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Un débat particulièrement stimulant (et existentiel) de notre temps, que nous devons en grande partie à Jean-Marc Jancovici, est...

Un débat particulièrement stimulant (et existentiel) de notre temps, que nous devons en grande partie à Jean-Marc Jancovici, est le caractère "subi" ou "choisi" de la décrue énergétique en France et en Europe depuis 2007.

Alors que cette page Facebook s'approche des 300k abonnés et qu'elle est de plus en plus visible auprès de non-abonnés (merci à toutes et tous pour l'intérêt que vous y portez !), nous allons diffuser une série de posts et de recueils de témoignages sur l'héritage intellectuel déjà immense de Jean-Marc Jancovici : sa contribution à la prise de conscience des sujets Energie-Climat, ses thèses, et les objections.

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean annoncent depuis exactement 20 ans et l'ouvrage "Le Plein s'il vous plait" (2006) une contraction énergétique.

Des chiffres comme ceux de ce graphique semblent aller dans leur sens, notamment sur le pétrole (-23% depuis 2007 pour le pétrole à usage énergétique en France, en consommation finale) et, dans une moindre mesure, le gaz naturel. L'Europe dans son ensemble affiche des tendances semblables.

Selon JMJ, l'économie tourne autour de machines dont la nourriture est l'énergie, principalement les énergies fossiles, qui affichent des caractéristiques physiques extrêmement avantageuses (densité, pilotabilité, polyvalence chimique, stockage facile notamment pour le pétrole). Elles sont, en cela, difficiles à remplacer.

La France et l'Europe, dépendantes des importations fossiles, subissent depuis 2007 le passage du pic de production mondial du pétrole conventionnel, et le pic de production de gaz naturel de la mer du Nord. Cette contrainte géologique limite physiquement les volumes d'hydrocarbures disponibles pour notre continent. Les tensions géopolitiques (Russie, Ormuz) étaient prévisibles et n'arrangent évidemment rien à l'affaire.

La baisse de notre consommation énergétique est une rétractation physique « subie ». Cette décrue énergétique forcée bride la croissance économique, expliquant en grande partie la stagnation, la désindustrialisation, le déclassement social ou encore les crises du pouvoir d'achat que traverse l'Europe.

Si le Français moyen avait la possibilité de consommer autant d'énergie que l'Américain ou le Qatari moyen, il le ferait. Mais son accès à l'énergie est beaucoup plus contraint géologiquement.

La baisse de notre approvisionnement fossile est irréversible et va même s'accélérer à mesure que les pays jadis exportateurs gardent pour eux-mêmes leur pétrole dont les puits s'épuisent (exemples déjà passés : Mexique, Egypte, Indonésie, Chine...).

Dans un scénario particulièrement sombre esquissé dans "Dormez tranquille jusqu'en 2100" (2015), le monde sera pris en tenaille entre une descente énergétique de plus en plus dure à encaisser, et une dérive climatique à laquelle il sera de plus en plus difficile de s'adapter, justement par manque d'énergie (car avec une énergie illimitée, "nous pourrions tout encaisser").

Dans un scénario moins pessimiste, la France et le monde parviendraient à limiter le changement climatique et amortir la descente énergétique par une sobriété planifiée et socialement équitable, et par le développement des énergies bas-carbone (nucléaire de préférence, pour des raisons de densité et de pilotabilité).

Les analystes émettant des objections font remarquer que la consommation d'hydrocarbures augmente dans des pays émergents pourtant importateurs (ex. Vietnam, Maroc, Indonésie), alors que l'Europe aurait la puissance d'accaparer ces ressources prétendument contraintes.

Des contradicteurs soulignent également que la production mondiale "tous liquides" continue d'augmenter (+20% en 20 ans). La nature de cette hausse (portée par le pétrole de schiste américain, les sables bitumineux canadiens ou les liquides de gaz naturel) ne serait selon eux qu'un détail. L'Europe aurait surtout fait des choix politiques forts (et justifiés) qui renchérissent les fossiles sur son sol : taxes sur les carburants, quotas carbone pour l'industrie, embargo sur l'énergie russe.

Cependant, comme le signale inlassablement JMJ, cette compensation du volume global de pétrole cache une réelle fragilité physique : ces ressources non-conventionnelles exigent beaucoup plus de capital ET d'énergie pour être extraites, et fournissent moins de diesel, un carburant vital pour le transport lourd et l'agriculture. L'industrie pétrolière a certes fait d'énormes progrès technologiques pour diminuer le coût financier de ces forages, mais la technologie ne peut abolir les lois de la physique : broyer de la roche dure demandera toujours beaucoup plus d'énergie que de laisser un liquide remonter par un tuyau.

Sans parler du GNL (gaz naturel liquéfié) dont l'Europe est de plus en plus dépendante, et qui est beaucoup moins avantageux que le gaz fourni par la mer du Nord.

Dans la chasse aux œufs de Pâques, les enfants épuisent vite le gisement des œufs faciles, rendant la recherche du chocolat caché de plus en plus coûteuse en énergie !

Pour revenir du côté des contradicteurs, certains indiquent que la France consomme aujourd'hui moitié moins de pétrole que dans les années 1970, et son PIB est pourtant beaucoup plus élevé. L'Europe a su réagir aux chocs pétroliers des années 70 par des transformations majeures de son modèle énergétique, et d'autres transformations resteraient possibles aujourd'hui.

Par rapport à 2007, la baisse de la consommation de pétrole s'explique principalement par le déclin du fioul domestique (remplacé par les pompes à chaleur et les chaudières à gaz), l'efficacité des transports (voitures moins gourmandes en carburant, essor récent de l'électrique), et la transformation des processus industriels vers le gaz naturel et l'électricité.

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Ce n'est évidemment pas en un post simplifié que nous réussirons à développer tous les termes d'un débat complexe qui, de surcroit, n'est pas encore tranché par la réalité du temps long.

N'hésitez donc pas à contribuer à la discussion !

(publié par Cyrus Farhangi)



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Après Israël, suite de notre tour d'horizon de la situation hydrique dans la région, avec le cas très préoccupant de l'Iran

Après Israël, suite de notre tour d'horizon de la situation hydrique dans la région, avec le cas très préoccupant de l'Iran.

L'Iran est particulièrement aride et semi-aride, et la crise des ressources hydriques ne cesse de s'y aggraver : disparition des lacs, désertification accélérée, tensions sociales et exode rural massif.

Selon Abdolkarim Hosseinzadeh, vice-président iranien chargé du développement rural et des régions défavorisées, seuls 38 000 des 69 000 villages du pays sont encore habités, tandis que 31 000 villages ont été abandonnés.

En novembre 2025, suite à une période de sécheresse particulièrement aigüe, le Président Pezechkian avait annoncé qu'en l'absence de pluies imminentes, Téhéran devrait être évacué. Malgré les pluies et fontes de neige depuis, la situation demeure critique. Seulement 39% de la capacité des barrages a été remplie (30% à Téhéran comme on le voit sur ce graphique réalisé par votre serviteur à partir de sources officielles).

Les pluies récentes n'offrent qu'un bref sursis et le déplacement de la capitale reste sérieusement à l'étude (ex. vers la côte Sud du pays). "Nous n'avons plus le choix" affirme le Président Pezechkian.

Selon le scientifique Kaveh Madani (Directeur du UN University Institute for Water, Environment and Health, et vice-ministre iranien de l'Environnement de 2017 à 2018), l'Iran fait partie des pays en état de "faillite hydrique".

Une crise hydrique est une pénurie temporaire, souvent réversible par la pluie ou de bonnes politiques. À l'inverse, une "faillite hydrique" désigne un déficit structurel profond : les réserves souterraines sont épuisées et les dommages sont quasi-irréversibles à l'échelle de millénaires.

Selon M. Madani, la faillite hydrique en Iran ne résulte pas tant du changement climatique, mais principalement d'une gouvernance inadéquate, avec des barrages excessifs et une agriculture inadaptée. Notamment, la quête d'autosuffisance alimentaire (liée aux sanctions internationales) maintient des subventions à des cultures gourmandes en eau, et inadaptées à un climat aride.

C'est dire à quel point la situation sera aggravée une fois que le réchauffement atteindra +2C puis éventuellement +3C.

L'une des conséquences directes de la faillite hydrique est le dessèchement des zones humides vitales du pays. Le lac d'Ourmia, qui fut jadis l'un des plus grands lacs salés du monde et l'habitat d'espèces endémiques comme l'artémia et les oiseaux migrateurs, a perdu 90% de son volume d'eau en trois décennies. Selon un article de National Geographic, "des experts en hydrologie et des ingénieurs estiment que le lac de cette région semi-aride pâtit des milliers de puits creusés illégalement et de la multiplication des barrages et projets d'irrigation. Ces derniers dévient l'eau de ses affluents pour irriguer et faire pousser des pommes, du blé et des tournesols".

