitations et du nombre de jours de pluie d'ici la fin du 21e siècle en raison du changement climatique. Ceci entraînera des pénuries d'eau, couplées à une augmentation de la salinité. Parmi les conséquences, le débit du fleuve Jourdain diminuera de 22%.

Les changements climatiques d'ici la fin du siècle devraient ainsi, toujours selon le Service météorologique israélien, exercer un impact majeur sur la production agricole d'Israël, ainsi que sur la production d'énergie et la capacité de réaction en cas d'urgence.

D'après le projet ClimaMed, le débit annuel des rivières en Israël pourrait chuter de 40 à 70 %, et les précipitations dans le bassin du Jourdain pourraient diminuer jusqu'à 50%.

Les écosystèmes méditerranéens risquent de se déplacer de 300 à 500 km vers le nord, transformant une grande partie de la région en zone désertique.

Paradoxalement, bien que le volume total de pluie diminue, l'intensité des averses augmentera. La terre asséchée peinera à absorber cette eau, ce qui multipliera les inondations soudaines (crues éclair) et l'érosion des sols. Parallèlement, l'intensité des vagues de chaleur augmentera le risque et la fréquence des feux de forêt.

Le niveau de la mer Méditerranée augmente de manière importante. Selon Noga Kronfeld-Schor, responsable scientifique du ministère de la Protection de l’environnement, l’élévation du niveau de la mer en Israël atteindrait 5 mètres d’ici 2150. ce qui engendre deux risques majeurs :
* La submersion et la déstabilisation des falaises côtières, menaçant les infrastructures et le tourisme.
* L'intrusion d'eau de mer dans l'aquifère côtier, entraînant la salinisation des réserves d'eau souterraines essentielles pour l'agriculture.

Dans son Plan d'action national sur le climat 2022-2026, l'Etat détaille 100 mesures macroéconomiques et sectorielles pour faire face à la crise climatique. Parmi elles :

* la fin du charbon et le déploiement massif des énergies renouvelables et électrification des transports (bus, trains).

* l'instauration d'une loi sur le climat fixant des objectifs de réduction pour 2030 et 2050, accompagnée d'une taxe carbone progressive.

* l'élaboration de plans de résilience face aux événements extrêmes (inondations, chaleurs) et verdissement urbain pour contrer les îlots de chaleur.

* le soutien financier aux entreprises innovantes (notamment dans le développement de technologies pour s'adapter aux milieux arides)

* l'intégration de l'enseignement de la crise climatique dès l'école primaire.

(publié par Cyrus Farhangi)


Israel Meteorological Service suggests that by the end of the century, peak Tel Aviv temperatures could top 49.4°C (121°F), with overall rainfall slated to drop

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Reçu — 8 août 2026 ⏭ Géopolitique

Oil shortages escalate from wars in Iran and Ukraine, with few signs of relief

**Les pénuries de pétrole s'accentuent en raison des guerres en Iran et en Ukraine, avec peu de signes de soulagement**

Traduction de cet article instructif de The Conversation, avec notamment des éléments sur la crise du raffinage, dont on parle peu :

La crise énergétique mondiale déclenchée par deux guerres s'apprête à s'aggraver, alors que l'Ukraine pilonne l'industrie russe du raffinage et que les attaques iraniennes se poursuivent sur la production et le raffinage de pétrole au Moyen-Orient. De plus, la nature des destructions et le nombre croissant de fronts et de belligérants impliqués pourraient annoncer une nouvelle ère de vulnérabilité prolongée pour les pays dépendants des importations pour leur énergie.

Tout au long de la majeure partie de l'histoire moderne, les guerres ont ciblé les infrastructures énergétiques, notamment les puits de pétrole, les raffineries, les oléoducs, les terminaux d'exportation et les centrales électriques. Mais les technologies d'armement les plus récentes – les drones autonomes et les navires automatisés – déjouent les systèmes de défense existants.

Les dommages qui en résultent accentuent la menace que des voies maritimes pétrolières cruciales dans le monde soient ralenties ou bloquées pendant de longues périodes, et ce, non seulement dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab-el-Mandeb, situé à l'entrée sud de la mer Rouge.

Le monde a réussi à s'en sortir tant bien que mal au cours des premiers mois de la guerre en Iran, mais les premiers efforts destinés à maintenir l'équilibre des marchés pétroliers touchent à leur fin. Il y a d'abord eu les expéditions de pétrole du Moyen-Orient qui avaient déjà franchi le détroit d'Ormuz avant sa fermeture, arrivées dans les ports du monde entier en mars et avril 2026. Puis les gouvernements ont libéré des stocks stratégiques de pétrole sur le marché, tandis que certains pays ont adopté des politiques d'économie d'énergie, telles que le passage au télétravail.

Parallèlement, la capacité de raffinage – les installations qui convertissent le pétrole brut en produits tels que le gazole et l'essence – a été extrêmement compromise. Goldman Sachs estime qu'à l'échelle mondiale, le déficit de raffinage – incluant les raffineries russes bombardées et les produits ne pouvant pas sortir du détroit d'Ormuz ou de la mer Noire – s'élève à 6,5 millions de barils par jour. Désormais, à mesure que d'autres infrastructures énergétiques sont détruites, il sera plus difficile d'éviter une crise plus profonde. Et l'hiver n'est plus très loin.

