Iranian tankers bypass US blockade
24 avril 2026 à 10:09
D'après le groupe de suivi des cargaisons Vortexa, le blocus américain sur l'Iran ne fonctionne que partiellement. Au moins 34 pétroliers liés à l'Iran ont contourné le blocus américain depuis sa mise en place. En une semaine donc.
Le Commandement central américain a lui déclaré mardi que la marine américaine avait ordonné à 28 navires de rebrousser chemin vers des ports iraniens depuis le début du blocus.
Avant d'aborder les failles du blocus américain, rappel des épisodes précédents : pour détendre les marchés pétroliers (quelques millions de barils par jour font une grosse différence au niveau des prix), Washington a levé les sanctions sur le pétrole russe et autorisait le pétrole iranien à sortir du Détroit d'Ormuz, malgré le blocus imposé par l'Iran. La priorité était ainsi donnée à la limitation de la hausse du prix du baril, quitte à renforcer deux puissances militaires contre lesquelles Washington est engagé dans des conflits armés de haute intensité.
Volte-face il y a une dizaine de jours avec un blocus imposé aux navires liés à l'Iran, afin d'étouffer leur économie et leurs sources de financement, en grande partie dépendantes des exportations de pétrole, transitant à 90% par le Détroit d'Ormuz.
Alors pourquoi le blocus ne fonctionne-t-il que partiellement ?
1) La géographie et la faille pakistanaise
Les pétroliers iraniens longent les côtes du Pakistan qui, soucieux de préserver sa souveraineté mais aussi d'éviter de se fâcher avec l'Iran, refuse catégoriquement que l'US Navy mène des opérations d'interception militaire dans ses eaux territoriales.
Les navires iraniens sortent donc du golfe d'Oman en "rasant les murs" côté pakistanais. La marine US, contrainte de rester dans les eaux internationales, ne peut qu'observer ces navires s'échapper.
2) L'usure logistique et le manque de moyens
Soutenir un blocus naval à l'autre bout du monde coûte une fortune et épuise les ressources.
Maintenir des milliers de marins en état d'alerte maximale 24h/24, dans une mer hostile, avec des chaînes d'approvisionnement étirées à l'extrême, use rapidement les hommes et le matériel. Les US affiche même des difficultés logistiques à fournir suffisamment de nourriture à leurs propres effectifs.
Les US n'ont pas un nombre infini de navires à déployer au Moyen-Orient, surtout s'ils doivent aussi garder un œil sur la Chine et la Russie. L'immensité de la zone à couvrir, du golfe Persique jusqu'à l'océan Indien, dilue leur force de frappe.
D'autant plus que l'Iran s'appuie sur une "flotte fantôme" de pétroliers qui désactivent leurs transpondeurs pour naviguer en "silence radar" et devenir invisibles aux systèmes de surveillance. Une fois en haute mer, ils effectuent des transferts ship-to-ship pour transborder la marchandise vers des pétroliers non-sanctionnés et blanchir la cargaison.
3) La menace asymétrique iranienne
L'US Navy évite de trop s'approcher des côtes iraniennes car la marine des Gardiens de la Révolution a transformé le littoral en une forteresse asymétrique : batteries de missiles antinavires terrestres, essaims de drones aériens et navals, vedettes rapides, sous-marins nains, mines navales intelligentes...
Cela rend toute approche des côtes iraniennes très risquée.
Le vide laissé par l'US Navy laisse ainsi de l'espace aux pétroliers iraniens pour se faufiler.
4) Le risque de catastrophe environnementale
Que faire si un pétrolier civil refuse de s'arrêter ? Un cargo sec (comme le Touska) peut être arraisonné par hélicoptère, mais la situation est différente pour un superpétrolier chargé de 2 millions de barils. L'US Navy ne peut pas risquer de tirer et de couler un tel navire. Cela provoquerait une marée noire cataclysmique.
(publié par Cyrus Farhangi)

Dozens of ships exiting the Gulf include several loaded with Iranian oil
(Feed generated with FetchRSS)
Le Commandement central américain a lui déclaré mardi que la marine américaine avait ordonné à 28 navires de rebrousser chemin vers des ports iraniens depuis le début du blocus.
Avant d'aborder les failles du blocus américain, rappel des épisodes précédents : pour détendre les marchés pétroliers (quelques millions de barils par jour font une grosse différence au niveau des prix), Washington a levé les sanctions sur le pétrole russe et autorisait le pétrole iranien à sortir du Détroit d'Ormuz, malgré le blocus imposé par l'Iran. La priorité était ainsi donnée à la limitation de la hausse du prix du baril, quitte à renforcer deux puissances militaires contre lesquelles Washington est engagé dans des conflits armés de haute intensité.
Volte-face il y a une dizaine de jours avec un blocus imposé aux navires liés à l'Iran, afin d'étouffer leur économie et leurs sources de financement, en grande partie dépendantes des exportations de pétrole, transitant à 90% par le Détroit d'Ormuz.
Alors pourquoi le blocus ne fonctionne-t-il que partiellement ?
1) La géographie et la faille pakistanaise
Les pétroliers iraniens longent les côtes du Pakistan qui, soucieux de préserver sa souveraineté mais aussi d'éviter de se fâcher avec l'Iran, refuse catégoriquement que l'US Navy mène des opérations d'interception militaire dans ses eaux territoriales.
Les navires iraniens sortent donc du golfe d'Oman en "rasant les murs" côté pakistanais. La marine US, contrainte de rester dans les eaux internationales, ne peut qu'observer ces navires s'échapper.
2) L'usure logistique et le manque de moyens
Soutenir un blocus naval à l'autre bout du monde coûte une fortune et épuise les ressources.
Maintenir des milliers de marins en état d'alerte maximale 24h/24, dans une mer hostile, avec des chaînes d'approvisionnement étirées à l'extrême, use rapidement les hommes et le matériel. Les US affiche même des difficultés logistiques à fournir suffisamment de nourriture à leurs propres effectifs.
Les US n'ont pas un nombre infini de navires à déployer au Moyen-Orient, surtout s'ils doivent aussi garder un œil sur la Chine et la Russie. L'immensité de la zone à couvrir, du golfe Persique jusqu'à l'océan Indien, dilue leur force de frappe.
D'autant plus que l'Iran s'appuie sur une "flotte fantôme" de pétroliers qui désactivent leurs transpondeurs pour naviguer en "silence radar" et devenir invisibles aux systèmes de surveillance. Une fois en haute mer, ils effectuent des transferts ship-to-ship pour transborder la marchandise vers des pétroliers non-sanctionnés et blanchir la cargaison.
3) La menace asymétrique iranienne
L'US Navy évite de trop s'approcher des côtes iraniennes car la marine des Gardiens de la Révolution a transformé le littoral en une forteresse asymétrique : batteries de missiles antinavires terrestres, essaims de drones aériens et navals, vedettes rapides, sous-marins nains, mines navales intelligentes...
Cela rend toute approche des côtes iraniennes très risquée.
Le vide laissé par l'US Navy laisse ainsi de l'espace aux pétroliers iraniens pour se faufiler.
4) Le risque de catastrophe environnementale
Que faire si un pétrolier civil refuse de s'arrêter ? Un cargo sec (comme le Touska) peut être arraisonné par hélicoptère, mais la situation est différente pour un superpétrolier chargé de 2 millions de barils. L'US Navy ne peut pas risquer de tirer et de couler un tel navire. Cela provoquerait une marée noire cataclysmique.
(publié par Cyrus Farhangi)
Dozens of ships exiting the Gulf include several loaded with Iranian oil
(Feed generated with FetchRSS)