Les zones humides de Hamoun, Gavkhouni, Hoor al-Azim et Bakhtegan sont soit entièrement asséchées, soit au bord de la disparition. Ces marais sont aujourd'hui transformés en foyers actifs de poussières fines ; les particules en suspension qui en résultent portent la pollution atmosphérique dans les provinces du Khouzestan, du Sistan-Baloutchistan et du Fars à des niveaux critiques, menaçant la santé de millions de personnes.

Parallèlement à la sécheresse, les prélèvements excessifs dans les nappes phréatiques ont transformé le phénomène d'affaissement du sol en crise nationale. Alors que la moyenne mondiale est d'environ un centimètre par an, dans certaines zones du sud-ouest de Téhéran ce chiffre atteint 15 à 16 cm, et dans les plaines du Fars un record de 54 cm par an avait été enregistré — le plus élevé au monde.

Aujourd'hui, 30 provinces iraniennes sont touchées par l'affaissement et plus de 410 des 609 bassins versants du pays ont été déclarés en état d'« interdiction d'exploitation ». Les experts avertissent que dans moins de dix ans, plus de 20% des aquifères iraniens seront entièrement à sec.

Pour contrer cette crise, le gouvernement iranien mise sur les grandes infrastructures : construction massive de barrages, et vastes projets de transfert d'eau interbassins vers le plateau central et des usines de dessalement dans le sud. Il multiplie aussi les forages profonds, malgré des critiques sur l'inefficacité de ces mesures.

La population iranienne a quadruplé en 50 ans, mais ne devrait plus beaucoup croitre. Le taux de fécondité est descendu à environ 1,5 et reste orienté à la baisse. Le nombre annuel de naissances en Iran a diminué de 43% en seulement 10 ans et 16% en 2 ans). Comme dans d'autres pays du monde, la population devrait atteindre un pic vers le milieu du siècle puis diminuer.

(publié par Cyrus Farhangi)



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A scorching 2100: Israeli forecasters predict blistering heat in decades to come

Le changement climatique est un enjeu peu médiatisé et pourtant central pour la sécurité d'Israël et du Moyen-Orient dans son ensemble. Nous proposons ici un focus non-exhaustif sur Israel.

Avant de poursuivre, nous vous saurons gré de rester courtois et bienveillant dans vos commentaires.

Dans une interview accordée au journal Ynet, les professeurs Oded Potchter et Menachem Luria, experts en climatologie, ont souligné que la hausse des températures mondiales pourrait rendre des régions telles que la vallée du Jourdain et le sud de l’Arava inhabitables d’ici la fin du siècle.

Parmi les effets du réchauffement : la fréquence des tempêtes de poussière. La hausse des températures assèche considérablement les sols, qui deviennent donc plus meubles. Ainsi, des systèmes atmosphériques (vents, dépressions) qui n'auraient pas généré de grandes quantités de poussière par le passé parviennent aujourd'hui à en soulever des volumes plus importants, aggravant ainsi la pollution atmosphérique et constituant une menace pour la santé publique.

Selon un rapport de l'OCDE (2023), dans un scénario moyen de réchauffement (SSP 2-4.5), d'ici les années 2080-2099, l'Israélien moyen sera exposé à 80 jours par an avec des températures dépassant 35 degrés, et à 145 nuits chaudes.

Du côté des précipitations, les estimations du Service météorologique israélien de 2024 prévoient une réduction de 20 à 25% à la fois des volumes de précipitations et du nombre de jours de pluie d'ici la fin du 21e siècle en raison du changement climatique. Ceci entraînera des pénuries d'eau, couplées à une augmentation de la salinité. Parmi les conséquences, le débit du fleuve Jourdain diminuera de 22%.

Les changements climatiques d'ici la fin du siècle devraient ainsi, toujours selon le Service météorologique israélien, exercer un impact majeur sur la production agricole d'Israël, ainsi que sur la production d'énergie et la capacité de réaction en cas d'urgence.

D'après le projet ClimaMed, le débit annuel des rivières en Israël pourrait chuter de 40 à 70 %, et les précipitations dans le bassin du Jourdain pourraient diminuer jusqu'à 50%.

Les écosystèmes méditerranéens risquent de se déplacer de 300 à 500 km vers le nord, transformant une grande partie de la région en zone désertique.

Paradoxalement, bien que le volume total de pluie diminue, l'intensité des averses augmentera. La terre asséchée peinera à absorber cette eau, ce qui multipliera les inondations soudaines (crues éclair) et l'érosion des sols. Parallèlement, l'intensité des vagues de chaleur augmentera le risque et la fréquence des feux de forêt.

Le niveau de la mer Méditerranée augmente de manière importante. Selon Noga Kronfeld-Schor, responsable scientifique du ministère de la Protection de l’environnement, l’élévation du niveau de la mer en Israël atteindrait 5 mètres d’ici 2150. ce qui engendre deux risques majeurs :
* La submersion et la déstabilisation des falaises côtières, menaçant les infrastructures et le tourisme.
* L'intrusion d'eau de mer dans l'aquifère côtier, entraînant la salinisation des réserves d'eau souterraines essentielles pour l'agriculture.

Dans son Plan d'action national sur le climat 2022-2026, l'Etat détaille 100 mesures macroéconomiques et sectorielles pour faire face à la crise climatique. Parmi elles :

* la fin du charbon et le déploiement massif des énergies renouvelables et électrification des transports (bus, trains).

* l'instauration d'une loi sur le climat fixant des objectifs de réduction pour 2030 et 2050, accompagnée d'une taxe carbone progressive.

* l'élaboration de plans de résilience face aux événements extrêmes (inondations, chaleurs) et verdissement urbain pour contrer les îlots de chaleur.

* le soutien financier aux entreprises innovantes (notamment dans le développement de technologies pour s'adapter aux milieux arides)

* l'intégration de l'enseignement de la crise climatique dès l'école primaire.

(publié par Cyrus Farhangi)


Israel Meteorological Service suggests that by the end of the century, peak Tel Aviv temperatures could top 49.4°C (121°F), with overall rainfall slated to drop

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Reçu — 8 août 2026 ⏭ Géopolitique

Oil shortages escalate from wars in Iran and Ukraine, with few signs of relief

**Les pénuries de pétrole s'accentuent en raison des guerres en Iran et en Ukraine, avec peu de signes de soulagement**

Traduction de cet article instructif de The Conversation, avec notamment des éléments sur la crise du raffinage, dont on parle peu :

La crise énergétique mondiale déclenchée par deux guerres s'apprête à s'aggraver, alors que l'Ukraine pilonne l'industrie russe du raffinage et que les attaques iraniennes se poursuivent sur la production et le raffinage de pétrole au Moyen-Orient. De plus, la nature des destructions et le nombre croissant de fronts et de belligérants impliqués pourraient annoncer une nouvelle ère de vulnérabilité prolongée pour les pays dépendants des importations pour leur énergie.

Tout au long de la majeure partie de l'histoire moderne, les guerres ont ciblé les infrastructures énergétiques, notamment les puits de pétrole, les raffineries, les oléoducs, les terminaux d'exportation et les centrales électriques. Mais les technologies d'armement les plus récentes – les drones autonomes et les navires automatisés – déjouent les systèmes de défense existants.

Les dommages qui en résultent accentuent la menace que des voies maritimes pétrolières cruciales dans le monde soient ralenties ou bloquées pendant de longues périodes, et ce, non seulement dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab-el-Mandeb, situé à l'entrée sud de la mer Rouge.

Le monde a réussi à s'en sortir tant bien que mal au cours des premiers mois de la guerre en Iran, mais les premiers efforts destinés à maintenir l'équilibre des marchés pétroliers touchent à leur fin. Il y a d'abord eu les expéditions de pétrole du Moyen-Orient qui avaient déjà franchi le détroit d'Ormuz avant sa fermeture, arrivées dans les ports du monde entier en mars et avril 2026. Puis les gouvernements ont libéré des stocks stratégiques de pétrole sur le marché, tandis que certains pays ont adopté des politiques d'économie d'énergie, telles que le passage au télétravail.

Parallèlement, la capacité de raffinage – les installations qui convertissent le pétrole brut en produits tels que le gazole et l'essence – a été extrêmement compromise. Goldman Sachs estime qu'à l'échelle mondiale, le déficit de raffinage – incluant les raffineries russes bombardées et les produits ne pouvant pas sortir du détroit d'Ormuz ou de la mer Noire – s'élève à 6,5 millions de barils par jour. Désormais, à mesure que d'autres infrastructures énergétiques sont détruites, il sera plus difficile d'éviter une crise plus profonde. Et l'hiver n'est plus très loin.