**L'extension de la guerre au Moyen-Orient**

Les attaques menées par l'Iran et ses relais, souvent à l'aide de drones aériens, ont causé des dommages importants et durables aux infrastructures énergétiques du Moyen-Orient. Par exemple, plus de 1,2 million de barils par jour de capacité de raffinage de pétrole dans la région sont hors service en raison de dégâts matériels, selon J.P. Morgan.

Le conflit continue de s'intensifier. Le 27 juillet, des drones qui auraient été lancés depuis le sud de l'Irak par des milices pro-iraniennes ont frappé des tours de traitement de brut sur le site de production pétrolière stratégique de d'Abqaiq en Arabie saoudite. Des attaques similaires menées par l'Iran en 2019 avaient fortement réduit la capacité de l'Arabie saoudite à produire du pétrole.

Les exportations saoudiennes de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés sont également entravées par des attaques contre la navigation dans les détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb. Une riposte militaire améro-saoudienne contre les milices irakiennes a ravivé les craintes d'une propagation de la guerre.

Le 30 juillet, des attaques de drones contre un port égyptien sur la mer Méditerranée ont signalé qu'une autre zone pourrait être vulnérable à l'élargissement du conflit. Depuis le début de la guerre, l'Arabie saoudite dépend de la Méditerranée pour ses exportations de pétrole, acheminant 5 millions de barils par jour via le canal de Suez et l'oléoduc égyptien SUMED.

**Les attaques ukrainiennes au cœur de la Russie**

Dans sa guerre contre la Russie, la maîtrise par l'Ukraine des drones à longue portée a permis de bombarder avec succès plus de 11 complexes de raffinage russes majeurs, neutralisant une part significative des capacités de production de carburant du pays. Les estimations varient entre 30 % et 50 %, voire jusqu'à 60 % de la capacité de raffinage de la nation.

Les attaques de drones ukrainiens sur le système de raffinage russe visent principalement à nuire à l'effort de guerre de Moscou en limitant le ravitaillement militaire en carburant et le financement de la guerre issu des exportations de produits raffinés. Cependant, des images en ligne montrent des conducteurs russes patientant dans leurs voitures pendant des heures pour obtenir quelques litres de carburant.

Ces attaques ont également poussé la Russie à interdire les exportations de gazole – qui, avant 2022, fournissaient la moitié du gazole européen.

**Effets en chaîne, y compris la famine**

En plus de bloquer les expéditions de pétrole brut, la fermeture du détroit d'Ormuz a interrompu le flux d'environ 20 % de l'approvisionnement mondial en gaz de pétrole liquéfié (GPL). Il s'agit d'un combustible de cuisson difficile à remplacer, largement utilisé en Inde et en Chine, entre autres pays.

Dès le mois d'avril 2026, la population en Inde éprouvait des difficultés à trouver et à payer le gaz nécessaire à la cuisine, la contraignant à sauter des repas. L'Inde cherche à augmenter le volume de gaz de pétrole liquéfié qu'elle achète aux États-Unis pour atténuer ces pénuries.

D'autres pressions s'exercent également de toutes parts sur les approvisionnements mondiaux en pétrole.

Des drones maritimes lancés par l'Ukraine dans la mer Noire ont au moins temporairement bloqué la majeure partie des exportations de pétrole brut du Kazakhstan, qui a besoin de cette voie navigable pour acheminer son pétrole vers la mer Méditerranée et au-delà.

Les séparatistes houthis au Yémen ont utilisé des drones aériens pour fermer le sud de la mer Rouge au début des années 2020, bloquant une route alternative clé pour les expéditions de pétrole évitant le détroit d'Ormuz. Ils seraient sur le point de le faire à nouveau.

Ces technologies et tactiques se propagent à d'autres régions du globe riches en pétrole. Par exemple, des séparatistes en Colombie ont utilisé des drones pour attaquer des équipements de production pétrolière à la fin du mois de juillet.

**Des motifs d'espoir ?**

Depuis le début de la guerre en Iran, les importations chinoises de pétrole brut et de produits pétroliers ont chuté d'environ 3,6 millions de barils par jour, soit environ un tiers de leurs importations d'avant-guerre. En fait, les raffineurs chinois ont commencé à revendre du pétrole brut sur les marchés mondiaux afin de dégager des revenus pour compenser la baisse d'activité de leurs propres raffineries.

Une explication réside dans le fait que la Chine puise dans ses réserves pétrolières stratégiques, mais il est également possible qu'un ralentissement économique, combiné au déploiement massif de carburants alternatifs et d'énergies renouvelables dans le pays, freine le besoin en carburants fossiles importés. Les entreprises pétrochimiques chinoises achètent également de l'éthane aux États-Unis pour remplacer les approvisionnements interrompus en provenance du Moyen-Orient.

Du côté de l'offre, au Brésil, la production de la compagnie pétrolière nationale Petrobras a augmenté de 14 % par rapport aux niveaux de 2025 et ses raffineries tournent à pleine capacité. Par conséquent, ses besoins d'importation ont fortement diminué, offrant un certain soulagement aux marchés du continent américain.