**L'extension de la guerre au Moyen-Orient**

Les attaques menées par l'Iran et ses relais, souvent à l'aide de drones aériens, ont causé des dommages importants et durables aux infrastructures énergétiques du Moyen-Orient. Par exemple, plus de 1,2 million de barils par jour de capacité de raffinage de pétrole dans la région sont hors service en raison de dégâts matériels, selon J.P. Morgan.

Le conflit continue de s'intensifier. Le 27 juillet, des drones qui auraient été lancés depuis le sud de l'Irak par des milices pro-iraniennes ont frappé des tours de traitement de brut sur le site de production pétrolière stratégique de d'Abqaiq en Arabie saoudite. Des attaques similaires menées par l'Iran en 2019 avaient fortement réduit la capacité de l'Arabie saoudite à produire du pétrole.

Les exportations saoudiennes de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés sont également entravées par des attaques contre la navigation dans les détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb. Une riposte militaire améro-saoudienne contre les milices irakiennes a ravivé les craintes d'une propagation de la guerre.

Le 30 juillet, des attaques de drones contre un port égyptien sur la mer Méditerranée ont signalé qu'une autre zone pourrait être vulnérable à l'élargissement du conflit. Depuis le début de la guerre, l'Arabie saoudite dépend de la Méditerranée pour ses exportations de pétrole, acheminant 5 millions de barils par jour via le canal de Suez et l'oléoduc égyptien SUMED.

**Les attaques ukrainiennes au cœur de la Russie**

Dans sa guerre contre la Russie, la maîtrise par l'Ukraine des drones à longue portée a permis de bombarder avec succès plus de 11 complexes de raffinage russes majeurs, neutralisant une part significative des capacités de production de carburant du pays. Les estimations varient entre 30 % et 50 %, voire jusqu'à 60 % de la capacité de raffinage de la nation.

Les attaques de drones ukrainiens sur le système de raffinage russe visent principalement à nuire à l'effort de guerre de Moscou en limitant le ravitaillement militaire en carburant et le financement de la guerre issu des exportations de produits raffinés. Cependant, des images en ligne montrent des conducteurs russes patientant dans leurs voitures pendant des heures pour obtenir quelques litres de carburant.

Ces attaques ont également poussé la Russie à interdire les exportations de gazole – qui, avant 2022, fournissaient la moitié du gazole européen.

**Effets en chaîne, y compris la famine**

En plus de bloquer les expéditions de pétrole brut, la fermeture du détroit d'Ormuz a interrompu le flux d'environ 20 % de l'approvisionnement mondial en gaz de pétrole liquéfié (GPL). Il s'agit d'un combustible de cuisson difficile à remplacer, largement utilisé en Inde et en Chine, entre autres pays.

Dès le mois d'avril 2026, la population en Inde éprouvait des difficultés à trouver et à payer le gaz nécessaire à la cuisine, la contraignant à sauter des repas. L'Inde cherche à augmenter le volume de gaz de pétrole liquéfié qu'elle achète aux États-Unis pour atténuer ces pénuries.

D'autres pressions s'exercent également de toutes parts sur les approvisionnements mondiaux en pétrole.

Des drones maritimes lancés par l'Ukraine dans la mer Noire ont au moins temporairement bloqué la majeure partie des exportations de pétrole brut du Kazakhstan, qui a besoin de cette voie navigable pour acheminer son pétrole vers la mer Méditerranée et au-delà.

Les séparatistes houthis au Yémen ont utilisé des drones aériens pour fermer le sud de la mer Rouge au début des années 2020, bloquant une route alternative clé pour les expéditions de pétrole évitant le détroit d'Ormuz. Ils seraient sur le point de le faire à nouveau.

Ces technologies et tactiques se propagent à d'autres régions du globe riches en pétrole. Par exemple, des séparatistes en Colombie ont utilisé des drones pour attaquer des équipements de production pétrolière à la fin du mois de juillet.

**Des motifs d'espoir ?**

Depuis le début de la guerre en Iran, les importations chinoises de pétrole brut et de produits pétroliers ont chuté d'environ 3,6 millions de barils par jour, soit environ un tiers de leurs importations d'avant-guerre. En fait, les raffineurs chinois ont commencé à revendre du pétrole brut sur les marchés mondiaux afin de dégager des revenus pour compenser la baisse d'activité de leurs propres raffineries.

Une explication réside dans le fait que la Chine puise dans ses réserves pétrolières stratégiques, mais il est également possible qu'un ralentissement économique, combiné au déploiement massif de carburants alternatifs et d'énergies renouvelables dans le pays, freine le besoin en carburants fossiles importés. Les entreprises pétrochimiques chinoises achètent également de l'éthane aux États-Unis pour remplacer les approvisionnements interrompus en provenance du Moyen-Orient.

Du côté de l'offre, au Brésil, la production de la compagnie pétrolière nationale Petrobras a augmenté de 14 % par rapport aux niveaux de 2025 et ses raffineries tournent à pleine capacité. Par conséquent, ses besoins d'importation ont fortement diminué, offrant un certain soulagement aux marchés du continent américain.

La production pétrolière vénézuélienne est passée de 937 000 barils par jour en 2025 à 1,2 million de barils par jour à la mi-2026. La majeure partie de cette augmentation provient d'entreprises pétrolières qui opéraient déjà au Venezuela avant que les États-Unis ne destituent l'ancien président Nicolás Maduro. Quelques nouveaux contrats d'achat de pétrole vénézuélien ont été signés, mais le flux d'investissements espéré par l'administration Trump ne s'est pas encore concrétisé. Les lois du Venezuela et son instabilité politique rendent les entreprises frileuses, certaines cherchant toujours à obtenir des indemnités pour la saisie de leurs actifs par le président de l'époque, Hugo Chávez, en 2009.

**Risques d'inflation et vulnérabilité à long terme**

Pour l'instant, l'augmentation de la production de pétrole et de gaz ainsi que du rendement des raffineries aux États-Unis a préservé les Américains de pénuries de pétrole majeures.

Mais cette situation pourrait évoluer de bien des manières. L'aggravation des perturbations mondiales de l'approvisionnement pourrait à terme se traduire par une hausse des prix de marché sur une large gamme de biens et de produits de base, ce qui ferait grimpé les taux d'inflation aux États-Unis.

En fin de compte, les nouvelles méthodes de guerre par drones ciblant les installations énergétiques et la navigation constituent une préoccupation majeure de sécurité nationale pour les États-Unis et pour toutes les grandes économies qui s'appuient sur les expéditions d'énergie et les importations de marchandises pour soutenir leur économie.

Les pays devront désormais œuvrer en faveur de leur sécurité énergétique dans un monde marqué par l'insécurité des voies maritimes mondiales, des conditions météorologiques plus extrêmes et l'intensification des conflits géopolitiques.

Ayant étudié et suivi la géopolitique des marchés mondiaux de l'énergie pendant des décennies, je m'attends à ce que ces efforts se concentrent sur l'identification des ressources énergétiques dont dispose chaque pays à l'intérieur de ses propres frontières. Et compte tenu des limites géographiques et géologiques des combustibles fossiles, je prévois que davantage de pays chercheront à accélérer le développement déjà rapide des énergies renouvelables, comme l'éolien et le solaire, afin de minimiser les risques que des guerres n'interrompent leur approvisionnement énergétique.

https://theconversation.com/oil-shortages-escalate-from-wars-in-iran-and-ukraine-with-few-signs-of-relief-288858

(publié par Cyrus Farhangi)


Cooking gas and diesel fuel are among the oil products whose supply levels have been affected already. Here’s why to expect long-term shortages.

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Reçu — 7 août 2026 ⏭ Géopolitique

La forêt des Landes va-t-elle disparaitre ?

Pourquoi la forêt des Landes brûle-t-elle si vite ? Arthur Guérin-Turc, géographe de l'environnement, suggère que de nombreuses conditions sont réunies :

1) La règle des « 30/30/30 » (humidité inférieure à 30 %, température supérieure à 30 °C, vent supérieur à 30 km/h) est désormais fréquente avec les canicules à répétition en mai, juin et juillet.

2) Le massif est une monoculture de pin maritime (66 % du territoire boisé, 80 à 90 % de pin) offrant une continuité de combustible quasi ininterrompue : rien n'arrête le feu, qui devient très rapide.

3) Les peuplements sont jeunes (20 à 25 ans), très denses et homogènes — la configuration de vitesse de propagation maximale.

4) Les résineux sont plus secs que les forêts mixtes.

5) Les jeunes arbres laissent passer la lumière et assèchent le sous-bois.

6) Le massif a été drainé et asséché depuis l'origine.

7) 90 % des départs sont d'origine humaine, et l'urbanisation pavillonnaire depuis les années 1970-80 multiplie les interfaces habitat-forêt.

Il y a toutefois un paradoxe : les Landes comptent dix fois plus de départs que la région PACA, mais peu de surface brûlée jusqu'en 2022. C'est grâce à la stratégie d'attaque du feu naissant et aux pistes DFCI mises en place après l'incendie de 1949 (52 000 hectares, 82 morts) — approche pertinente mais désormais insuffisante.

L'entretien aborde également une histoire de la forêt des Landes depuis le XIXe siècle.

Avec le décret de 1857 sous Napoléon III), la plantation des Landes de Gascogne remplace les zones humides agropastorales. Cette "colonisation" est appuyée par un discours hygiéniste (assainir des terres « insalubres »).

Le pin devient « l'arbre civilisateur », projet qui fait face à quelques résistances violentes : des bergers incendient les plantations et sont qualifiés de "pyromanes".

Le gemmage (résine) disparaît vers 1960-70 face à la concurrence du Sud ; on cesse alors de laisser vieillir les arbres.

L'industrialisation des années 1970 (mécanisation, rotations raccourcies de 50-60 ans à 20-30 ans, densification) produit le paysage actuel, très différent de celui du début du XXe siècle.

Le poids de l'industrie : les débouchés dominants sont le papier-carton (usine Smurfit Kappa à Facture-Biganos) et biomasse-granulés — d'où le sobriquet militant de « forêt Amazon ».

L'industrie bois locale soutient entre 34 000 et 60 000 emplois directs et indirects, en baisse du fait de la mécanisation et de la concentration (fermeture des scieries familiales dans les années 1990).

Environ 59 000 propriétaires forestiers, souvent âgés, délèguent la gestion de leur forêt à des coopératives : un ensemble cependant hétérogène, aux pratiques diverses.

La forêt a également fait l'objet d'une montée de la financiarisation : groupements forestiers d'investissement, crédits carbone, défiscalisation... la forêt devient ainsi un actif, ce qui supprime l'interlocuteur local et le dialogue.

Les pistes pour réduire le risque d'incendies

1) La coupure de combustible et l'élargissement des pare-feu (zones d'appui pour les pompiers, évacuations).

2) Des zones tampon autour des villages, la re-création de zones humides, la baisse de la densité de bois à l'hectare, et la régulation de l'urbanisation (PLU, ZAN).

3) La réintroduction de feuillus, certes utile mais lente et limitée par des sols appauvris.

4) Assumer un renoncement : ne pas replanter en interface habitat-forêt, y installer agriculture ou pastoralisme, avec indemnisation et reconnaissance du pare-feu comme d'intérêt public.

Arthur Guérin-Turc appelle à un « plan de massif » et un État aménageur-régulateur, comme après 1949.

Il y a un précédent portugais en réaction aux incendies de 2017 liés à l'eucalyptus, après lequel des mesures de régulation ont été adoptées.

Bon visionnage de l'interview !

(publié par Cyrus Farhangi)


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Photos from Jean-Marc Jancovici's post

Météo août-octobre 2026 : il est probable qu’il fasse toujours très chaud.

Météo-France a dévoilé hier ses tendances climatiques pour le trimestre août-octobre 2026, et les nouvelles ne sont guère rassurantes pour les Français. L'organisme national annonce une probabilité de 60% d'un trimestre plus chaud que la normale, avec un blocage anticyclonique persistant sur l'Europe du Nord. Au-delà du thermomètre, cette prévision météorologique se traduirait par une hausse des dépenses énergétiques, une flambée des prix alimentaires et des perturbations majeures dans plusieurs secteurs économiques clés.

Les climatologues de Météo-France ont analysé 14 modèles de prévisions saisonnières internationaux pour établir leurs tendances. Leur verdict tombe sans appel : "À l'échelle du trimestre, le scénario le plus probable est la poursuite des conditions de blocage anticyclonique sur l'Europe du nord. En conséquence et dans le contexte du changement climatique, le scénario plus chaud que la normale est privilégié pour le prochain trimestre sur la France ainsi que sur toute l'Europe", indique le bulletin publié le 4 août 2026.
Cette prévision intervient après un mois de juillet 2026 historique, le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, avec une température moyenne de 24,9°C et un déficit pluviométrique de 70%.

Si ce scénario se confirmait, voici ce qui pourrait nous attendre 👇

⚡ Énergie : les ménages climatisés verraient leur facture grimper de 15 à 30%. La climatisation, devenue indispensable dans de nombreux foyers et entreprises, consomme massivement. Les centrales nucléaires pourraient tourner au ralenti si les cours d'eau devenaient trop chauds, ce qui pousserait vers plus d'énergies fossiles d'appoint et une augmentation du prix de l'électricité sur le marché, impactant les très gros consommateurs qui achètent en direct au prix journalier.

🌾 Alimentation : Les fédérations d'éleveurs ont d'ores et déjà appelé le 5 août le gouvernement à ordonner une expertise sur les pertes de prairies dues à la sécheresse et aux canicules répétées. Les prairies, essentielles à l'alimentation du bétail, ont brûlé sur pied dans de nombreuses régions, obligeant les éleveurs à puiser dans leurs stocks de fourrage prévus pour l'hiver ou à acheter des aliments complémentaires à prix d'or.
Les cultures céréalières, déjà fragilisées, risquent des rendements catastrophiques si la sécheresse persiste jusqu'en octobre. Les maraîchers anticipent également des difficultés d'irrigation et des pertes de production. Ces tensions sur l'offre agricole se répercuteront inévitablement dans les rayons des supermarchés, avec une hausse prévisible des prix du lait, de la viande, des fruits et légumes dès la rentrée.

🌊 Sud de la France : contrairement au reste du pays, la région méditerranéenne connaîtrait un trimestre plus humide (50% de probabilité) — mais pas forcément une bonne nouvelle. Sur des sols asséchés, les épisodes pluvieux intenses pourraient provoquer des crues soudaines et dévastatrices.

🌿 La nature aussi trinquerait
Points d'eau à sec, nombre d'espèces animales déjà fragilisées seraient durement touchées, arbres déjà affaiblis plus vulnérables aux parasites, risque accru d'incendies... Sans oublier les crues violentes attendues dans le sud, dévastatrices pour les habitats naturels.
Un été qui mettrait à rude épreuve une biodiversité déjà sous tension. 🌍

🏠 Assurances et bâtiment : les sinistres liés aux catastrophes naturelles vont augmenter, entraînant de la souffrance pour les sinistrés et une hausse des primes dans les zones à risque. Les incendies depuis juillet auront d'ores et déjà des impacts importants. Les chantiers, eux, risqueraient d'être ralentis par les restrictions d'eau.

💰 Quels secteurs économiques sont les plus exposés ?
En plus de l'agriculture et de l'énergie, plusieurs branches économiques subiront les contrecoups de ces prévisions météorologiques. Le tourisme, pilier de l'économie estivale française, pourrait pâtir d'une image de destination caniculaire, tandis que les stations balnéaires méditerranéennes devront gérer le risque d'orages violents. Le secteur du bâtiment verra ses chantiers ralentis par les restrictions d'eau et les conditions de travail difficiles lors des pics de chaleur.

La distribution d'eau potable représente un enjeu majeur. Les gestionnaires de barrages et de réseaux devront arbitrer entre besoins agricoles, industriels et domestiques dans un contexte de ressource rare. Les restrictions d'usage, déjà en vigueur dans plusieurs départements, pourraient s'étendre et se durcir, affectant les activités économiques dépendantes de l'eau.

Météo-France le rappelle : ce ne sont que des tendances moyennes sur trois mois, pas une prévision jour par jour. Mais dans un contexte de changement climatique et d'El Niño exceptionnel, mieux vaut anticiper que subir, ce qui rend ces outils d'autant plus indispensables. Les trois prochains mois s'annoncent comme un test grandeur nature de la capacité d'adaptation de la France aux nouvelles réalités climatiques.

https://meteofrance.fr/actualite/publications/les-tendances-climatiques-trois-mois

(par adrien Couzinier)





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Reçu — 6 août 2026 ⏭ Géopolitique

L'assèchement du bassin méditerranéen est une réalité annoncée depuis les années 80, par exemple par les travaux de Syukuro Mana...

L'assèchement du bassin méditerranéen est une réalité annoncée depuis les années 80, par exemple par les travaux de Syukuro Manabe (Prix Nobel de physique 2021) et Richard T. Wetherald (décédé en 2011 et le Prix Nobel ne se décerne pas à titre post-hume).

Nous proposons cette comparaison frappante de deux rapports du GIEC, qui témoigne d'une constance scientifique assez implacable.

L'assèchement du bassin méditerranéen n'est pas vraiment une surprise, mais un phénomène modélisé par les climatologues depuis plus de trente ans.

Dans le premier rapport du GIEC de 1990-1992 (à gauche), les modèles prévoyaient déjà une chute des précipitations estivales et une baisse drastique de l’humidité des sols, estimée entre 15 et 25%.