La production pétrolière vénézuélienne est passée de 937 000 barils par jour en 2025 à 1,2 million de barils par jour à la mi-2026. La majeure partie de cette augmentation provient d'entreprises pétrolières qui opéraient déjà au Venezuela avant que les États-Unis ne destituent l'ancien président Nicolás Maduro. Quelques nouveaux contrats d'achat de pétrole vénézuélien ont été signés, mais le flux d'investissements espéré par l'administration Trump ne s'est pas encore concrétisé. Les lois du Venezuela et son instabilité politique rendent les entreprises frileuses, certaines cherchant toujours à obtenir des indemnités pour la saisie de leurs actifs par le président de l'époque, Hugo Chávez, en 2009.

**Risques d'inflation et vulnérabilité à long terme**

Pour l'instant, l'augmentation de la production de pétrole et de gaz ainsi que du rendement des raffineries aux États-Unis a préservé les Américains de pénuries de pétrole majeures.

Mais cette situation pourrait évoluer de bien des manières. L'aggravation des perturbations mondiales de l'approvisionnement pourrait à terme se traduire par une hausse des prix de marché sur une large gamme de biens et de produits de base, ce qui ferait grimpé les taux d'inflation aux États-Unis.

En fin de compte, les nouvelles méthodes de guerre par drones ciblant les installations énergétiques et la navigation constituent une préoccupation majeure de sécurité nationale pour les États-Unis et pour toutes les grandes économies qui s'appuient sur les expéditions d'énergie et les importations de marchandises pour soutenir leur économie.

Les pays devront désormais œuvrer en faveur de leur sécurité énergétique dans un monde marqué par l'insécurité des voies maritimes mondiales, des conditions météorologiques plus extrêmes et l'intensification des conflits géopolitiques.

Ayant étudié et suivi la géopolitique des marchés mondiaux de l'énergie pendant des décennies, je m'attends à ce que ces efforts se concentrent sur l'identification des ressources énergétiques dont dispose chaque pays à l'intérieur de ses propres frontières. Et compte tenu des limites géographiques et géologiques des combustibles fossiles, je prévois que davantage de pays chercheront à accélérer le développement déjà rapide des énergies renouvelables, comme l'éolien et le solaire, afin de minimiser les risques que des guerres n'interrompent leur approvisionnement énergétique.

https://theconversation.com/oil-shortages-escalate-from-wars-in-iran-and-ukraine-with-few-signs-of-relief-288858

(publié par Cyrus Farhangi)


Cooking gas and diesel fuel are among the oil products whose supply levels have been affected already. Here’s why to expect long-term shortages.

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Reçu — 7 août 2026 ⏭ Géopolitique

La forêt des Landes va-t-elle disparaitre ?

Pourquoi la forêt des Landes brûle-t-elle si vite ? Arthur Guérin-Turc, géographe de l'environnement, suggère que de nombreuses conditions sont réunies :

1) La règle des « 30/30/30 » (humidité inférieure à 30 %, température supérieure à 30 °C, vent supérieur à 30 km/h) est désormais fréquente avec les canicules à répétition en mai, juin et juillet.

2) Le massif est une monoculture de pin maritime (66 % du territoire boisé, 80 à 90 % de pin) offrant une continuité de combustible quasi ininterrompue : rien n'arrête le feu, qui devient très rapide.

3) Les peuplements sont jeunes (20 à 25 ans), très denses et homogènes — la configuration de vitesse de propagation maximale.

4) Les résineux sont plus secs que les forêts mixtes.

5) Les jeunes arbres laissent passer la lumière et assèchent le sous-bois.

6) Le massif a été drainé et asséché depuis l'origine.

7) 90 % des départs sont d'origine humaine, et l'urbanisation pavillonnaire depuis les années 1970-80 multiplie les interfaces habitat-forêt.

Il y a toutefois un paradoxe : les Landes comptent dix fois plus de départs que la région PACA, mais peu de surface brûlée jusqu'en 2022. C'est grâce à la stratégie d'attaque du feu naissant et aux pistes DFCI mises en place après l'incendie de 1949 (52 000 hectares, 82 morts) — approche pertinente mais désormais insuffisante.

L'entretien aborde également une histoire de la forêt des Landes depuis le XIXe siècle.

Avec le décret de 1857 sous Napoléon III), la plantation des Landes de Gascogne remplace les zones humides agropastorales. Cette "colonisation" est appuyée par un discours hygiéniste (assainir des terres « insalubres »).

Le pin devient « l'arbre civilisateur », projet qui fait face à quelques résistances violentes : des bergers incendient les plantations et sont qualifiés de "pyromanes".

Le gemmage (résine) disparaît vers 1960-70 face à la concurrence du Sud ; on cesse alors de laisser vieillir les arbres.

L'industrialisation des années 1970 (mécanisation, rotations raccourcies de 50-60 ans à 20-30 ans, densification) produit le paysage actuel, très différent de celui du début du XXe siècle.

Le poids de l'industrie : les débouchés dominants sont le papier-carton (usine Smurfit Kappa à Facture-Biganos) et biomasse-granulés — d'où le sobriquet militant de « forêt Amazon ».

L'industrie bois locale soutient entre 34 000 et 60 000 emplois directs et indirects, en baisse du fait de la mécanisation et de la concentration (fermeture des scieries familiales dans les années 1990).