Trente ans plus tard, le rapport de 2021 (à droite) confirme la fiabilité de ces projections (soit dit en passant, elles sont encore plus observables et mesurables aujourd'hui en 2026 qu'en 2021).

La baisse des pluies et la multiplication des "sécheresses agricoles et écologiques" sont désormais avérées et attribuées avec un "degré de confiance élevé" à l'influence humaine.

Le dernier rapport du GIEC est assez clair sur l'avenir : cette dynamique d'assèchement va s'accentuer. Lorsque le réchauffement planétaire atteindra 2°C, l'aridité franchira encore un nouveau cap de sévérité. L'Europe du Sud subira une augmentation critique des conditions météorologiques propices aux mégafeux, une tension extrême sur le renouvellement des nappes phréatiques et une accélération de la désertification de ses sols.

Cet assèchement n'est plus un scénario lointain : +2C c'est probablement avant 2050.

Et il y aura encore d'autres années après 2050.

Un enfant né aujourd'hui aurait 74 ans en 2100.

Le bassin méditerranéen a une riche histoire de plusieurs millénaires donc se soucier de son sort à horizon 2200 n'est pas forcément incongru.

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Mais au fait, pourquoi la Méditerranée est-elle un « hotspot » climatique ? (notion remontant à 2006 avec l'étude pionnière de Filippo Giorgi "Climate change hot-spots")

Cela s'explique par deux mécanismes physiques majeurs :

1) La migration des zones arides : avec le réchauffement global, la circulation de l'atmosphère terrestre se modifie. Les vastes zones de hautes pressions, habituellement situées au-dessus des déserts subtropicaux (comme le Sahara) et qui garantissent un temps sec, s'étendent et remontent vers le nord. Elles s'installent durablement sur le bassin méditerranéen, bloquant les perturbations humides et repoussant les pluies vers le nord de l'Europe.

2) L'effet "mer fermée" : la Méditerranée est une petite mer quasi close qui se réchauffe environ 20 % plus vite que la moyenne des océans mondiaux. Cette hausse des températures agit comme un immense radiateur qui accroît massivement l'évaporation de l'eau présente dans les terres avoisinantes, asséchant littéralement les sols et la végétation comme une éponge laissée au soleil.

(publié par Cyrus Farhangi)



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Reçu — 5 août 2026 ⏭ Géopolitique

Scientific consensus on climate change is more overwhelming than you think #science #

Le réchauffement climatique est bien réel et les activités humaines, par les émissions de gaz à effet de serre, en sont la cause.

Les estimations du niveau de consensus varient selon les méthodes utilisées, mais elles se situent généralement entre 97 % et 100% dans les recherches publiées. Source : GIEC (IPCC), NASA, Cook et al. (2013), Lynas et al. (2021).

Entre 1990 et 2010, 97% des climatologues écrivaient que l'homme est responsable du réchauffement
En 2013, c'était 99,99%
En 2019, c'était 100% (pas un seul scientifique du climat dans le monde entier n'écrivait que l'homme n'était pas responsable du réchauffement)

Pendant tout ce temps, les médias, nos responsables politiques et économiques , nous faisaient (et certains le font encore) croire qu'il y a débat.
Que de temps perdu !

Et nous devons éviter de continuer a perdre du temps, car le réchauffement est éternel au regard de la durée de vie humaine : le réchauffement causé par une molécule de CO2 qui va dans l'atmosphère est encore de 60% après 5 siècles.
Le retour à la normale se fait au bout de 100 siècles (10'000 ans)

Il faut donc baisser nos émissions mondiales de gaz a effet de serre le plus rapidement possible.

note : La France doit être moteur de ce projet car
1- nous sommes particulièrement exposé aux conséquences du réchauffement climatique (sécheresse massive du contour méditerranéen, donc du sud de la France. Cette année n'est qu'un aperçu de ce qui nous attend)
2- baisser nos émissions de gaz a effet de serre, c'est d'abord sortir des énergies fossiles et donc se prémunir des conséquences économiques majeures des futures chocs pétroliers et gaziers. La France est particulièrement exposé aussi car nous sommes entièrement dépendant des importations pour les énergies fossiles
3- ce sera le grand projet pour notre avenir et être en pointe peut même nous donner des avantages compétitifs

(par adrien Couzinier)

https://www.facebook.com/reel/27645200598481333



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Reçu — 2 août 2026 ⏭ Géopolitique

Ce qui se déroule actuellement dans le Sud Ouest peut susciter la colère, l'abattement, la tristesse, la sidération, la peine, l...

Ce qui se déroule actuellement dans le Sud Ouest peut susciter la colère, l'abattement, la tristesse, la sidération, la peine, la compassion, voire l'admiration (pour les personnes qui se mobilisent), mais il y a un sentiment qui n'est hélas pas de mise : la surprise.

Cela fait des décennies qu'il est connu que le réchauffement climatique augmentera le risque d'incendie. Les modélisations disponibles pour la France montrent que, après 2050, la quasi totalité du territoire sera autant à risque que les Landes au début du siècle (et Fontainebleau l'illustre).

Cela fait des décennies que l'on sait que le réchauffement en cours aggravera tous les facteurs :

- il affaiblit la végétation. Quiconque a pris le train ou la voiture (électrique bien sûr !) cette dernière semaine a pu voir le nombre d'arbres et arbustes déjà morts ou en train de mourir ici et là, déshydratés ou attaqués par des parasites (ou les deux). Les arbres morts sont évidemment les plus inflammables de tous. Cela vaut aussi pour les sous-bois, avec de plus en plus de matière végétale sèche issue de la broussaille.

- il diminue l'eau accessible. Notre pays ne va pas seulement aborder sa 4è canicule ou vague de chaleur depuis mai. Nous sommes également plongés dans une sécheresse sévère (inédite par certains aspects), alors que nous ne sommes que fin juillet (et Météo France ne prévoit pas de pluie pour les 15 jours à venir). Sans même brûler, champs et prairies sont facilement tout jaunes.

Notre pays est couvert à 32% de forêts. Un arbre met des dizaines d'années à pousser. Dans 40 ou 50 ans, le réchauffement planétaire dépassera peut-être les 2°C. Si déjà la forêt meurt et s'embrase aujourd'hui, qu'en restera-t-il dans 40 ans ?

Si nous voulons conserver des arbres et des paysages, il va falloir mettre beaucoup plus de moyens dans la préservation de la forêt que ce que nous faisons aujourd'hui (ce qui n'est pas antagoniste avec les les mesures de prévention contre les incendies, au contraire). Plus généralement, cet été (pas terminé) nous rappelle une fois de plus que "l'adaptation" n'est pas juste un truc sympa à faire quand nous avons le temps.

Cela va demander d'y consacrer des moyens significatifs, et comme ni les ressources (dont l'énergie) ni les gens ne peuvent se dédoubler, il va parfois falloir choisir entre un nouveau rond point, une nouvelle route, une nouvelle salle des fêtes, un nouveau datacenter, un nouvel investissement, et préserver une partie de ce que nous avons déjà. Quel(le) politique aura le courage de le dire ? Quel(le) journaliste aura le courage de présenter la situation sous cet angle ?

Aujourd'hui l'urgence est à la lutte contre le feu. Demain, elle sera de nouveau à se poser les bonnes questions.

NB : avant-hier soir, j'ai regardé le JT de TF1 sur les incendies. Pas une seule fois l'expression "réchauffement climatique" n'a été prononcée. Il reste du boulot...
Ce qui se déroule actuellement dans le Sud Ouest peut susciter la colère, l'abattement, la tristesse, la sidération, la peine, la compassion, voire l'admiration (pour les personnes qui se mobilisent), mais il y a un sentiment qui n'est hélas pas de mise : la surprise. Cela fait des décennies qu...

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Attention, il est inexact de dire que 90% des incendies de forêt sont d'origine malveillante / criminelle

Attention, il est inexact de dire que 90% des incendies de forêt sont d'origine malveillante / criminelle. Le bon chiffre est de l'ordre de 25%, à quoi se rajoutent d'autres causes humaines, mais involontaires ou accidentelles. Distinction importante.

Avant de poursuivre, nous tenons à notre tour à saluer l'immense courage des pompiers (français mais aussi européens venus prêter main forte) ainsi que le dévouement des agriculteurs venus en soutien, comme l'illustre cet article d'ICI. Nos pensées aux familles des tués et blessés.

D'après Géorisques, 10% des départs de feu sont d'origine naturelle (foudre notamment), et 90% sont en effet d'origine humaine. MAIS une part majoritaire est accidentelle ou involontaire. Dans le détail, citons Géorisques :

"On distingue les causes suivantes :

1) accidentelles, notamment liées aux infrastructures de transport (environ 15 % des départs) : lignes électriques, chemin de fer, véhicules ;

2) involontaires dues aux travaux (environ 35 % des départs) : brûlage de végétaux, bricolage, travaux agricoles, travaux industriels et publics ;

3) involontaires dues aux activités de particuliers (environ 15 % des départs) : barbecues, jets de mégots de cigarettes, feux d'artifices, déversement de cendres de cheminée, etc...;

4) intentionnelles (environ 25 % des départs) par malveillance."

La moitié des départs de feux sont ainsi dus à des imprudences et comportements dangereux (causes 2 et 3).

Il arrive cependant que le grand public confonde

Autres précisions importantes : en droit français le fait de provoquer un feu volontairement est un crime jugé devant la Cour d'Assises..

Le fait de provoquer un feu involontairement (ex. jet de mégot) constitue un délit jugé devant un tribunal correctionnel. Il arrive que des peines de prison soient prononcées, y compris tout récemment.
https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/landes/mont-de-marsan/megots-jetes-brasero-allume-et-feu-d-artifice-de-lourdes-condamnations-a-de-la-prison-apres-les-incendies-dans-les-landes-3393574.html

(publié par Cyrus Farhangi)



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🔥 Un climatologue fuit les flammes

🔥 Un climatologue fuit les flammes... et raconte.

Stefan Rahmstorf, l'un des plus grands climatologues au monde (Institut Potsdam, prix Nobel de la paix 2007 avec le GIEC), était en vacances près de Bordeaux. Il a dû fuir les incendies avant même l'ordre d'évacuation et nous raconte :

🌅 « Le soleil est devenu rouge incandescent, tout le paysage s'est teinté d'un orange irréel, comme dans un film de science-fiction. »
Même un expert qui étudie ça depuis 30 ans est resté sidéré de le vivre en vrai.

😡 Colère : « Ça me rend furieux. Les climatologues alertent depuis des décennies. Le premier rapport du GIEC date de 1990. »

⏱️ ce n'est pas réversible à l'échelle d'une vie humaine : « On est littéralement dans une course contre la montre pour atteindre zéro émission. Chaque tonne de CO2 en plus aggrave la situation — pour des milliers d'années. »

🧠 Pourquoi il témoigne : « Il m'a fallu des décennies pour comprendre : les gens ne réagissent pas aux graphiques et aux data. Ils réagissent aux histoires. »

🔬 Le fond scientifique derrière tout ça : la chaleur assèche les sols et la végétation bien plus vite — un mécanisme accentuant le risque incendie avec la baisse de pluie en été en France..

📍 Pendant ce temps : +100 000 hectares brûlés en Gironde, plus de 300 000 personnes évacuées en France et en Espagne.

Le message de Rahmstorf, en une phrase : la science a déjà tout dit. Ce qui manque, c'est l'action.

La photo est de stephan Rahmstorf lui-même

https://www.pik-potsdam.de/members/stefan/homepage-de

(par adrien Couzinier)



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Photos from Jean-Marc Jancovici's post

Les feux de forêts actuels sont-ils vraiment exceptionnels et imprévisibles ?

Pas tant que ça

Les incendies en France ont désormais brûlé plus de 91'000 hectares, de loin le plus grand nombre d’une année depuis le début des enregistrements satellites en 2006 alors que nous sommes seulement à la moitié de l’été !
La superficie brûlée actuelle est environ 34 fois plus grande à cette date qu’en moyenne historique.

En Espagne, les incendies sont actuellement les deuxièmes plus élevés pour cette période de l’année, avec 8 fois la surface brûlée en une année moyenne, mais ils restent en cours pour battre le record de surface brûlée annuelle établi l’an dernier (2025).

Le Président Macron a visité la Gironde hier et s'est présenté ensuite devant les médias. Il a alors qualifié l'été 2026 d'atypique, ce qui veut dire que cet été "sort de la norme". Il a aussi dit qu'un tel feu était "inédit".

Derrière l'exercice de style qui doit bien entendu respecter un certain nombre de codes (expliquer, rassurer, montrer le côté exceptionnel de la situation, mettre en avant les moyens déployés et témoigner du soutien de la nation), ces propos appellent quand même certaines remarques.

Si ce type de méga feu convectif est une première en France, ce n'est, de loin, pas la première fois que ce phénomène survient en Europe.
Le feu de Pedrogao Grande au Portugal en 2017 fut le premier feu de ce type répertorié (53.000 ha brûlés, 66 morts). En Espagne, les feux de la Sierra de la Culebra (30.000 ha) et du Vall d'Ebo (13.000 ha) en 2022 étaient du même type. En Grèce, le feu de Mati en 2018 a marqué les esprits par son très lourd bilan humain (103 morts), et le feu d'Evros-Alexandroupoli en 2023 est jusqu'alors le plus grand feu jamais observé en Europe (96.000 ha).

Si ce type de feu est inédit en France, il ne l’est donc pas en Europe et il était plus que prévisible que ces phénomènes arrivent de plus en plus vers le nord avec le réchauffement climatique.

Enfin qualifier l'été 2026 d'atypique, c'est avoir une vision tournée vers le passé, alors que le réchauffement climatique commande au contraire d’actualiser chaque année les risques et d’être tourné vers l’avenir. Car , si l’été 2026 est beaucoup plus chaud que la normale 1990-2020 (pour l’instant juin 2026 est +3.8°C, record absolu), l‘écart n’est pas si important que ca : la dérive climatique française en explique presque la moitié et rapproche l’été 2026 de l’été 2005 ou 2017.

Le président ne peut pas à nouveau nous dire son "qui aurait pu prédire?".

Pour information, en 2050, pour une année moyenne :
- Les vagues de chaleur seront 5 fois plus fréquentes
- Le risque d’incendies sera multiplié par 2 en nombre de jours à risque élevé et par 4 en surface brûlée
- Les sécheresses des sols seront plus longues et intenses

On peut comprendre que le politique soit pris entre deux feux (excusez ce mauvais jeu de mots), à savoir gérer les urgences court terme qui se succèdent et anticiper les menaces long terme. Mais on peut toutefois se demander pourquoi les politiques ont tant de mal à écouter les scientifiques et à intégrer leurs alertes dans l'action politique. En ignorant ou négligeant les messages scientifiques, les politiques voient ces menaces long terme se muer soudainement en priorité court terme, voire immédiate, avec un manque total de préparation.

La communauté scientifique des sciences du climat nous dit que ce type de méga feux convectifs ont aujourd'hui 1000 fois plus de risque de se produire à cause du dérèglement climatique. Sortons donc collectivement du déni qui nous habite et préparons sérieusement nos territoires et nos populations au climat des décennies à venir.
Et surtout, essayons de choisir des représentants politiques qui prennent en considération ces défis à venir.

(par adrien Couzinier)





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Graphique de Charlie Bilello qui illustre les hausses massives des prix des matières premières en seulement 5 mois depuis le déb...

Graphique de Charlie Bilello qui illustre les hausses massives des prix des matières premières en seulement 5 mois depuis le début de la guerre en Iran. On y constate une onde de choc systémique touchant de plein fouet deux piliers essentiels du bien-être de l'humanité : l'énergie et la sécurité alimentaire (notamment avec le soufre, dont nous allons particulièrement parler).

Les hydrocarbures enregistrent une progression spectaculaire. Le pétrole brut (WTI et Brent) grimpe de 35% MAIS les produits raffinés subissent des tensions accrues dues au goulot d'étranglement de la transformation : l'essence (+38%), le diesel (+40%), le kérosène (+54%) et le fioul domestique (+63%).

Cette disparité montre que la crise ne se limite pas à la simple extraction du brut, mais s'étend à la saturation des capacités de raffinage et aux frictions logistiques. L'Europe se trouve particulièrement exposée avec une explosion de 98% du gaz naturel européen, illustrant la dépendance du continent aux flux de GNL transitant par des voies maritimes stratégiques perturbées.

En parallèle, les denrées agricoles subissent des hausses notables : le blé hausse de 15% et le riz de 35%. La poussée sur le riz et le blé met en lumière le risque direct d'inflation alimentaire mondiale, menaçant la stabilité sociopolitique des pays émergents.

Toutefois, le point le plus impressionnant et le moins médiatisé réside au bas du graphique : l'envolée spectaculaire du soufre, dont le prix a bondi de 146%. Ce chiffre surpasse largement toutes les autres commodités, et ses implications sont critiques pour l'économie globale.

Le soufre est un coproduit quasi exclusivement issu de la désulfuration du gaz naturel et du raffinage du pétrole lourd. Lorsque les flux pétroliers et gaziers en provenance du Moyen-Orient — région clé pour le traitement des hydrocarbures à forte teneur en soufre — sont bloqués ou réorientés, l'offre mondiale de soufre s'effondre brutalement.