Environ 59 000 propriétaires forestiers, souvent âgés, délèguent la gestion de leur forêt à des coopératives : un ensemble cependant hétérogène, aux pratiques diverses.

La forêt a également fait l'objet d'une montée de la financiarisation : groupements forestiers d'investissement, crédits carbone, défiscalisation... la forêt devient ainsi un actif, ce qui supprime l'interlocuteur local et le dialogue.

Les pistes pour réduire le risque d'incendies

1) La coupure de combustible et l'élargissement des pare-feu (zones d'appui pour les pompiers, évacuations).

2) Des zones tampon autour des villages, la re-création de zones humides, la baisse de la densité de bois à l'hectare, et la régulation de l'urbanisation (PLU, ZAN).

3) La réintroduction de feuillus, certes utile mais lente et limitée par des sols appauvris.

4) Assumer un renoncement : ne pas replanter en interface habitat-forêt, y installer agriculture ou pastoralisme, avec indemnisation et reconnaissance du pare-feu comme d'intérêt public.

Arthur Guérin-Turc appelle à un « plan de massif » et un État aménageur-régulateur, comme après 1949.

Il y a un précédent portugais en réaction aux incendies de 2017 liés à l'eucalyptus, après lequel des mesures de régulation ont été adoptées.

Bon visionnage de l'interview !

(publié par Cyrus Farhangi)


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Photos from Jean-Marc Jancovici's post

Météo août-octobre 2026 : il est probable qu’il fasse toujours très chaud.

Météo-France a dévoilé hier ses tendances climatiques pour le trimestre août-octobre 2026, et les nouvelles ne sont guère rassurantes pour les Français. L'organisme national annonce une probabilité de 60% d'un trimestre plus chaud que la normale, avec un blocage anticyclonique persistant sur l'Europe du Nord. Au-delà du thermomètre, cette prévision météorologique se traduirait par une hausse des dépenses énergétiques, une flambée des prix alimentaires et des perturbations majeures dans plusieurs secteurs économiques clés.

Les climatologues de Météo-France ont analysé 14 modèles de prévisions saisonnières internationaux pour établir leurs tendances. Leur verdict tombe sans appel : "À l'échelle du trimestre, le scénario le plus probable est la poursuite des conditions de blocage anticyclonique sur l'Europe du nord. En conséquence et dans le contexte du changement climatique, le scénario plus chaud que la normale est privilégié pour le prochain trimestre sur la France ainsi que sur toute l'Europe", indique le bulletin publié le 4 août 2026.
Cette prévision intervient après un mois de juillet 2026 historique, le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, avec une température moyenne de 24,9°C et un déficit pluviométrique de 70%.

Si ce scénario se confirmait, voici ce qui pourrait nous attendre 👇

⚡ Énergie : les ménages climatisés verraient leur facture grimper de 15 à 30%. La climatisation, devenue indispensable dans de nombreux foyers et entreprises, consomme massivement. Les centrales nucléaires pourraient tourner au ralenti si les cours d'eau devenaient trop chauds, ce qui pousserait vers plus d'énergies fossiles d'appoint et une augmentation du prix de l'électricité sur le marché, impactant les très gros consommateurs qui achètent en direct au prix journalier.

🌾 Alimentation : Les fédérations d'éleveurs ont d'ores et déjà appelé le 5 août le gouvernement à ordonner une expertise sur les pertes de prairies dues à la sécheresse et aux canicules répétées. Les prairies, essentielles à l'alimentation du bétail, ont brûlé sur pied dans de nombreuses régions, obligeant les éleveurs à puiser dans leurs stocks de fourrage prévus pour l'hiver ou à acheter des aliments complémentaires à prix d'or.
Les cultures céréalières, déjà fragilisées, risquent des rendements catastrophiques si la sécheresse persiste jusqu'en octobre. Les maraîchers anticipent également des difficultés d'irrigation et des pertes de production. Ces tensions sur l'offre agricole se répercuteront inévitablement dans les rayons des supermarchés, avec une hausse prévisible des prix du lait, de la viande, des fruits et légumes dès la rentrée.

🌊 Sud de la France : contrairement au reste du pays, la région méditerranéenne connaîtrait un trimestre plus humide (50% de probabilité) — mais pas forcément une bonne nouvelle. Sur des sols asséchés, les épisodes pluvieux intenses pourraient provoquer des crues soudaines et dévastatrices.

🌿 La nature aussi trinquerait
Points d'eau à sec, nombre d'espèces animales déjà fragilisées seraient durement touchées, arbres déjà affaiblis plus vulnérables aux parasites, risque accru d'incendies... Sans oublier les crues violentes attendues dans le sud, dévastatrices pour les habitats naturels.
Un été qui mettrait à rude épreuve une biodiversité déjà sous tension. 🌍

🏠 Assurances et bâtiment : les sinistres liés aux catastrophes naturelles vont augmenter, entraînant de la souffrance pour les sinistrés et une hausse des primes dans les zones à risque. Les incendies depuis juillet auront d'ores et déjà des impacts importants. Les chantiers, eux, risqueraient d'être ralentis par les restrictions d'eau.