Ce phénomène pose un problème majeur car le soufre est l'ingrédient fondamental nécessaire à la fabrication de l'acide sulfurique, la substance chimique la plus produite au monde. L'acide sulfurique est indispensable à la production d'engrais phosphates, comme le phosphate diammonique (DAP), qui figure également dans le graphique avec une hausse de 26%. Une pénurie ou un surcoût massif du soufre se répercute directement sur le coût d'injection d'éléments nutritifs dans les sols, menaçant la productivité agricole globale des saisons à venir.

De surcroît, le soufre et l'acide sulfurique sont incontournables dans l'industrie minière pour le lixiviat de métaux stratégiques (comme le nickel et le cobalt, clés pour la transition énergétique), ainsi que dans la chimie industrielle. L'envolée du soufre révèle ainsi une vulnérabilité invisible mais dévastatrice : en déstabilisant le secteur de l'énergie, le conflit déclenche une réaction en chaîne chimique et industrielle capable d'aggraver la crise alimentaire et de freiner la production industrielle mondiale.

(publié par Cyrus Farhangi)



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Après chaque grand incendie, les pompiers insistent : protéger nos forêts ne demande pas de les détruire, mais d'entretenir inte...

Après chaque grand incendie, les pompiers insistent : protéger nos forêts ne demande pas de les détruire, mais d'entretenir intelligemment leurs lisières.

2 chiffres et 4 freins clés à ce sujet.

1️⃣ Pour réduire significativement le risque de feux de forêts contre les incendies, il faudrait "élaguer" l'équivalent de l'ordre de 2 ou 3% de la forêt

Il ne s'agit pas de raser la forêt, mais de créer des ruptures de combustible.

À l'échelle nationale, la zone prioritaire à aménager représente seulement 2 à 3 % de la surface forestière (soit environ 300 000 à 500 000 hectares sur nos 17 millions d'hectares de forêts). Et sur ces 3 %, on ne rase pas tout ! On élague les branches basses et on nettoie le sous-bois pour empêcher le feu de monter aux cimes.

2️⃣ Moins de 30 % de cette obligation est réellement appliquée

Le taux de réalisation des Obligations Légales de Débroussaillement (OLD) est de moins de 30% dans les zones exposées (source : page 77 d'un rapport d'information du Sénat no 856).

Autrement dit, plus des deux tiers du travail de protection n'est pas effectué.

3️⃣ Pourquoi un tel écart entre l'obligation légale et la pratique ?

C'est notamment dû à quatre freins.

La méconnaissance : beaucoup de propriétaires ignorent qu'ils sont soumis à la loi, ou confondent « débroussailler » et « déboiser ».

La complexité du droit de pénétrer chez le voisin : la loi impose de nettoyer dans un rayon de 50 mètres autour de sa maison... ce qui implique souvent d'aller couper de la végétation chez le voisin. Ce dernier peut ne pas répondre, être introuvable, ou refuser.

Le coût financier : remettre en état un terrain très dense peut coûter entre 1 000 et 3 000 €, sans aide directe de l'État.

Le manque de contrôles et de sanctions : cette responsabilité repose principalement sur les maires. Or les petites communes rurales n'ont ni les moyens humains ni les agents assermentés pour vérifier des centaines de parcelles privées. Et politiquement, il est souvent délicat pour un maire de verbaliser ou d'engager des procédures d'office contre ses administrés.

(publié par Cyrus Farhangi)



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L'année 2026 est en passe d'être l'année la plus chaude (probabilité d'environ 35 %) ou la deuxième plus chaude (probabilité d'e...

L'année 2026 est en passe d'être l'année la plus chaude (probabilité d'environ 35 %) ou la deuxième plus chaude (probabilité d'environ 63 %) jamais enregistrée, tandis que 2027 a de très fortes chances (probabilité de 92 %) d'être l'année la plus chaude jamais enregistrée, en raison d'un phénomène « super El Niño » qui prend de l'ampleur.

Actuellement, 2027 serait juste au-dessus des +1,7°C ! La quantité de malheurs et de souffrances qui vont accompagner ce niveau de réchauffement est très important.
Courage à toutes et à tous pour les années à venir.

Nous rappelons qu'aucun scénario, même les plus optimistes, ne change le rythme du réchauffement pour les 10 prochaines années, ce qui signifierait une accélération forte des destructions jusqu'en 2035.
Et, si l'humanité réduit fortement ses émissions immédiatement, il serait possible de rester juste sous les +2°C à l'horizon 2050
Je rappelle que +2°C de réchauffement, c'est potentiellement 30% de la population mondiale qui perdrait sa zone d'habitation, principalement sur la zone équatoriale (et particulièrement en asie du sud-est), mais aussi tout le pourtour méditerranéen et donc le sud de l'europe.
C'est donc un seuil à ne pas franchir, et la France doit être exemplaire, car nous sommes particulièrement exposés

Nouvelle mise à jour du deuxième trimestre dans la rubrique « State of the Climate » de Carbon Brief :
https://www.carbonbrief.org/state-of-the-climate-rapidly-developing-el-nino-raises-chance-of-record-warm-2026

(par adrien Couzinier)



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Et si la crise pétrolière n'était, finalement, pas si "grave" que cela ?

Et si la crise pétrolière n'était, finalement, pas si "grave" que cela ? Et si on exagérait sur notre dépendance immuable au pétrole ?

Nombre d'institutions et d'experts ont, à juste titre, sonné l'alerte rouge car 20% de l'approvisionnement mondial (20 mbpj) s'est soudain retrouvé bloqué.

C'est également le parti que nous avons pris dans ces lignes, notamment en gardant un oeil attentif sur les stocks stratégiques s'approchant vertigineusement des seuils critiques opérationnels, et en vous partageant les données à ce sujet.

Mais un scénario alternatif se dessine potentiellement. Après tout cela fait bientôt 5 mois qu'Hormuz est sévèrement perturbé et on reste loin du cataclysme énergétique et économique redouté (pour le moment).

Comme relaté précédemment, le marché s'équilibre pour le moment comme suit pour compenser les 20 mbpj de perte :

• Environ 6 mbpj ont trouvé des routes alternatives à Hormuz, notamment les pipelines menant aux ports de Fujairah (Emirats Arabes Unis) et Yanbu (ouest de l'Arabie Saoudite) : ces infrastructures restent à portée de tir de l'Iran, mais imaginons ici qu'il n'y ait pas cette escalade

• 2 mbpj sont couverts par l'excédent de départ d'avant la guerre

• 1,7 mbpj sont couverts par des hausses de production ailleurs dans le monde (US, Guyana, Brésil, Venezuela...)

• 5,8 mbpj sont couverts par la baisse de la demande (économies d'énergie se traduisant malheureusement parfois par de l'appauvrissement, substituts au pétrole, électrification)

• 4,1 mbpj "seulement" sont couverts en tapant dans les stocks stratégiques

Il resterait donc à grapiller 4% du pétrole mondial pour détendre le marché.

Autre signal intéressant bien qu'un peu mystérieux : d'après cet article de CNN, malgré la réouverture partielle et temporaire du détroit d'Hormuz en juin, le pétrole libéré trouvait difficilement preneur. La demande mondiale, portée notamment par la Chine, chute de façon inattendue.

Face à la hausse des prix, les consommateurs ont accéléré leur transition vers l'électrique et les transports publics, et ont plus généralement appris à se passer un peu de pétrole. Cette baisse de la consommation crée une suroffre sur les marchés et contraint les producteurs du Moyen-Orient à brader leurs prix.

(publié par Cyrus Farhangi)



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🌍 Où en est la France dans sa transition climatique ?

SNBC

La France s’appuie sur la stratégie nationale bas‑carbone (SNBC), une feuille de route qui planifie l'adaptation au réchauffement climatique de manière cohérente, progressive et collective. C'est une bonne chose, car cela donne de la visibilité longue et une cohérence politique, éléments indispensables face au défi climatique.

La SNBC3 est sortie officiellement (avec 3 ans de retard) et le bilan est plutôt mauvais.

Les grandes lignes du texte SNBC3 :
1 - Trajectoire : baisse visée d'environ 4,5-4,6 % des émissions par an d'ici 2030, sans recours à des crédits carbone étrangers.
2 - Sortie des fossiles : fin du charbon en 2030, du pétrole en 2045, du gaz fossile en 2050, avec un rôle central donné à l'électrification.
3 - Empreinte carbone : la France se fixe pour la première fois un objectif sur ses émissions importées, avec une baisse visée jusqu'à -79 % d'ici 2050.
4 - Puits de carbone : le texte intègre désormais le développement de puits technologiques, face à la dégradation des forêts (incendies, scolytes).