💰 Quels secteurs économiques sont les plus exposés ?
En plus de l'agriculture et de l'énergie, plusieurs branches économiques subiront les contrecoups de ces prévisions météorologiques. Le tourisme, pilier de l'économie estivale française, pourrait pâtir d'une image de destination caniculaire, tandis que les stations balnéaires méditerranéennes devront gérer le risque d'orages violents. Le secteur du bâtiment verra ses chantiers ralentis par les restrictions d'eau et les conditions de travail difficiles lors des pics de chaleur.

La distribution d'eau potable représente un enjeu majeur. Les gestionnaires de barrages et de réseaux devront arbitrer entre besoins agricoles, industriels et domestiques dans un contexte de ressource rare. Les restrictions d'usage, déjà en vigueur dans plusieurs départements, pourraient s'étendre et se durcir, affectant les activités économiques dépendantes de l'eau.

Météo-France le rappelle : ce ne sont que des tendances moyennes sur trois mois, pas une prévision jour par jour. Mais dans un contexte de changement climatique et d'El Niño exceptionnel, mieux vaut anticiper que subir, ce qui rend ces outils d'autant plus indispensables. Les trois prochains mois s'annoncent comme un test grandeur nature de la capacité d'adaptation de la France aux nouvelles réalités climatiques.

https://meteofrance.fr/actualite/publications/les-tendances-climatiques-trois-mois

(par adrien Couzinier)





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Reçu — 6 août 2026 ⏭ Géopolitique

L'assèchement du bassin méditerranéen est une réalité annoncée depuis les années 80, par exemple par les travaux de Syukuro Mana...

L'assèchement du bassin méditerranéen est une réalité annoncée depuis les années 80, par exemple par les travaux de Syukuro Manabe (Prix Nobel de physique 2021) et Richard T. Wetherald (décédé en 2011 et le Prix Nobel ne se décerne pas à titre post-hume).

Nous proposons cette comparaison frappante de deux rapports du GIEC, qui témoigne d'une constance scientifique assez implacable.

L'assèchement du bassin méditerranéen n'est pas vraiment une surprise, mais un phénomène modélisé par les climatologues depuis plus de trente ans.

Dans le premier rapport du GIEC de 1990-1992 (à gauche), les modèles prévoyaient déjà une chute des précipitations estivales et une baisse drastique de l’humidité des sols, estimée entre 15 et 25%.

Trente ans plus tard, le rapport de 2021 (à droite) confirme la fiabilité de ces projections (soit dit en passant, elles sont encore plus observables et mesurables aujourd'hui en 2026 qu'en 2021).

La baisse des pluies et la multiplication des "sécheresses agricoles et écologiques" sont désormais avérées et attribuées avec un "degré de confiance élevé" à l'influence humaine.

Le dernier rapport du GIEC est assez clair sur l'avenir : cette dynamique d'assèchement va s'accentuer. Lorsque le réchauffement planétaire atteindra 2°C, l'aridité franchira encore un nouveau cap de sévérité. L'Europe du Sud subira une augmentation critique des conditions météorologiques propices aux mégafeux, une tension extrême sur le renouvellement des nappes phréatiques et une accélération de la désertification de ses sols.

Cet assèchement n'est plus un scénario lointain : +2C c'est probablement avant 2050.

Et il y aura encore d'autres années après 2050.

Un enfant né aujourd'hui aurait 74 ans en 2100.

Le bassin méditerranéen a une riche histoire de plusieurs millénaires donc se soucier de son sort à horizon 2200 n'est pas forcément incongru.

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Mais au fait, pourquoi la Méditerranée est-elle un « hotspot » climatique ? (notion remontant à 2006 avec l'étude pionnière de Filippo Giorgi "Climate change hot-spots")

Cela s'explique par deux mécanismes physiques majeurs :

1) La migration des zones arides : avec le réchauffement global, la circulation de l'atmosphère terrestre se modifie. Les vastes zones de hautes pressions, habituellement situées au-dessus des déserts subtropicaux (comme le Sahara) et qui garantissent un temps sec, s'étendent et remontent vers le nord. Elles s'installent durablement sur le bassin méditerranéen, bloquant les perturbations humides et repoussant les pluies vers le nord de l'Europe.

2) L'effet "mer fermée" : la Méditerranée est une petite mer quasi close qui se réchauffe environ 20 % plus vite que la moyenne des océans mondiaux. Cette hausse des températures agit comme un immense radiateur qui accroît massivement l'évaporation de l'eau présente dans les terres avoisinantes, asséchant littéralement les sols et la végétation comme une éponge laissée au soleil.

(publié par Cyrus Farhangi)



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Reçu — 5 août 2026 ⏭ Géopolitique

Scientific consensus on climate change is more overwhelming than you think #science #

Le réchauffement climatique est bien réel et les activités humaines, par les émissions de gaz à effet de serre, en sont la cause.

Les estimations du niveau de consensus varient selon les méthodes utilisées, mais elles se situent généralement entre 97 % et 100% dans les recherches publiées. Source : GIEC (IPCC), NASA, Cook et al. (2013), Lynas et al. (2021).

Entre 1990 et 2010, 97% des climatologues écrivaient que l'homme est responsable du réchauffement
En 2013, c'était 99,99%
En 2019, c'était 100% (pas un seul scientifique du climat dans le monde entier n'écrivait que l'homme n'était pas responsable du réchauffement)

Pendant tout ce temps, les médias, nos responsables politiques et économiques , nous faisaient (et certains le font encore) croire qu'il y a débat.
Que de temps perdu !