Jugée techniquement crédible sur le papier, son exécution ne l'est pas — un écart d'un facteur trois entre la trajectoire fixée et la réalité des baisses d'émissions observées, tous secteurs confondus, selon le dernier rapport du Haut Conseil pour le Climat. Les objectifs sont jugés ambitieux mais le rythme de baisse des émissions est deux à trois fois trop lent par rapport à ce qu'exige la trajectoire. Le HCC n'a pas de pouvoir contraignant, mais ses recommandations engagent le gouvernement à une réponse publique devant le Parlement.

Concrètement :

Pour tenir le 3ᵉ budget carbone (2024-2028), les émissions doivent reculer d'environ 4,5 % par an entre 2025 et 2028, mais la baisse réelle est passée de 6,8 % en 2022-2023 à 1,8 % en 2023-2024, puis 1,5 % en 2024-2025 — le rythme s'effondre au moment où il devrait s'accélérer.
Aucun secteur ne tient le rythme attendu. Le transport, premier émetteur (34 % du total), recule de seulement 1,4 % alors que la cible est de -6 % par an dès 2026.
Le bâtiment est encore pire : 1 % de baisse en 2025 contre un objectif de 7 %, la rénovation énergétique avançant au compte-gouttes malgré les coups de rabot sur MaPrimeRénov'.
L'agriculture est aussi pointée du doigt : le secteur émettrait encore 43 Mt CO2eq en 2050, soit plus de la moitié de ses émissions actuelles.

Quelques extraits du rapport du HCC :

❝ La trajectoire de la SNBC 3, prenant en compte ce ralentissement en 2024 et 2025, entraine une accélération nécessaire en 2026 et 2027. […] la baisse d’émissions est portée à moitié par une baisse d’activité tendancielle ❞
❝ L’adaptation mise en oeuvre actuellement en France est insuffisante [….mais…] l’action climatique ambitieuse, [est bonne] pour la souveraineté et la sécurité ❞
❝ Le coût de l’inaction est beaucoup plus élevé que le coût de la transition, ce qui rend rationnelle une décarbonation unilatérale des grandes économies, avec des gains de bien-être considérables pour les sociétés. ❞
❝ L’intérêt de la France est de porter avec ambition les enjeux climatiques aux niveaux européen et international ❞

❝ La révision de la RE 2020 et de la réglementation thermique pour prendre en compte la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) est un impératif afin de garantir le confort d’été dans les nouveaux bâtiments ainsi que dans l’existant. ❞ (et oui, l'existant, 95% du parc)

▶️ Atténuation adaptation politique énergétique et climatique : il faut aller plus vite plus fort plus loin.

https://www.linkedin.com/posts/hautconseilclimat_o%C3%B9-en-est-la-france-dans-sa-transition-activity-7483807523062444032-zMz9?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAAAaadhwBpyj9cXuuIJJGC-rXjwcT4GRs8ZI

https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-bas-carbone/feuille-route-climatique-francaise

(par adrien Couzinier)


🌍 Où en est la France dans sa transition climatique ? Le réchauffement climatique s'accélère, les impacts s'intensifient et le rythme de baisse des émissions a encore ralenti en 2025. Dans le même temps, la France a complété sa Stratégie française énergie-climat, qui doit être mise en...

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Pension funds try to come to grips with scariest global warming scenario

Les fonds de pension face aux pires scénarios climatiques

Les investisseurs institutionnels commencent à prendre très au sérieux un scénario extrême — celui où le réchauffement climatique franchit des "points de bascule" (tipping points) irréversibles, entraînant une réévaluation brutale des actifs financiers. JPMorgan qualifie ces risques de « cygnes noirs climatiques ».
Après des années à intégrer le risque climatique de façon progressive, une partie du secteur des retraites bascule désormais vers une logique de préparation à des scénarios catastrophiques, signe d'une perte de confiance dans la capacité du monde à limiter le réchauffement à temps.

Dans le détail, certains fonds commencent à s'en préoccuper :

Standard Life (portefeuille de 317 milliards de livres, ~425 Md$) prévoit de lancer en 2027 un travail initial de gestion des risques liés aux points de bascule, avec des simulations sur l'ensemble de son portefeuille. Selon Hetal Patel, responsable de la recherche en investissement durable, tout investisseur qui n'y réfléchira pas sérieusement d'ici mi-2028 sera « hors du mainstream ».

Legal & General (unité de gestion d'actifs de 1 200 milliards de livres) constate un certain découragement chez les investisseurs face au manque de progrès dans la lutte climatique. Justine Schafer, responsable de la modélisation climatique, note que le ralentissement de la transition énergétique pousse certains acteurs à se préparer au pire des scénarios possibles.

Jefferies (Aniket Shah) souligne que la difficulté principale est que ces points de bascule dépassent en ampleur toutes les crises précédentes, rendant leur modélisation particulièrement complexe.

D'autres études convergent sur l'ampleur du risque — une analyse portant sur les 30 plus grands fonds de pension américains estime que, dans un scénario de réchauffement élevé, les rendements attendus des portefeuilles pourraient chuter de près de 50 % d'ici 2040, avec des pertes économiques mondiales comparables à celles de la Grande Dépression de 1929, mais de façon permanente.

(par adrien Couzinier)


Pension funds are assessing climate tipping points as a major investment risk, warning irreversible global warming could trigger rapid asset repricing

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Gaël Giraud - Georgetown University | LinkedIn

texte de Gaël Giraud,
https://www.linkedin.com/in/ga%C3%ABl-giraud-69363930/

𝗟𝗮 𝘀𝗲́𝗰𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝘀𝗶𝗹𝗲𝗻𝗰𝗶𝗲𝘂𝘀𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝘂𝗹𝘁𝗿𝗮-𝗿𝗶𝗰𝗵𝗲𝘀

Pendant que les sociétés civiles et les scientifiques discutent de climat, d'inégalités, de stabilité financière ou de résilience démocratique, une autre stratégie se développe discrètement.

Non pas transformer le monde.
Mais s'en extraire.

Mark Zuckerberg fait construire à Hawaï un immense domaine comprenant un abri souterrain autonome. Larry Ellison contrôle presque toute l'île de Lānaʻi. Peter Thiel a longtemps vu la Nouvelle-Zélande comme un refuge privilégié et a financé le Seasteading Institute, qui imagine des cités flottantes hors des États. À côté de cela, une véritable industrie des bunkers de luxe s'est développée : Survival Condo, Oppidum, Vivos, Rising S Company...

Pris isolément, chacun de ces choix peut avoir une explication.
Pris ensemble, ils dessinent autre chose.

Ils traduisent une même intuition : les grands risques du XXIᵉ siècle pourraient ne plus être gérés collectivement, mais contournés individuellement par ceux qui en ont les moyens.

Douglas Rushkoff l'a remarquablement décrit dans Survival of the Richest. Il raconte avoir été invité par plusieurs ultra-riches non pas pour parler d'innovation, mais pour répondre à une question déroutante : comment conserver le contrôle de leurs gardes de sécurité après "l'Événement" ?
Le journaliste Evan Osnos avait déjà observé ce phénomène dès 2017 dans The New Yorker, évoquant une véritable « assurance apocalypse » souscrite par une partie de la Silicon Valley, la Nouvelle-Zélande devenant le refuge emblématique.

De mon côté, j'ai été impliqué dans une discussion du même genre à la Royal Academy of sciences, à Londres, en 2017. Le refuge fantasmé, c'était la Suède...

Ce qui est frappant, ce n'est pas l'existence de bunkers : les élites financières ont toujours cherché à se protéger.

Ce qui est nouveau, c'est un changement de paradigme. Pendant des siècles, la richesse permettait d'améliorer la société tout en améliorant sa propre condition.
Aujourd'hui apparaît une autre logique : puisque le système devient instable, mieux vaut préparer sa propre sortie que contribuer à le stabiliser.
Autrement dit, le contrat social cède progressivement la place à une fuite de Varennes.
La véritable question n'est donc pas de savoir si ces bunkers seront un jour utiles. Elle est beaucoup plus politique :
que devient une démocratie lorsque ceux qui disposent des ressources les plus importantes investissent davantage dans leur capacité à quitter la société qu'à la rendre plus résiliente ?

Et la question que je me suis posée, à Londres, c'est : comment convaincre les plus riches que la sécession n'est pas la solution --- même pour eux ? Cet article pour WEDEMAIN, publié dans le sillage de la canicule française, apporte la réponse que j'ai trouvée.

https://www.wedemain.fr/sauver-la-planete/risques-environnementaux/les-jours-dapres-nous-ne-pouvons-plus-croire-que-largent-nous-sauvera-1154449
Expérience : Georgetown University · Formation : Ecole normale supérieure · Lieu : Paris et périphérie · 500 relations ou plus sur LinkedIn. Consultez le profil de Gaël Giraud sur LinkedIn, une communauté professionnelle d’un milliard de membres.

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