Et nous devons éviter de continuer a perdre du temps, car le réchauffement est éternel au regard de la durée de vie humaine : le réchauffement causé par une molécule de CO2 qui va dans l'atmosphère est encore de 60% après 5 siècles.
Le retour à la normale se fait au bout de 100 siècles (10'000 ans)

Il faut donc baisser nos émissions mondiales de gaz a effet de serre le plus rapidement possible.

note : La France doit être moteur de ce projet car
1- nous sommes particulièrement exposé aux conséquences du réchauffement climatique (sécheresse massive du contour méditerranéen, donc du sud de la France. Cette année n'est qu'un aperçu de ce qui nous attend)
2- baisser nos émissions de gaz a effet de serre, c'est d'abord sortir des énergies fossiles et donc se prémunir des conséquences économiques majeures des futures chocs pétroliers et gaziers. La France est particulièrement exposé aussi car nous sommes entièrement dépendant des importations pour les énergies fossiles
3- ce sera le grand projet pour notre avenir et être en pointe peut même nous donner des avantages compétitifs

(par adrien Couzinier)

https://www.facebook.com/reel/27645200598481333



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Reçu — 2 août 2026 ⏭ Géopolitique

Ce qui se déroule actuellement dans le Sud Ouest peut susciter la colère, l'abattement, la tristesse, la sidération, la peine, l...

Ce qui se déroule actuellement dans le Sud Ouest peut susciter la colère, l'abattement, la tristesse, la sidération, la peine, la compassion, voire l'admiration (pour les personnes qui se mobilisent), mais il y a un sentiment qui n'est hélas pas de mise : la surprise.

Cela fait des décennies qu'il est connu que le réchauffement climatique augmentera le risque d'incendie. Les modélisations disponibles pour la France montrent que, après 2050, la quasi totalité du territoire sera autant à risque que les Landes au début du siècle (et Fontainebleau l'illustre).

Cela fait des décennies que l'on sait que le réchauffement en cours aggravera tous les facteurs :

- il affaiblit la végétation. Quiconque a pris le train ou la voiture (électrique bien sûr !) cette dernière semaine a pu voir le nombre d'arbres et arbustes déjà morts ou en train de mourir ici et là, déshydratés ou attaqués par des parasites (ou les deux). Les arbres morts sont évidemment les plus inflammables de tous. Cela vaut aussi pour les sous-bois, avec de plus en plus de matière végétale sèche issue de la broussaille.

- il diminue l'eau accessible. Notre pays ne va pas seulement aborder sa 4è canicule ou vague de chaleur depuis mai. Nous sommes également plongés dans une sécheresse sévère (inédite par certains aspects), alors que nous ne sommes que fin juillet (et Météo France ne prévoit pas de pluie pour les 15 jours à venir). Sans même brûler, champs et prairies sont facilement tout jaunes.

Notre pays est couvert à 32% de forêts. Un arbre met des dizaines d'années à pousser. Dans 40 ou 50 ans, le réchauffement planétaire dépassera peut-être les 2°C. Si déjà la forêt meurt et s'embrase aujourd'hui, qu'en restera-t-il dans 40 ans ?

Si nous voulons conserver des arbres et des paysages, il va falloir mettre beaucoup plus de moyens dans la préservation de la forêt que ce que nous faisons aujourd'hui (ce qui n'est pas antagoniste avec les les mesures de prévention contre les incendies, au contraire). Plus généralement, cet été (pas terminé) nous rappelle une fois de plus que "l'adaptation" n'est pas juste un truc sympa à faire quand nous avons le temps.

Cela va demander d'y consacrer des moyens significatifs, et comme ni les ressources (dont l'énergie) ni les gens ne peuvent se dédoubler, il va parfois falloir choisir entre un nouveau rond point, une nouvelle route, une nouvelle salle des fêtes, un nouveau datacenter, un nouvel investissement, et préserver une partie de ce que nous avons déjà. Quel(le) politique aura le courage de le dire ? Quel(le) journaliste aura le courage de présenter la situation sous cet angle ?

Aujourd'hui l'urgence est à la lutte contre le feu. Demain, elle sera de nouveau à se poser les bonnes questions.

NB : avant-hier soir, j'ai regardé le JT de TF1 sur les incendies. Pas une seule fois l'expression "réchauffement climatique" n'a été prononcée. Il reste du boulot...
Ce qui se déroule actuellement dans le Sud Ouest peut susciter la colère, l'abattement, la tristesse, la sidération, la peine, la compassion, voire l'admiration (pour les personnes qui se mobilisent), mais il y a un sentiment qui n'est hélas pas de mise : la surprise. Cela fait des décennies qu...

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Attention, il est inexact de dire que 90% des incendies de forêt sont d'origine malveillante / criminelle

Attention, il est inexact de dire que 90% des incendies de forêt sont d'origine malveillante / criminelle. Le bon chiffre est de l'ordre de 25%, à quoi se rajoutent d'autres causes humaines, mais involontaires ou accidentelles. Distinction importante.

Avant de poursuivre, nous tenons à notre tour à saluer l'immense courage des pompiers (français mais aussi européens venus prêter main forte) ainsi que le dévouement des agriculteurs venus en soutien, comme l'illustre cet article d'ICI. Nos pensées aux familles des tués et blessés.

D'après Géorisques, 10% des départs de feu sont d'origine naturelle (foudre notamment), et 90% sont en effet d'origine humaine. MAIS une part majoritaire est accidentelle ou involontaire. Dans le détail, citons Géorisques :

"On distingue les causes suivantes :

1) accidentelles, notamment liées aux infrastructures de transport (environ 15 % des départs) : lignes électriques, chemin de fer, véhicules ;

2) involontaires dues aux travaux (environ 35 % des départs) : brûlage de végétaux, bricolage, travaux agricoles, travaux industriels et publics ;

3) involontaires dues aux activités de particuliers (environ 15 % des départs) : barbecues, jets de mégots de cigarettes, feux d'artifices, déversement de cendres de cheminée, etc...;

4) intentionnelles (environ 25 % des départs) par malveillance."

La moitié des départs de feux sont ainsi dus à des imprudences et comportements dangereux (causes 2 et 3).

Il arrive cependant que le grand public confonde

Autres précisions importantes : en droit français le fait de provoquer un feu volontairement est un crime jugé devant la Cour d'Assises..

Le fait de provoquer un feu involontairement (ex. jet de mégot) constitue un délit jugé devant un tribunal correctionnel. Il arrive que des peines de prison soient prononcées, y compris tout récemment.
https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/landes/mont-de-marsan/megots-jetes-brasero-allume-et-feu-d-artifice-de-lourdes-condamnations-a-de-la-prison-apres-les-incendies-dans-les-landes-3393574.html

(publié par Cyrus Farhangi)



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🔥 Un climatologue fuit les flammes

🔥 Un climatologue fuit les flammes... et raconte.

Stefan Rahmstorf, l'un des plus grands climatologues au monde (Institut Potsdam, prix Nobel de la paix 2007 avec le GIEC), était en vacances près de Bordeaux. Il a dû fuir les incendies avant même l'ordre d'évacuation et nous raconte :

🌅 « Le soleil est devenu rouge incandescent, tout le paysage s'est teinté d'un orange irréel, comme dans un film de science-fiction. »
Même un expert qui étudie ça depuis 30 ans est resté sidéré de le vivre en vrai.

😡 Colère : « Ça me rend furieux. Les climatologues alertent depuis des décennies. Le premier rapport du GIEC date de 1990. »

⏱️ ce n'est pas réversible à l'échelle d'une vie humaine : « On est littéralement dans une course contre la montre pour atteindre zéro émission. Chaque tonne de CO2 en plus aggrave la situation — pour des milliers d'années. »

🧠 Pourquoi il témoigne : « Il m'a fallu des décennies pour comprendre : les gens ne réagissent pas aux graphiques et aux data. Ils réagissent aux histoires. »

🔬 Le fond scientifique derrière tout ça : la chaleur assèche les sols et la végétation bien plus vite — un mécanisme accentuant le risque incendie avec la baisse de pluie en été en France..

📍 Pendant ce temps : +100 000 hectares brûlés en Gironde, plus de 300 000 personnes évacuées en France et en Espagne.

Le message de Rahmstorf, en une phrase : la science a déjà tout dit. Ce qui manque, c'est l'action.

La photo est de stephan Rahmstorf lui-même

https://www.pik-potsdam.de/members/stefan/homepage-de

(par adrien Couzinier)



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Photos from Jean-Marc Jancovici's post

Les feux de forêts actuels sont-ils vraiment exceptionnels et imprévisibles ?

Pas tant que ça

Les incendies en France ont désormais brûlé plus de 91'000 hectares, de loin le plus grand nombre d’une année depuis le début des enregistrements satellites en 2006 alors que nous sommes seulement à la moitié de l’été !
La superficie brûlée actuelle est environ 34 fois plus grande à cette date qu’en moyenne historique.

En Espagne, les incendies sont actuellement les deuxièmes plus élevés pour cette période de l’année, avec 8 fois la surface brûlée en une année moyenne, mais ils restent en cours pour battre le record de surface brûlée annuelle établi l’an dernier (2025).

Le Président Macron a visité la Gironde hier et s'est présenté ensuite devant les médias. Il a alors qualifié l'été 2026 d'atypique, ce qui veut dire que cet été "sort de la norme". Il a aussi dit qu'un tel feu était "inédit".

Derrière l'exercice de style qui doit bien entendu respecter un certain nombre de codes (expliquer, rassurer, montrer le côté exceptionnel de la situation, mettre en avant les moyens déployés et témoigner du soutien de la nation), ces propos appellent quand même certaines remarques.

Si ce type de méga feu convectif est une première en France, ce n'est, de loin, pas la première fois que ce phénomène survient en Europe.
Le feu de Pedrogao Grande au Portugal en 2017 fut le premier feu de ce type répertorié (53.000 ha brûlés, 66 morts). En Espagne, les feux de la Sierra de la Culebra (30.000 ha) et du Vall d'Ebo (13.000 ha) en 2022 étaient du même type. En Grèce, le feu de Mati en 2018 a marqué les esprits par son très lourd bilan humain (103 morts), et le feu d'Evros-Alexandroupoli en 2023 est jusqu'alors le plus grand feu jamais observé en Europe (96.000 ha).

Si ce type de feu est inédit en France, il ne l’est donc pas en Europe et il était plus que prévisible que ces phénomènes arrivent de plus en plus vers le nord avec le réchauffement climatique.

Enfin qualifier l'été 2026 d'atypique, c'est avoir une vision tournée vers le passé, alors que le réchauffement climatique commande au contraire d’actualiser chaque année les risques et d’être tourné vers l’avenir. Car , si l’été 2026 est beaucoup plus chaud que la normale 1990-2020 (pour l’instant juin 2026 est +3.8°C, record absolu), l‘écart n’est pas si important que ca : la dérive climatique française en explique presque la moitié et rapproche l’été 2026 de l’été 2005 ou 2017.

Le président ne peut pas à nouveau nous dire son "qui aurait pu prédire?".

Pour information, en 2050, pour une année moyenne :
- Les vagues de chaleur seront 5 fois plus fréquentes
- Le risque d’incendies sera multiplié par 2 en nombre de jours à risque élevé et par 4 en surface brûlée
- Les sécheresses des sols seront plus longues et intenses

On peut comprendre que le politique soit pris entre deux feux (excusez ce mauvais jeu de mots), à savoir gérer les urgences court terme qui se succèdent et anticiper les menaces long terme. Mais on peut toutefois se demander pourquoi les politiques ont tant de mal à écouter les scientifiques et à intégrer leurs alertes dans l'action politique. En ignorant ou négligeant les messages scientifiques, les politiques voient ces menaces long terme se muer soudainement en priorité court terme, voire immédiate, avec un manque total de préparation.

La communauté scientifique des sciences du climat nous dit que ce type de méga feux convectifs ont aujourd'hui 1000 fois plus de risque de se produire à cause du dérèglement climatique. Sortons donc collectivement du déni qui nous habite et préparons sérieusement nos territoires et nos populations au climat des décennies à venir.
Et surtout, essayons de choisir des représentants politiques qui prennent en considération ces défis à venir.

(par adrien Couzinier)





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Graphique de Charlie Bilello qui illustre les hausses massives des prix des matières premières en seulement 5 mois depuis le déb...

Graphique de Charlie Bilello qui illustre les hausses massives des prix des matières premières en seulement 5 mois depuis le début de la guerre en Iran. On y constate une onde de choc systémique touchant de plein fouet deux piliers essentiels du bien-être de l'humanité : l'énergie et la sécurité alimentaire (notamment avec le soufre, dont nous allons particulièrement parler).

Les hydrocarbures enregistrent une progression spectaculaire. Le pétrole brut (WTI et Brent) grimpe de 35% MAIS les produits raffinés subissent des tensions accrues dues au goulot d'étranglement de la transformation : l'essence (+38%), le diesel (+40%), le kérosène (+54%) et le fioul domestique (+63%).

Cette disparité montre que la crise ne se limite pas à la simple extraction du brut, mais s'étend à la saturation des capacités de raffinage et aux frictions logistiques. L'Europe se trouve particulièrement exposée avec une explosion de 98% du gaz naturel européen, illustrant la dépendance du continent aux flux de GNL transitant par des voies maritimes stratégiques perturbées.

En parallèle, les denrées agricoles subissent des hausses notables : le blé hausse de 15% et le riz de 35%. La poussée sur le riz et le blé met en lumière le risque direct d'inflation alimentaire mondiale, menaçant la stabilité sociopolitique des pays émergents.

Toutefois, le point le plus impressionnant et le moins médiatisé réside au bas du graphique : l'envolée spectaculaire du soufre, dont le prix a bondi de 146%. Ce chiffre surpasse largement toutes les autres commodités, et ses implications sont critiques pour l'économie globale.

Le soufre est un coproduit quasi exclusivement issu de la désulfuration du gaz naturel et du raffinage du pétrole lourd. Lorsque les flux pétroliers et gaziers en provenance du Moyen-Orient — région clé pour le traitement des hydrocarbures à forte teneur en soufre — sont bloqués ou réorientés, l'offre mondiale de soufre s'effondre brutalement.

Ce phénomène pose un problème majeur car le soufre est l'ingrédient fondamental nécessaire à la fabrication de l'acide sulfurique, la substance chimique la plus produite au monde. L'acide sulfurique est indispensable à la production d'engrais phosphates, comme le phosphate diammonique (DAP), qui figure également dans le graphique avec une hausse de 26%. Une pénurie ou un surcoût massif du soufre se répercute directement sur le coût d'injection d'éléments nutritifs dans les sols, menaçant la productivité agricole globale des saisons à venir.

De surcroît, le soufre et l'acide sulfurique sont incontournables dans l'industrie minière pour le lixiviat de métaux stratégiques (comme le nickel et le cobalt, clés pour la transition énergétique), ainsi que dans la chimie industrielle. L'envolée du soufre révèle ainsi une vulnérabilité invisible mais dévastatrice : en déstabilisant le secteur de l'énergie, le conflit déclenche une réaction en chaîne chimique et industrielle capable d'aggraver la crise alimentaire et de freiner la production industrielle mondiale.

(publié par Cyrus Farhangi)



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